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Focast (13)

écrit le 6 août 2003-

FOCAST : Ultimatum pour 3 mois
et 40 salariés en trop

Chez Focast, les salariés sont en vacances, mais un « plan social » se profile pour la rentrée de septembre 2003. Selon la CGT en effet, « l’ultimatum du groupe Valfond impose à la direction locale de Focast de proposer une solution de reprise du site industriel castelbriantais dans « les trois mois à venir » ». En investissant dans l’entreprise, la Communauté de Communes a cru sauver des emplois : la société s’est engagée à conserver 185 emplois. Mais, au début du mois de juillet 2003, la Direction a fait savoir aux salariés qu’il y avait 40 postes en trop. « On supprimera les improductifs » rêvent certains, comme si « les improductifs » étaient des inutiles (il s’agit du personnel d’entretien, des magasins et autres salariés non liés directement à la production). La réalité est autre : depuis des années, Focast travaille à perte. Plus elle produit, plus elle perd. Les syndicats l’ont dénoncé depuis longtemps.

Demande d’entrevue

La CGT, qui a eu une entrevue avec le Président du Conseil Général, lors de l’inauguration de la Foire 2002, a écrit à M.Trillard pour lui demander une nouvelle entrevue, de toute urgence, en raison « des menaces sérieuses relatives à la garantie de tous les emplois et de la pérennité du site ». « le désengagement du groupe Valfond fait supporter la totalité des investissements à la Focast et risque d’engendrer un déséquilibre financier ».

Dans d’autres usines du groupe Valfond la situation n’est pas bonne : l’usine APM d’Argentan licencie 216 salariés

Selon la décision du Tribunal de commerce d’Argentan, en date du 30 juillet 2003, la fonderie APM va licencier 216 salariés dès le début août. Les aides au reclassement, qui se montaient à 12 000 € par salarié, ne seront peut-être pas versées car la somme correspondante a été bloquée par le CIRI (comité interministériel de restructuration industrielle) pour dédommager une partie des créanciers. Habituellement les salariés étaient prioritaires. Le gouvernement change de politique.


écrit le 24 septembre 2003

FOCAST : en sursis ?

Les informations en provenance de la fonderie Focast sont très inquiétantes : « Le groupe Valfond faisait 7000 salariés en l’an 2000, il sera réduit à 500 à la fin du mois avec les deux usines de Châteaubriant et St Dizier » ont dit les délégués syndicaux lors d’une conférence de presse le 19 septembre 2003.

Un euro

« Ils » (les actionnaires) disaient : « nous vendrons les 10 entreprises du pôle VITAL, cela nous permettra de renflouer Châteaubriant et St Dizier et de payer la dette de 45 millions d’Euros à Paribas »
En fait, six des entreprises ont été vendues pour un euro symbolique à la société Rencast (constituée par deux anciens dirigeants de Valfond). Il reste à procéder à la vente de Douvaines (162 salariés) à Rencast invest, et de MSP Rezé (93 salariés) à son directeur (P.Bouvet). Et trouver un repreneur pour Meyzieu (affinage 22 salariés) et fermer l’usine de Vergongheon (54 salariés).

Mais rien pour rembourser la dette de 45 millions d’euros (la banque a déjà fait une croix dessus), et pas un sou pour renflouer Châteaubriant et St Dizier.

Sans-thousiasme

Il disait (le PDG de St Dizier, le 24 septembre 2002, dans le journal de la Haute Marne) « l’heure est à l’en-thousiasme. Banques et pouvoirs publics se sont mobilisés, près de 9 millions d’euros ont été injectés pour la rénovation et l’augmentation de production. Une bonne nouvelle pour les employés, les riverains, mais aussi un pari pour l’avenir ». 66 créations d’emplois étaient prévues en 5 ans.
La réalité est « sans-thousiasme ». En ce mois de septembre 2003, les pouvoirs publics ont semble-t-il pris peur puisque depuis le 12 septembre un « manda-taire ad-hoc » a été nommé par le tribunal de commerce à la demande du préfet de région et du conseil général. Ce mandataire (sorte d’administrateur judiciaire) a été nommé pour 3 semaines (délai très court) afin d’étudier les meilleures solutions pour la pérennité du site. Les salariés craignent le dépôt de bilan et même la liquidation car il n’y a plus rien derrière.

Mission impossible

Ils disaient (les actionnaires) : « le sauvetage de St Dizier sera le complément et le garant de celui de Focast. »
En réalité : Adieu St Dizier, Adieu Focast ?

Ils disaient (les actionnaires) : « nous avons un projet industriel pour Focast, des investissements en trois phases, nous garantissons 185 emplois. »
En réalité seule la première phase est finie, il n’y a pas d’argent pour réaliser les deux autres, et au mieux, il y aura 50 % de licenciements (et au pire : 100 %).

A la mi-juillet, Ron Hobbs est venu chez Focast pour dire qu’un ouvrier de fonderie génère environ 100 000 € de chiffre d’affaires. Le Chiffre d’affaires de Focast devrait donc être de 18 millions, or il n’est que de 13,5 millions. Moralité : il y a 40 à 50 salariés de trop. « Je fais confiance à Jean-Paul Lebret pour qu’il trouve une solution d’ici la fin du mois » disait Ron Hobbs.

« Jean Paul Lebret, directeur de Châteaubriant, avait donc deux solutions :
– soit ajuster l’effectif c’est-à-dire licencier . Mais il faut de l’argent pour faire un « plan social » !
– soit trouver 4,5 millions de chiffre d’affaires »
Mission impossible dans les deux cas », disent les délégués.

Les vacances sont passées par là, et rien n’a avancé. Jean Paul Lebret, qui dit réfléchir à un projet pour Focast, n’en a pas informé le comité d’entreprise. Comme dit Ron Hobbs lui-même : « Je pensais que lorsqu’on recevait tant d’argent des pouvoirs publics, on devait rendre des comptes aux salariés ». Il n’en est rien.

Le groupe Valfond n’ayant pas de repreneur pour Focast, R.HOBBS a annoncé que la solution finale est dans les mains de Jean Paul LEBRET. Les délégués CFDT et CGT, le premier étonnement passé, ont interpellé Ron HOBBS sur la solidité financière de J.P LEBRET car connaissant les salaires de chez FOCAST on voit mal LEBRET dormir sur un matelas de billets et ce n’est pas en mettant son bateau en caution que les investissements nécessaires seront réglés !

Il faudrait que l’actionnaire principal (Union des Banques Suisses) mette de l’argent. Il ne le fera pas : une lettre du gouvernement français de juillet 2002 lui dit qu’il en a fait assez.

Autres phases ?

Actuellement la première tranche des travaux prévus chez Focast (installation de fours électriques), est terminée. Les travaux ont été accélérés par une mise en demeure de la Préfecture en date du 5 septembre. Tous les anciens cubilots vont être arrêtés le 30 septembre 2003. Mais du coup il y aura une dizaine de salariés en trop !
Ces salariés auraient eu leur place grâce à l’extension du secteur Grosses Pièces. Mais il n’y a pas d’argent pour démolir les anciens cubilots et faire ainsi de la place pour l’extension de l’atelier de moulage à main. De ce fait l’extension du secteur Grosses Pièces ne peut pas se faire.

Le secteur Petites pièces
est condamné :

– mal placé (en ce qui concerne les prix)
– mauvaise image de marque du groupe Valfond
– et concurrence des fonderies intégrées, surtout en cette période de repli économique.

Le secteur Grosses Pièces
n’est pas prêt.

De plus l’entreprise n’a plus de commercial. Alors, où va Focast ? Il faut s’attendre à un licenciement massif dans les trois semaines à venir. La vérité ne doit pas être cachée aux salariés.

Silence radio

Les délégués ont écrit le 11 septembre à Alain Hunault, maire et Président de la CCC  , et à Jean-Paul Pierrès Président de l’ADIC. Celui-ci a réagi aussitôt. M. Hunault a préféré laisser passer la Foire de Béré. Une lettre de lui, datée du 15 septembre (reçue le 19 !) dit : « Je demande aujourd’hui à Monsieur le Sous-Préfet, compte-tenu des éléments dont il dispose, de bien vouloir organiser une table ronde avec tous les partenaires intéressés pour les informer précisément de la situation ».Il n’est plus temps d’informer ....

M. Hunault est bien au courant de la situation : au cours de l’été, lorsque MM. Lebret et Rivez sont allés à la Communauté de Communes pour signer le protocole officiel lié à l’engagement financier de 2 027 372 euros de la Communauté de Communes, le Sous-Préfet a évoqué la situation à St Dizier et à Châteaubriant après le passage de Ron Hobbs. Le dossier a traîné.

La situation empire pour Focast
Le dépôt de bilan est quasiment inévitable avec retombées prévisibles sur une multitude d’entreprises du castelbriantais.

Les délégués rêvent d’« une solution non-douloureuse »....