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Israël : apartheid et démission

Ecrit le 29 mars 2017

Pour la première fois dans l’histoire de l’ONU, un rapport publié en son nom accuse Israël de soumettre les Palestiniens à un régime d’apartheid. Ce document, dévoilé mercredi 15 mars à Beyrouth, émane de l’ESCWA (Economic and Social Commission for Western Asia), l’une des cinq commissions régionales des Nations unies, chargée des questions économiques et sociales dans le monde arabe, dont le siège se trouve dans la capitale libanaise.

Il a été rédigé, à la demande de cet organe, par deux spécialistes de droit international, Richard Falk, professeur à l’université de Princeton et ancien rapporteur de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés ; et Virginia Tilley, professeur à l’université de l’Illinois, auteur, dans les années 2000, de nombreuses recherches en Afrique du Sud.

Leur rapport d’une soixantaine de pages, affirme qu’« Israël a mis en place un régime d’apartheid qui institutionnalise de façon systématique l’oppression raciale et la domination du peuple palestinien dans sa totalité ». Pour les auteurs, le système de discriminations pesant sur les Palestiniens est constitutif du crime d’apartheid, tel que défini par la Convention internationale anti-apartheid de 1973.

Ce document a suscité la colère des ambassadeurs américain et israélien, qui ont appelé le nouveau secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, à le retirer immédiatement. Le 17 mars au soir, le texte n’était plus disponible sur le site Internet de l’ESCWA, une des cinq commissions régionales des Nations Unies, chargée des questions de développement dans le monde arabe. A la suite de quoi la cheffe de l’ESCWA, la Jordanienne Rima Khalaf, a présenté sa démission comme acte de protestation contre les pressions de M. Guterres. Elle lui écrit :

« je n’ai à aucun moment remis en question votre droit de retirer la publication du rapport de notre site internet ou le fait que nous tous, travaillant pour le secrétariat, sommes soumis à l’autorité du secrétariat général. Tout comme je n’ai aucun doute concernant votre engagement envers les droits de l’homme en général, et votre position ferme concernant les droits du peuple palestinien. Je comprends aussi vos préoccupations, particulièrement dans ces temps difficiles qui vous laissent peu de choix.

Je ne suis pas insensible aux attaques vicieuses et aux menaces qui pèsent sur les Nations Unies et sur vous personnellement de la part d’importants Etats Membres en réponse à la publication du rapport de l’ESCWA intitulé « Les pratiques d’Israël envers les Palestiniens et la question de l’apartheid ».

Je ne trouve pas surprenant que de tels Etats Membres, qui ont maintenant des gouvernements qui se préoccupent peu des normes et valeurs internationales concernant les droits humains, aient recours à l’intimidation quand ils trouvent difficile de défendre leurs politiques et pratiques illicites. Il est normal que des criminels mettent la pression et attaquent ceux qui défendent la cause de leurs victimes. Je ne peux pas me soumettre à une telle pression.

Ce n’est pas en vertu de mon statut d’officiel international mais en vertu de mon statut d’être humain honnête, que je crois, comme vous, dans les valeurs et principes universels qui ont toujours été les lignes de conduite du bien dans l’histoire humaine, et sur lesquels une organisation comme la notre, les Nations Unies, est fondée.

Comme vous je considère que la discrimination envers toute personne sur le motif de sa religion, de sa couleur de peau, de son sexe ou de son origine ethnique est inacceptable, et que de telles discriminations ne peuvent être rendues acceptables par les calculs de l’opportunisme ou du pouvoir politique. Je considère de plus que les peuples ne devraient pas seulement avoir le droit de dire la vérité au pouvoir mais ils ont le devoir de le faire.

En l’espace de deux mois, vous m’avez demandé le retrait de deux rapports produits par l’ESCWA, pas à cause de fautes que l’on aurait commises dans ces rapports, et probablement pas parce que vous étiez en désaccord avec leur contenu, mais à cause de la pression politique exercée par des Etats Membres qui violent gravement le droit des peuples de la région.

Vous avez vu que les peuples de cette région vivent une période de souffrance inégalée dans l’histoire moderne, et que le nombre considérable de catastrophes aujourd’hui résulte du flot d’injustices qui furent ignorées, camouflées ou ouvertement approuvées par des gouvernements puissants à l’intérieur et à l’extérieur de la région. Ces mêmes gouvernements sont ceux qui vous mettent la pression pour faire taire la voix de la vérité et l’appel pour la justice présentés dans ces rapports.

Etant donné ce qui précède, je ne peux que maintenir les conclusions du rapport de l’ESCAW comme quoi l’Etat d’Israël a établi un régime d’apartheid qui recherche la domination d’un groupe racial sur un autre. Les preuves fournies dans ce rapport rédigé par des experts de renom sont nombreuses.

Tous ceux qui ont attaqué ce rapport n’ont pas eu un mot pour son contenu. Je considère comme mon devoir de mettre en lumière le fait légalement et moralement indéfendable qu’au 21e siècle existe encore un état d’apartheid, plutôt que de supprimer les preuves. En disant cela je ne clame aucune supériorité morale ou vision supérieure. Ma position est influencée par une vie d’expériences où j’ai vu les conséquences désastreuses pour la paix quand on bloque les plaintes des peuples dans notre région.

Je réalise que je n’ai que peu de choix. (…) ma démission n’est pas destinée à exercer une pression politique. C’est simplement mon devoir envers les peuples que nous servons, envers les Nations Unies et envers moi même, de ne pas retirer un témoignage honnête sur un crime en cours qui est à la racine de tellement de souffrances humaines. En conséquence, je vous remets par la présente ma démission des Nations Unies.

Avec tous mes respects,
Rima Khalaf


Ecrit le 29 mars 2017

Palestine-Israël

Samedi 1er avril ….
A partir de 16h15, conférence de Mme Orly NOY, israélienne d’origine iranienne. Elle est journaliste, traductrice de la littérature Persane en Hébreu, militante politique à gauche, adhérente du parti Balad qui représente, à la Knesset, les juifs du Moyen-Orient (les Mizrahi). Elle siège au conseil d’administration de l’organisation des Droits de l’Homme B’Tselem.

Son intervention portera sur la situation des juifs du Moyen-Orient. Comment vivez-vous votre double appartenance culturelle ? Comment percevez-vous la société israélienne et palestinienne d’aujourd’hui et les possibilités de règlement du conflit israélo-palestinien ? Quel rôle pour la communauté internationale ?

Puis M. Hassan BALAWI, représentant de l’OLP, diplomate en poste à Bruxelles et Luxembourg, ancien journaliste de la télévision palestinienne, parlera de la situation des Palestiniens jusqu’à ce jour, quelles perspectives pour l’avenir, le rôle des citoyens, palestiniens et israéliens ? Quel rôle devrait s’assigner la communauté internationale, la France en particulier, pour résoudre le conflit qui existe depuis plus de cent ans.

La soirée se poursuivra par un repas, avec chants et musiques. S’inscrire au :
06 74 24 13 97 [Comité Palestine Israël du Pays de Châteaubriant  ]. Lieu : Espace Castella   à St Aubin-des-Châteaux. Inscription au repas (12 €) avant le 20 mars au 02 28 04 08 57.
Un voyage en Palestine est programmé du 1er au 15 octobre 2017. Inscriptions avant le 30 avril.