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Mée-Disances du 18 mai 2016

Écrit le 18 mai 2016

 Sommet anticorruption

Courrier international du 11/05 : Un mois après la publication des Panama Papers, Londres accueille le 12 mai le premier sommet mondial contre la corruption. Mais le Panama ne figurera pas parmi la quarantaine de pays participants. Et pour cause, il n’a pas été invité par le Premier ministre britannique, David Cameron. “Les îles Vierges britanniques, elles aussi étroitement liées à ce scandale, disent ne pas non plus avoir été conviées”. Ce qui n’est peut-être pas une mauvaise chose, estime l’ONG Transparency International, qui redoute que des pays peu actifs en matière de lutte contre la corruption s’emploient à édulcorer l’ordre du jour de la réunion. “Si le Panama n’a pas été invité, c’est peut-être parce que ses déclarations […] ne sont pas encore convaincantes”.
 
Mais, que le Panama y participe ou pas, on n’attend pas grand-chose de ce sommet, ajoute le Times. Le 7 mai, le quotidien annonçait avoir eu accès à plusieurs versions successives de la déclaration finale. Conclusion : le texte a été sérieusement allégé au fil des semaines. Un passage affirmant qu’il “n’y aura pas d’impunité pour les corrompus” a par exemple été biffé. Idem pour l’engagement à soutenir “les médias professionnels, les journalistes d’investigation et [les représentants de] la société civile” qui révèlent des scandales de corruption.
 
Le principal intérêt de ce sommet se résume donc au seul fait qu’il existe, conclut le journal. Ce sera en effet le premier rassemblement de leaders mondiaux exclusivement consacré à la lutte contre la corruption. Seront par exemple présents les présidents Buhari (Nigeria), Ghani (Afghanistan) et Santos (Colombie). Le secrétaire d’État américain John Kerry sera également de la partie. En revanche, la Russie ne sera représentée que par son vice-ministre des Affaires étrangères, Oleg Syromolotov.
 
Dans une lettre publiée à l’initiative   de l’ONG Oxfam, plus de 300 économistes de 30 pays demandent aux chefs de gouvernement du monde de “profiter du sommet anticorruption de Londres […] pour adopter les mesures nécessaires afin de mettre un terme à l’ère des paradis fiscaux”. Ce texte, qui porte la signature, entre autres, d’Olivier Blanchard (ancien économiste en chef du Fonds Monétaire International), Angus Deaton (prix Nobel d’économie 2015), Thomas Piketty (École d’économie de Paris) et Jeffrey Sachs (université Columbia), affirme : ‘’Ces havres fiscaux ne contribuent en rien à la richesse globale ni au bien-être ; ils ne sont d’aucune utilité économique.

 Mairie de Londres

20minutes.fr du11/05 : La récente élection de Sadiq Khan à la mairie de Londres a fait parler sur internet, aussi bien en Angleterre qu’en France, pour le meilleur, et souvent le pire. Une vague d’islamo-phobie s’est abattue sur la toile immédiatement après la nomination du travailliste, et beaucoup ont prétexté que l’inverse - à savoir un maire chrétien dans une grande ville musulmane - était impossible. Une rengaine qu’un blogueur - Emlyn Pearce - s’est appliqué à mettre en échec en recensant les dirigeants chrétiens dans les pays musulmans sur son compte Facebook.
 
On apprend ainsi qu’en Indonésie, pays qui compte le plus de musulmans au monde, le gouverneur de la capitale Jakarta, Basuki Tjahaja Purnama, est chrétien. Ou encore que la maire de Ramallah (capitale palestinienne), Janet Mikhail, est de confession catholique. Emlyn Pearce rappelle également que le Sénégal, état à 92 % musulman, a été dirigé pendant 20 ans par Léopold Sédar Senghor, qui s’avérait également être chrétien. Enfin, en bonus, le blogueur indique qu’en Iran, cinq sièges du Parlement sont réservés aux minorités religieuses. Deux le sont pour les chrétiens, deux autres pour les zoroastriens, et un dernier pour les juifs d’Iran.
 
Toutes les informations ont été vérifiées et se révèlent exactes. La publication a été partagée des dizaines de milliers de fois sur Facebook depuis sa mise en ligne le 7 mai et reprise par de nombreux médias.

 L’imbroglio de Ravel

LeMonde.fr du 07/05 : Maurice Ravel est au cœur d’une histoire extravagante. […] Le 1er mai, son fameux Boléro (1928) est tombé dans le domaine public. Bref, tout le monde peut s’en emparer sans payer de droits. Ce n’est pas rien, car il s’agit de la musique savante la plus jouée, adaptée, et même fredonnée. […] Ravel, petit par la taille (moins de 1 m 55) et immense par le talent, en avait par-dessus la tête de son tube de dix-sept minutes, qu’il qualifiait de « vide de musique ». Ce vide a rempli les poches de pas mal de monde. Ravel arrive en tête des gains versés par la Sacem jusqu’en 1994 : de 10 à 15 millions de francs par an. Le pactole fond - depuis que son Boléro n’est plus protégé dans nombre de pays, mais il représente encore des centaines de milliers d’euros.
 
L’héritage du musicien est une saga aussi croustillante que navrante. Ravel meurt en 1937, célibataire et sans enfants. Son frère Édouard, un industriel, est seul héritier. Il souhaite céder 80 % des droits d’auteur à la Ville de Paris afin de créer un prix Nobel de musique. Tout dérape en 1954, quand Édouard, diminué par un accident de voiture, abandonne son héritage à sa masseuse et à son mari. Suit un imbroglio monstre avec procès entre héritiers, un ex-cadre de la Sacem qui récupère une partie du gâteau, l’argent qui transite par des sociétés logées à Gibraltar, Monaco, aux îles Vierges ou à Vanuatu. Bref, ça sent le fisc spolié.
 
Et voilà que, le 7 avril, soit quelques jours avant que le Boléro ne tombe dans le domaine public, la Sacem reçoit un pli recommandé lui demandant de désigner le décorateur et peintre Alexandre Benois (1870-1960) comme coauteur du Boléro. Les héritiers Benois ont signé cette lettre. Ceux de Ravel aussi, qui y voient leur intérêt : une rallonge de vingt ans de droits d’auteur. L’idée à faire passer est qu’il s’agit d’une œuvre de « collaboration ». La conviction des descendants Benois est qu’il a soumis à Ravel une histoire, un « argument », qui a inspiré le compositeur.
 
La Sacem a examiné les pièces fournies par les héritiers Benois, les a reçus, a fait appel à un expert, et en a conclu, le 29 avril, que la demande ne tenait pas la route. […] Cette histoire peu reluisante d’héritage ne cadre pas avec le profil désintéressé de Ravel dont l’héritier « direct » aujourd’hui est une femme installée en Suisse, qui est « la fille unique de la seconde épouse du mari de la masseuse de l’épouse du frère de Ravel ».

 Incident de séance

L’Opinion.fr du 11/05 : Critiquée pour ses réformes par le député LR de Côte-d’Or Alain Suguenot qui déclarait : « Il est vrai que pour beaucoup, vos réformes sont destructrices. Vous n’avez de cesse, Madame la ministre, de vous battre contre tout ce qui représente l’éducation et l’enseignement traditionnels, comme si vous souhaitiez un monde sans mérite ni autorité » , la ministre de l’Éducation a répondu sèchement, provoquant le départ précipité d’une vingtaine de députés de droite de l’hémicycle.
 
« Je retiens de votre question que vous considérez comme juste et méritée l’augmentation du salaire des professeurs d’école mais que vous nous reprochez de l’avoir réalisée. J’en retiens que vous estimez que l’école ces dernières années, l’école française, a été dévalorisée, mais que, dans un fâcheux trouble amnésique, vous oubliez que c’est d’avoir détruit 80 000 postes d’enseignants (...) et d’avoir préféré le curé à l’instituteur pour transmettre les valeurs, qui la dévalorisaient », a d’abord expliqué la ministre.

Puis Najat Vallaud-Belkacem a ajouté : « j’en retiens que vous aimez le mérite mais que rien ne vous choque à voir le déterminisme social l’emporter 100 fois plus que le véritable mérite dans notre école actuelle ».

« Que votre raisonnement s’il faut l’appeler ainsi manque cruellement de cohérence, de lucidité et de bonne foi et j’en suis sincèrement désolée », a-t-elle conclu.