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Focast (04)

(texte du 30 mai 2001)

Focast est très malade

AOM-Air Liberté — LU — Marks et Spencer — Moulinex — Et pourquoi pas Valfond (Focast) ?

Voilà une question que même les experts en communication auront du mal à expliquer aux salariés de Focast à Châteaubriant : en effet, devant une économie au beau-fixe, du moins en surface, les actionnaires de tous ces groupes jouent à fond leur rôle de spéculateurs financiers, au mépris des salariés qui ont créé leur richesse. Pourquoi ces groupes qui gagnent de l’argent (pour la plupart) licencient-ils à tour de bras ? Parce que leur logique financière est basée sur la rentabilité et que, aujourd’hui, la robotique, ajoutée à une main d’œuvre bon marché dans les pays de l’Est ou au Maghreb est pour eux garante de dividendes rapides.

L’entreprise FOCAST, elle, est à l’opposé de ces situations. Le groupe Valfond va mal, Focast est très malade, ainsi que sa consœur SADEFA à Fumel. L’Union des Banques Suisses, actionnaire du groupe Valfond se porte bien. Très bien même. Donc, si VALFOND se porte mal, il n’est pas question de payer un plan social massif qui s’ajouterait à des pertes colossales, donc, là, la logique financière est différente puisqu’elle consiste à perfuser les grands malades (Focast et Sadefa) en alimentant leurs comptes courants, afin de couvrir les pertes et de faire face aux frais financiers. Pendant ce temps, il faut isoler les malades en adoptant de nouveaux organigrammes juridiques qui permettent de désolidariser certains sites industriels qui gagnent de l’argent (comme les usines allemandes et le décolletage) : ceux-ci n’ont désormais plus de lien juridique avec Focast. Il faut aussi se séparer sans débourser un sou, des sites comme Chateauroux qui sont proches de zéro.

Et pendant que tout ce chantier se réalise, ne prenez surtout pas de décision finale concernant les malades. En tout cas, pas tant que vous n’avez pas trouvé le pigeon qui peut les racheter.

Cette absence de décision fait que le taux de démission des salariés et des cadres de Focast est alarmant, mais la logique financière nous dira plus tard que moins il y aura de salariés chez Focast ou Sadefa, moins le plan social massif coûtera.

Ceci n’est que l’analyse d’un syndicaliste qui, lui, ne compte pas ce qu’il va toucher en plus le mois prochain, mais plutôt combien il va lui manquer.

Attention, devant l’absence de décision, les salariés de Focast sont victimes de harcèlement moral de la part de l’Union des Banques Suisses. Les voyants sont au rouge. SOS !


Votre Nom ?

Les syndicats CGT et CFDT de Focast ont été reçus par le maire de Châteaubriant à qui ils sont allés exposer la situation de leur entreprise. Le maire n’a noté ... que le nom des syndicalistes présents.


(texte du 27 juin 2001)

182 ouvriers sur 183 touchent moins de 1,3 SMIC

Silence inquiétant :

Le 17 mai, au vu des résultats présentés par le cabinet SYNDEX, les membres du Comité d’Entreprise ont écrit au Conseil d’Administration de FOCAST (Valfond Management). Celui-ci s’est réuni le 14 juin et doit apporter une réponse motivée concernant l’avenir de FOCAST. Cette réponse, au regard de la loi, est obligatoire avant le 14 juillet mais, en attendant, les salariés sont inquiets car la charge de travail n’est pas extraordinaire et les résultats sont décevants.

Débrayage sur les salaires :

A l’appel de l’intersyndicale CFDT-CGT, 95 % des salariés ont débrayé deux heures le vendredi 22 juin, ceci pour éviter une perte (encore une) de leur pouvoir d’achat. L’intersyndicale réclame au global 3 % d’augmentation pour tous, la Direction ne propose rien, si ce n’est un accord de pré-retraite et des augmentations individuelles dont le montant n’est toujours pas connu.

La Direction s’appuie sur une probable augmentation du SMIC de 3,6 % au 1er juillet. Il faut savoir que cette augmentation verra le nombre de SMICards passer de 74 à 112 dans la catégorie « ouvriers »

Quand on sait que 182 ouvriers sur 183 touchent moins de 1,3 fois le SMIC (soit moins de 9200 F par mois), on comprend les difficultés de recrutement de l’entreprise.

Communiqué CFDT du 22 juin 2001


(texte du 5 août 2001)

Tout dépend des Suisses

« Nous n’avons pas le droit de dire quoi que ce soit, la loi nous l’interdit » : c’est le mutisme le plus total du côté des syndicalistes de l’entreprise FOCAST à la suite du Conseil d’Administration qui s’est tenu à Châteaubriant le jeudi 26 juillet 2001, en présence (c’était un événement) de Frédéric ROURE, directeur général de Valfond.

Un Comité d’entreprise extraordinaire doit avoir lieu chez Focast le 31 août. On pourra alors savoir quelque chose sur l’avenir de l’entreprise.

En attendant les syndicalistes se démènent. Ils ont été reçus au ministère de l’industrie le vendredi 20 juillet pour tirer une grosse sonnette d’alarme, mais aussi pour critiquer l’Etat qui met plus d’argent dans Valfond que l’actionnaire principal UBS (Union des Banques Suisses). C’est le cas par exemple à propos de l’usine de Saint Dizier . « Avant de mettre de l’argent dans Valfond, vous feriez mieux de leur demander ce qu’ils veulent en faire » ont dit les syndicalistes rappelant qu’un dépôt de bilan du groupe mettrait 7200 salariés à la rue.

Un comité de groupe « Valfond » va avoir lieu le 12 septembre à Paris. Les syndicalistes vont demander des comptes.

Des nouvelles d’UBS Capital.

Après six mois de vaines tentatives, l’Union des Banque Suisses UBS a décidé de reporter sine die la vente d’UBS Capital, son bras armé dans le capital-investissement. Le groupe a expliqué que cette cession se heurtait à des conditions de marché difficiles. Il faut dire qu’UBS Capital, dont le portefeuille représente 3,2 milliards de dollars, a accusé une perte de près de 160 millions de dollars au premier trimestre 2001. Première conséquence de cette reculade, Pierre de Weck, directeur général d’UBS Capital, quitte le groupe (information des Echos du 12 juillet 2001).

UBS, premier groupe de services financiers suisses, évalue à 454 millions d’euros (près de 3 milliards de francs) le montant de ses pertes depuis le début de l’année : 188 millions d’euros au premier trimestre et 266 au second trimestre. Les évolutions des places financières depuis le début de l’année ont conduit UBS Capital à réviser à la baisse le montant des gains escomptés et à annoncer son intention de réduire le taux de nouveaux investissements (Les Echos du 26 juillet 2001). Les opérateurs s’inquiètent également pour 2002. On est loin du retour au profit envisagé à l’époque par Luqman Arnold, le président du groupe

Il est alors évident que le groupe Valfond, qui est une filiale de UBS Capital, ne peut pas aller bien et que l’Union des Banques Suisses ne va pas faire les investissements indispensables pour la survie et le redémarrage de Focast.

Celle-ci est rendue, actuellement, à un déficit important et les salariés s’inquiètent.


(texte du 9 septembre 2001)

Un conseil d’administration de la Focast, présidé par Frédéric ROURE (PDG du Groupe Valfond), quel événement !, a eu lieu à Châteaubriant le jeudi 26 juillet 2001, en réponse au « droit d’alerte » du Comité d’entreprise. Lors de cette réunion, F.Roure a demandé à MM. Lebret (directeur de Focast) et Debray (directeur commercial division industrie, une vieille connaissance puisque cette personne a été co-directeur de Focast avec Lionel Roy), de lui présenter un plan de réindustrialisation. C’est celui-ci qui a été présenté au Comité d’entreprise qui s’est tenu le 31 août à la Fonderie Focast.

Réindustrialisation

M. LEBRET (directeur de Focast) a donc annoncé que le Groupe Valfond, propriétaire de l’entreprise, va développer le secteur Grosses Pièces (augmentation du chiffre d’affaires), tout en maintenant pour l’instant l’activité Petites Pièces, celle-ci verra son chiffre d’affaires diminuer au profit du secteur Grosses Pièces. La volonté du groupe est de maintenir l’entreprise avec un chiffre d’affaires de 100 millions de francs.

Dans ces perspectives, des investissements sont prévus. D’ici 2002 des fours électriques moyenne fréquence (d’occa-sion, dit-on) vont remplacer les cubilots et répondre en partie à un double objectif : compétitivité de l’entreprise, meilleure prise en compte de l’environnement. Cette première tranche d’investissements devrait être de 13 millions de francs, avec, en plus, 5 millions de francs en 2003 et en 2004.

« Qui va financer ? » ont demandé les délégués syndicaux au Comité f’Entreprise. Selon la Direction le financement se fera par le biais de l’actionnaire (Union des Banques Suisses) avec, dans un premier temps, recapitalisation du site et orientation vers les emprunts ou des formules de crédit-bail si c’est possible. Une demande d’aide sera présentée aux Pouvoirs Publics. Concernant le personnel, un plan de formation important sera nécessaire pour faciliter les mutations du secteur Petites Pièces vers les Grosses Pièces.

23 millions de francs

Il faut être conscient que les différents projets proposés pour Focast n’avaient jamais recueillis, jusqu’ici, l’accord de l’actionnaire (L’Union des Banques Suisses), alors que le projet actuel a l’aval du Conseil d’Administration .

Dans un communiqué, la CFDT dit OUI à ce projet parce qu’elle pense que l’investissement annoncé (13+5+5 millions de francs) est un virage important dans la politique industrielle pour Focast au sein du groupe Valfond. L’amélioration de l’outil de travail ne peut que valoriser le site et laisse espérer que, demain, la cession en sera facilitée.

Depuis des années, la CFDT met en avant le manque d’investissements à Châteaubriant. Elle restera vigilante pour éviter que ce plan ne reste au stade des « effets d’annonce » mais elle estime que les clients comme les fournisseurs (sous-traitants) ne peuvent que se réjouir d’une nouvelle inespérée il y a encore quelques semaines.

Pour les salariés, le chalenge sera plus difficile car malgré les investissements, l’objectif de la Direction reste de ramener le résultat à l’équilibre en 2003 (et elle a parlé d’une « structure trop lourde à laquelle il faudra remédier » : cela signifie-t-il des suppressions de postes ?).

La CFDT veillera à ce que les plans de formation correspondent aux attentes des salariés. Même si le ciel s’est éclairci dans l’immédiat, il faut envisager l’avenir. D’ici le 1er janvier 2002 il faudra négocier les 35 Heures, et là, les syndicats mettront en avant tous les arguments pour que les 35 heures soient complémentaires au projet .

Une question se pose par ailleurs : Focast n’a plus que pour un an l’autorisation d’exploiter sur place. Que va-t-il se passer dans un an ?

Re-motivation ... ?

Les salariés, on les comprend, sont désabusés, avec le sentiment que la Direction les mène en bateau depuis très longtemps : « Maintenant, quand on travaille, on ne se demande plus combien l’entreprise gagne sur telle ou telle pièce, on se demande combien elle ne perd pas. Il y a des pièces où la fonderie gagne 40 centimes et d’autres où on sait qu’elle perd 1000 francs. On fait trop souvent du travail à perte. Mais qui paie ? Ce sont les salariés. Nous on en a assez de payer pour les conneries des autres. » dit un salarié.

« Avant, on se demandait si on pourrait faire mieux notre travail. Maintenant on fait le travail qui nous est demandé, sans plus, on n’y met plus de cœur. Toute la motivation est à reconstruire » dit un autre.

Les plus gros reproches concernent les cadres. « La direction ne contrôle pas le travail des cadres, les ouvriers sont notés, pas les chefs, même s’ils créent des relations humaines déplorables autour d’eux. Notre travail est difficile, c’est pourquoi nous souhaiterions des relations plus normales. Les chefs sont « dans la manche » du directeur, même s’ils font ch... le peuple. Ce n’est pas normal. Nous sommes des hommes, nous sommes moins respectés que des machines ».

Il y a donc une profonde désillusion des salariés de la Focast. Les investissements prévus, s’ils se réalisent, vont-ils réussir à redonner cette confiance sans laquelle une entreprise est condamnée à disparaître ? L’argent n’est rien sans les hommes.


(texte du 17 octobre 2001)

Focast : un paquet de neuf

« Une structure trop lourde à laquelle il faudra remédier » cette phrase nous avait inquiétés à juste titre il y a un mois : la fonderie va licencier 9 personnes la semaine prochaine. Pourquoi 9 et pas 10 ? Parce que cela la dispense de présenter un « plan social ». Le groupe MEAC à Erbray a fait la même chose en licenciant 69 salariés de ses différents usines, par « paquets de neuf ».

La Fonderie se retrouve désormais à 208 salariés au lieu de 330 en janvier 2000. Elle a « remercié » quelque 80 intérimaires en 18 mois.

Focast : Roure s’en va
Nombreuses questions

Le groupe Valfond (dont dépend la Fonderie Focast de Châteaubriant, mais aussi Sadefa à Fumel et MSP Industries à Rezé), c’est un vrai feuilleton, de mauvais goût.

On se souvient que ce groupe de fonderie et d’usinage a été fondé par Michel Coëncas, qui, lorsqu’il a été interdit de gestion pour des affaires de fraude fiscale et de gestion irrégulière de société, a nommé Hervé GUILLAUME comme PDG (plutôt homme de paille d’ailleurs). Ce dernier avait une ambition, disait-il, un projet qui devait redresser le groupe Valfond en deux coups de cuillère à pot.

Mais Hervé GUILLAUME a été débarqué lorsque l’Union des Banques Suisses est devenue actionnaire majoritaire de Valfond en mars 1999. Un nouveau PDG a été nommé, Frédéric ROURE, le 3 janvier 2000. Il disait avoir carte blanche de l’Union des Banques Suisses et se donnait 5 ans pour aboutir à une restructuration complète, avec un objectif : restaurer la rentabilité et la crédibilité du groupe. ROURE est venu lui-même à Châteaubriant le 26 juillet 2001 pour annoncer un plan de réindustrialisation de Focast. Le miracle !

Mais patatras ! On vient d’apprendre que ROURE « part en retraite », les cadres de l’entreprise en ont été avisés par lettre. C’est-y pour qu’ils lui fassent un p’tit cadeau de départ ? Ce s’rait ben gentil.

Sauf que ROURE, contacté, confirme que oui il s’en va, mais que non ce n’est pas un départ en retraite. C’est « une étape dans la vie d’une entreprise », façon de dire qu’il ne plaît plus et que son plan miraculeux de juillet ne tient sans doute plus. Il se montre optimiste quand même, et dit que la « recapita-lisation du groupe Valfond » devrait se poursuivre.

Le nouveau PDG de Valfond, nommé par l’Union des Banques Suisses va être un certain RON-HOPSS. Tout va dépendre de ce qu’il va faire. Un nouveau plan et rataplan. Et reste en plan ?

Soit l’Union des Banques Suisses investit convenablement, et l’usine Focast peut repartir d’un bon pied (d’autant plus qu’en ce moment ses résultats financiers s’améliorent). Soit l’UBS décide de jouer à un plus haut niveau et dans ce cas elle laissera tomber Focast comme une vieille chaussette.

Affaire à suivre ...

Mais vous savez comment ils disent les Suisses actuellement ? L’United Bandits of Swizterland : l’Union des Bandits Suisses ... Ah ces P’tits Suisses, ils ont de l’humour ... et nous, de l’humeur !


(écrit le 25 décembre 2001) :

Union des Banques Suisses : UBS (qui est propriétaire du groupe Valfond dont Focast est une filiale) vient de congédier son président Luqman Arnold avec effet immédiat, le 18 décembre 2001. Le géant bancaire helvétique UBS Warburg a annoncé son remplacement par Peter Wuffli, 44 ans, actuellement président de la direction d’UBS Asset Management, ancien directeur financier du groupe.

Divergence d’opinion : les raisons de cette réorganisation au sommet tiennent à « un certain nombre de divergences d’opinion », selon les termes mêmes d’UBS, qui ajoute qu’il n’y a « aucune question financière, opérationnelle ou de contrôle pour l’expliquer ». Marcel Ospel, qui préside le conseil d’administration du groupe suisse, a même déclaré : « Nous regrettons de devoir opérer ce changement de direction. Nous apprécions les nombreuses contributions qu’a apportées Luqman à la stratégie, à la direction financière et à la transparence d’UBS ».

Depuis le début de l’année, le géant bancaire suisse a connu une chute vertigineuse de son profit qui est tombé de 6,43 à 3,86 milliards de francs suisses (2,63 milliards d’euros). Mais rassurez-vous, il reste du profit !

La bourde : par ailleurs, UBS a défrayé la chronique au début du mois de décembre après une bourde lors de l’introduction en Bourse du groupe publicitaire nippon Dentsu. Sa filiale UBS Warburg a émis un ordre de vente de 610.000 actions à 16 yens par action alors qu’elle voulait vendre 16 actions pour 610.000 yens. Cet ordre erroné risque de coûter la bagatelle de près de 100 millions de dollars à UBS. La bourde des patrons ne va pas arranger la situation des salariés !


NOTES:

(écrit le 21 novembre 2001) : Devinette

Connaissez vous les United Bandits of Swizterland ?

Réponse :

Les salariés de la Focast connaissent bien : il s’agit de l’UBS, l’Union des Banques Suisses dont dépend leur fonderie et qui tardent à dire ce qu’ils veulent en faire. (lire page 13)

Il faut dire qu’en Suisse, au pays des alpages, tout va mal, comme le relève le Canard Enchaîné : un accident de tunnel, une tueur fou dans une ville peinarde, et surtout la faillite de la compagnie aérienne Swissair : 40 000 passagers éparpillés dans le monde le 2 octobre dernier faute d’argent pour payer le kérosène !

En Suisse, on a même vu une manifestation contre les banques ! « C’est comme une manifestation contre la Sainte Vierge à Lourdes » ironise une journaliste suisse. C’est lors de cette manif’ que l’Union des Banques Suisses (UBS) a été rebaptisée United Bandits of Swizterland, l’union des bandits suisses. Si même les Suisses en sont rendus à faire de l’humour sur le « mur d’argent » qui les proté... geait, où allons-nous ?