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Congo-Kinshasa - république démocratique

Ecrit le 31 janvier 2001

 Laurent-Désiré Kabila

Dans la République Démocratique du Congo, un garde du corps a froidement abattu son Président, Laurent-Désiré Kabila. Pour quelle raison ? Nous ne le saurons peut-être jamais puisque l’assassin a été immédiatement liquidé.

Aussitôt le fils s’est proclamé (sans élection), nouveau président. Si le deuil est instauré pour 30 jours, la guerre par contre continue avec ses alliés (Angola, Zimbabwé et Namibie) contre les rebelles soutenus par l’Ouganda et le Rwanda. Pourquoi cette guerre qui dure depuis deux ans et demi ?

Il faut préciser que ce pays, grand comme quatre fois la France, possède d’importants gisements d’or, d’argent, diamants, cobalt, cuivre, zinc, uranium, pétrole, sans parler de l’agriculture. Mais malgré toutes ces richesses, ce pays traîne une dette extérieure de 13 milliards de dollars avec une inflation de 520 %.

Vous pensez peut-être qu’ils se battent à coups de flèches et de sagaies ? Eh bien non, ils utilisent des armes très modernes ! Qui approvisionne et qui finance ? Ne cherchez surtout pas à savoir puisque c’est pour leur bien.

Et pendant ce temps-là à Yaoundé, au 21e sommet France-Afrique, notre Président parade en grand St Nicolas et bon samaritain au milieu de roitelets et notables bien gras, distribuant des milliards et effaçant des dettes. Mais en quoi consistent ces dettes ? Vous êtes-vous posé la question, car là-dessus, personne ne fournit le moindre détail .

Voyez-vous, si le montant de toutes ces dettes supprimées était redistribué à ces peuples qui traînent leur misère et améliorait leur sort, je dirais : bravo. Mais si c’est uniquement pour engraisser des despotes, dignes successeurs des colons ou des multinationales, je dis NON.

Qu’a donc fait la France durant des siècles de colonisation, (et la Belgique, en ce qui concerne l’actuelle République démocratique du Congo) en dehors de l’esclavage, d’alimentation de chair à canon par ces « sauvages » ?

Que font ces nouveaux tyrans sinon d’obliger ces pauvres malheureux à s’expatrier vers des paradis artificiels où ils deviendront pour la plupart des chômeurs, des sans-papiers ou des clandestins ?

C’est facile de jongler avec les milliards sur le dos des contribuables. Mais quand les exploités « modernes » de chez nous réclament simplement le maintien de leur pouvoir d’achat, on leur octroie généreusement 0,5 % d’augmentation avec la bénédiction du ministre de la Fonction Publique qui éclate de rire .

Combien de temps encore durera cette sinistre comédie ? Quand est-ce que les honnêtes citoyens sortiront de leur léthargie et diront : ASSEZ !

A notre époque où règne l’individualisme stérile, il faut bien se dire que les lois sociales ne sont pas définitivement acquises. Nous en avons l’amère démonstration tous les jours. Depuis 25 ans nous sommes sur la défensive, c’est le déclin en matière sociale, et ce déclin jusqu’où ira-t-il ?

Rien n’est jamais tombé tout cuit du ciel. Ne venons pas grossir les rangs de ces pseudo-blasés qui disent : « tous dans le même sac, tous pourris etc »... et qui restent égoïstement dans leur cocon douillet.

On dit souvent : tant va la cruche à l’eau, qu’à la fin elle se casse. On pourrait dire aussi : « tant les cruches prennent l’eau, qu’à la fin elles débordent (de colère) ». Faisons donc confiance à ces nombreuses cruches.

Nous souvenons-nous des Trois Glorieuses : 1936, 1945, 1968 ? Pourquoi n’y en aurait-il pas d’autres en 2000 et des poussières, ne serait-ce que pour sauver l’honneur ? Mais n’attendons pas trop tard pour venir gémir avec des « Si j’avais su ! »

Paul Chazé


31 janvier 2001 :

 Président auto-proclamé

Le Parlement provisoire de la République démocratique du Congo (RDC) réuni en session extraordinaire mercredi 24 janvier à Kinshasa a proclamé le général-major Joseph Kabila « président de la République » pour succéder à son père, Laurent-Désiré Kabila, tué dans un attentat le 16 janvier dernier. Ce Parlement provisoire qui compte 300 sièges a été créé par le défunt président en 2000. Les parlementaires ont été choisis par une commission supervisée par le gouvernement ou nommés pour certains par le chef de l’Etat. Rien à voir avec une élection démocratique !

Parallèlement, les appels à la fin de la guerre régionale qui déchire la RDC depuis deux ans et demi se sont multipliés, notamment de la part du président en exercice de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le chef d’Etat togolais, Gnassingbé Eyadéma, qui a appelé les belligérants à « enterrer la hache de guerre » tout en ajoutant : « Le président Kabila est rentré en RDC et le président Mobutu est parti. La guerre s’est installée. Les leaders politiques, les chefs de guerre et les rivalités se sont multipliés. Le pays est à feu et à sang. Les morts, les blessés et les réfugiés se comptent par milliers »,

Le principal mouvement rebelle du pays, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, soutenu par le Rwanda et l’Ouganda), a réaffirmé, de son côté, qu’il ne reconnaissait pas le nouveau pouvoir de Kinshasa.

La paix n’est pas encore pour demain


 Homélie de Noël

Voici, selon le journal Le Monde, la poignante homélie de Noël prononcée le 25 décembre 2000 par Mgr Dominique Kimpindé, évêque de Kalémié Kirungu (sud-est de la République Démocratique du Congo :

« C’est le troisième Noël qui se passe dans une atmosphère qui n’est ni d’allégresse, ni de paix. La faim, la maladie, la mort sont partout. Nous sommes en saison des pluies. C’est le temps de la culture surtout aux environs de Kalémié. Or, personne ne peut sortir de la ville ou y entrer, sans être soupçonné d’être un partisan de Kabila ou sans être dépouillé et souvent exécuté sur place. Les cultivateurs sont fondés de se réfugier en ville. La guerre ne fait que s’intensifier . Les réfugiés, fuyant les zones d’insécurité, affluent dans la ville. Celle-ci est surpeuplée et menacée de famine (...).

Que mangerons-nous ? Comment allons-nous résister aux maladies de plus en plus nombreuses, aux épidémies ? Dans les localités voisines (Lyoko, Nymeba, Nuyunzu, ...) la situation est encore plus dramatique pour ceux qui y sont restés. Les enfants sont comme des petits vieux, il n’y a ni vêtements, ni savon, ni sel, ni produits pharmaceutiques (...)

Cette situation alarmante n’est communiquée nulle part. Les émetteurs radio ont été confisqués, les lettres sont ouvertes, lues et parfois saisies. Nous manquons totalement de liberté (...). Pourquoi cette loi du silence, ici, chez nous, alors qu’ailleurs (Bukavu, Goma, Kisangani, Kindu) nos frères ont gardé tous leurs moyens de communication ? A cause de cet isolement nous vivons comme des esclaves, dans la peur et la crainte permanente de perdre la vie. Il n’y a aucun refuge, aucun recours . On a beau faire réunion sur réunion pour ramener la paix, comme celle-ci ne règne pas dans les cœurs, cela n’aboutit à rien. »