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Mée-Disances du 9 mars 2016

Écrit le 9 mars 2016

 Genève porte plainte

 
Le Jdd.fr du 02/03 : Le canton suisse de Genève a porté plainte pénale contre X « pour mise en danger d’autrui et pollution des eaux » contre la centrale nucléaire française du Bugey, située à 70 km à vol d’oiseau de la ville suisse. L’avocate Corinne Lepage ministre de l’Environnement sous Jacques Chirac, chargée de défendre les intérêts suisses, a déposé la plainte mercredi à Paris.
 
En mars 2015, les autorités de la ville de Genève avaient déjà indiqué qu’elles allaient durcir le ton contre cette centrale qui fonctionne depuis les années 1970 et est considérée comme très vétuste.

« Les associations anti-nucléaires constatent régulièrement des incidents et des fuites » indique le journal Le Temps. Le quotidien rappelle aussi que plusieurs procédures ont été intentées contre l’exploitant EDF. En vain, « le Conseil d’État français prenant systématiquement position en faveur de l’énergie nucléaire ». 
 
Dans les années 90, la ville de Genève avait déjà mené le combat contre la centrale nucléaire de Creys-Malville (département de l’Isère), qui a cessé de fonctionner en 1998.

 Deux aéroports privatisés

 
L’Humanite.fr du 02/03 : Emmanuel Macron va lancer en début de semaine prochaine le processus de privatisation des aéroports de Nice-Côte d’Azur et de Lyon. Le choix des repreneurs se fera au cours de l’été.

L’État s’est déjà désengagé en 2014 de l’aéroport de Toulouse… Le même Macron était alors passé en force pour céder au privé l’aéroport ATB construit grâce à de l’argent public. En vendant les parts de l’État dans ceux de Nice et Lyon, il espère récupérer jusqu’à 1,5 milliard d’euros.
 
Rappelons qu’un référendum local a amplement refusé la privatisation de l’aéroport de Nice en février 2015… Sur les quelque 36 000 suffrages exprimés dans la ville, 97,4% s’étaient prononcés en faveur du non, selon les résultats de la municipalité. Le PCF local avait réagi : « Il s’agit d’équipements structurants, financés par l’argent public et... rentables. À l’heure où nous subissons les conséquences de la privatisation des autoroutes avec le racket organisé par les grands groupes, le gouvernement voudrait leur faire de nouveaux cadeaux. »
 
Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a reçu successivement mardi et mercredi les responsables locaux et des chambres de commerce des deux villes. Le cahier des charges sera publié au début de la semaine au Journal Officiel. […] Il prévoit la cession de 60% des parts de l’État dans les deux aéroports. Les offres fermes sont attendues courant juin. La décision finale est prévue fin juillet/début août après consultation des collectivités locales.

 L’Église du monstre de spaghettis volant

 
L’Obs du 02/03 : L’Église du monstre de spaghettis volant, reconnue en Nouvelle-Zélande depuis le mois de décembre, a désormais son pasteur : la néo-zélandaise Karen Martyn a été ordonnée « ministeroni », c’est-à-dire officiante chargée de célébrer les mariages au nom de cette Église dont les adeptes portent des passoires sur la tête, adulent les pirates et pensent que l’univers a été créé par un spaghetti volant. Mais l’Église du monstre de spaghettis volant n’est pas une parodie de religion a-t-elle assuré, expliquant qu’elle offrait à ses adeptes les mêmes opportunités que les autres religions. […]
 
Karen Martyn a néanmoins reconnu que l’humour faisait partie intégrante de l’Église, qui explique qu’il existe un volcan à bière au paradis, tandis que celle qu’on trouve en enfer est éventée. Le dieu vénéré par les fidèles est décrit comme « un tas de membres en spaghettis avec deux boulettes de viande et une paire d’yeux ». « Nous croyions fermement qu’on doit rire de nous-mêmes et rire de tout le monde », ajoute-t-elle.
 
Le mouvement est né voici une dizaine d’années aux États-Unis pour dénoncer les dogmes religieux et le créationnisme. Il est aujourd’hui présent dans de nombreux pays. En décembre, le directeur néo-zélandais de l’état civil avait expliqué que cette Église répondait aux critères requis par la loi néo-zélandaise sur les mariages. « Ils ont et font la promotion de convictions philosophiques et donc peuvent désigner des officiants chargés de célébrer les mariages », avait-il dit.

 Prêtres pédophiles

 
laCroix.com du 02/03 : Deux évêques américains ont aidé à dissimuler les abus sexuels perpétrés par 50 prêtres responsables religieux contre des centaines d’enfants entre 1960 et 2011 en Pennsylvanie, selon le rapport d’un grand jury, rendu public le mardi 1er mars.
 
Ce rapport de 147 pages a mis en lumière des preuves confondantes selon lesquelles les évêques James Hogan et Joseph Adamec, qui ont dirigé le diocèse de Altoona-Johnstown entre le milieu des années 1960 et 2011, ont eu connaissance de multiples allégations d’abus et sont intervenus pour empêcher la police et les enquêteurs d’arrêter les prêtres pédophiles. Leur conduite a mis en danger des milliers d’enfants et a permis à ces prédateurs d’abuser d’autres enfants, a ajouté la procureure de l’État de Pennsylvanie.
 
Cependant, aucune poursuite pénale ne peut être engagée car les faits sont trop anciens, les prêtres pédophiles présumés sont décédés, ou les victimes sont trop traumatisées pour témoigner, a noté le bureau de la procureure. Le rapport fait suite à deux ans d’une enquête qui va se poursuivre. Les victimes sont appelées à rapporter toute activité criminelle pour voir si des charges pourraient être retenues.
 
Ce rapport a été publié alors que le film « Spotlight », qui revient sur un scandale distinct de prêtres pédophiles mis au jour par des journalistes du Boston Globe au début des années 2000, a remporté ce 28 février l’Oscar du meilleur film. En France un prêtre lyonnais a reconnu lui aussi de nombreuses agressions sexuelles sur de jeunes scouts.

 Atteinte à la pudeur

 
BibliObs du 04/03 : Ahmed Naji, jeune écrivain égyptien de 30 ans, a été condamné ce samedi 20 février, à deux ans de prison ferme pour la publication du chapitre 6 de son livre « l’Usage de la vie ». Un extrait du roman, publié en feuilleton dans la prestigieuse revue littéraire « Akhbar Al-Adab », en août 2014, aurait rendu gravement malade un lecteur allergique à la liberté d’expression. Ce chapitre qui se demande ce « que font les jeunes qui ont la vingtaine au Caire », raconte les tribulations et frustrations sexuelles de Bassem, jeune Egyptien de 23 ans. Hani Saleh Tawfik, 65 ans, est tombé dessus en lisant le magazine « Akhbar Al-Adab ». Il a été pris de palpitations cardiaques et a subi une chute de tension. L’histoire aurait fait rire si l’homme, blessé dans son « sens moral », n’avait pas porté plainte contre l’écrivain. Acquitté en novembre 2015, Naji a finalement été condamné trois mois plus tard pour « atteinte à la pudeur ». Le rédacteur en chef d’« Akhbar Al-Adab », a de son côté écopé d’une amende de 10.000 livres (environ 1150 euros) pour avoir publié les extraits.
 
Le chapitre 6 de « l’Usage de la vie », a été traduit de l’arabe par Frédéric Lagrange, professeur et directeur de l’UFR d’Etudes Arabes et Hébraïques de la Sorbonne et Richard Jacquemond, professeur et spécialiste de littérature arabe moderne à l’Université d’Aix-Marseille. Ce texte est disponible sur le site de la Ligue Internationale des Droits de l’Homme. […]
 
L’ouvrage avait pourtant été approuvé par la censure et se trouvait dans toutes les bonnes librairies égyptiennes, les articles 65 et 67 de la Constitution Égyptienne de 2014 étant censés protéger la liberté d’expression et les artistes égyptiens. [...]
 
Cette nouvelle condamnation montre clairement les nouvelles cibles du régime égyptien : toute une génération d’avant-gardistes intellectuels et littéraires, éprise de liberté, d’émancipation et de révolte, se retrouve aujourd’hui derrière les barreaux.