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Femmes et Jeux Olympiques, au Brésil

Ecrit le 10 août 2016

Belles et réservées

Les jeux Olympiques c’est bien, c’est comme l’Euro (non, pas la monnaie, le foot) ou le Tour de France : ça occupe, en ces périodes de vacances où, bien sûr, il ne se passe rien d’important.

Au Brésil cependant (tiens, y a des jeux, là ?) des femmes manifestent. « Non au coup d’Etat machiste, Non au retour en arrière !!! », derrière son microphone, Juliana Santos a le regard déter-miné. Après une pause pour laisser la foule s’exprimer, la jeune étudiante en droit reprend la parole « ce gouvernement veut nous renvoyer dans nos cuisines ! Montrons-lui que les Brési-liennes ont désormais leur mot à dire ! »...

Sûre d’elle, la jeune femme issue de la périphérie de Sao Paulo, n’a pourtant rien d’une militante. Comme la plupart des manifestantes présentes ce vendredi 7 juillet 2016, et toutes les semaines depuis dans une ville ou l’autre du pays, Juliana a découvert le féminisme en novembre 2015 à l’occasion de ce que la presse a surnommé le « printemps des femmes ». Sur les réseaux sociaux, des campagnes pour dénoncer la culture du viol dans le pays et le harcèlement systématique des femmes ont conduit, pendant 3 semaines, les Brésiliennes dans la rue pour réclamer leurs droits. 
 
Si le « Printemps des femmes » n’épargnait pas l’ancienne présidente Dilma Rousseff - mise à l’écart en mai 2016 et dont le sort définitif sera tranché par un jugement du Sénat le 27 août prochain - et lui reprochait une politique trop timide en faveur des femmes, le processus de destitution a changé la donne. « Entendre les gens traiter la Présidente de « vaca » (« vaca » peut être traduit par « truie ») m’a fait prendre conscience du danger que représentait sa destitution. Dilma n’a pas été débarquée pour sa politique, mais à cause de son sexe » explique Juliana.

Les premières mesures du pouvoir intérimaire n’ont rien fait pour rassurer les militantes. Le 14 mai 2016, deux jours après la destitution de Dilma Rousseff, le Président par interim, Michel Temer, a annoncé la composition du gouvernement de transition .... sans aucune femme. Inquiètes du retour en arrière qui menace le Brésil, les femmes craignent que ce nouveau pouvoir ne rêve de femmes « belles, réservées et au foyer » reprenant ainsi les qualificatifs utilisés par un quotidien conservateur pour décrire la nouvelle première Dame. L’absence des femmes au gouvernement s’est accom-pagnée d’un autre symbole fort : la suppression du ministère des Droits des femmes et sa relégation au rang de secrétariat d’état.

« Réduire ou supprimer les programmes sociaux comme prévoit de le faire le gouvernement, c’est renvoyer à l’extrême pauvreté des millions de femmes », souligne Cícero Péricles Carvalho, profes-seur d’économie régionale à l’Université Fédérale d’Alagoas.

Ah oui, mais parlons plutôt des jeux ….