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Police et manifestations : qui croire ?

Écrit le 4 mai 2016

Manifestation contre le projet de « Loi Travail » : peu de monde à Châteaubriant et aucune violence, alors que des affrontements sont signalés dans d’autres villes. Nantes, Rennes, Paris, Toulouse, Lyon...

Nous avons publié la semaine dernier le communiqué de la CGT au sujet des violences policières. Un syndicat de cette organisation a d’ailleurs réalisé une affiche dénonciatrice, montrant une matraque et un insigne de CRS, près d’une flaque de sang, titrée : « La police doit protéger les citoyens et non les frapper ».

Une des lectrices de La Mée nous a adressé un courrier disant : « Depuis 15 ans je fais des photos des slogans de manifestations. J’ai des centaines de photos. Depuis peu, nous voyons dès le début des cortèges des jeunes, pour la plupart cagoulés, alors qu’aucun CRS n’est en vue ! Ils viennent avec : bouclier, gants, sangle avec crochet, sacs à dos bien gonflés (par quoi ?), mains dans les poches, ils marchent au milieu des manifestants l’air de rien, sauf que leur visage est caché. Pourquoi ? Place Graslin, 3-4 s’en sont pris aux poubelles pour verre, d’un restaurant et ont jeté les bouteilles par terre qui se sont cassées. Aucun CRS n’était en vue !

Sur une photo on voit des jeunes qui essaient de rentrer sur les rails de la gare Nord. Beaucoup de manifestants étaient attroupés sur le pont LU et s’amusaient de voir les jeunes asticoter les CRS qui tentaient de les chasser. Du côté du CHU même spectacle, beaucoup de spectateurs et des CRS qui essaient de repousser des jeunes qui enflamment des poubelles.

Personnellement je trouve que les CRS ont trop de self/contrôle et qu’ils n’interviennent pas assez tôt pour éviter les dégradations. Je trouve que les témoignages parus dans la Mée sont à relativiser ! Les commerçants de Nantes voudraient davantage de forces de l’ordre.

Où est la vérité entre ceux qui disent qu’il n’y a pas assez de CRS et qu’ils laissent faire (personnellement c’est ce que je constate) et ceux qui disent qu’il y en a partout et qu’ils provoquent les jeunes (ce dont je n’ai pas été témoin)  »

D’un autre côté, La Mée a reçu un communiqué de l’Observatoire nantais des libertés dans l’état d’urgence, composé d’associations, syndicats et citoyen-ne-s, mis en place le 15 décembre dernier.

« Comme dans tout le pays depuis le 9 mars dernier, et dans un contexte d’inquiétude des citoyen-nes pour leur avenir, des manifestations ont lieu à Nantes sur le projet de loi travail. Elles sont marquées à leur marge par des dégradations et des affrontements avec la police. L’Observatoire nantais des libertés dans l’état d’urgence met en garde sur les risques que font encourir, à toutes les personnes, l’escalade de la tension et l’enchaînement pression-réaction.
L’action de la préfecture et de la police ne doit pas avoir pour effet de dissuader les citoyen-nes, qui veulent s’exprimer pacifiquement dans la rue, de participer aux manifestations. Les forces de l’ordre doivent maîtriser leurs interventions sans encourager, par leur propre violence, celle que peuvent manifester certaines personnes.

Pouvoir contester collectivement ce que l’on estime injuste, c’est exercer une liberté publique fondamentale. Manifester publiquement est une des nombreuses formes d’expression de la citoyenneté, de la démocratie et de son apprentissage. Elle ne doit donc pas mener à une mise en danger.

L’Observatoire nantais des libertés dans l’état d’urgence est présent dans chaque manifestation. L’Observatoire appelle à la vigilance permanente sur l’exercice des droits et des libertés dont l’application du droit de manifester et le respect par les forces de l’ordre du caractère adapté et proportionné de ses actions. Il recueille les faits et témoignages relatifs aux atteintes aux libertés et aux droits »
observatoire libertes nantes


Ecrit le 8 juin 2016

Appel à solidarité

A Rennes, quatre étudiants ont été condamnés en comparution immédiate à de la prison ferme ! Les faits qui leur sont reprochés sont dérisoires, voire totalement fantaisistes : arrachage d’affiches, pose d’autocollants sur un poteau, et possession d’un marqueur ! Et pourtant ils ont été condamnés à des peines de 1 à 3 mois de prison ferme ! Ce sont des étudiants jeunes, inscrits et assidus à Rennes 2, qui payent pour l’ensemble des dégradations violentes du centre-ville de Rennes [autour de la Loi Travail] qui ne sont pas de leur fait. Si avoir un marqueur dans son sac est passible d’un mois de prison, nous risquons tous d’être inculpés !

Cette répression est inadmissible, et les organisations syndicales nationales ont été directement saisies de l’affaire. Malheureusement, la procédure en comparution immédiate ne laisse que très peu de marge de manœuvre pour intervenir. Les délais d’appel étant très longs, ils auront tous purgé leur peine avant que l’appel ait eu lieu. En attendant, les étudiants sont en prison. Ils doivent vivre au quotidien avec des détenus de droit commun et faire face à de nombreux frais.

Une caisse de solidarité a été mise en place, afin de pourvoir aux frais de justice et améliorer leur quotidien carcéral