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Focast (01)

Ecrit le 8 décembre 1999

Focast : des questions

Une réunion du personnel a eu lieu, mercredi 1er décembre à la Fonderie Focast, pour faire le point sur la situation : les deux commerciaux ont quitté l’entreprise, et le directeur actuel, M. Gaillard, a donné sa démission quand il a vu que les promesses faites par la direction du groupe Valfond ne semblent pas être suivies d’effets.

Les promesses ? Une usine neuve (d’un coût de 140 millions de francs) ou des investissements conséquents sur le site actuel (d’un coût de 70 millions de francs). La municipalité a multiplié les contacts, y compris le week-end dernier avec la direction, et réservé un terrain pour être prête à répondre à la demande de la direction. Au cas où ...

Mais quelle direction ? Ca change tout le temps !

Direction du groupe

Après que Michel Coencas ait passé la main en 1996, le groupe Valfond a été dirigé par Hervé Guillaume jusqu’en septembre 1997, puis Marc Estrangin depuis décembre 1998. On vient d’apprendre maintenant que le nouveau directeur sera Frédéric Roure, à partir de janvier 2000. Un directeur par an, ce n’est pas une preuve de stabilité.

Frédéric ROURE, a commencé sa carrière dans le groupe américain Milipore Corp où il a passé 10 ans avant de devenir directeur industriel et du développement chez Strafor, puis directeur général de l’activité menuiseries industrielles chez Pinault France. Il est entré dans le groupe GFI en 1982, et est devenu le Président de GFI Industries en 1991.

Sarko-phage

En 1997 Frédéric ROURE a créé l’ACE (association croissance-emploi) avec Guillaume Sarkozy, PDG de la société Tissage de Picardie, et frère de Nicolas Sarkozy, ancien ministre du budget. But de cette association : lutter contre les 35 heures ! L’association a d’ailleurs lancé à l’époque une campagne de publicité d’un coût de deux millions de francs, contre les 35 heures.(lire plus loin)

Le nouveau PDG a été présenté aux salariés de chez Focast comme un « général de guerre » qui ne s’embarrasse pas de scrupules quand il s’agit de procéder à un « nettoyage » susceptible de générer davantage de profit pour les actionnaires. « Il y a des choix à faire, ça ne plaît pas aux hommes mais c’est comme ça ». L’homme a 59 ans et n’a pas l’intention de changer sa façon de faire. Les salariés de Focast sont inquiets.

D’autant plus inquiets que les Directeurs ne « tiennent » pas chez Focast où il y a eu 9 changements de directeur, en 5 ans. Cela ne fait pas sérieux vis-à-vis de la clientèle. Pour autant les salariés ne baissent pas les bras.. Ils espèrent ....


Inquiétude à la Fonderie Focast
(publié le 15 décembre 1999)

Confirmant nos informations de la semaine dernière le Secrétaire du Comité d’Entreprise de la fonderie Focst, communique :

Le groupe Valfond a été vendu au mois de mars 1999 par Michel COENCAS à UBS-Capital (Union des Banques Suisses, deuxième banque mondiale). Le prix de cette vente, 2 milliards de francs pour 49 entreprises et environ 12 000 salariés était, dit-on, surévalué. On parle de +30 %. Alors l’actionnaire principal a cherché un coupable et vient, au cours du mois de septembre 1999, de débarquer Hervé GUILLAUME, PDG de Valfond.

Le nouveau PDG, à partir de janvier 2000 est Frédéric ROURE qui arrive de GFI Industries (groupe coté en Bourse) et se présente comme un spécialiste du développement avec pour objectif une mise en place rapide (2 à 3 ans) d’une nouvelle organisation industrielle du groupe Valfond.

Le directeur financier aussi

Malheureusement pour Châteaubriant, les priorités du groupe Valfond seront le développement du secteur automobile et les alliages légers (aluminium). Focast a du mal à trouver sa place dans cette nouvelle organisation et ce n’est pas le plan d’investissements lourds dont Focast a besoin qui va motiver le groupe Valfond et l’inciter à pérenniser le site. Le projet d’externalisation n’est plus d’actualité et l’avenir de Focast n’apparaît pas spécialement sain. L’entreprise vit en perfusion sous le groupe Valfond et l’on craint que les financiers n’acceptent pas le plan d’investissement nécessaire pour la mise aux normes du site actuel.

Devant ce manque de décision, M. Gaillard, directeur du site de Châteaubriant a annoncé sa démission (il retourne à Redon). Il a été suivi de peu par le directeur financier. Inutile de dire que ces départs ne sont pas faits pour rassurer le personnel et ce n’est pas la venue de J.C. PION (directeur de pôle) pour nommer le nouveau directeur Jean Paul Lebret, qui rassure sur l’avenir.

Pour la CFDT, le changement de directeur (le neuvième en 5 ans) est dû essentiellement au fait que l’on a fait beaucoup de promesses à Focast (une usine nouvelle par exemple) sans être capable de commencer à les respecter. Un Directeur à qui on ne donne pas les moyens d’arriver à honorer son carnet de commandes (investissements) et qui est confronté à un entourage hostile (association de riverains) n’arrivera pas à maintenir Focast hors de l’eau.

Il est donc impératif que l’Union des Banques Suisses donne son accord pour, au moins, maintenir le site actuel en état de fabriquer car il est intolérable que les ouvriers continuent à travailler un samedi sur deux pour compenser les pannes dues au manque d’investissements. La situation est compliquée car le social n’est pas la « tasse de thé » des groupes financiers.

Pascal Bioret - 8 décembre 1999
CFDT
Secrétaire du Comité d’entreprise


article publié le 18 octobre 2000

Si vous ne le saviez pas, la campagne électorale des municipales est lancée.

Voir par exemple, dans l’Eclaireur du 6 octobre 2000, les propos tenus par le directeur des Éts Galisson (SRVU) à Erbray. Nous citons « Nous sommes attentifs au choix des élus entre la culture et le maintien de l’outil industriel : il nous paraît important d’aider FOCAST à investir, la médiathèque   ne venant qu’en second lieu ».

L’exemple de Viol montre que la ville sait aider les entreprises à investir. Pour Focast il en est de même, il faudra peut-être un jour que nous fassions le point sur les démarches faites par la ville pour cette entreprise. Mais que demande M. Galisson : que les contribuables castelbriantais aident Focast ? Focast, ce n’est quand même pas une petite entreprise locale, c’est une société qui a été rachetée par l’Union des Banques Suisses.

Faut-il subventionner
l’Union des Banques Suisses ?

L’Union des Banques Suisses, c’est le premier gestionnaire de fortune mondial. Il vient de racheter le quatrième courtier et gestionnaire de fortune américain, Paine Webber, pour 10,8 milliards de dollars (soit 70 milliards de francs environ). A cette somme il faut ajouter 875 millions de dollars (soit 6 milliards de francs) qu’UBS a prévu de verser sous la forme d’un plan d’intéressement destiné à conserver les conseillers financiers du courtier américain.

Et puis, en septembre 2000 la banque UBS a décidé de créer une compagnie d’assurance-vie, en proposant à ses clients des assurances de capital et de rentes. Elle vise un volume annuel de 548 millions d’euros (soit 3 milliards de francs),

Et M. Galisson voudrait que la ville subventionne l’Union des Banques Suisses par l’intermédiaire de Focast ? Sans blague ! En plus, l’UBS rirait de nous quand on sait que les recettes totales de la ville se montent à quelque 160 millions de francs par an, soit 0,2 % du prix qu’UBS a payé pour racheter Paine Webber !


NOTES:

(1) Jean Paul Lebret est ancien responsable maintenance, puis directeur intérimaire avant le monter le dossier d’une usine nouvelle pour Focast