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Les mots ont une histoire

Ecrit le 11 mai 2016

 Une nouvelle rubrique

La Mée m’offre un espace dans ses colonnes pour « défendre » la langue française, je lui en suis très reconnaissante.

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 Les mots ont une histoire

Je commencerai aujourd’hui par une petite anecdote : une grand-mère interroge un de ses petits-fils, un enfant de 5 ans, sur le sens du mot BIO qui figure sur l’étiquette d’une bouteille de lait posée sur la table. « Oui, je sais ce que cela veut dire, cela veut dire « très bon », lui répond-il.

La grand-mère lui explique que si les produits bio sont en effet très bons pour la santé, le mot BIO vient du mot grec BIOS qui signifie « la VIE » et lui fait remarquer que dans le titre d’un livre qu’il possède figure le mot CORPS, qui vient, lui, d’un mot latin, CORPUS, dont on ne prononce ni le P ni l’ S en français.

Quand son père rentre à la maison, le petit garçon lui demande : « Tu savais, Papa, que tous les mots ont une histoire ? ».

Oui, tous les mots ont une histoire ! Chacun est irremplaçable, chacun a un sens ainsi qu’un genre qui lui sont propres et chacun s’inscrit dans une phrase qui doit être construite selon les règles de la syntaxe, chacun enfin doit être utilisé à bon escient avec la bonne orthographe !

 Quel genre ?

Exercez-vous : épithète, anagramme, épigramme, azalée, antidote, éclair, pétale, aphte, granule, oasis, hémisphère, apogée, oriflamme, planisphère, arpège. Quels mots sont du genre masculin, quels mots, du genre féminin ?

Réponse dans cette rubrique la semaine prochaine !

Signé : Elisabeth Blondel


Ecrit le 18 mai 2016

 La préposition « sur »

« Allez vous sur Paris la semaine prochaine ? ». « Où habitez-vous ? Sur Châteaubriant ? ». Hier, j’ai entendu « sur », non !, à la radio un journaliste demander à son interlocuteur « Sur le passé, que faisiez-vous ? » ! Voilà quelques années, j’ai entendu mon correspondant me dire « Dépêche-toi, je suis sur mon portable, ça me coûte cher ». Je n’ai pas pu m’empêcher de lui répondre : « Descends, tu vas tomber... »

L’emploi abusif de la préposition sur s’est développé rapidement depuis quelques années, tant à l’oral qu’à l’écrit. Sur a pris la place de dans et de à. Il est regrettable qu’on lise les informations sur le journal, qu’on habite sur la Drôme, sur le Pas-de-Calais ou sur Lyon : soyons précis, disons :
je lis les informations dans le journal, je les regarde à la télévision, j’habite dans le Pas-de-Calais, à Lyon, à Nice.

Ne confondons pas les prépositions ! Queneau n’a pas écrit Zazie sur le métro ! Les médias ne doivent pas annoncer qu’il y a eu un tremblement de terre sur mais à Los Angeles.

Gardons l’usage de la préposition sur quand il est question d’une surface sur laquelle on pose quelque chose : « Mets la carafe sur la table, s’il te plaît », ou qu’on indique la position d’une personne ou d’une chose par rapport à ce qui est plus bas qu’elles, en contact ou non avec elles : il est sur la route, il marche sur les eaux, « Il pleut sur Nantes, donne-moi la main ! », ou quand il s’agit d’un lieu « prospectif » (orienté vers l’avenir) : elle va sur ses 100 ans, elle est sur le départ.

Réponse à l’exercice précédent :

  • Une épithète,
  • une anagramme,
  • une épigramme,
  • une oriflamme,
  • un antidote,
  • un planisphère,
  • un hémisphère,
  • un granule,
  • un apogée.

signé : Elisabeth Blondel


Ecrit le 25 mai 2016

 Surféminisation et féminisme

On se rappelle la polémique née autour d’un « Madame le président » adressé en 2014 à la présidente de séance par un député de l’Assemblée nationale.On se rappelle aussi la sanction financière infligée à ce député, conformément à un décret pris en 1998 par le Premier ministre de l’époque.

Le secrétaire perpétuel de l’Académie française -qui est actuellement une femme- l’avait pourtant soutenu en affirmant qu’on doit s’adresser à elle en utilisant la formule « Madame le secrétaire » !

L’accession au cours du XXe siècle du « deuxième sexe » à des postes très longtemps réservés aux hommes a entraîné la féminisation du vocabulaire des métiers et fonctions : ainsi les noms postière, aviatrice, factrice, éditrice, exploratrice, avocate par exemple sont entrés depuis longtemps dans le dictionnaire. Depuis les années 80, sous l’impulsion des féministes, les mots professeure, auteure, écrivaine sont couramment utilisés, bien que les « Immortels » les considèrent comme des barbarismes. Curieusement, le titre de docteur échappe encore à cette féminisation. Entendra-t-on dire bientôt « Ma fille est sapeuse-pompière », « Madame X est chevalière de la légion d’honneur » ou « officière de marine » ? Que gagne le combat des féministes à cet ajout de la petite lettre e ???

Il reste que certains noms ne peuvent être féminisés ; ainsi cheffe est un non-sens linguistique et grammatical, puisque ce nom est issu d’un mot latin non pas masculin mais neutre (caput). Laissons donc les femmes dire : « Je suis le chef » !

Elisabeth Blondel