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Loi Travail, qui sont les casseurs ?

Ecrit le 22 juin 2016

Qui sont les casseurs ?

On les appelle des hooligans en Angleterre, des Barra Bravas en Argentine. Exaltation de la force, nationalisme, sentiment de « l’honneur », capacité à se battre. Un jeu vidéo grandeur nature. « Je ne vois rien de grave dans une bagarre de supporteurs. Au contraire. Bien joué, les gars. Continuez comme ça » a déclaré Igor Lebedev, membre du comité exécutif de l’Union russe du Football après les incidents violents opposant des casseurs russes à des supporters anglais.

Les premiers hooligans apparaissent dans les rapport de police en Angleterre en 1885. On note 25 incidents par saison dans les années 1960 et ce phénomène touche une grande partie des clubs anglais dans les années 1970.

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Casseurs

En marge des manifestations, ces groupes violents sont des casseurs. Ils s’en prennent au mobilier urbain, et aux magasins, pas pour voler, mais pour casser. Ils harcèlent la police en bandes très organisées, très mobiles et disparaissent. D’après le sociologue Olivier Cahn, « ils sont parfaitement identifiés par les services de renseignement parce qu’ils sont surveillés en permanence. Il est très étonnant que les services de police n’utilisent pas davantage l’art 222-14-2 du code pénal qui autorise à « interpeller des gens qui s’apprêtent à participer à une manifestation violente » ». Pour autant « le degré de violence à Paris et dans l’Ouest de la France n’est pas extraordinaire, même s’il n’est pas acceptable. On est loin des attaques déchaînées des Black Blocs dans les années 2000 »

Alexandre Langlois, secrétaire général de la CGT Police, estime que les casseurs sont instrumentalisés par le pouvoir : « Nous l’avons encore constaté le 14 juin : pourquoi les éléments violents n’ont-ils été interceptés que trois quarts d’heure après la manifestation ? Les ordres arrivent bien trop tard ».

La violence des casseurs, qu’on met sur le dos des Zadistes, permet aux pouvoirs locaux de stigmatiser les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, de faire peur aux citoyens, de faire accepter à terme l’interdiction des manifestations. C’est inacceptable !


A Necker les casseurs n’étaient qu’un. Après la dégradation de la façade de l’hôpital Necker, le 14 juin, François Hollande et Manuel Valls avaient menacé d’interdire certaines manifestations. Le premier ministre s’était rendu sur les lieux, histoire de vilipender « les casseurs » qui ont tout « dévasté ». En fait, il s’agirait d’un acte isolé, comme le montre une vidéo filmée par un journaliste du Monde. D’après un autre témoin : « Aucun projectile n’a été envoyé contre la façade, c’est un homme qui a porté une quinzaine de coups avec une masse. Plusieurs lui ont rapidement demandé d’arrêter tandis qu’un autre mettait un coup de pied dans une vitre. » Un seul individu donc, deux au maximum. Mais aucune armée de casseurs irresponsables à l’horizon...

Exigeons une commission d’enquête