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Mée-disances du 2 novembre 2016

Ecrit le 2 novembre 2016

 La parité homme-femme... dans 170 ans ?

 
LaTribune.fr du 26/10 : Dans son rapport annuel Global Gender Gap, le Forum économique mondial tire la sonnette d’alarme : « Le fossé entre les sexes est plus élevé qu’il n’a jamais été depuis 2008. » La fondation pointe notamment des « déséquilibres chroniques de salaire et de taux d’activité alors que dans 95 pays la proportion de femmes à l’université est égale - voire supérieure - à celle des hommes. »
 
Pour établir son classement de 144 pays, le Forum se base sur le niveau d’instruction, la santé, les opportunités écono-miques et l’émancipation politique. Les pays nordiques occupent la tête du classement avec l’Islande (1re), la Finlande (2e), la Norvège (3e) et la Suède (4e). Le Rwanda se place au Top 5.
 
En perdant deux places par rapport à 2015, la France se classe 17e avec un indice de 0.75 - la parité parfaite étant à 1. L’Hexagone se place au premier rang des pays ayant réduit les inégalités en matière d’éducation et de santé. Mais l’égalité des sexes en politique reste la bête noire de la France. Elle se classe 52e pour la présence de femmes au parlement, avec seulement 91 sénatrices sur 348 élus et 150 députées sur 577 élus à l’Assemblée.
 
Reflet du constat mondial, la France se fait également épingler pour la différence des salaires entre les hommes et les femmes pour un même emploi. Elle se place 134e sur 144 pays. « A l’échelle mondiale, les femmes gagnent en moyenne un peu plus de la moitié du salaire que perçoivent les hommes, malgré de plus longues heures de travail, rémunérées comme non rémunérées. » Selon le rapport, les femmes en France travaillent 405 minutes par jour contre 346 pour les hommes.
 
Le recul mondial des inégalités s’explique aussi par « le problème chronique du taux d’activité stagnant, avec en moyenne 54 % de femmes actives contre 81 % d’hommes actifs dans le monde ».

Le Forum souligne : « Le nombre de femmes occupant des postes à haute responsabilité reste également très faible. À l’échelle mondiale, seuls quatre pays comptent un nombre équivalent d’hommes et de femmes aux postes de législateur, de cadre supérieur et de directeur. »
 
D’après les projections de la fondation, il n’y aura plus d’écart économique entre les hommes et les femmes dans 170 ans, contre les 118 ans estimés en 2015. « La lenteur du processus de transition vers la parité entre les sexes, particulièrement dans la sphère économique, présente un risque important car de nombreux postes occupés en majorité par des femmes risquent d’être proportionnellement les plus touchés par la quatrième révolution industrielle. »

 Fast food

 
Libération.fr du 26/10 : Les salariés de McDo veulent au moins des miettes des bénéfices. Une mobilisation a eu lieu ce mercredi devant plusieurs McDonald’s parisiens pour dénoncer la politique salariale de la multinationale.

 « Frites après frites, nuggets après nuggets, nous reprendrons le fric de Mc Donald’s. » Dans le fast-food de la gare du Nord, des dizaines de salariés de Mc Do réclament justice. Depuis des mois ils exigent de meilleures conditions salariales et particulièrement chez les restaurants franchisés où les avantages sont inexistants. Pas de prime de participation, de 13e mois, ni même de majoration pour le travail le dimanche et de nuit alors que les salariés ne gagnent que le smic hôtelier (9,67€/h) et sont incités en plus à travailler en temps partiel.

 La Poste

 
laTribune.fr du 27/10 : huit cabinets réalisant des expertises pour le compte du CHSCT ont adressé une lettre au président du groupe La Poste. Ils dénoncent une « dégradation des conditions de travail et le mépris du dialogue social manifesté dans les différents secteurs et aux différentes échelles du groupe », évoquant une « situation préoccupante du fait de la rapide dégradation de l’état de santé des agents ». La cause, selon eux : « Les réorganisations qui réduisent les effectifs et soumettent les agents à des cadences accélérées. »
 
Face à la dégringolade des volumes du courrier, La Poste a réorganisé ses services ces dernières années. Ce qui s’est soldé par une baisse des effectifs très importante, de l’ordre de 3.000 à 5.000 postes en moins par an rien que pour les facteurs depuis 2005.

Après plusieurs cas de souffrance au travail et de suicides, les syndicats accusent directement les réorganisations mises en place par la direction, lesquelles auraient accouché d’un climat social très dégradé et délétère dans plusieurs services du groupe. Le suicide récent d’un postier dans le Haut-Doubs a mis le feu aux poudres. Depuis, les représentants du personnel ont engagé un bras de fer avec la direction. Face à cela, la direction a ouvert une « négociation nationale » jusqu’à la mi-décembre sur les conditions de travail des facteurs et au sein de la branche courrier-colis. […]
 
Ces simili-concessions, les syndicats les voient comme une première victoire. La CGT, se félicite que « la question de l’emploi soit une priorité dans ces négociations ». Même son de cloche pour la CFDT qui appelle « au comblement immédiat de toutes les vacances d’emplois et des départs programmés ». De même chez SUD-PTT : « Les discussions sur l’emploi étaient, jusqu’alors, taboues à La Poste », constate l’organisation syndicale. Idem chez FO.

 Grève à i-Télé

 
leMonde.fr du 27/10 : Il y a trois bonnes raisons de faire grève aujourd’hui à i-Télé, filiale de Canal+ contrôlée par le milliardaire Vincent Bolloré. La première, c’est l’arrivée de Jean-Marc Morandini, qui a déclenché toute l’affaire. On ne met pas à l’antenne d’une chaîne d’information un animateur mis en examen pour corruption de mineurs et à qui le contrôle judiciaire interdit d’être au contact de jeunes de moins de 18 ans. Si Morandini a naturellement droit à la présomption d’innocence, sa situation est incompatible avec l’exercice digne du métier de journaliste.
 
Deuxième raison, la brutalité des méthodes de Vincent Bolloré. Il utilise les mêmes recettes que celles employées à Canal+ .[…] L’activation d’une clause de conscience pour les journalistes désireux de quitter la chaîne relève du plan social déguisé.
 
Troisième raison, Bolloré bafoue les principes élémentaires de l’exercice du métier de journaliste. Il a déjà un long passé derrière lui : il a laissé censurer un documentaire mettant en cause un ami banquier, ou omis, dans son quotidien gratuit, Direct Matin, de signaler qu’il est propriétaire de la compagnie camerounaise victime d’une catastrophe ferroviaire il y a quelques jours… C’est à l’aune de ces agissements que la rédaction d’i-Télé se bat pour des principes qu’elle estime indispensables à l’exercice de son métier : la signature d’une charte éthique et la séparation entre le rôle de directeur de la chaîne et celui de directeur de la rédaction, soit entre le business et le contenu. Deux fonctions cumulées par Serge Nedjar, homme de confiance de Bolloré. […]
 
Cette bataille est emblématique des enjeux qui traversent les médias et la profession de journaliste depuis que des groupes industriels puissants ou des milliardaires en quête d’influence ont pris le contrôle de nombreux supports. Dans ce monde hyper concentré, seuls des engagements clairs, sont de nature à établir un lien de confiance avec le public. Ce sera obligatoire dès la mi-2017, grâce à l’adoption d’une proposition de loi sur l’indépendance des médias, dont l’un des surnoms est « loi anti-Bolloré ». Le peu d’empressement des politiques révèle la puissance financière de l’homme d’affaires. C’est une raison supplémentaire de soutenir les journalistes d’i-Télé.