Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Grappillages et Mée-disances > Mée-disances d’octobre 2009 (1)

Mée-disances d’octobre 2009 (1)

Ecrit le 7 octobre 2009

  Loi Carle

La proposition de loi « Carle » a été adoptée par l’Assemblée le 28 septembre. Si vous décidez de mettre votre enfant dans le privé, même dans une ville différente de celle où vous vivez, votre municipalité de résidence devra verser une aide financière.

Pour la Ligue des Droits de l’homme, cette loi est un nouvel exemple de l’obstination avec laquelle les gouvernants actuels cherchent à détruire ou à fragiliser les bases du vivre ensemble démocratique que sont la laïcité, les services publics et le réseau de proximité des collectivités territoriales.
 
Obliger les communes à financer la scolarisation d’élèves dans le secteur privé en dehors même de leur territoire, c’est un nouveau cadeau à l’enseignement privé, un pas vers le chèque éducation destructeur d’école publique et, pour couronner le tout, un « contre-transfert » vers les ménages et les collectivités qui en ont le moins besoin.
 
La LDH constate que même la faillite du tout-marchand ne décourage pas les démolisseurs de service public et que les préférences religieuses affichées jusqu’au sommet de l’Etat continuent à heurter frontalement le principe constitutionnel de laïcité de la République.

 Fillon reçu par Benoît XVI (soupapes)

La Croix du 01/10 : Le premier ministre français, François Fillon, sera reçu par le pape Benoît XVI le 10 octobre, à la veille de la canonisation de la Française Jeanne Jugan, fondatrice des Petites sœurs des pauvres.

Benoît XVI réserve habituellement ses audiences aux chefs d’État et ne reçoit que de rares chefs de gouvernement. Les deux hommes se sont cependant déjà brièvement rencontrés puisque c’est François Fillon, catholique pratiquant, qui a salué le pape à l’aéroport de Tarbes, à la fin de sa visite en France, à Paris et Lourdes, en septembre 2008.

Jeanne Jugan (1792-1879) sera canonisée le 11 octobre place Saint-Pierre, en même temps que quatre autres prêtres et religieux : le Belge Jozef de Veuster, appelé « père Damien » (1840-1889), l’archevêque polonais Zygmunt Szczesny Felinski (1822-1895), le dominicain espagnol Francisco Coll y Guitart (1812-1875), et son compatriote le frère trappiste Rafael Arnaiz Baron (1911-1938).

Le roi de Belgique Albert II et sa femme et le président polonais Lech Kaczynski assisteront également à la cérémonie.

Ndlr : dans le cadre de la loi de séparation de l’Église et de l’État il est difficile de mieux faire !

Le congé parental a failli être taxé

Les Echos du 01/10 : La mesure était fermement décidée le 28 sept. Dans la même logique que pour les indemnités versées au titre des accidents du travail, le gouvernement envisageait de soumettre à l’impôt sur le revenu les sommes versées au titre du congé parental. A chaque fois, estime l’exécutif, il s’agit d’un revenu de remplacement du salaire, et il est donc logique de le fiscaliser, comme c’est déjà le cas pour les indemnités journalières au titre des arrêts maladie ou des congés maternité.

Les quelque 570.000 parents bénéficiaires d’un « complément libre choix d’activité » versé par les caisses d’allocations familiales allaient donc devoir inscrire ces sommes sur leur déclaration de revenus. […]

Le cocktail était explosif. Surtout avec des allocations familiales qui ne seront pas augmentées au 1er janvier. Le gouvernement a donc renoncé. Pour l’instant.

L’histoire n’est pas terminée. Bercy, qui voit plusieurs centaines de millions d’euros s’envoler, revient à la charge sur une autre « niche » : le doublement de 2 % à 4 % du forfait social sur l’intéressement et la participation, qui avait initialement été écarté.

Sarkozy a menti

 Rue89 du 30/09 : Pour justifier l’extension a minima du Revenu de solidarité active (RSA) aux moins de 25 ans, le chef de l’État a clamé : « J’ai toujours été opposé à des contrats jeunes à statut social inférieur. Je n’accepte pas l’idée que, parce qu’on est jeune, on a moins de droits sociaux que quand on est adulte. (…) ».

Et il ajoute : « Pourquoi le CIP fut une erreur et pourquoi le CPE fut une erreur ? Parce qu’il est inacceptable dans la société française qu’on n’ait pas les mêmes droits sociaux selon qu’on ait tel âge ou tel autre. ». Un simple retour en arrière suffit pourtant à contredire le président de la République. Sur le Contrat d’insertion professionnelle (CIP) d’abord, rebaptisé « smic jeunes ». Avant qu’il ne soit retiré sous la pression des manifestations en 1994, ce contrat de travail à durée déterminée pour les moins de 26 ans, rémunéré à 80% du smic, était défendu par tous les membres du gouvernement d’Édouard Balladur…. Y compris N.Sarkozy.

Benoît Hamon, porte-parole du PS ne s’y pas trompé : « quel menteur le président de la République ! » Et de poursuivre sur le même ton : « Comment peut-il dire qu’il était opposé au CIP et au CPE ? C’est faux ! (…) Que le président de la République se livre sur tous les sujets à de tels mensonges, (…) ça devient le grand carnaval aujourd’hui la parole présidentielle. »

Le coup de grâce pour le chef de l’État a été asséné le 30 sept. toujours sur France Info, par celui que Nicolas Sarkozy soutenait lors de la présidentielle de 1995 : Edouard Balladur. L’ex-Premier ministre n’a pas manqué de rebondir sur les critiques adressées aujourd’hui au CIP par son ancien ministre : « Il l’a pourtant défendu avec beaucoup de flamme et je lui en suis toujours reconnaissant, parce que dans les moments difficiles il a toujours été à mes côtés pour m’apporter son aide. »

Ndlr : ce n’est que le début d’une longue série !

Yzonkabosser

La dernière enquête de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) sur la situation professionnelle des jeunes diplômés (promotion 2008) dresse un tableau plutôt sombre d’une cohorte qui s’est trouvée sur le marché du travail au début de la crise économique. Rendue publique vendredi 2 octobre, l’étude a été réalisée entre avril et mai 2009 auprès de 4 040 jeunes de niveau bac + 4.

Huit mois après leur sortie du système éducatif, seuls 68 % occupaient un poste contre 82 %, un an auparavant. Une tendance liée à l’effondrement du volume d’offres publiées par l’APEC et ouvertes aux débutants : entre janvier et août 2009, elles ont chuté de 38 %.

La rentrée 2009 ne s’est pas présentée sous de meilleurs auspices, puisque le nombre d’offres s’est établi à 5 000 en septembre contre 7 220 en 2008. Selon l’APEC, on peut craindre que les effets de la crise se fassent encore plus durement sentir pour la promotion qui arrive sur le marché du travail.

Alors pas d’boulot, pas de RSA   ! Na !


Ecrit le 14 octobre 2009

 Brigades mobiles de sécurité

L’Express du 05/10 : La première brigade mobile de sécurité vient d’être inaugurée au lycée Jean-Zay d’Aulnay-sous-Bois. Michel Hervieu, vice-président de la FCPE  , ne pense pas que ces brigades changeront quoi que ce soit. C’est simplement un effet d’annonce. Dix personnes ne peuvent pas résoudre, à elles seules, la violence scolaire. Les difficultés ne sont pas les mêmes d’un établissement à l’autre, les réponses à apporter varient donc tout autant.

Il faut prendre le problème en amont pour que la violence ne s’instaure pas dans les établissements scolaires. Ces brigades mobiles de sécurité sont une rustine sur un pneu crevé. Pour permettre aux collégiens et aux lycéens d’étudier dans de bonnes conditions, il faut s’appuyer sur un personnel formé, habitué à travailler avec les jeunes tels que les professeurs, les pions ou les conseillers d’éducation. Or, aujourd’hui, il y a un paradoxe : on diminue le personnel scolaire mais on crée ces brigades contre la violence.

Ces brigades mobiles risquent d’inquiéter et de culpabiliser les jeunes. La FCPE   pense, au contraire, qu’il faut les informer et les responsabiliser sur cette question. « Pour nous, le plus important est de recréer le dialogue au travers, par exemple, des comités de vie lycéenne. Il faut travailler ensemble pour apporter une réponse durable à ce problème ».

 Contrefaçon

Nouvelobs.com du 06/10 : C’est une information qui tombe mal pour Nicolas Sarkozy, défenseur des droits d’auteurs et initiateur de la loi Hadopi. Le service audiovisuel de la présidence de la République a copié sans autorisation 400 DVD d’une émission de France 5 sur Nicolas Sarkozy , « A visage découvert », révèle Le Canard enchaîné du 7 octobre. Les 400 exemplaires ont été ensuite distribués lors de la 17e Conférence des ambassadeurs.

Le nom du producteur n’est pas mentionné et la jaquette a même été modifiée par l’Élysée. Le logo de la présidence de la République y est apposé. A la place du copyright original, on trouve « Service audiovisuel de la présidence de la République –Unité photos- Tous droits réservés (photos et vidéos) »

Franck Louvrier, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, dit avoir demandé au préalable à la boîte de production du documentaire l’autorisation de faire des duplicatas. Mais les dirigeants de Galaxie presse indiquent pour leur part au journal satirique ne pas avoir été averti de l’existence de ces copies. « C’est un peu cavalier. D’autant que l’Elysée nous avait demandé 50 de nos DVD et qu’on leur avait envoyés, gratis », s’est étonné le directeur de la société, Michel Rager.

Ndlr : pourquoi se gêner ?

 Les charters afghans d’Eric Besson

Mediapart du 06/10 : Le projet d’Éric Besson d’expulser des Afghans dans le cadre d’un « vol groupé » avec la Grande-Bretagne provoque un tollé. Selon 34 associations, un « charter » était initialement prévu, mardi 6 octobre au soir, quinze jours après l’évacuation de la « jungle » de Calais. Le ministère de l’immigration a démenti la date, mais pas le principe de retours collectifs forcés vers Kaboul. Nicolas Sarkozy lui a donné son feu vert.

En 2008, Brice Hortefeux avait dû renoncer à une telle initiative  , après l’intervention de la Cour européenne des droits de l’homme. Éric Besson et Bernard Kouchner vont-ils réussir là où Brice Hortefeux a échoué ?

Ndlr : Eric Besson est décidément un grand humaniste de gauche.

 Projet de loi sur les jeux en ligne

La Tribune.fr du 06/10 : Conformément à la législation européenne, le projet présenté à l’Assemblée nationale par le ministre du Budget, Eric Woerth, vise à ouvrir à la concurrence un marché jusqu’ici réservé aux opérateurs français, la Française des Jeux (FDJ) et le Pari mutuel urbain (PMU). L’ouverture n’est que partielle car la loterie demeurera encore le domaine réservé de la FDJ, qui reste, elle, sous contrôle de l’État. Trois types de jeux - paris hippiques, paris sportifs et jeux de table, principalement le poker - sont concernés et les opérateurs qui souhaitent les proposer devront obtenir des licences distinctes auprès d’une Autorité de régulation de jeux en ligne (Arjel), créée par le projet de loi.

Ce projet est une « dérive », estime le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault. De surcroît il vise, selon lui, à « faire plaisir » à des amis du chef de l’État. « Quand on voit la liste des bénéficiaires, de ceux qui ont fait du lobbying et qui ont essayé d’avoir des rendez-vous avec les parlementaires, on y retrouve la liste des invités du Fouquet’s », le restaurant de luxe où Nicolas Sarkozy avait fêté sa victoire présidentielle en mai 2007. Le porte-parole des députés communistes, Roland Muzeau, réclame ni plus ni moins le retrait du texte. Pour lui, « le risque c’est de promouvoir encore un peu plus l’addiction et l’appauvrissement de certains de nos concitoyens. »

Ce problème d’addiction est également soulevé par Jean-François Copé, le président de l’UMP à l’Assemblée. Bien que soutenant le texte, il apporte « deux bémols » : la question des contrôles des circuits de financement et l’addiction aux jeux qui doit être « une politique publique prioritaire au même titre que les politiques de santé publique ».

Ndlr : pour soigner le malade, rien de tel que d’aggraver le mal !

 Écoles privées

NouvelObs.com du 06/10 : Les députés socialistes (auxquels se sont joints les députés des groupes radical et citoyen (SRC) et Gauche démocrate républicaine (GDR)) ont pris la décision, mardi 6 octobre, de déposer un recours devant le Conseil constitutionnel contre la loi Carle. Ce texte très controversé sur la participation des communes au financement des écoles privées sous contrat avait été adopté par l’Assemblée le 28 septembre.

Selon sa présentation officielle, la loi tend « à garantir la parité de financement entre les écoles primaires publiques et privées sous contrat d’association lorsqu’elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence ».

Censé être un « compromis », le texte est dénoncé notamment par la gauche et par les défenseurs de l’école publique. Pour eux, cette « parité de financement accentue l’inégalité » et « renforce le privilège accordé aux écoles privées » au détriment des établissements publics.

Le Collectif pour la promotion et la défense de l’école publique de proximité (CDPEPP), avait mis en ligne une pétition pour protester contre le texte de loi, appelant les députés de l’opposition à déposer un recours devant le Conseil constitutionnel en cas de d’adoption du projet. Une demande qui a donc été entendue.

 Vos papiers !

Le Point du 07/10 : Confrontée à une baisse des aides de l’État, une école primaire du comté de Cork, en Irlande, a demandé aux parents d’élèves de fournir à leur enfant du papier toilette pour venir en classe.
La directrice a expliqué que son établissement connaissait des difficultés budgétaires en raison d’une diminution des subventions publiques pour les livres et les ordinateurs. .

Pour la directrice, les parents ont bien réagi à sa demande. « J’ai fait une tournée des classes ce matin : au moins la moitié des élèves avait apporté leur papier toilette », a-t-elle dit à la télévision nationale .