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Focast (12)

(écrit le 11 juin 2003) -

Capitaines d’industrie}

Un excellent ouvrage intitulé « Capitaines d’industries à Nantes au XIXe siècle », écrit par Yves Rochcongar, journaliste en retraite, est publié aux éditions Mémo.

Sortant des sentiers battus, le livre met en lumière non plus le rôle des grandes familles bourgeoises nantaises (qui pour beaucoup doivent leur fortune à la traite négrière) et mais celui des industriels qui, à partir de leur savoir-faire, vont intégrer cette bourgeoisie locale ;

Au rang des « mécènes » figure... la banque UBS qui a pré-acheté 250 exemplaires du livre. Mais sans perdre le nord, elle a organisé à la CCI de Nantes, un petit cocktail pour remettre ces exemplaires aux descendants des capitaines d’industrie évoqués. Avec, bien évidemment, l’espoir de les compter parmi ses futurs clients...

La banque suisse en profitera-t-elle pour tirer des leçons, entre autres, sur son naufrage industriel Valfond ?

Le saint Esprit à l’usine Focast

Il y a peu c’était l’Ascension. Hier c’était la Pentecôte et son lundi. Les fêtes catholiques ont du bon. L’esprit ne manque pas aux syndicalistes. Voici en effet le texte affiché dans l’entreprise Focast à propos de la négociation sur les salaires :

« La troisième réunion de négociation salariale aura lieu le 11 juin 2003 soit 2 jours après « la Pentecôte ». Cette fête chrétienne, commémore la descente du Saint Esprit sur les apôtres et elle a dû donner des idées à « Saint Jean-Paul »*.

Arguant du fait que la situation de VALFOND est catastrophique, que la situation de la division Industrie est catastro..., que la situation de FOCAST est cata..... « Saint Jean-Paul » nous fait le coup de la sortie de l’église où l’on jette aux malheureux les 10 centimes que l’on a bien pris soin de préparer à l’avance pour éviter d’ouvrir le porte-monnaie.

Saint Jean-Paul n’a donc pas compris que ce n’est pas le porte-monnaie qu’il faut ouvrir mais le porte-feuille ! Les 0.4 % d’augmentation sont insuffisantes.

3% - 2.6% (augmentation du SMIC au 01/07) = + 0.4 %

soit sur un SMIC une augmentation de 4,73 Euros (31,06 F par mois)(**)

Alors Saint Jean-Paul : revois ta copie !

Il te reste 2 jours pour éviter que les apôtres des syndicats ne fassent appel à Satan ! »

(*) il s’agit de Jean-Paul Lebret, directeur du site Focast

(**) la direction propose en effet 3 % d’augmentation, soit à peine plus que la revalorisation du SMIC qui va être de 2,6 %, en sachant que 80 % du personnel de Focast est payé au SMIC et travaille, non pas 35 heures, mais 38,5 heures par semaine.


Ecrit le 18 juin 2003 -

La réalité du terrain

En ce XXIe siècle, la mode est à la « communication », ce qui permet souvent de remplacer l’action. Un exemple flagrant vient d’être donné dans une lettre adressée par la Direction de la fonderie Focast, au Président de la Communauté de Communes du Castelbriantais, lettre qui est parvenue à l’Eclaireur mais pas aux autres journaux.

On reproche à la Mée, parfois, de ne pas faire des articles « balancés » : trois lignes à droite, deux lignes à gauche, secouez bien et comprenez ce que vous voudrez. Mais là, l’Eclaireur donne un « modèle » de journalisme : l’intégralité de la lettre du patron, et zéro ligne pour le point de vue des salariés (de même que, pour les compte-rendus du Conseil Municipal, la place donnée aux propos de la minorité est réduite à la portion congrue sinon à néant).

Cette lettre de la Direction a fait bondir les salariés qui, par la voix de leurs syndicats CFDT et CGT, apportent des précisions sur une réalité tout autre :

La direction de FOCAST fait part « d’un manque d’exactitude » dans les articles qu’elle a pu lire dans la presse, mais elle ne doit pas pour autant mener les salariés, les Pouvoirs publics et les Castelbriantais en bateau.

Pas arrivés

Selon l’intersyndicale : « Les travaux ont pris un mois de retard, les fours sont bien commandés mais contrairement à ce qu’écrit la Direction, aucun four n’est déjà installé sur le site ... puisqu’ils ne sont même pas arrivés ». (ndlr : il y a quelques mois nous avions dit que des fours d’occasion étaient arrivés et stockés chez Malgogne. C’était vrai mais il n’est plus question d’installer ces fours d’occasion). Les fours à installer ne sont pas arrivés. La banque UBS va-t-elle débourser l’argent pour les payer ?

La Direction dit « la deuxième tranche démarrera début 2004 et permettra de développer le chiffre d’affaires » (ça fait encore 6 mois à attendre). L’intersyndicale répond : « Peut-être, mais les salariés aujourd’hui se contenteraient d’avoir du travail pour les 185 personnes et non 5 jours de chômage partiel pour une partie de l’entreprise ».

La Direction met en avant « le savoir-faire fonderie ». L’intersyndicale s’étonne : « le moulage main ne fait pas partie des plans de formation 2001, 2002 et 2003 ».

La Direction annonce un chômage partiel d’une vingtaine de personnes dans le secteur petites pièces, pour les prochains mois. L’intersyndicale enfonce le clou : « L’avenir du secteur petites pièces passe lui aussi par un programme d’investissements lourds, le carnet de commande de ce secteur se vide désespérément ».

La Direction annonce que, de 2001 à 2002, son chiffre d’affaires a progressé de 40 % et espère des résultats « encore meilleurs » pour 2003. L’intersyndicale rectifie : « la progression du résultat d’exploitation entre 2001 et 2002 n’est pas de 40 % mais de 32 % et les chiffres annoncés aux salariés, par la Direction, ne font pas voir d’amélioration sur 2003 ».


(écrit le 18 juin 2003)

Avenir flou

Pour la Direction, l’avenir du site « est dans la voie de la réussite ». Pour l’intersyndicale, cet avenir n’est pas clair du tout. « Les hommes de paille intéressés par le chèque d’UBS ont semble-t-il fait machine arrière. Les informations qu’ont les syndicats sur la santé financière du groupe avivent nos plus grandes inquiétudes pour passer le cap financier des congés payés. » (1)

La direction trouve légitimes les revendications des salariés. « De qui se moque-t-on ? dit l’intersyndicale, 70 % des salariés de FOCAST sont concernés par l’augmentation de 2.6 % du SMIC. La direction propose 0.4 % d’augmentation (4,73 € soit 31,06 F Francs d’augmentations mensuelles »

L’intersyndicale conclut : « FOCAST n’a aucun avenir tant qu’à sa tête on pensera finance avant de penser industrie. L’investissement ne servira à rien s’il n’y a plus de salariés ou si l’envie d’y travailler n’est pas présente.

La communication est une arme à double tranchant, elle peut être rassurante mais ne doit pas amener les salariés dans du rêve basé sur le mensonge avec en arrière pensée une logique financière. »

Il fallait que les choses soient dites !

(1) de plus, dans un communiqué interne affiché par la Direction le 10 juin 2003, celle-ci parle de très mauvais résultats sur les quatre premiers mois de l’année 2003, et de « l’incertitude du site »


Le 25 juin 2003 :

La prière des agonisants et la colère des salariés

Lundi 16 juin 2003, le personnel en grève à la Fonderie Focast (95 % du personnel) a débaptisé symboliquement la « rue des tanneurs » pour y indiquer « rue du cimetière des fondeurs ». En ajoutant que les salariés sont « victimes du capitalisme suisse avec la bénédiction de l’état français ».

En effet, dans l’entreprise, les négociations salariales sont en panne et les perspectives d’avenir sont bouchées. La Direction qui a poussé une série de cocoricos (relire L’Eclaireur du 6 juin 2003), est obligée de reconnaître que tout n’est pas rose.

La direction disait : « les nouveaux fours seront opérationnels (...) certains étant déjà installés sur le site ». Et le 17 juin, dans la presse locale, elle devait reconnaître qu’ils ne sont pas arrivés : « dans quinze jours, nous allons recevoir les fours électriques ».

Nous avons même appris, de source généralement bien informée, que la lettre adressée à la Communauté de Communes aurait été faite par Focast A LA DEMANDE de la Communauté de Communes !

Tract sur le marché

Les salariés de chez Focast ont distribué massivement un tract, sur le marché, mercredi 18 juin, disant ceci :

70 % de SMICARDS chez FOCAST

Savez vous que dans le centre ville de CHATEAUBRIANT des Femmes et des Hommes travaillent dans des ateliers où la température ambiante est supérieure à 40° C ?

Ces salariés travaillent chez FOCAST dont le propriétaire, l’Union des Banques Suisses, n’est autre que la deuxième banque mondiale !

– Imaginez-vous à taper sur des pièces en fonte avec un marteau pendant 8 h 00 !
– Imaginez-vous à meuler des pièces pendant 8 h 00 avec des outils (meules) qui pèsent 11 kg !
– Imaginez vous travailler dans un atelier à une température ambiante supérieure à 40°C avec un masque, un casque, des lunettes et des bouchons dans les oreilles !

CES FEMMES ET CES HOMMES EXISTENT ET ILS NE DEMANDENT PAS L’IMPOSSIBLE MAIS JUSTE à ETRE RECONNUS AVEC UN SALAIRE AUTRE QUE LE SMIC TOUTE LEUR VIE.

Pas bien

« La fonderie ne va pas bien » dit la Direction, selon Ouest France du 17 juin. En effet, dans un communiqué, les syndicats comparent les situations des années 2000 et 2003 :

Nombre de Salariés :
– 2000 : 280 salariés
– 2003 : 184 salariés
_ Perte -34.3%

Tonnage :
– 2000 : 9984 tonnes bonnes
– 2003 : 7000 tonnes bonnes (prévision)
_ Perte : -29.8%

Le chiffre d’affaire connaîtrait aussi une baisse importante .

La direction a pourtant déclaré au personnel, lors d’une assemblée le 12 juin, qu’elle a amélioré le résultat entre 2000 et 2003 (à savoir : moins de pertes) : « C’est FAUX, disent les syndicalistes CFDT et CGT. Si la direction veut remotiver le personnel et justifier aux Pouvoirs Publics que l’investissement n’est pas une solution pour retarder l’échéance (aux frais des contribuables) elle doit impérativement répondre aux demandes des salariés, A savoir :

· + 5 % [SMIC (+2.6) compris] en augmentation générale pour tous.
· Ne pas toucher aux acquis.
· Démontrer une réelle volonté pour arrêter les départs volontaires de FOCAST (80 en 3 ans)


écrit le 25 juin 2003

Deux fois zéro

Or, figurez-vous que la Direction a une « bonne » idée : l’intéressement des salariés (sous-entendu : intéressement aux bénéfices de l’entreprise). Mais quand l’entreprise ne fait pas de bénéfices, comme c’est le cas chez Focast ? « La direction doit arrêter de nous prendre pour des C..., les accords d’intéressement finissent tous au cubilot. ». Mille fois zéro, ça fait toujours zéro. Les salariés savent calculer : ils signalent que :

– plus de 70% des salaires de base chez FOCAST sont entre SMIC et SMIC x 1.1

– de 2000 à 2003 le SMIC a progressé de + 11.96 %. Mais les salaires Focast n’ont progressé que de + 6.09 %.

« Les organisations syndicales dénoncent cette politique financière dictée par le groupe mais appliquée ou amplifiée (pour sauver sa tête) par la direction ».

Lecture

Les salariés savent lire aussi : « L’intéressement n’a pas le caractère de rémunération (...). Les sommes provenant de l’intéressement ne présentent pas le caractère d’élément de salaire (...). Les sommes visées au titre de l’intéressement ne peuvent se substituer à aucun des éléments de salaire » . Autrement dit l’intéressement proposé n’est vraiment pas intéressant !.

En poursuivant la lecture du « Dictionnaire permanent social » on lit plus loin que toute « modification de la situation juridique de l’entreprise (fusion, cession ou scission), rend impossible l’application d’un accord d’intéressement »

Autrement dit : la Direction propose aux salariés un intéressement, sur des bénéfices nuls, et qui deviendrait nul et non avenu au cas où Focast serait cédée à un repreneur !

Accident

Changeant son fusil d’épaule, la Direction propose ensuite aux salariés une rémunération liée au taux de gravité des accidents du travail. Ce taux de gravité se calcule ainsi : nombre de jours d’arrêt multiplié par 1000 et divisé par le nombre d’heures travaillées.

Taux de gravité 1992 1,92
1993 1,24
1994 2,25
1995 1,81
1996 1,92
1997 1,79
1998 2,74
1999 3,36
2000 2,03
2001 3,21
2002 2,36
Ce qui fait une moyenne de 2,24

Or la Direction exige un taux d’accident du travail de 0,63. Comme si les salariés faisaient exprès de se blesser. « On se moque de nous » disent les salariés.

Une lettre a donc été envoyée au PDG d’UBS (Union des Banques suisses) en disant : « Un courrier a été adressé à M. HUNAULT Président de la communauté de communes de châteaubriant pour rassurer les pouvoirs publics, les clients et les fournisseurs de FOCAST. Ce courrier fait dire aux cosignataires qu’ils comprennent les revendications des salariés et qu’ils vont tout faire pour y répondre. Or un conflit a débuté le lundi 16 juin pour que la direction respecte au moins ses engagements et ne se contente pas d’ajouter 0.4 % à l’augmentation légale de 2.6 % au 1er juillet (SMIC 38 h 50) »

« Devant l’obstination de notre directeur à ne pas négocier sur l’augmentation générale proposée, nous vous demandons d’intervenir au plus vite pour lui faire entendre raison car nous sommes persuadés que son refus d’accéder aux demandes des organisations syndicales est plus dû à son orgueil qu’à sa réelle volonté de s’opposer aux salariés. ».

« Le conflit en est aujourd’hui à son 4° jour et il serait dommage que l’avenir de FOCAST soit fortement compromis vis à vis de nos clients, nos fournisseurs et pouvoirs publics du seul fait de l’entêtement du directeur de site. »

On en est là. Le conflit va-t-il se dénouer ? L’Union des Banques Suisses qui, dans une publicité parue le 19 juin, explique qu’elle est pour la dixième fois le sponsor principal du salon international d’art moderne et contemporain, va sûrement faire quelque chose pour des hommes et des femmes qui possèdent l’art de la fonderie en n’étant payés qu’au SMIC ... N’est-ce pas ? A suivre.


Les trublions

16 parlementaires de l’UMP ont fait sensation à l’Assemblée Nationale en proposant, mercredi 18 juin, de faire passer l’impôt sur les sociétés de 33,5 % à 34,5%, ce qui rapporterait « plus d’un milliard d’euros par an » pour financer les retraites. François Fillon s’est prononcé résolument contre.

Le PS a salué ce commencement de la sagesse, ces « courageux députés de l’UMP », qui « au bout de dix jours de débat, commencent réellement à comprendre le sens ultra-libéral du projet de loi » de François Fillon.


Salaires des patrons

Un autre député UMP, M. Alain MARSAUD, ancien conseiller de Jean-Marie Messier, à Vivendi Universal, a demandé au Président de la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale, de créer une mission d’information « sur les rémunérations susceptibles d’être considérées comme excessives » de certains patrons (cf Le Monde du 20 juin 2003).

Il explique que la valorisation boursière des entreprises a été divisée par 2 voire par 10 au cours des deux dernières années et que, en même temps, les rémunérations des PDG ont été multipliées par 2 voire par 6.

« ceci est capable de créer un malaise et un risque social dont le Parlement doit s’inquiéter » dit-il.

Décidément l’ultra-libéralisme commence à faire des déçus y compris dans les rangs de l’UMP dont, pourtant, Alain Juppé salue le retour à droite dans sa revue « Les débats de l’Union » de juin 2003.


écrit le 2 juillet 2003

Focast : augmentation uniforme

Le conflit salarial chez FOCAST est terminé. L’inquiétude pour l’avenir demeure.

Rappelons que les syndicats réclamaient au moins 5 % d’augmentation. La Direction estimait ne pas pouvoir accepter et s’arc-boutait sur son refus.

Et puis est arrivée l’augmentation du SMIC : + 5,3 %. Stupeur ! la Direction s’est enfermée toute la journée dans son bureau.

Stupeur et flottement des salariés : la grande majorité d’entre eux se retrouvaient au SMIC ! De 60 SMICards (sur 175 salariés), on arrivait à 140 SMICards.

Explication concrète :

1) Avant la hausse du SMIC :

Avec un SMIC à 6,83 € (brut), et 38,5 heures de travail par semaine, le SMICard, Monsieur A, chez Focast, était à 1139 €

Si un salarié, Monsieur X, gagnait 1169 €, il était donc à 30 € au dessus du SMIC.

2) Après la hausse du SMIC :

M. Raffarin a annoncé + 5,3 %, le SMIC passe donc à 1199 €. Monsieur A va gagner 1199 €.

Du coup, Monsieur X, qui gagnait 1169 €, doit être payé aussi à 1199 €. Il se retrouve au SMIC.

C’est comme ça que, de 60 SMICards, on serait passé à 140 SMICards.

3) Négociation :

Les syndicats ont alors négocié pour obtenir 60 € uniformes pour tous les salariés jusqu’au certain coefficient 225 et 50 € au dessus.

De ce fait :
– Monsieur A va passer à 1199 €
– Monsieur X va passer à 1229 €
Les écarts précédents sont respectés.

Monsieur A a obtenu 60 € par la loi
Monsieur X a obtenu 60 € par son combat

Par ailleurs les syndicats ont obtenu qu’il n’y ait plus de lien entre la prime de Noël et les absences pour maladie, et qu’il n’y ait aucun système d’intéressement fallacieux.

Les syndicats estiment que ce conflit a été exemplaire, avec 98 % de participation, pendant 10 jours, et une grande cohésion dans la lutte.

Les salariés ont apprécié la communication effectuée régulièrement par les syndicats qu’ils ont trouvés « crédibles » (ils ont même parlé d’un charisme certain). Ils ont apprécié par ailleurs la solidarité des 14 cadres qui ont fait pression sur la direction au moment où celle-ci menaçait de tout casser.

D’un côté comme de l’autre il y a satisfaction : ni gagnant ni perdant.

°°°

Il reste maintenant l’inquiétude sur l’avenir industriel de Focast. La direction enregistre mois après mois les démissions sans broncher, il est vrai que financièrement l’opération est bonne et permet au directeur de « dégraisser » son effectif sans licencier, cela lui permettra de dire au Président de la Communauté de communes que la promesse de maintenir un effectif à 185 personnes n’a pas été tenue, par la faute des salariés ! Les syndicats se promettent d’être vigilants à ce sujet.

Le groupe Valfond compte bien sur la vente de « Vital » pour redorer un peu son blason. VITAL c’est un ensemble de 8 « fonderies sous pression » : la direction du groupe Valfond a annoncé lors du comité de Groupe du 15 avril 2003 avoir des repreneurs (3 financiers et 1 industriel) pour la branche VITAL à hauteur de 40 millions d’euros (qui seraient bien utiles pour couvrir une dette à BNP Paribas de 40 M€). « Eh bien c’est FAUX : l’offre maxi à ce jour est de 5 M€ (voire l’euro symbolique !) soit un endettement supplémentaire pour VALFOND de 35 M€. » disent les syndicats pour qui l’avenir ne réserve que des incertitudes.

Heureux ! : Francis Mer, ministre de l’industrie, multiplie les heureux (du moins en paroles). A l’en croire, « le pouvoir d’achat de cinq millions de Français va augmenter le 1er juillet avec la hausse du SMIC ». En fait, la hausse de 5,3 % va concerner seulement un million de personnes (soit 1,5 % des SMICards) mais le ministre estime sans doute qu’un SMICard fait vivre beaucoup de monde.

Chute : Chez FOCAST, il y a 12 ans, une salariée avec poste de responsabilité percevait 1200 F de plus que le SMIC ; Le 23 juin 2003, avec davantage d’expérience et d’ancienneté, la même salariée n’était plus qu’à 400 F au dessus du SMIC. Le 24 juin, avec la hausse du SMIC elle n’était plus qu’à 4 F au-dessus. Ce qui prouve la non-évolution de son salaire ... Se retrouver au SMIC au bout de 12 ans de carrière, chapeau ! Heureusement les syndicats ont réussi à négocier une augmentation de 60 euros pour tout le monde. Avec ça les salariés restent cependant en dessous des salaires d’autres fonderies du groupe.

Pas de syndicaliste

Le Ministre du Travail, François FILLLON, en avait parlé le 18 mars 2003. Eh bien c’est fait : une commission de personnalités et d’experts a été mise en place pour « moderniser » le droit du travail. Elle est présidée par Michel de Virville, secrétaire général du groupe Renault et comprend neuf membres dont un professeur de droit, deux avocats, un directeur départemental du travail, un ancien magistrat, un chef d’entreprise, et un chef du personnel ... mais aucun syndicaliste !

Certes le droit du travail est complexe, mais le terme « modernisation » inquiète. Depuis toujours les patrons prétendent que le droit du travail est un frein à l’emploi. C’est avec cet argument qu’ils ont obtenu en 1996 la suppression de l’autorisation administrative de licenciement économique, en promettant en échange de nombreuses créations d’emploi ... toujours attendues !

Peut-être que, dans quelques secteurs d’activité, dans quelques métiers, les salariés sont en situation de force pour imposer (ô sacrilège) leur volonté aux patrons. Mais avec trois millions de chômeurs, ce n’est pas la règle.

Espérons que la « modernisation » ne sera pas synonyme d’une dé-réglementation dont les plus faibles seront les premières victimes.

Catherine Doublet, © Travail Social Actualités