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Les patrons qui font du mal aux patrons

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Écrit le 06 avril 2016

Fin décembre 2012, PSA, en difficultés financières, avait besoin d’argent frais mais ne pouvait lever des fonds sur le marché qu’à des prix prohibitifs. L’État s’en est donc porté garant pour la période 2013-2016, à hauteur de 7 milliards d’euros mais en disant que “l’octroi d’une part variable aux membres du Directoire suppose l’autorisation préalable de l’État, et ce pendant la durée de la garantie”.

Mais, surprise : la rémunération variable refait son apparition dans les comptes 2014 de PSA ! Parce que PSA a trouvé un autre partenaire (Santander), lui permettant de pénétrer les marchés sans réclamer la garantie de l’État. Et le moins que l’on puisse dire c’est que, surfant sur le redressement de ses finances, PSA n’aura pas traîné à en faire profiter ses dirigeants.

Dès 2014, Carlos Tavares bénéficie ainsi d’1,6 million d’euros brut de rémunération variable qui, s’ajoutant à son salaire fixe, lui garantit un total de 2,75 millions d’euros (soit 229 000 €/mois, bigre, plaignons-le, que peut-il bien faire de tout cela ?). Pour 2015, les objectifs du groupe ayant été dépassés, c’est le jackpot : le président du directoire atteint le plafond de rémunération variable que lui autorisent les statuts de PSA (+150%), plus 130.000 actions qui valent 2 millions d’euros. Sa rémunération a donc doublé en un an (pour atteindre 5,24 millions d’euros, soit 436 000 €/mois). Et qui c’est qui est bien content ? Pierre Gattaz, l’inénarrable patron du Medef qui salue cette réussite, oubliant que, peut-être, les 150 000 salariés du groupe y sont pour quelque chose ! « Ce style de salaire fait beaucoup de mal à la cohésion sociale », a dit le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, appelant à « la décence », jugeant qu’une législation plafonnant les salaires des dirigeants n’était pas forcément une « réponse ». « Je rêverais d’un comportement individuel qui permette d’y renoncer », a-t-il dit.

De son côté, le délégué syndical central CGT du groupe, Jean-Pierre Mercier, rappelle que l’État est actionnaire de PSA. “À partir du moment où l’État tient les cordons de la bourse, à travers ses garanties ou à travers des dispositifs d’aide comme le CICE, il a les moyens de s’imposer. Il vote contre mais tout en sachant que ça ne sert à rien et quand il a les leviers pour s’imposer, il ne le fait pas !

PSA dispose actuellement d’un plan destiné à améliorer la compétitivité du groupe, en demandant notamment des efforts aux salariés. Ce plan doit courir jusqu’en décembre. Mais PSA a décidé de le renégocier dès la fin avril, « ce qui n’augure rien de bon pour les salariés qui pourraient se voir demander de nouveaux sacrifices… » dit JP. Mercier.

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NOTES:

1) Les actionnaires de BP ont infligé un sérieux camouflet à son patron, jeudi 14 avril 2016, en votant à 59 % contre sa rémunération. Lors de l’assemblée générale de la compagnie pétrolière britannique, qui se tenait à Londres, ils ont affiché leur colère face à l’augmentation de 20 % dont a bénéficié en 2015 Bob Dudley, le directeur général. Au total, ses émoluments ont atteint 19,6 millions de dollars (17,4 millions d’euros). Dans le même temps, BP a connu une année noire, réalisant une perte de 6,5 milliards de dollars.

17,4 millions d’euros ça fait seulement 47 600 € par jour. Bof ! Mon dieu, il mange tout ça ? Il va être maaaalade !

2) Les patrons du CAC 40 ne sont pas mal lotis non plus