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Forgeron à Soulvache, le fer et le feu

Ecrit le 15 juin 2016

Quand on se nomme Lefebvre, peut-on être autre chose que forgeron ? Le nom de Lefebvre désignerait en effet le forgeron, en ancien français.

 Un col blanc

Et pourtant Nikolaz Lefebvre, que nous avons rencontré à Soulvache, est à l’origine un « col blanc », contrôleur de gestion dans les grandes entreprises. Analyser la production mensuelle, surveiller les coûts de production, veiller à atteindre les objectifs fixés. « Ça paie bien » dit-il. Mais en contrepartie la pression morale est forte « avec parfois l’impression de se prostituer » quand il s’agit de faire dire aux chiffres ce qu’on souhaite qu’ils disent. Nikolaz ne se retrouvait plus dans cette tâche.

Nikolaz

Dans le même temps, il fit la connaissance de Nathalie Forestier, qui est devenue sa compagne et avec qui il aura deux garçons. A eux deux, ils avaient un autre rêve dans la vie : changer de travail, se rapprocher de la Bretagne et de la mer et vivre heureux. Et les voilà installés à Soulvache. Un simple portail en tubes de fer ouvre sur le paradis terrestre. Une vieille maison en pierres, à rénover, un hangar pour abriter des chevaux, du terrain vallonné avec de beaux arbres et du terrain pour cultiver des légumes.

Nathalie y a trouvé son bonheur : elle cultive des légumes, de façon naturelle et diversifiée, à partir de variétés anciennes et les clients ne s’y trompent pas : elle vend sa production par le bouche à oreille.

 Quel travail pour Nikolaz ?

Nikolaz dans sa forge

Nikolaz avait eu le projet de reprendre le café-épicerie de Soulvache, cela ne s’est pas fait malheureusement. Alors, tout en poursuivant son métier de contrôleur de gestion, Nikolaz a cherché sa voie « pour me lever le matin avec le sourire ». Le bois ? Le métal ? « Dans le métal j’ai trouvé des gens passionnés, qu’il s’agisse du forgeron Bernard Bresnu de Saffré, ou de l’entreprise Corbin de Châteaubriant ou de la fabrique de charbon de bois Carbo-Atlantique de La Grigonnais, ou des ferronniers d’art Daniel, Mathias et Gaël Luc à Guérande. Tous m’ont encouragé à poursuivre dans ce choix »

Lettrage

Photo : Nikolaz a fait du lettrage au pied du kiosque à musique

Nikolaz s’est donc engagé dans une formation de 9 mois à l’AFPA   de St Nazaire et a décroché les diplômes de métallier-serrurier et de forgeron. « Un diplôme, c’est un porte-clefs. C’est à moi d’y mettre les clefs que je veux » dit-il « La formation AFPA   c’est très bien, sauf qu’on nous apprend à être de bons ouvriers, mais pas à être autonomes. Par exemple on ne m‘a jamais appris à poser un ouvrage dans une maçonnerie ». Cela explique pourquoi Nikolaz est toujours en recherche, en perfectionnement. Dans un premier temps, il a été embauché dans une entreprise … où personne ne tient longtemps parce que l’ambiance de travail n’est pas bonne : les gars sont dans la rentabilité mais pas dans la transmission des savoirs, des compétences ». Déception.

Nikolaz a donc décidé de se débrouiller par lui-même. Il a intégré l’association Les voix de la Forge. Ni auto-entrepreneur, ni artisan, il est entrepreneur salarié à Bâti-Créateur à Couëron où il est accompagné dans le cadre d’un hébergement comptable, fiscal et juridique. « Moi je démarche, je gère le chantier, je facture. C’est la coopérative qui assure la partie administrative ».

La forge et la ferronnerie d’art sont des métiers dans lesquels la clientèle est difficile à atteindre car ce ne sont pas des ouvrages prioritaires. Ce n’est pas du travail d’amateur et les objets réalisés ont un coût certain. Dans la période actuelle, les gens ne sont pas prêts à investir.

« C’est dommage, car je vois les gens faire faire de belles portes par le menuisier qui y met des pentures de supermarché, alors que je pourrais faire du travail de qualité et durable ! ».

Nikolaz s’adapte aux désirs du client, fait de nombreux dessins, et réalise des pièces uniques. Rampes d’escalier, garde-corps, balcon style XVIIIe siècle, miroir-serpent, poignées de porte, enseignes. Il fait aussi du lettrage par exemple pour l’enseigne du « Papier Buvard » ou de « La Mée ça gère ».

Photo : Nikolaz, devant sa maison
A ses pieds : une couronne de St Hubert pour suspendre les viandes à sécher ou à fumer.

« J’utilise de l’acier de construction, qui a l’avantage d’être moins cher que le fer pur, mais qui nécessite une « peinture » pour l’empêcher de rouiller. Je n’ai pas eu à forger mes outils moi-même car j’ai pu récupérer des outils chez un voisin forgeron (il y avait naguère trois forgerons à Soulvache) ». « Je travaille seul dans l’écurie qui est devenue ma forge. Pour autant j’accepterais qu’une personne motivée vienne voir, toucher et pourquoi pas s’initier avec moi, pour le partage et la transmission des connaissances ».

La Rue Râle

Lettrage pour le spectacle « La Rue Râle »

Alors, n’hésitez pas, poussez la porte de la forge pour voir se réaliser vos rêves de fer et de feu.

Couronne de St Hubert

Contacts :

  • Nathalie, Well-Wazh (ce qui veut dire : au petit bonheur, en breton)- 06 62 81 98 89
    nathalie.forestier@free.fr
  • Nikolaz : Gast-Amzer (ce qui veut dire : foutu temps, en breton) – 06 64 28 79 46
    nikolaz.lefebvre@free.fr

Balcon dessiné et réalisé par Nikolaz.

Balcon