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Mée-Disances du 6 avril 2016

Écrit le 06 avril 2016

 Blague tragi-comique

Le Canard enchaîné du 30/03 : alors journaliste au « Monde », Florence Hartmann a été la première à parler du charnier de Vukovar ; elle a témoigné sur les massacres en Bosnie devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie avant de devenir porte-parole de Carla del Ponte, la procureure du même tribunal.
 
C’est là qu’elle découvre les accords secrets passés entre la Serbie et les juges du TPIY, portant sur des documents accablant l’ex-chef de l’État, Milosevic, que les magistrats avaient accepté de ne pas transmettre à la Cour internationale de justice. C’est ce qu’elle révèle dans son livre « Paix et châtiment », paru en 2007. Hélas pour elle, les magistrats ont horreur d’être pris en défaut ; ils engagent des poursuites et la condamnent à 7000 € d’amende pour cette violation du secret professionnel et cet affreux outrage fait à eux-mêmes. Une peine muée en 7 jours de prison pour refus de paiement.
 
Depuis, Florence Hartmann était revenue plusieurs fois à la Haye, sans être inquiétée. Mais le 24 mars, elle est arrêtée, au milieu des victimes des massacres, qu’elle n’a cessé de défendre, puis emmenée par les gardes du TPIY, sous les cris indignés. Le jour même du verdict condamnant Milosevic à 40 ans de prison pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
 
Il paraît qu’elle peut le voir dans la cour par la fenêtre de sa geôle, puisque qu’elle est incarcérée avec des criminels de guerre qu’elle n’a cessé de dénoncer.

 Non-cumul compensé

leFigaro.fr du 31/03 : La manœuvre était restée sous silence. Le nouveau président les Républicains (LR) des Hauts-de-France - Nord-Pas-de-Calais Picardie, Xavier Bertrand, a discrètement fait voter une importante augmentation de ses émoluments à la communauté d’agglomération de Saint-Quentin. L’intéressé a « soumis au vote une délibération lui octroyant 4000 euros brut, soit 3000 net et 2400 après prélèvement à la source » dans une procédure adoptée le 26 janvier dernier.

Député-maire jusqu’au début de l’année, l’ancien ministre ne percevait rien de l’agglomération car son salaire atteignait déjà le plafond autorisé du fait du cumul de ses fonctions. Mais depuis qu’il a démissionné de ses mandats parlementaires et municipaux - comme il s’y était engagé lors de la campagne des régionales -, son revenu a « chuté » à 5236 euros brut. C’est cette baisse qui l’a décidé à s’augmenter. « Et je précise que je suis 5% en dessous du maximum, comme je l’ai demandé aux élus régionaux », souligne-t-il.

 « Si j’étais resté député, ma situation aurait été plus confortable car je percevrais les mêmes indemnités, mais l’indemnité représentative de frais de mandat en plus (IRFM). Ça permet de s’habiller, de payer les repas, une tournée sur une foire, d’envoyer un bouquet pour un mariage, de payer les gerbes pour les commémorations... », poursuit-il. En effet, Xavier Bertrand aurait pu attendre 2017 avant de tomber sur le coup de la loi sur le non-cumul des mandats : s’il avait fait ce choix, il aurait continué à toucher les 5770 euros brut mensuels de l’IRFM.

L’information avait échappé aux élus locaux eux-mêmes : il aura fallu attendre que les vice-présidents, qui se partageaient cette enveloppe jusqu’à présent, s’en aperçoivent a posteriori. Autre ville mais même démarche : le premier vice-président des Hauts-de-France, Gérald Darmanin, a lui aussi renoncé à son mandat de député pour se consacrer à ses fonctions exécutives locales. Ainsi le maire de Tourcoing s’est fait voter 3783 euros mensuels au conseil municipal, où il ne touchait rien jusqu’à présent.
 

 Pétrole

Le Figaro.fr du 25/03 : la famille Rockefeller tourne le dos au pétrole qui a fait sa fortune légendaire. Rockeller, c’est la Standard Oil en 1870, le « berceau d’Exxon ». Mais le pétrole, ce n’est plus ce que c’était : la famille a fourgué tout ce qu’elle possédait encore dans l’or noir. Pire : les Rockefeller d’aujourd’hui sont un peu écolos et dénoncent le rôle des compagnies pétrolières dans le réchauffement climatique.
 
C’est un peu comme si la famille Dassault dénonçait les marchands de canons.

 Fin du monde

20 Minutes.fr du 31/03 : Un homme de 22 ans qui se réclame du survivalisme a été placé en garde à vue après la découverte à son domicile, en banlieue parisienne, d’armes et de produits chimiques. La police a saisi un fusil de chasse de calibre 12 mm, quatre cocktails Molotov, une grenade à plâtre, huit cartouches de calibre 12 mm, une arbalète, un autre fusil, de gros couteaux de chasse et des produits chimiques. C’est un renseignement anonyme qui a conduit les policiers au domicile de cet ancien militaire, vendeur de son état, qui vit chez sa mère.

Des stocks de nourriture ont également été découverts au domicile du suspect qui a expliqué lors de sa garde à vue que ces armes étaient destinées à lui permettre de survivre plusieurs semaines en forêt en cas de catastrophe, naturelle ou politique.
Le suspect s’est initié tout seul au survivalisme, une pratique de survie en autonomie dans la nature dans une perspective de fin du monde.

 Outrage à chef d’État

L’Obs du 01/04 : Animateur radio sur la station burundaise Buja FM, l’humoriste burundais Alfred-Aubin Mugenzi a été arrêté par des agents du SNR - qui dépend directement du président Pierre Nkurunziza - à 50 km à l’est de Bujumbura. « Il a été transféré à Bujumbura et placé dans les cachots du SNR, mais personne n’a encore pu le voir », s’est inquiété sa famille. L’humoriste a pu communiquer avec sa famille et assuré qu’il ne connaissait pas le motif de son arrestation.

« Le SNR nous dit qu’il a été arrêté pour outrage à chef d’État à cause d’un de ses sketchs sur le président Nkurunziza, qu’il avait présenté lors d’une tournée au Rwanda en juin 2015 ».
 
Dans ce sketch, l’artiste raconte comment Nkurunziza, grand amateur de football, refuse de quitter le terrain après avoir reçu un deuxième carton jaune, en expliquant que pour la présidence aussi il avait brigué un troisième mandat alors même que la Constitution le lui interdisait.

Le motif de l’arrestation a été confirmé par un haut responsable des services secrets, qui a qualifié ce sketch d’« insulte au président » en laissant entrevoir « une prochaine libération pour cette fois ».
 

 Funérailles nationales

L’Obs du 01/04 : le montant de la facture des funérailles nationales de René Angélil, présentée au ministère québécois des Relations internationales par Feeling, société de production du défunt et de Céline Dion a suscité un vif émoi. La douloureuse était de taille : pas moins de 700.000 dollars canadiens (470.00 euros) pour ces obsèques en la cathédrale de Montréal en janvier dernier !
 
Cette note est dix fois plus élevée que la moyenne des frais engagés pour de tels événements. Les contribuables avaient déboursé 60.500 dollars (40.700 euros) pour les funérailles du hockeyeur Béliveau en 2014 et 33.165 dollars (22.300 euros) pour celles de l’ancien ministre Claude Béchard quatre ans plus tôt.
 
Du côté des autorités, on tente de minimiser l’affaire en affirmant que Feeling avait simplement voulu savoir quelle part pouvait lui être remboursée : « Quand il y a des funérailles nationales, le volet cérémonie publique, ça relève de nous : transport, avis de décès, drapeau sur le cercueil, photographe, registre de condoléances, fleurs, frais d’église. Tout le reste, ce qui est autour de la cérémonie publique, relève de la famille du défunt. »

Du coup, on a tenu compte des grilles tarifaires d’usage et ce sera un montant de 49.770,76 dollars (environ 33.480 euros) qui sera payé à Production Feeling….