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Personnes âgées, vulnérabilité, maltraitance

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Écrit le 01 juin 2016

Mardi 24 mai, à Marsac-sur-Don, 130 personnes se sont réunies pour parler des personnes fragiles. Services d’aide à domicile, services de soins à domicile, CLIC  , pôle Personnes-Agées-Personnes-Handicapées, etc. Très peu d’hommes, très peu d’élus, dommage ! Le Docteur Coisne a expliqué, avec toute son expérience et toute son humanité, ce qu’est la vulnérabilité : ne pas pouvoir se défendre. Cela touche plus particulièrement des catégories : mineurs de moins de 15 ans, personnes âgées ou malades, personnes atteintes de maladie mentale, migrants, etc. Mais dans ces groupes, tout le monde n’est pas vulnérable.

La vulnérabilité est relative et ne peut être comprise que dans une relation de pouvoir : « je ne peux être agressé que s’il y a un agresseur ». Le regard de l’autre peut renforcer la vulnérabilité, en s’appuyant sur le sentiment de dévalorisation.

 Vieillesse

La vieillesse, en diminuant les forces physiques et les facultés mentales, est un risque de vulnérabilité accélérée, surtout si s’y ajoutent des maladies, trisomie, alcoolisme, diabète mal traité. La vieillesse se manifeste par une baisse des performances cardiaques, rénales, pulmonaires, musculaires, cognitives. Elle conduit à une absence de réaction adaptée au stress. Le schéma de JP Bouchon montre la diminution des facultés et évoque un « seuil de décompensation » au-dessous duquel la personne devient dépendante.

Le vieillissement cognitif normal se manifeste de plusieurs façons :
– réduction de la vitesse de traitement de l’information. Lenteur des réactions.
– diminution de l’attention : moindre possibilité de faire plusieurs choses à la fois.
– baisse de la mémoire de travail
– moindre efficacité des stratégies mnésiques,
– moindres capacités à s’adapter, à apprendre.

Des facteurs psycho-affectifs peuvent accentuer les choses (dépression). Ce vieillissement est en partie lié à l’âge mais pas inéluctable. Le Dr Coisne a cité par exemple Stéphane Hessel (photo) qui, à 93 ans, en 2010, a été capable d’écrire le petit livre « Indignez-vous ».

 Fragilité

La fragilité c’est être vulnérable à un stress. Cela peut être lié à l’âge, mais surtout à l’environnement social et familial. La fragilité multiplie par deux le risque de devenir dépendant dans les 10 ans. Environ 15 % à 20 % de la population à domicile est fragile après 65 ans. Les critères de Fried définissent 5 caractéristiques : diminution de la force musculaire, épuisement ou fatigabilité, performances motrices ralenties, baisse d’activité physique et perte de poids non volontaire. Il y a un lien fort entre les performances physiques et le déclin cognitif :
► - Des critères mineurs :
– plus de 85 ans
– plus de 5 médicaments
– isolement social ou familial
► - Des critères majeurs :
– chute dans les six derniers mois
– indice de masse corporelle inférieur à 18,5
– incapacité à donner le mois ou l’année.

 Repérage

Trois critères doivent être pris en compte pour le dépistage de la fragilité. Le gérontopôle de Toulouse a mis au point un questionnaire de « Repérage et maintien de l’autonomie des personnes âgées fragiles ». C’est que le repérage permet de réduire le risque de perte d’autonomie, d’hospitalisation, de décès. Cela doit concerner des sujets de plus de 70 ans, indemnes de maladies graves et sans dépendance avérée. Le repérage doit mener à une analyse familiale et sociale et à un plan personnalisé d’aide et de soins.

 Maltraitance

La maltraitance, ce n’est pas la violence physique ou sexuelle (ça c’est coups et blessures). Qui peut maltraiter : tout le monde ! (qu’on se souvienne du nazisme mais pas seulement). L’expérience de Milgram a permis de mesurer le niveau d’obéissance à un ordre même contraire à la morale de celui qui l’exécute.

Comment maltraiter ? Omission, négligence, manque de respect, non respect du refus de la personne, contention.

Les facteurs favorisants : le modèle (par exemple la fessée en France), la surcharge de travail, la routine, l’absence de projet de soins élaboré en équipe, l’absence d’encadrement, la peur de la délation et enfin les relations soignant-soigné surtout dans un établissement hospitalier.

 Contention

La contention, pour le Dr Coisne est une maltraitance ’’bienveillante’’ : on attache la personne dans son lit et sur un fauteuil pour sa sécurité, qu’elle ne tombe pas, ou bien on la bourre de sédatifs. La contention est dangereuse : après 4 jours il y a 12 % d’infections, 22 % d’escarres. Les statistiques montrent que la contention apporte plus de décès que l’absence de contention.

 Optimisme

Le Dr Coisne s’est montré optimiste pour les années à venir, en raison de « l’humanitude », « un nouveau regard des soignants sur les patients, basé sur une relation globale, sur l’utilisation des facultés restantes, proposant des activités, favorisant la verticalité ».
Ensuite Mme Blanc, magistrate, juge des tutelles, a expliqué que, dans le vocabulaire, « l’incapable majeur » est devenu « le majeur protégé ». Le critère est l’altération des facultés et l’incapacité à pourvoir à ses besoins. Enfin des structures ont présenté leurs actions :
– le CLIC  , centre local d’information et de coordination – 02 28 04 05 85
– le CDAD : Conseil Départemental de l’Accès au Droit – 02 28 50 44 41
– ALMA : allo Maltraitance, qu’on peut toujours joindre au 3977
– la Fédération des Mandataires Judiciaires
– le STF 44 (Soutien aux Tuteurs Familiaux) – 0825 006 044
– l’Unité Personnes Agées, Personnes Handicapées – 02 28 04 04 80
– Solidarités Femmes (accueil, hébergement). 02 40 12 12 40
Vous en trouverez la liste ici.

 Éthique

Dernier sujet abordé, et non des moindres : l’éthique. Autrefois c’était : le soignant sait , le patient subit. Le soignant adoptait une attitude paternaliste.

Maintenant c’est plutôt le respect de l’autonomie du patient, et son consentement aux soins. Mais il y a deux points d’achoppement : dans quelle mesure le malade peut-il donner un consentement libre et éclairé, et que faire lorsque le malade refuse le traitement ? Le patient est tributaire de l’information donnée par le soignant, il peut choisir de rester dans l’ignorance en refusant l’information médicale. Il a le droit de changer d’avis. La loi Kouchner de 2002 a défini les droits du malade. Le soignant ressent un sentiment d’échec face à un patient qui risque de mettre sa vie en danger. C’est l’affrontement de deux légitimités : le droit du patient, le devoir du soignant. Dans ces domaines-là il n’y a pas de solution, il n’y a que des questionnements … et c’est pas simple !

Des documents fort intéressants ont été fournis aux participants :
– les textes juridiques
– les mesures de protection
– tutelle, curatelle, sauvegarde de justice
– mesures de soins pour les personnes souffrant de troubles mentaux.

PDF - 25 ko
Organismes-ressources
PDF - 46.9 ko
Annexe-1- Textes juridiques
PDF - 45.5 ko
Annexe-2, les mesures de protection
PDF - 39 ko
Annexe-3, Tutelle, curatelle, sauvgarde de justice
PDF - 37.1 ko
Annexe-4, Mesures de soins pour les personnes souffrant de troubles mentaux

Organisation de la réunion :
MAIA Nord Loire-Atlantique
10 rue d’Ancenis, Bâtiment B
CS 20129
44144 Châteaubriant

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NOTES:
Télécharger le document : Organismes-ressources , format pdf de 25 kilo octets

et quatre annexes :

Télécharger le document : Annexe-1- Textes juridiques , format pdf de 46.9 kilo octets
Télécharger le document : Annexe-2, les mesures de protection , format pdf de 45.5 kilo octets
Télécharger le document : Annexe-3, Tutelle, curatelle, sauvgarde de justice , format pdf de 39 kilo octets
Télécharger le document : Annexe-4, Mesures de soins pour les personnes souffrant de troubles mentaux , format pdf de 37.1 kilo octets