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Pays liberticides

écrit le 30 janvier 2002

Les pays liberticides : La France mal placée

Le site Libertés-immuables.com, créé par trois organisations de défense des droits de l’homme et des libertés civiles, pointe les dangereuses dérives des mesures sécuritaires adoptées par de nombreux États après le 11 septembre 2001

En effet, la plupart des pays ont renforcé leurs mesures de lutte contre le terrorisme après les attentats de New York et de Washington. « Si une telle réaction est parfaitement légitime, les atteintes aux libertés collectives et individuelles ne le sont pas », s’insurgent la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), Human Rights Watch (HRW) et Reporters sans frontières (RSF).

Ces trois organisations publient sur leur site internet « Libertés-immuables » un premier bilan, 120 jours environ après les attaques terroristes : « le top 15 des pays au sein desquels les dérives sécuritaires et les entorses ont été les plus nombreuses et les plus graves. »

Verdict : cinq États habituellement labellisés comme défenseurs des libertés individuelles sont rangés aux cinq premières places. Les États-Unis arrivent largement en tête « grâce » à l’arsenal mis en place par l’administration Bush pour traquer les terroristes. « Aux grands maux, les « trop » grands remèdes », dénoncent les trois organisations, stigmatisant particulièrement le « USA Act » adopté le 25 octobre dernier. Cette loi permet notamment à l’Amérique de s’établir en « nouveau justicier mondial de l’internet » et d’organiser la « cybertraque des pirates », en s’appuyant sur ses outils « Magic Lantern » et « Carnivore » pour espionner les internautes à leur insu, et ce, sans forcément disposer d’un mandat judiciaire.

Autre dangereuse dérive aux yeux du collectif Libertés immuables : la mise en place d’une « carte d’identité version Big Brother, (...) un concentré vertigineux de technologie et une redoutable machine à pister les agissements de ses détenteurs ».

Arrivent ensuite dans ce classement la Grande Bretagne, puis le Canada qui se sont empressés d’emboîter le pas aux États-Unis, en signe de soutien à leur allié historique. Des pressions politiques et des lois y limitent la liberté de la presse, et la surveillance généralisée de l’internet a été établie.

En France, la LSQ, « loi sur la sécurité quotidienne » est un fourre-tout judiciaire créant l’amalgame entre terrorisme et délinquance. Elle vaut une quatrième place à la France. Elle prévoit la possibilité d’accuser anonymement quelqu’un sans que la personne incriminée puisse s’expliquer face à face avec son détracteur, le fichage génétique de toute personne condamnée pour vol, la fouille des véhicules, la perquisition sans contrôle de l’autorité judiciaire et en l’absence de la personne intéressée, la possibilité d’interdire les rassemblements dans les halls d’immeubles, et, bien sûr, le contrôle de l’information et la surveillance informatique.

L’Allemagne est placée en cinquième position des pays liberticides, pour sa loi anti-terroriste « catastrophique ».

Deux catégories de pays

La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), Human Rights Watch (HRW) et Reporters sans frontières (RSF). distinguent ces 5 premiers pays, qui ont « cédé à la panique » suite aux attentats, de ceux qui ont saisi le prétexte de la lutte contre le terrorisme « pour oppresser leurs minorités et opposants ». Sont à ranger dans cette catégorie la Chine (6e), l’Inde (8e) ou encore le Pakistan (11e).

Une série d’atteintes que dénonce également un rapport mondial d’Human Rights Watch sur les libertés civiles dans 66 pays, publié le 16 janvier. « La campagne contre la terreur menée par les États-Unis inspire des attaques opportunistes contre les libertés civiles partout dans le monde », met en garde l’organisation qui rappelle qu’aucune cause, terrorisme ou lutte contre celui-ci, ne justifie de compromis avec les droits humains.


Ecrit en août 2003 :

Surveillance totale

Le Monde Diplomatique d’août 2003 explique comment, en vertu d’un accord entre la Commission européenne et les autorités américaines, des informations personnelles concernant les passagers des avions seront livrées aux douanes américaines par la compagnie aérienne : nom, prénom, âge, adresse, numéros de passeport et de carte de crédit, état de santé, préférences alimentaires (qui peuvent traduire la religion), voyages précédents, etc. Si le visiteur est musulman ou originaire du Proche-Orient, un code jaune de suspect lui sera attribué d’office. Les Latino-Américains aussi sont dans le collimateur : 65 millions de Mexicains, 31 millions de Colombiens et 18 millions de Centre-Américains sont déjà fichés aux Etats-Unis à leur insu. Mais le plus délirant de tous les projets d’espionnage illégal consiste à collecter une moyenne de 40 pages d’informations sur chacun des 6 milliards d’habitants de la planète et à confier leur traitement à un hyper-ordinateur. ... Vive la vie privée !


Ecrit le 21 octobre 2005 :

L’association Reporters sans frontières vient de publier son 4e classement mondial de la liberté de la presse 2005. En tête du classement, on retrouve, comme en 2004, des pays d’Europe du Nord (Danemark, Finlande, Irlande, Islande, Norvège, Pays-Bas, Suisse, Slovaquie, République Tchèque, Slovénie) qui garantissent une réelle et durable liberté de la presse.

La Nouvelle-Zélande (12e), Trinidad et Tobago (12e) et le Bénin (25e sur 167) sont bien placés. La France est 30e , en recul (perquisitions de locaux de médias, des gardes à vue de journalistes et la création de nouveaux délits de presse) . Les Etats-Unis (44e) ont perdu plus de vingt places, principalement en raison de l’incarcération de la reporter du New-York Times, Judith Miller, et de mesures judiciaires qui mettent à mal la protection du secret des sources. L’Algérie est 129e sur 167, l’Irak est 137e.

De même, ce classement tord le cou à la théorie selon laquelle le développement économique est un préalable indispensable à la démocratisation et au respect des droits de l’homme. En effet, si la tête du classement est très largement occupée par des Etats riches, plusieurs nations très pauvres figurent dans les soixante premiers.

Source : [’association Reporters sans frontières vient de publier son 4e classement mondial de la liberté de la presse 2005. En tête du classement, on retrouve, comme en 2004, des pays d’Europe du Nord (Danemark, Finlande, Irlande, Islande, Norvège, Pays-Bas, Suisse, Slovaquie, République Tchèque, Slovénie) qui garantissent une réelle et durable liberté de la presse.

La Nouvelle-Zélande (12e), Trinidad et Tobago (12e) et le Bénin (25e sur 167) sont bien placés. La France est 30e , en recul (perquisitions de locaux de médias, des gardes à vue de journalistes et la création de nouveaux délits de presse) . Les Etats-Unis (44e) ont perdu plus de vingt places, principalement en raison de l’incarcération de la reporter du New-York Times, Judith Miller, et de mesures judiciaires qui mettent à mal la protection du secret des sources. L’Algérie est 129e sur 167, l’Irak est 137e.

De même, ce classement tord le cou à la théorie selon laquelle le développement économique est un préalable indispensable à la démocratisation et au respect des droits de l’homme. En effet, si la tête du classement est très largement occupée par des Etats riches, plusieurs nations très pauvres figurent dans les soixante premiers. Source : http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=549