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Focast (03)


Note du 5 mars 2006 : Michel Coencas en prison

Michel Coencas en prison
Cet article du Nouvel Obs est bien bon pour Michel Coencas en disant qu’il a « véritablement sauvé des petites villes d’une catastrophe sociale ». Châteaubriant n’a pas échappé à la catastrophe sociale !!

(texte du 6 décembre 2000)

  Focast : Victime des spéculateurs

Les salariés de la Fonderie Focast ont manifesté mercredi 29 novembre 2000 à Châteaubriant, pour attirer l’attention sur l’incertitude qui pèse sur l’usine et sur la détresse des salariés. « Comment pourrait-il en être autrement puisque la direction du groupe Valfond annonce la recherche de partenaires financiers et, dans le même temps, refuse de fournir aux salariés les bases de discussion de cette recherche d’actionnaires ? »

Pascal Bioret, au nom du Comité d’entreprise, a brossé à grands traits la partie récente de l’histoire de cette usine, en tenant les propos suivants :

« En 1985, HUARD à cédé sa FONDERIE à deux cadres de sa société. Le binôme complémentaire pour gérer la société s’est contenté de produire avec l’outil de travail qu’il venait d’acquérir sans réaliser les investissements nécessaires.

Nous avons quand même eu droit au petit coup de folie de cette direction qui s’est offert son jouet : une usine neuve en zone industrielle pour fabriquer des ponts de camions. Cette production s’avéra de bonne heure un luxe. Devant une situation financière critique, les deux dirigeants trouvèrent alors l’industriel Michel COENCAS capable d’absorber FOCAST, et de leur offrir deux contrats dans l’encadrement de La Financière de VALOIS.

  Coencas

Ce Michel COENCAS était spécialiste des reprises d’entreprises en difficultés et des opérations douteuses, il n’aspirait qu’à une chose : augmenter la valeur de son groupe industriel sans débourser le moindre centime et tout cela avec la bénédiction de l’Etat (reprise avec plans sociaux).

  Banques Suisses

Malheureusement pour lui les affaires douteuses l’ont rattrapé et, après avoir été condamné à une interdiction de gestion, il a bien essayé de continuer à augmenter le périmètre de son groupe par l’intermédiaire de prête-noms, mais la confiance de la clientèle avait été fortement entamée et COENCAS chargea son directeur prête-nom de l’époque de vendre le groupe. Ce que ce dernier a réussi est tout simplement l’escroquerie de l’année, car réussir à vendre un groupe mal en point financièrement et industriellement à plus de 30 % de sa valeur est tout simplement phénoménal Le nouveau propriétaire de Focast est UBS (Union des Banques Suisses).

  Sièges éjectables

FOCAST pendant tout ce temps s’évertuait à augmenter sa charge de travail et malheur au directeur qui n’y arrivait pas car le siège de directeur chez FOCAST est avant tout éjectable. De directeur en directeur (9 en 6 ans) est arrivé J.C PION qui avait le profil souhaité par tous (organisations syndicales comprises) puisqu’il était fondeur. Dès son arrivée son engagement prioritaire fut de faire cesser le chômage technique et de faire tourner l’usine en « deux fois huit », petites pièces comprises. Au bout de six mois son objectif était atteint mais il était dit que cela ne devait pas en rester là puisque PION était nommé directeur à SADEFA (800 salariés dans le Lot) avant de prendre rapidement la tête de la division industrie (5 usines , 1500 personnes). Il nomma alors directeur de FOCAST, C.GAILLARD, un fondeur grande gueule mais pas gestionnaire.

FOCAST espérait toujours son déménagement depuis l’annonce faite par Hervé GUILLAUME, PDG de VALFOND du besoin de délocaliser l’usine vers la zone industrielle. Cette annonce a été faite au mois d’avril 1998 mais la réponse du groupe Valfond a été repoussée après qu’une poignée de spéculateurs immobiliers ait monté une action de riverains dont le seul but inavoué était de se tirer de l’argent sur le dos de FOCAST. (il est sûr que la fermeture de Focast arrangerait certains d’entre eux, mais qu’ils ne se réjouissent pas trop vite car, en cas de fermeture, le NUAGE qui tomberait sur Châteaubriant serait plus opaque que la poussière de Fonderie).

Ensuite le projet refit surface au mauvais moment puisque VALFOND était vendu l’Union des Banques Suisses. UBS venait d’acheter à un prix d’or un groupe mal en point, il était urgent de pas investir mais de rentabiliser au maximum les outils industriels pour avoir un retour sur investissements (achat du groupe) à court terme et non à long terme

Cette décision provoqua le départ de C.GAILLARD (retour à Redon). Malheureusement pour les salariés de FOCAST les candidats au poste de Directeur ne se sont pas bousculés et la direction de la division industrie nomma comme directeur J.P LEBRET (encore responsable maintenance il y a 6 ans).

  Catastrophique

Celui-ci, ancien de la marine marchande, n’a pas compris qu’on ne gère pas des ouvriers de fonderie comme on gère des marins. En effet la seule fuite pour un marin est de se jeter à la mer ou de travailler 16 h par jour. Or l’ambiance qui règne chez FOCAST fait que nous devons accuser jusqu’à 10 % de démission en un an et que tous ces professionnels sont remplacés par des intérimaires, que nous n’avons pas le temps de former et à qui nous demandons la même productivité.

Le bilan de cette politique de l’emploi est catastrophique puisque les accidents du travail sont en hausse constante de même que leur gravité. Le dialogue social n’existe plus depuis longtemps chez FOCAST puisque le service des ressources humaines est géré par un carriériste qui dégaine plus vite les sanctions que les encouragements. Le dernier épisode étant une remise de médaille il y a quinze jours où le personnel n’était pas invité.

  L’AVENIR ?

L’avenir, voilà un mot qui est dans toutes les bouches des salariés et des castelbriantais car nous ne pourrons pas continuer à travailler avec des résultats catastrophiques. L’outil de travail est vétuste et dangereux. Comment les organisations syndicales pourraient-elles parler d’avenir aux salariés puisque le groupe refuse de leur en parler ? Cette situation ajoutée à des salaires de misère, des conditions de travail épouvantables, des négociations désastreuses sur la réduction du temps de travail, vous comprendrez que nous sommes inquiets et nous en appelons aux pouvoirs publics pour que cesse cette mascarade

VOUS TOUS :

N’oubliez pas que FOCAST c’est 300 emplois directs à Châteaubriant, et peut-être 1200 emplois indirects, 4000 bouches à nourrir . Tout cela sans oublier le commerce local. Nous voulons travailler comme tous les salariés de l’industrie dans le respect et la dignité.

  Droit d’alerte

Devant l’absence de réponses à toutes ces questions l’intersyndicale CFDT - CGT a décidé comme elle en a le droit (et le devoir) de déposer un droit d’alerte (article L 432-5) à l’ordre du jour du Comité d’Entreprise qui aura lieu le 5 décembre 2000 .

  Modèles

A la suite de cette manifestation, les délégués syndicaux CFDT et CGT ont rencontré la municipalité de Châteaubriant et plus particulièrement Gérard Riflet, adjoint chargé des affaires économiques. Celui-ci leur a dit que, selon ses informations, le groupe U.B.S voulait se débarrasser de toutes les activités de fonderie (qu’elles tournent bien, ou non), mais était prêt à aider les repreneurs pour que la séparation se fasse « sans éclabousser l’image de marque de l’Union des Banques Suisses ». La municipalité estime que la recherche de nouveaux actionnaires se fait sereinement et que des informations pourraient être données en début d’année 2001.

« Nous, salariés de Focast, demandons aux pouvoirs publics de faire cesser cette mascarade, afin de passer des fêtes de fin d’année comme des Salariés De Fonderie et non comme des SDF » disent les salariés.

D’ici là, les organisations syndicales ont décidé de ne pas laisser partir les modèles des pièces fabriquées pour leurs clients. C’est important, parce que ces modèles sont un « trésor de guerre » et une preuve indiscutable du savoir-faire des salariés de Châteaubriant.


(texte du 7 mars 2001)

 Chez Focast, le feuilleton continue.

Un pas en avant, un pas en arrière et l’incertitude en toile de fond. Cette fonderie dépend du groupe Valfond (Union des Banques Suisses ; PDG : Frédéric Roure) qui lui impose la fabrication de pièces pour l’automobile et se refuse, parce que ce ne sont pas des commandes « nobles », à accepter des pièces « betteravières » comme disent les salariés, c’est-à-dire du petit matériel destiné par exemple au machinisme agricole. La FMGC (fonderie de mécanique générale castelbriantaise) a su bâtir son expansion sur la fabrication de simples contre-poids ! C’est peut-être pas « noble » mais il y a un marché.

Chez FOCAST, tout va mal : des industries locales comme Kuhn-Huard, les ABRF et d’autres, ont renoncé à donner du travail à cette fonderie castelbriantaise « car on ne trouve pas d’interlocuteur » disent les dirigeants. En effet, même si le dossier a été étudié à Châteaubriant, c’est la direction parisienne qui tranche, sans avoir le contact avec le client potentiel.

Résultat : négatif, de l’ordre de 26 millions de francs en l’an 2000, peut-être davantage. On n’en sait rien.

  Vendre une casserole

Le but de Frédéric Roure, c’est de vendre Focast, si possible en roulant le repreneur, en lui faisant prendre une casserole pour un plat d’argent. Deux repreneurs étaient sur les rangs, l’un, la Sonofoque, l’autre autour de MM. Riflet et Terrier.

La Sonofoque c’est une petite fonderie qui a trois entreprises l’une à Flers (130 salariés), l’autre à Roubaix (50 salariés) et la dernière à Servon sur Vilaine (30 salariés). L’usine de Flers va être fermée par la DRIRE (direction régionale de l’environnement) étant donné son état de vétusté. La Sonofoque n’envisage pas de reconstruire à Flers mais de redéployer ses 130 salariés sur les deux autres usines. On doute alors qu’elle ait les moyens de reprendre Focast et de construire les bâtiments neufs qui sont nécessaires.

Reste alors Gérard Riflet (actuellement adjoint au maire de Châteaubriant). Mais celui-ci ne veut pas avaler une couleuvre. En gestionnaire avisé, il a demandé à voir la comptabilité analytique, ce qui lui a été refusé, et à visiter les locaux actuels de Focast. Ce qui lui a été refusé aussi. Comme ça les choses sont claires : Frédéric Roure veut un acheteur de casserole et pas un industriel. On comprend que Gérard Riflet ait retiré son projet.

Jeudi 1er mars 2001, les syndicalistes Pascal Bioret (CFDT) et Jean-Pierre Boucher (CGT), ont été reçus au siège du groupe Valfond le matin et au ministère de l’industrie l’après-midi. Ces réunions avaient pour but de savoir quelles étaient les intentions de Valfond concernant Focast, et d’alerter les pouvoirs publics sur d’éventuels lendemains difficiles en cas de non-cession du site castelbriantais.

  Finie l’arrogance ?

A leur grande surprise, les organisations syndicales ont ressenti une prise de position différente de la part de la Direction Générale de Valfond. Celle-ci, qui était, hier, « arrogante » envers d’éventuels repreneurs, annonce aujourd’hui qu’il est urgent d’aboutir, de trouver le partenaire présentant les meilleures garanties de pérennité du site. Elle se déclare disposée à étudier toutes les propositions se présentant à elle et annonce une visite dans la semaine à Châteaubriant.

Au ministère de l’industrie, les organisations syndicales ont alerté les pouvoirs publics sur le manque de stratégie industrielle qui existe dans le groupe Valfond (depuis le départ de Michel Coëncas). L’absence de décision concernant les investissements et la politique commerciale font que la confiance des clients est réduite, malgré l’immense savoir-faire des salariés.

Le ministère s’est déclaré prêt à secouer le cocotier. Il va convoquer la direction de Valfond pour connaître le programme des cessions ainsi que les mesures qui les accompagnent pour assurer la pérennité des sites concernés. Il va aussi recevoir les repreneurs potentiels pour étudier leur dossier de reprise, et les perspectives de développement (élargir le champ d’activité de l’entreprise, éviter de se contenter des grands donneurs d’ordre, lancer un programme de modernisation et de rationalisation des circuits de production).

Parce que, dans cette affaire, il ne faut pas qu’il y ait « des morts » comme disent les syndicats. Il ne faudrait pas que le repreneur découvre après coup des factures impayées. Il ne faudrait pas non plus qu’il se trouve en face d’exigences insurmontables, comme de décontaminer le site actuel de la fonderie Focast.

La fonderie Focast, par l’intermédiaire de Valfond, dépend de l’Union des Banques Suisses (UBS). C’est à l’UBS de prendre en charge la remise en état du site de Focast ! C’est ce que disent les salariés.

Pascal Bioret


 Michel Coencas en prison

(note du 5 mars 2006)

Article du Nouvel Observateur :

Michel Coencas en prison
Cet article du Nouvel Obs est bien bon pour Michel Coencas en disant qu’il a « véritablement sauvé des petites ville d’une catastrophe sociale ». Châteaubriant n’a pas échappé à la catastrophe sociale !!

Article de Lutte ouvrière : http://www.lutte-ouvriere-journal.org/article.php?LO=1961&ARTICLE=21

 Article paru dans Voila.fr du 24 février 2006 :

Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné le 24 février, l’industriel Michel Coencas, poursuivi pour escroquerie, à 2 ans d’emprisonnement dont 6 mois avec sursis et mise à l’épreuve et 200.000 euros d’amende, prononçant le mandat de dépôt à l’audience.

Les avocats du milliardaire ont déclaré qu’ils feraient appel.

Alors que des proches de Coencas criaient au scandale, le président de la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre Alain Prache a lancé : « Dans un Etat de droit, la loi s’impose à tous ».

Mari de Caroline Barclay, président du club de football de Valenciennes lors du scandale OM-Valenciennes, proche de Bernard Tapie et Jean-Louis Borloo, Coencas fait racheter en 1995 par un proche, l’entrepreneur marseillais Auguste Muscinesi, sa société Affinal (retraitement de métaux non ferreux), en cessation de paiement. Coencas reste en réalité le gérant de fait.

A l’époque, Affinal accuse « un passif supérieur à 400 millions de francs - dont 180 millions de francs environ de créances intra groupe ou personnelles à Michel Coencas », selon le jugement.

Coencas fait rédiger par une subordonnée les statuts de la holding de Muscinesi devant reprendre Affinal et prête deux millions de francs à Muscinesi pour le rachat, avalisé fin 1995 par le tribunal de commerce (TC) de Nanterre.

Pour la 15e chambre, le TC « a été victime de manœuvres frauduleuse d’une rare intensité ».

En effet, « sans le financement et les appuis bancaires » du milliardaire, Muscinesi « eut été dans l’incapacité de donner l’apparence de la faisabilité de l’opération ».

De plus, « ces faits mettent en cause gravement la crédibilité et l’autorité de la chose jugée, donc de l’Etat, en instrumentalisant un tribunal », et « participent à l’insécurité éminemment préjudiciable à l’activité économique, laquelle ne peut s’épanouir que dans des relations de confiance ».

Aux représentants du groupe automobile PSA, principal client d’Affinal, Coencas indique fin 1995 que Muscinesi dans cette affaire « n’effectue qu’un portage » et qu’il détient « un engagement de revente » d’Affinal, qu’il reprendra « sous quelques semaines ».

Chose faite en juin 1996. « Ainsi le rachat de Affinal pour 3,6 millions de francs a apuré un passif supérieur à 400 millions de francs (...) et fait financer plus de soixante licenciements » par la collectivité, explique le jugement.

Muscinesi a été condamné à 18 mois d’emprisonnement avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve, ainsi qu’à 100.000 euros d’amende.

Enfin, 28 salariés licenciés après la reprise d’Affinal ont été déboutés de leur demande de 100.000 euros de dommages-intérêts chacun.

Roland Szpirko, délégué syndical qui avait dénoncé l’affaire à la justice, a estimé « choquant que les salariés, seules vraies victimes, ne soient pas dédommagés ».


Ecrit le 16 mars 2006 :

 Michel Coencas

Vendredi 24 février 2006, Michel Coencas, 52e fortune de France, dirigeant de la Financière de Valois et ex-patron du Groupe Valfond (auquel appartenait la Fonderie Focast de Châteaubriant), qui a totalisé jusqu’à 13000 salariés, était écroué à l’audience de la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre, condamné à deux ans de prison, dont six mois avec sursis. Ce jugement était la suite de la plainte déposée contre leur ancien patron par des ouvriers licenciés dans le cadre de cette escroquerie.

Mais les 27 ouvriers, à l’origine de cette procédure, qui depuis plus de dix ans réclamaient justice, ont été déboutés par le même jugement de leur demande d’indemnisation, sans même que le tribunal donne d’arguments pour ce rejet.

Par ailleurs, pour les quatre cent millions de francs que Coencas a détournés, il n’est condamné qu’à deux cent mille euros d’amende et garde le reste, soit près de 61 millions d’euros.

 Fort en tunes

Michel Coencas, protégé de la famille Peugeot, a pu construire sa fortune sous l’aile protectrice de grands groupes industriels qui lui ont rétrocédé pour rien des usines dont ils voulaient se débarrasser. Fort de ces protections et de celles qu’il a pu s’acheter, il a, en marge même de la loi, construit un empire industriel. Il était l’ami de Bernard Tapie avec qui il avait un avocat commun, un certain Jean-Louis Borloo...
et était même président du club de football de Valenciennes au moment de l’affaire OM-Valenciennes.

1995

Première alerte en 1995 : Coencas est incarcéré, mais les poursuites sont stoppées par le ministre du Budget, un certain Nicolas Sarkozy. Se croyant donc intouchable, il fait déposer le bilan d’une de ses entreprises, Affinal, en l’ayant artificiellement chargée de dettes, à hauteur de 400 millions de francs, puis la fait racheter par un prête-nom, qui la lui rétrocédera très vite pour rien, une fois allégée de ses dettes et de... 150 salariés de l’usine de Béthisy-Saint-Pierre, dans l’Oise, et de celle de Nommay, dans le Doubs, jetés à la rue aux frais de la collectivité.

Mais les salariés de Béthisy ne se sont pas laissé faire et ont fait appel au Syndicat Démocratique Chausson de Creil pour dénoncer la manœuvre. L’enquête fit apparaître que « le rachat de Affinal pour 3,6 millions de francs a apuré un passif supérieur à 400 millions de francs (...) et fait financer plus de soixante licenciements » par la collectivité, explique le jugement.

Les salariés portèrent plainte en 1997, à un moment où les affaires politico-financières défrayaient la chronique. Leur plainte aboutit à la confirmation de tout ce qu’ils avaient dénoncé.

La procédure de licenciement fut enfin annulée en 1999 par le tribunal de grande instance de Nanterre et, en 2002, le juge départiteur des prud’hommes ordonna le paiement des salaires depuis 1995. Mais la Cour d’appel cassa ce jugement.

Quant à la Cour de cassation qui se prononça en 2005, non seulement elle ne cassa pas le jugement en appel mais elle interdit dorénavant à tous les salariés de contester les décisions, mêmes illégales, prises dans le cadre d’un dépôt de bilan.

 Trouble

Entre temps, Coencas avait revendu, d’une façon plus que trouble, tout son patrimoine industriel, le Groupe Valfond, à l’Union des Banques Suisses

Alors que les poursuites pénales contre lui suivaient toujours leur cours, Michel Coencas s’est fait nommer depuis 2001 ministre plénipotentiaire de la Gambie auprès de l’Unesco, pour se protéger par l’immunité diplomatique.

En 2005, à la suite d’un changement au parquet de Nanterre et de la nomination d’un nouveau juge d’instruction, les poursuites contre la plupart des inculpés furent abandonnées ainsi qu’une bonne partie des charges contre Coencas lui-même. Du coup Coencas renonça à son immunité diplomatique... et vient ainsi d’être condamné. Comme dit le jugement : « ces faits participent à l’insécurité éminemment préjudiciable à l’activité économique, laquelle ne peut s’épanouir que dans des relations de confiance ».

Les travailleurs, après plus de dix ans de rebondissements judiciaires, se doutent que leur ancien patron ne restera pas bien longtemps en prison ! Leur action judiciaire aura au moins permis de mettre au jour le fonctionnement et la pourriture ordinaire de cette société, de son appareil d’État et de ses hommes politiques.

(D’après Lutte Ouvrière n°1961
du 3 mars 2006)