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Sablière 2016, loupé !

Ecrit le 2 novembre 2016

Foule : pour le 75e anniversaire des fusillades de la Sablière, l’amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt espérait une foule considérable, 5000 personnes. Il y en eut 2500 tout au plus, de nombreuses chaises sont restées vides. Le spectacle a été préparé par Paris, par le metteur en scène Jean-Jacques Vanier car, c’est évident, ce qui se fait à Paris est mieux que ce qui se fait en province !

Historique : l’évocation à la Sablière se disait « historique ». Les années précédentes, les textes s’appuyaient sur des témoignages réels, l’Amicale insistait pour qu’il soit fait référence, chaque année, au Conseil National de la Résistance. Eh bien cette année : rien ! Les textes évoquaient ce que, peut-être, pensaient les condamnés avant d’être exécutés. Certains textes étaient émouvants, d’autres étaient nuls, comme celui donné à Henri Pourchasse.

Figurants : les autres années, l’évocation s’appuyait sur quelque 80 comédiens amateurs, qui jouaient sous la direction de professionnels engagés dans ce devoir de mémoire (Alexis Chevalier du théâtre Messidor ou Claudine Merceron). Ils jouaient avec leur cœur, avec leurs tripes, cette partie de l’histoire nationale et locale. Cette année, une circulaire du Parti Communiste avait demandé des figurants, vingt-sept d’entre eux ont été retenus, le dimanche matin. Leur rôle : faire un pas de côté, autour d’un poteau d’exécution, face au public. Un jeu d’acteurs s’apparentant à ce que l’on fait faire à des enfants dans une halte-garderie.

Populaire : les autres années, la population locale était sollicitée, notamment les écoles, pour un défilé à thème (par exemple les droits de l’homme), pour dire des poèmes. Cette année, il n’y avait que la chorale Méli-Mélo   pour donner un peu de « vivant » au spectacle. Et quand elle a chanté l’Age d’Or à la fin, nul n’a repris le chant parce que l’unique chanteuse professionnelle, venue de Paris, s’est trompée dans les paroles !

Artistique : les autres années, les textes de l’évocation de la Sablière étaient dits par les comédiens. Cette année c’était une bande son. C’est pas du spectacle vivant ! Le livret disait pourtant : « un comédien s’avance ... ». C’était pas vrai ! A la fin, Xavier Picard Nilès, arrière petit-fils d’Odette Nilès, devait lire un petit texte. Mais là encore la voix était enregistrée.

Censure : « Des vétérans du Parti Communiste » étaient présents à la Sablière, comme chaque année. L’homme se souvient d’avoir accompagné son père en 1945. L’histoire, ils la connaissent bien et rappellent que la plupart des fusillés étaient communistes. Ils suivaient le texte sur le livret. « Le mot communiste n’a été cité qu’une dizaine de fois et, par quatre fois, les « comédiens »-lecteurs-enregistrés ont fait sauter une phrase et, à chaque fois, il y avait le mot « communiste » dedans. Par exemple la phrase : « Je suis fort parce que le parti communiste ne meurt pas avec moi ». Ils s’étonnent d’avoir constaté cela. « Qui a fait cela ? L’Amicale a-t-elle contrôlé les textes ? Il serait sans doute possible de se procurer la bande-son ? ».

Photo Patrice Morel

(photo Patrice Morel)(Rue du Camp de Choisel)

CGT  : même chose, la CGT n’a quasiment pas été citée. Alors que les fusillés de la Sablière ont été arrêtés par vengeance de classe, à la demande de Pucheu, négociateur côté patronal, au moment des accords de Matignon en 1936,

Participants : de même les Vétérans s’étonnent d’avoir lu dans l’Humanité que de nombreux jeunes communistes ont participé au spectacle et qu’il y avait de nombreux acteurs de Châteaubriant.

Finalement, cette commémoration d’octobre 2016 a été ratée ! Ce fut même une drôle d’histoire !