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Focast (06)

(écrit le 3 juillet 2002)-

On sauve l’actionnaire ? Ou les salariés ?

Le 27 juin 2002 une délégation intersyndicale a été reçue au ministère de l’industrie afin d’évoquer la situation du groupe VALFOND et savoir comment envisager une sortie autre que le dépôt de bilan général. Les discussions se sont en grande partie orientées autour du projet de réorganisation présentée à l’intersyndicale par R.HOBBS (Président de Valfond) le 18 juin (réunion de crise).

« Quelle confiance peut-on accorder à ce projet qui est apparaît avant tout comme une porte de sortie pour l’actionnaire mais pas comme un projet à long terme notamment pour les sites « fonderies » hors automobiles » dit Pascal BIORET, représentant CFDT au Comité de groupe.

Pour ce qui concerne la dette sociale et fiscale (environ 25 millions d’Euros) annoncée par R.HOBBS (et que les syndicats trouvent minorée), les chefs de division au Ministère n’en ont rien dit.

On ne veut plus d’UBS

Le message de l’intersyndicale a été de mettre en garde le gouvernement sur la réalité de la situation. Et de dire à l’Etat que, s’il venait en aide à VALFOND, il était impératif que ce soit pour pérenniser tous les sites de VALFOND avec des garanties d’emploi et de charge mais surtout pas d’attribuer des aides qui faciliteraient les plans sociaux (c’est-à-dire des licenciements)

Le vendredi 28 juin 2002 à 12 h, les syndicats ont rencontré R.HOBBS : il leur a déclaré qu’il a présenté un plan de réorganisation aux constructeurs automobiles et que ceux-ci paraissent favorables et prêts à participer à la réorganisation à la condition que UBS (union des banques suisses) ne soit plus actionnaire du groupe et qu’un autre repreneur soit trouvé. Il a demandé l’aide des syndicats (voui !) pour convaincre l’Etat d’augmenter la durée du moratoire sur la dette (en la passant à 10 ans au lieu de 4) car de l’avis même de R.HOBBS il sera difficile de trouver un repreneur à qui il serait imposé de payer les dettes fiscales et sociales en 4 ans.

Faites-nous confiance

R.HOBBS s’est montré assez confiant en disant qu’aujourd’hui le dépôt de bilan est plutôt à écarter. Les organisations syndicales n’en sont pas si sûres : « le dépôt de bilan du groupe ne peut pas être écarté complètement tant que des accords n’ont pas été trouvés avec toutes les parties (UBS+Constructeurs+Syndicats+Etat +Banques) ».

Elles savent par ailleurs que des licenciements ne sont pas à exclure, voire même des fermetures de sites comme Focast à Châteaubriant, SADEFA à Fumel, MSP à Rezé, qui ne sont pas liés à des constructeurs automobiles. L’annonce, par France Bleue Loire-Océan, de 1200 licenciements, (dont R. Hobbs a lui-même avisé la presse avant d’en parler aux syndicats !) a semé la panique chez Focast « Les salariés n’ont pas le moral » a dit le directeur local LEBRET. Tu parles !

C’est à tel point que R. Hobbs, a éprouvé le besoin d’envoyer une lettre personnelle à chacun des salariés du groupe pour dire : « Tout est mis en œuvre pour assurer l’avenir des différentes activités du groupe. Nous vous demandons de nous accorder votre confiance ».

Des aides pour licencier ou pour préserver ?

R. HOBBS a dit aux syndicats que l’Union des Banques Suisses était toujours d’accord pour participer à 50 % de la somme nécessaire à la réorganisation de VALFOND, si un accord était signé avec les constructeurs et si le moratoire était prolongé jusqu’à une durée de 10 ans. « Sur le papier tout paraît être simple, mais la réalité est tout autre : pourquoi les constructeurs automobiles participeraient-ils financièrement pour des sites industriels qui ne sont pas leurs fournisseurs » s’interrogent les syndicats qui ne comprendraient pas que l’Etat sauve l’actionnaire et pas les salariés.

R.HOBBS a cependant précisé à Pascal BIORET que les sites de la division industrie seraient traités au cas par cas et que, pour Châteaubriant, le problème de la dette fiscale et sociale allait être réglé rapidement, et que l’investissement prévu allait être financé à 50 % par les pouvoirs publics (Vous avez bien lu !)

Prochain Comité de groupe le Mercredi 17 juillet à 14 h « En attendant d’avoir de plus amples informations restons vigilants car le moment venu il faudra se faire entendre » dit Pascal BIORET au nom de l’intersyndicale.


(texte du 28 novembre 2001)

Focast : parler pour ne rien dire

Comme nous l’annoncions la semaine dernière, Frédéric Roure quitte la présidence du Groupe Valfond. Il s’en explique dans une lettre aux membres du « Comité de groupe ». On pourra y admirer l’art d’enfoncer des portes ouvertes et d’écrire pour ne rien dire (voir en particulier le paragraphe sur la confiance) :

« Je quitte la présidence du Groupe Valfond ce jour [lettre datée du 15 novembre 2001]

Le groupe a beaucoup changé durant cette période. Sa réorganisation a pour but de donner à chaque activité homogène une identité propre. Chacune des divisions a maintenant à sa tête un dirigeant et une équipe qui se consacrent à plein temps à son activité et à elle seule.

La confiance des clients est retrouvée, elle était indispensable pour construire l’avenir. Il faut que toutes les composantes des différentes divisions continuent à se mobiliser pour consolider cette confiance. Cette dernière ne pourra être maintenue dans le temps que dans la mesure où qualité, délais, et coûts seront non seulement tenus mais améliorés en permanence. Ce challenge proposé par l’industrie automobile est difficile mais il est un des rares à s’inscrire dans la durée.

Ma conviction est que les fabrications concernées peuvent pour la plupart des produits rester en Europe de l’Ouest à la condition expresse de rester compétitifs et d’assurer un service irréprochable. Je souhaite que chacune des divisions sache répondre à cette double exigence pour assurer son avenir.

Bien sincères et cordiales salutations »

« Poète » en son genre

Nous sommes ravis d’apprendre que « la qualité, les délais et les coûts » conditionnent la confiance des clients et qu’il faut « rester compétitifs et assurer un service irréprochable » : tout ceci est le b.a.ba du commerce et tout débutant le sait. Cette lettre ne dit donc rien d’exceptionnel, et ne dit pas pourquoi le PDG s’en va, qui va le remplacer et pourquoi faire ! « C’est une lettre de « poète » » disent les syndicats de la Focast, « une lettre qui se moque de nous ».

Dès l’annonce de ce départ brutal, la CFDT de l’entreprise a distribué un tract aux salariés disant : « Viré ou parti ? Quelle importance ? Que penser de ce départ ? A vrai dire pas grand chose si ce n’est que : dans les tempêtes, rares sont les capitaines à quitter le navire ! . Un mal pour un bien ? Ou un bien pour un mal ? L’avenir nous le dira.

Une chose est sûre : quel que soit le PDG de Valfond, il faut absolument que les investissements programmés soient réalisés ». La CFDT constate que la lettre de Roure ne dit rien sur le plan d’investissement. Est-il remis en cause ? Ne l’est-il pas ? Silence, « mais on s’aperçoit que toutes les décisions concernant Focast sont maintenant entre les mains de Philippe DIZIER (directeur de la division industrie) ». Philippe. DIZIER devait d’ailleurs venir à Châteaubriant le mercredi 21 novembre 2001. Il n’est pas venu. Il a préféré convoquer le directeur de Focast, M. Lebret, à qui il a d’ailleurs répété que le plan d’investissement projeté pour Focast n’est pas remis en cause.

Les fours sont là
Eau, y es-tu ?

De fait, deux fours électriques d’occasion, destinés à remplacer les cubilots, sont arrivés à Châteaubriant (ils sont stockés aux transports Malgogne). Une étude de sol est entreprise, compte-tenu de la présence d’une nappe phréatique sous la fonderie Focast, en raison de la proximité de la rivière La Chère. L’implantation des nouveaux fours est prévue pour l’année 2002 et, apparemment, il n’y a nul blocage, malgré les bruits qui courent à ce sujet.

Les salariés s’inquiètent cependant de leur avenir. Ils ont l’intention d’aller massivement à la réunion « Valfond » qui doit se tenir à Paris à la mi-décembre.


(texte du 3 décembre 2001)

Focast : on fait le ménage ?

Nous avons lu pour vous dans « L’usine Nouvelle » du 19 novembre 2001 :

« Frédéric Roure n’est plus le PDG de Valfond : réuni jeudi 15 novembre 2001, le conseil d’administration du groupe de fonderie l’a remplacé par l’Anglais Ron RC Hobbs, administrateur depuis juin 1999. Mais le groupe insiste sur le rôle confié désormais à Michel Staub, jusque-là responsable de la division véhicules particuliers et présenté comme le nouvel homme fort de l’exécutif.

Frédéric Roure, 61 ans, n’a pas souhaité commenter son départ, deux ans à peine après sa nomination par l’actionnaire UBS-Capital. Difficile cependant de ne pas faire le lien avec la détérioration de la santé financière de Valfond.

En 2000, ses pertes consolidées s’établissaient à 522 millions de francs au lieu de 100 millions prévus initialement, soit au total un milliard sur les deux derniers exercices, et son endettement s’élevait à 1,4 milliard. Les fonds propres du groupe sont devenus négatifs tout comme le résultat d’exploitation, à 34,3 millions de francs, contre un solde positif de 174,3 millions en 1998 et de 4 millions en 1999. Le bilan financier présenté en septembre, lors d’un comité de groupe, est sans concession. L’expert-comptable insiste sur la structure de l’endettement qui repose « pour plus de la moitié sur le recours à l’affacturage » avec une mobilisation du poste clients qui atteignait près de 80 % fin 2000. Et d’enfoncer le clou : « L’approche industrielle a été mal préparée, et l’actionnaire devrait au final continuer à investir, ce qu’il ne fait pas. A ce jour, nous estimons qu’une recapitalisation de l’ordre de 1 milliard permettrait de sauvegarder les équilibres financiers vitaux... »

Jacques Le Brigand
Dans l’Usine Nouvelle du 19.11.2001

(NDLR : ainsi quand Roure écrit aux membres du Comité de groupe (revoir La Mée de la semaine dernière) : « la confiance des clients est retrouvée » on voit bien que c’est de la blague !)

On fait le ménage

Dans le journal économique « La Tribune » du 29 novembre 2001 on a appris qu’il y avait une offre publique de retrait, (suivi d’un retrait obligatoire) par le groupe Valfond, des actions du groupe Waeles.

Waeles est un groupe industriel spécialisé dans la transformation des métaux.

Son activité s’articule autour de 3 métiers :
– fonderie de métaux ferreux (40%) ;
– fonderie d’alliages légers (32%) ;
– usinage (28%).

Le groupe travaille à 90 % pour le secteur automobile. Il a été racheté par Michel Coencas il y a quelques années et le groupe Valfond détient 95 % des actions du groupe Waeles. Celles-ci, qui ont valu jusqu’2,7 € ont perdu 47 % de leur valeur depuis janvier et valent maintenant 0,73 €.

En offrant de les racheter à 1 € , Valfond manifeste sa volonté de « faire le ménage ³, d’avoir les mains totalement libres . A noter que le PDG de Waeles est Frédéric Roure. Encore lui !


(écrit le 3 juillet 2002)

Arma-Loire

Les premiers contacts avec la société Arma-loire remontent au troisième trimestre de l’année 2000 (municipalité Martine Buron). Le chef d’entreprise, seul à l’époque, a recruté une dizaine de salariés qu’il a d’abord formés pendant 6 mois, tout en produisant pour trois grosses entreprises qui lui ont donné du travail dès le démarrage. Cette entreprise fabrique des armatures métalliques pour le béton armé. « Nous avons tant de clients sur la région de Châteaubriant, que, pour l’instant, nous n’avons pas besoin d’un commercial pour prospecter plus loin. Nous sommes actuellement placés devant un choix : soit nous vivotons avec 10 salariés en produisant 80 tonnes d’acier par mois, soit nous embauchons 10-15 personnes de plus pour produire jusqu’à 250 tonnes par mois, comme les entreprises équivalentes en France ». Le directeur d’Arma-Loire a donc demandé d’acheter le bâtiment de 1673 m2, implanté sur un terrain de 19 655 m2, qui se situe en zone industrielle Nord à Châteaubriant et qui, autrefois, a servi d’atelier à la fonderie Focast.

La Communauté de Communes achèterait donc le bâtiment Focast, pour le réaménager et le mettre à disposition d’Arma-Loire. Sauf qu’on peut se demander si c’est une bonne chose de verser ainsi 304 898 € à l’Union des Banques Suisses et s’il ne vaudrait pas mieux attendre le repreneur éventuel de Focast pour que cette vente profite effectivement à Focast.