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Focast (07)

(écrit le 4 août 2002)-

Focast : l’alarme

Le sort de la fonderie Focast se règle à Paris, au niveau du groupe Valfond et plus globalement de l’actionnaire : l’Union des Banques Suisses. Diverses réunions ont eu lieu les 17-18-19 juillet 2002, un nouveau comité de groupe est prévu le 12 septembre. Les syndicalistes CGT-CFDT de l’entreprise suivent le dossier de très près.

Lors de la séance plénière du 17 juillet 2002, le PDG Ron Hobbs s’est attaché en compagnie de MM. Shmeer, Staub et Leninnivin à rassurer les syndicalistes en disant que ceux qui doivent participer au redressement du groupe répondent positivement au plan présenté « sauf l’Etat qui traîne les pieds, mais comme le dit R.Hobbs, ce sont des fonctionnaires » commente Pascal Bioret, secrétaire du Comité d’Entreprise. Mais ça, c’est ce que dit le PDG, « la réalité est tout autre puisque les constructeurs n’ont toujours pas signé de protocole avec VALFOND (augmentation des commandes ou apport financier, la différence est grande si l’actionnaire veut sortir). La BNP Paribas n’a pas, elle non plus, signé. Quant à l’Etat il n’a pris aucune décision sur le moratoire demandé au sujet des impayés de cotisations sociales et des exonérations de Taxe Professionnelle » dit encore Pascal Bioret. Donc hormis UBS, on ne se presse pas au portillon pour boucher le trou.

Rien n’est fait pour faciliter les choses. Par exemple la mission d’expertise des comptes par le cabinet Sécafi, n’a pu aboutir puisque les comptes n’ont été remis à l’expert que 5 jours auparavant, et que, par ailleurs, l’expert n’a pas eu de réponse à diverses questions qu’il a posées. Les syndicats se réservent le droit d’engager les poursuites nécessaires. Du coup Ron Hobbs s’est engagé à fournir les réponses et convoque un second comité de groupe le 12 septembre.

On démembre ?

L’intersyndicale a été reçue au ministère de l’industrie le 19 juillet afin de voir quelle pourrait être la meilleure sortie industrielle et sociale de cette situation. Hélas la réponse qui semble se profiler à l’horizon est une réponse politique puisque pour le conseiller de Francis Mer (Ministre de l’industrie) la solution de « vente par appartements » apparaît comme la meilleure solution. Quand on connaît la situation des différents sites on ne peut qu’être inquiet, aussi bien d’un point de vue économique (disparition de la solidarité financière entre les différents sites, d’où facilité de déposer le bilan pour les sites non rentables) que d’un point de vue syndical. Le fait de faire exploser l’unité syndicale au sein du groupe est une volonté délibérée de limiter la riposte des salariés. « Il nous semble donc très important de bien communiquer entre tous les sites. La loi de modernisation sociale nous apporte des droits en cas de cession. A nous d’être très présents dans la négociation car dès la dernière semaine d’août il faudra mettre la pression. Faites bien passer le message auprès des Pouvoirs Publics que l’actionnaire est le plus solvable qui puisse : l’Union des Banques Suisses » disent les syndicats qui n’ont pas voulu être alarmistes pour ne pas gâcher les vacances des salariés. Mais en privé leur pronostic est sombre et ce n’est pas sur le Ministère qu’il va falloir compter pour trouver une solution sociale correcte .


Ecrit le 4 août 2002 :

Dégradation

Au niveau mondial la situation économique est inquiétante, les marchés boursiers mondiaux s’enfoncent dans le rouge, plombés par la publication de plusieurs mauvaises statistiques économiques qui ont relancé les craintes quant à la solidité de la reprise économique aux Etats-Unis ; une course contre la montre est engagée pour éviter l’effondrement de l’Amérique latine, et ne parlons pas de la situation dramatique des pays sous-développés, tributaires des perturbations économiques des pays riches.

En France, les ménages, affectés par la montée du chômage, ont mauvais moral. Selon l’INSEE les études de juillet 2002 montrent une vive dégradation de l’opinion sur l’évolution du niveau de vie en France, une baisse sensible de la confiance sur la situation financière personnelle, la poursuite de l’érosion du sentiment sur l’opportunité d’acheter, la crainte d’une mauvaise évolution du chômage et d’une poursuite de l’augmentation des prix.

Le gouvernement s’attend à une rentrée sociale « très chaude ». « L’option très libérale qu’est en train de prendre ce gouvernement nous oriente vers des complications assez fortes dès la rentrée », a annoncé Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, insistant sur la volonté de son syndicat "préparer une rentrée sociale offensive pour garantir notamment l’avenir des retraites, les salaires et l’emploi ».

Et ce n’est pas la malencontreuse augmentation de 70 % du salaire des ministres, en même temps que le blocage du SMIC qui peut redonner le moral aux Français.


(écrit le 11 septembre 2002) :

Une délégation intersyndicale CGT CFDT de la Fonderie FOCAST et des Unions Locales a été reçue par le Président du Conseil Général à la mairie de Châteaubriant

Les représentants du personnel avaient demandé cette entrevue pour évoquer les difficultés de l’entreprise et plus globalement du groupe Valfond.

André TRILLARD, accompagné d’Alain HUNAULT et du représentant du CODELA ont donc reçu une délégation avant l’inauguration de la Foire.

Les salariés sont inquiets de la baisse de charge qui va entraîner du chômage partiel dans les semaines à venir : 3 jours sont prévus en septembre.

Les délégués CGT ont fait part de leur inquiétude sur le retard apporté à la mise en place des investissements décidés l’année dernière et des capacités du groupe à assurer leur financement.

Le Président du Conseil Général et le Maire ont indiqué qu’ils connaissaient les difficultés de l’entreprise et qu’ils suivaient de près l’évolution de ce dossier. Le maire a informé les délégués que le CIRI avait accordé un moratoire de 7 ans (jusqu’à décembre 2008) pour les dettes fiscales et sociales du groupe, soit 205 000 euros.

Au niveau local, la Communauté de Communes a fait des propositions d’aide aux investissements de FOCAST en demandant des garanties sur la pérennité de l’entreprise et de son personnel. Elle attend des réponses de la part du Groupe Valfond.

La CFDT a insisté sur la nécessité d’obtenir des engagements et des garanties sur le maintien de l’emploi. Il ne serait pas acceptable que des aides publiques accordées à quelque niveau que ce soit servent finalement à financer des suppressions d’emploi. D’autre part l’actionnaire doit s’engager à mettre des moyens financiers, techniques et humains à la hauteur des besoins pour re-dynamiser l’entreprise.

La CGT a demandé une réunion de travail avec toutes les parties concernées : élus, syndicats, entreprise. Le maire a proposé la mise en place d’un groupe de travail et prendra contact avec la Direction. La CFDT a souligné que sans la présence de représentants du Groupe ayant pouvoir de décision, (ce que n’a pas la Direction de Focast) un groupe de travail aurait peu d’intérêt.


(écrit le 16 septembre 2002)

Le démantèlement de Valfond

Un « comité de groupe Valfond » s’est tenu le 12 septembre 2002 à Paris. D’entrée de jeu la direction a annoncé que les questions restées en suspens à la fin juillet ont trouvé une réponse :

– Le moratoire sur la dette fiscale et sociale d’un montant de 42 millions d’Euros a été accepté par le CIRI (comité interministériel pour les restructurations industrielles) pour une durée supérieure à la demande qui était de 2 à 5 ans. Après un léger débat sur la confidentialité du dossier, il est apparu que le président du Conseil Général de Loire-Atlantique a annoncé à l’intersyndicale CFDT-CGT de FOCAST que le moratoire était de 7 ans (pour le confidentiel, c’est bien vu, puisque cette annonce a aussi été faite à la presse par le Président André Trillard !)

– Les constructeurs (Renault et Peugeot) ont signé un protocole de garantie de maintien de chiffre d’affaire jusqu’en 2005.

– Des exonérations de taxe Professionnelle seront consenties au repreneur des sites dont les résultats sont négatifs.

– Concernant les crédits-bailleurs, le groupe Valfond n’a pas payé le premier semestre et ils ont accepté le report

– BNP Paribas ne remet pas d’argent mais accepte d’attendre sans intérêts la vente du projet VITAL (voir plus loin) pour récupérer son bien (45 millions d’Euros).

– L’Union des Banques Suisses a remis des finances (25 millions d’Euros) pour passer Août et Septembre.

On démembre

En dehors de tous ces problèmes financiers, la direction a présenté au ministère de l’industrie un plan de redéploiement du groupe par pôle. Ces différents pôles étant appelés à être cédés à court ou à moyen terme. Ce plan a été approuvé par l’Etat comme l’avait laissé entendre le conseiller de Francis Mer aux organisations syndicales lors de leur rencontre fin juillet.


Etat des lieux au 12 septembre 2002

POLE FONDERIE- USINAGE (projet Phœnix)

Un projet de reprise a été déposé par M. Peronnet et M. Migeon. Ce projet fera l’objet de consultations des Comités d’Entreprise dans les jours qui viennent. Les constructeurs approuvent ce projet puisqu’ils annoncent une confiance sans limite à A. Peronnet, de plus ils le garantissent d’un maintien de chiffre d’affaires jusqu’en 2005. Le délai de concrétisation de ce projet est de fin octobre. De plus A. Peronnet étudie la possibilité d’intégrer d’ici la fin décembre les sites de Bléré/ Laval.
Le moratoire pour ce pôle s’élève à 14 millions d’Euros.

POLE FONDERIE SOUS-PRESSION (Projet Vital)

Concernant ce pôle le CCF (Crédit Commercial de France) a été chargé par VALFOND de trouver un repreneur, ceci en compagnie de M. STAUB. Les engagements des constructeurs seront les mêmes pour les repreneurs que dans le projet Phœnix. Le moratoire de ce pôle est de 16 millions d’euros, mais il apparaît difficile d’obtenir des exonérations de Taxe Professionnelle pour un éventuel repreneur du fait des résultats positifs de certains sites. Le délai de cession de ce pôle est annoncé à fin Avril 2003.

POLE FONDERIE DIVERSES :

1) FUMEL- SADEFA

Des discussions sont en cours avec la Société Industrielle du Fumellois (2 actionnaires de l’Autrichien VENTANA). Quelques problèmes juridiques font que le dossier de cession prend plus de temps que prévu. A la question de savoir s’il s’agissait d’un problème financier pour aboutir , la direction a répondu que non. Pour cette cession URGENCE.

2) CHATEAUBRIANT/St DIZIER

Concernant l’investissement de St Dizier le protocole avec l’Etat et les Pouvoirs Publics a été signé fin juillet, cette signature a été suivie d’un versement de 2.250 millions d’euros par l’actionnaire pour débuter les travaux, la direction espère que la production avec les fours électriques débutera en janvier 2003.

Concernant Châteaubriant une enquête publique est en cours, et le permis de construire a été déposé. La direction du groupe a demandé à O.SHMEER d’étudier les possibilités de rapprochement des 2 sites, au moins d’un niveau Commercial dans un premier temps et plus si des intérêts communs apparaissent. Ron. HOBBS (le PDG du groupe Valfond) a précisé son intention de rester impliqué dans ces 2 projets afin de les accompagner vers d’éventuelles cessions. L’urgence de céder ces 2 sites n’est pas de mise.

La fin

Pour la CFDT, tous ces projets annoncent la fin de groupe VALFOND avec l’aval du gouvernement au travers du moratoire exceptionnel accepté à l’Union des Banques Suisses.

La CFDT va donc s’attacher à surveiller pour voir si les moyens financiers qui accompagneront les cessions seront à la hauteur des attentes pour maintenir l’activité de tous les sites et subvenir aux besoins en financements des investissements.

« Il nous faudra être très vigilants lors des réunions d’informations et de consultations, ne pas hésiter à faire travailler nos experts, si nos questions restent sans réponses nous n’hésiterons pas à déposer des droits d’alertes afin d’avoir le maximum de garanties sur le maintien de nos emplois » dit la section CFDT-Valfond.


(écrit le 9 octobre 2002)

Un communiqué, émanant de la CFDT, explique que la situation économique est de plus en plus grave chez Focast :

« La situation du carnet de commandes présenté au comité d’entreprise du 25 septembre 2002 est catastrophique. L’annonce de 3 jours de chômage pour le secteur Grosses Pièces et surtout de 12 jours chômés en petites pièces est une véritable catastrophe pour les salariés. La CFDT est dans l’attente d’une réponse de l’Etat pour qu’il augmente son aide. Les pertes pour un salarié au SMIC avec 12 jours chômés sont d’environ 366 euros (2400 F) soit une perte de 40 % du salaire »

Pour la CFDT l’Etat doit jouer son rôle et venir en aide aux salariés de FOCAST car, « quand on est capable d’accepter un étalement de la dette de 42 millions d’euros à l’Union des Banques Suisses, on doit être capable d’aide la France d’en Bas à nourrir sa famille »

(communiqué du 30 septembre 2002)

Ndlr : cette situation chez Focast aggrave la situation économique locale où, à part Huard qui a un bon carnet de commandes jusqu’en 2003, un certain nombre de commerces et de petites entreprises de sous-traitance souffrent d’une mauvaise conjoncture économique

Que recherchent les riverains ?

C’est le moment où une association de riverains de Focast n’hésite pas à dire que l’emploi, elle s’en fout. Deux dames bien mises, sont allées faire signer une pétition dans les parages. Elles n’ont pas toujours été bien reçues dans les HLM où les retraités, qui ont vécu toujours modestement, savent la valeur d’un emploi. La pétition a quand même recueilli près de 200 signatures, car des personnes se sont présentées à la porte de Nazareth pour faire signer les mamans et elles ont de plus affirmé (faussement) que les syndicats étaient d’accord avec cette pétition !

Dans un communiqué la CGT tient à faire remarquer :

« Que penser de l’argument des riverains estimant que les conséquences en termes d’emploi ne seraient pas dramatiques ? Ce qu’ils oublient c’est qu’il n’y a pas uniquement 186 salariés mais beaucoup plus avec leur famille, les sous-traitants ... environ 1500 personnes seraient touchées par la fermeture de Focast. »

La CGT se demande, s’il y a tant de nuisances, pourquoi on délivre des permis de construire autour de la fonderie . « Y aurait-il des spéculations immobilières ? Les riverains ne chercheraient-ils pas des indemnités compensant les nuisances ? »

Enfin la CGT s’étonne du silence du Groupe Valfond et de la Direction concernant le projet industriel « même si certains signes font apparaître que les travaux pourraient démarrer début 2003 »


(note du 16 octobre 2002) :

Fonderie FOCAST :

Des larmes dans les chaumières

Pleurez bonnes gens, elle le croyait un homme rassurant et un père idéal, elle découvre qu’il est accusé d’escroquerie ...

Elle c’est Caroline Barclay. Lui, c’est notre vieil ami Michel Coëncas qui vit avec elle, selon « Ici Paris » « une love-story très jet-set ». Un soir, la belle Caroline, divorcée d’Eddie Barclay, n’a-t-elle pas rencontré chez des amis l’homme « à la tête d’une fortune colossale de 610 millions d’euros » qui possède « un jet privé, une collection de Rolls et un amour immodéré pour le ballon rond au point de s’offrir le club de foot de Valenciennes et celui de Nîmes ».

Et ce soir-là, voyez comme c’est émouvant, « Caroline sait qu’elle a trouvé un homme à la mesure de ses ambitions . Quelqu’un de suffisamment fort et solide pour lui donner envie de fonder une famille ». Mais voilà que derrière le père de famille tranquille se cacherait un redoutable homme d’affaires : « personne n’a oublié son opération la plus juteuse : il y a deux ans, en vendant l’ensemble des activités industrielles de son groupe, Valois, il empochait au passage 198 millions d’euros ».

Ici Paris continue : « Coëncas aurait licencié de nombreux salariés pour effacer le passif de cette société (...) bénéficiant même de toutes les aides offertes par l’Etat dans le cadre d’une reprise de société avec plan social. Pire encore, dans cette affaire l’homme aurait pris comme complices une administratrice judiciaire, un inspecteur général des finances et un juge du Tribunal de Commerce de Nanterre ». Si c’est ICI PARIS qui le dit ....

« Voilà pourquoi Caroline doit trembler aujourd’hui » raconte ICI PARIS à ses lecteurs qui sont peut-être ... les salariés de la fonderie Focast. Rappelons que celle-ci appartient au groupe Valfond, qui dépendait du groupe Valois, celui que, justement Coëncas a vendu à l’Union des Banques Suisses qui trouve qu’elle s’est fait avoir et qui cherche à se débarrasser de Focast.

Même si Coëncas passe un jour devant un tribunal, les salariés de Focast recevront sûrement, avant, leur lettre de licenciement. Et nul ne doute que leurs femmes, comme Caroline, doivent trembler aujourd’hui..... Si vous voulez dire votre façon de penser à la journaliste « chef des informations » (Stéphanie Lohr) vous pouvez toujours l’appeler au 01 41 34 87 72