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Mée-Disances du 23 mars 2016

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Écrit le 23 mars 2016

 Viens chez moi, j’habite près d’une centrale !

Le Monde.fr du 18.03 : Il y a cinq ans, la catastrophe de Fukushima avait suscité des craintes en France quant à la sécurité de l’industrie nucléaire. La question est reposée régulièrement, notamment lorsque nos voisins européens émettent des critiques sur la vétusté des centrales du Bugey ou de Fessenheim. Or 630 000 personnes vivent en France à moins de 10 km d’une installation.

Les plans particuliers d’intervention prévoient que chaque civil vivant dans ce périmètre de 10 km doit avoir chez lui des comprimés d’iode. La prise d’iode ne protège pas des radiations, mais permet, en cas de contamination nucléaire faible ou modérée, d’atténuer le risque de développer un cancer de la thyroïde.

Les associations européennes d’autorités de sûreté et de radioprotection affirment aujourd’hui que ce périmètre est insuffisant et remettent en cause la stratégie actuelle de protection des populations. Elles estiment qu’il faudrait l’élargir au moins à 20 km, comme l’envisagent les autorités belges. Le président de l’Autorité de sûreté du nucléaire français (ASN) plaide pour que le périmètre de distribution d’iode soit étendu à 100 km autour de chaque installation nucléaire civile.

Si le nombre de Français vivant à moins de 10 km d’une centrale nucléaire est plutôt limité, il grossit fortement à mesure que l’on élargit le périmètre. À 20 km, 2,4 millions de personnes sont concernées, soit quatre fois plus. Et si on compte les habitants vivant à 100 km, cela englobe une partie non négligeable de la population française : 9,8 millions de personnes autour de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, proche de l’Île-de-France. Fessenheim, la plus vieille centrale nucléaire française en activité (trente-huit ans), compte 7,4 millions de personnes dans ce même périmètre, dont un nombre important d’Allemands.

 Machine à cash

Ouest-France du 19/03 : Mars 2006. Le scandale du Cash for Honours éclabousse le Premier ministre britannique Tony Blair. Des hommes d’affaires ont accordé des prêts secrets au Parti travailliste (Labour), afin de se voir accorder le titre de Lord. Le parti reconnaît avoir perçu 14 millions de livres avant les élections de 2005. Scotland Yard enquête, arrête Lord Levy, collecteur de fonds du parti et ami personnel du chef du gouvernement. L’occupant du 10 Downing Street évite les poursuites judiciaires, tente de se maintenir au pouvoir et finit par abréger son troisième mandat, en juin 2007… Cette année-là, une autre histoire d’argent ternit l’image de son épouse, Cherie qui fait payer sa présence pour assister à des conférences caritatives. Selon la presse britannique, la Première dame aurait empoché le quart des sommes gagnées par les fondations en 2005 !
Aujourd’hui, les Blair amassent de l’argent sans se soucier des critiques. « Tiroir-caisse ambulant » est devenu le surnom de l’ancien Premier ministre. Il tire son cash de son entreprise internationale de consulting, Tony Blair Associates : 14 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an passé, 26 employés, de luxueux locaux à Grosvenor Square, le quartier des ambassades à Londres. Sa fortune personnelle est estimée à 72 millions d’euros. Cherie n’est pas en reste. En 2011, l’avocate a créé Omnia Strategy, son cabinet de conseil politico-juridique. Parmi ses clients, les milliardaires égyptien Sawiris et nigérian Aliko Dangote, l’autoritaire président des Maldives Abdulla Yameen… L’empire immobilier du couple comprend désormais dix maisons et 27 appartements.

 Donald Trump

Le Monde.fr du 06/03 : Un petit groupe d’employés de l’hôtel de Donald Trump à Las Vegas s’est rendu à New York jeudi 3 mars pour protester devant la tour Trump et réclamer une amélioration de leur contrat de travail.

En décembre 2015, les 562 employés avaient voté, à 53 %, la création d’une cellule syndicale, scrutin que la direction avait contesté en justice. En février, un arbitre du National Labor Relations Board, le bureau national du travail, a donné tort au magnat de l’immobilier. Le Culinary Union attend que la direction entame les négociations sur les conditions de travail.

Selon le syndicat, les employés de l’hôtel Trump à Las Vegas sont parmi les plus mal traités : 3 dollars de moins de l’heure que les salariés des autres hôtels, pas de retraite ni d’assurance santé. La plupart des employées parlent à peine l’anglais. Elles sont originaires du Mexique ou d’Amérique centrale.

 Jeanne d’Arc

Le Canard enchaîné du 16/03 : Alors que Philippe de Villiers se prépare à accueillir en grande pompe la « bague de Jeanne d’Arc », rapportée d’une salle d’enchères londonienne (380 000 euros, quand même), une rabat-joie, professeure d’histoire médiévale et spécialiste de la Pucelle, se permet d’émettre quelques doutes : « le problème, c’est qu’il y avait trois croix sur la sienne, là, il n’y en a qu’une seule sur un côté, avec de l’autre un « M » gravé, sans doute postérieur. »
Et l’historienne de poursuivre : « il en ressort régulièrement, tous les quatre ou cinq ans, des objets fantaisistes, souvent fabriqués au XIXe siècle. Il y a quelques années, on m’a demandé d’authentifier des restes dans un bocal à Chinon, présentés comme des reliques de Jeanne d’Arc : c’était des bouts de momie égyptienne ! »

Tant que Villiers ne se prend pas pour Pharaon !

 Centre d’hébergement d’urgence

Humanite.fr du 15/03 : Ce lundi soir devait se tenir à l’université Paris Dauphine la présentation du projet du centre d’hébergement d’urgence en bordure du bois de Boulogne. Des habitants ont interrompu la réunion, insultant violemment les participants. Un tonitruant « Salope !  » interrompt Sophie Brocas, secrétaire générale de la préfecture d’Île-de-France, alors qu’elle essayait de calmer la salle. Des dizaines de personnes, militants du Front National mais aussi des familles du XVIe arrondissement très propres sur eux ont empêché la tenue de la réunion.
 
Porté par la mairie de Paris, le projet prévoit six bâtiments modulaires dans l’Allée des Fortifications, qui sera fermée à la circulation. Ils devraient permettre de loger d’ici à cet été et pour trois ans jusqu’à 200 personnes, individus « isolés » ou « familles qui rencontrent des difficultés sociales importantes ».

L’extrême droite a diffusé de fausses rumeurs comme quoi ce seraient des réfugiés, qui y seraient hébergés, redoublant la colère des habitants du XVIe arrondissement déjà très remontés à l’idée d’accueillir des pauvres. La peur est devenue irrationnelle : le bois de Boulogne va devenir une nouvelle « jungle », un « nouveau Sangatte ». Des femmes criaient leur peur de se faire égorger dans leur lit par des réfugiés. D’autres craignaient les incendies. « On a peur pour nos enfants ».

L’architecte du centre d’hébergement, Guillaume Hannoun a essayé de rassurer les manifestants survoltés : ce centre est fait pour accueillir les plus démunis, il n’y aura pas de réfugiés. « Menteur », « Fils de p*** ! » se prend-il en réponse. 
 
Le seul moment où les insultes et les sifflets se sont calmés est lorsque le maire du XVIe arrondissement, Claude Goasguen (LR), a dénoncé le « diktat » de la mairie de Paris, qui ne l’aurait pas averti avant d’initier le projet. « Il y aura des manifestations, des recours devant les tribunaux », prévient-il. « Les gens du XVIe sont réputés rester le cul dans leur fauteuil, à regarder la télé et à manger du caviar, mais ils défendent leurs intérêts comme les autres. »

Puis des manifestants restés à l’extérieur ont envahi l’amphithéâtre au cri de « Hidalgo démission ». Indigné, le président de l’université, Laurent Batsch, ordonne alors d’évacuer la salle.

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