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La déprime chez l’adolescent

Ecrit le 31 mai 2017

Environ la moitié des problèmes de santé mentale rencontrés à l’âge adulte se déclarent pendant ou avant l’adolescence. L’amélioration de la résilience des jeunes aux troubles mentaux s’avère par conséquent indispensable, dans la mesure où les problèmes de santé mentale dans l’adolescence sont associés au chômage, à la criminalité, à l’augmentation des taux de tabagisme, à la consommation de drogues, à l’obésité et aux maladies mentales aux stades ultérieurs de l’existence.

Il est en outre important, pour renforcer cette résilience, d’apporter le soutien nécessaire pour promouvoir le bien-être, et de mener des interventions précoces à cet égard.

Selon le tout dernier rapport de l’enquête sur le comportement des jeunes d’âge scolaire en matière de santé (HBSC), qui comprend les données d’une étude réalisée en 2013/2014 sur les adolescents européens, le pourcentage de jeunes déclarant être dans un état de déprime plus d’une fois par semaine augmente de 13 à 21 % entre les âges de 11 et 15 ans.

Cette évolution est d’ailleurs plus marquée chez les filles que chez les garçons. En effet, 29 % des filles de 15 ans déclarent être dans un état de déprime plus d’une fois par semaine, contre 13 % chez les garçons du même âge.

 La déprime : précurseur de la dépression

L’état de déprime peut revêtir diverses formes chez l’adolescent, et est souvent difficile à identifier. Il peut avoir un impact négatif sur la vie quotidienne, et être associé à la tristesse, à l’anxiété, à l’inquiétude, à la fatigue, au manque d’estime de soi, à la frustration ou à la colère. Le stress en est d’ailleurs l’une des raisons principales.

Parmi les autres causes, il convient également de mentionner le sentiment de malaise, les problèmes relationnels, la pression des pairs, la pression scolaire, les troubles du sommeil, le harcèlement, le deuil ou les changements hormonaux.

Si les états de déprime passagers peuvent être normaux à l’adolescence, les périodes régulières et prolongées de déprime peuvent en revanche déclencher une véritable dépression, et avoir des conséquences négatives à long terme sur la santé, le bien-être et le développement.

Le fait d’être en bonne santé, tant sur le plan émotionnel que physique, permet aux jeunes de relever les défis de l’adolescence et facilite leur transition vers l’âge adulte. Le bien-être mental positif de l’enfant est mis en corrélation avec le développement des compétences sociales et de bonnes stratégies d’adaptation, qui entraînent des résultats plus positifs à l’âge adulte.

Il est essentiel de lutter contre les états de déprime chez les jeunes, et de leur apprendre les mécanismes d’adaptation et de gestion qui favorisent la résilience afin de protéger et de promouvoir leur santé mentale.

 Journée mondiale de la santé mentale :

 la dépression

La dépression représente un grand défi pour la santé dans la Région européenne de l’OMS, et constitue le thème central de la Journée mondiale de la santé 2017. Placée sous le slogan « Dépression : parlons-en », la campagne reconnaît que la dépression est une maladie traitable, et entend réagir au fait que, malgré cela, environ 50 % des cas de dépression majeure ne sont toujours pas traités.

Les importants coûts personnels, sociaux et économiques, ainsi que la proportion élevée de personnes non traitées, et ce bien que des soins efficaces et peu onéreux soient disponibles, témoignent de la nécessité de relever ce défi.

 Des soins gratuits

« Le trauma, la tristesse, l’anxiété d’un enfant, cela ne s’aborde pas de la même façon que chez un adulte. Il faut prendre garde de ne pas oublier les enfants choqués par un événement grave. Et plus encore quand leurs parents ont été impliqués, car, lors de la prise en charge familiale, les petits risquent d’être négligés dans leurs besoins spécifiques.

Au-delà de l’évaluation clinique, il y a en effet deux choses importantes à avoir en tête avec les enfants. D’abord, se demander s’ils se sentent coupables. Face à l’horreur et à la perte, c’est une réaction fréquente  : «  Si mon grand frère a disparu, c’est parce que je n’ai pas été gentil.  » C’est un sentiment qu’il faut leur permettre de dire.

« La deuxième réaction à laquelle il faut penser, c’est que les enfants risquent de perdre confiance dans la capacité des adultes à les protéger, et à protéger la vie en général » dit Marie Rose Moro, professeure de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Or on constate qu’il faut parfois un an avant de pouvoir commencer une psychothérapie avec un adolescent.

Mme Oro a rédigé un rapport en novembre 2016 sur santé et bien être des jeunes :

voir le site oro-brison

A la suite de ce rapport, un décret, publié dimanche 7 mai 2017, va permettre la mise en place d’une expérimentation incluse dans la loi santé adoptée début 2016. Cette expérimentation sera menée dans plusieurs villes d’Île-de-France ainsi que dans les départements de Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Meuse, Vosges, Ardennes et Haut-Rhin.

Le public visé : les jeunes de 11 à 21 ans. Ces jeunes pourront être orientés vers un psychologue par un généraliste, un pédiatre ou médecin scolaire qui détecteraient chez eux une souffrance psychique.

L’adolescent ou le jeune adulte pourra alors bénéficier de douze consultations à laquelle pourront participer ses parents. « L’idée est de pouvoir très vite l’orienter vers une structure de proximité où il se sentira à l’aise », dit le professeur Moro.

« On ne va pas envoyer vers le psychologue des ados ayant des pathologies psychiatriques fixées, que ce soit une dépression, des troubles de l’humeur, des idées suicidaires, une anorexie mentale ou une phobie scolaire », précise le professeur Moro. « Le dispositif s’adresse plutôt aux jeunes ayant une souffrance psychique diffuse, non fixée et souvent fluctuante. Une souffrance qui, bien souvent, se traduit dans la tête, le dos ou le ventre », ajoute-t-elle.

Cette expérimentation va se dérouler de manière très encadrée. Elle vise aussi réduire les inégalités sociales. Car actuellement, les parents qui ont les moyens de faire accéder leur enfant à un psychologue de ville peuvent espérer un rendez-vous dans un délai pas trop important. Alors que s’ils doivent se tourner uniquement vers les structures publiques, les délais d’attentes sont très longs, y compris dans une ville comme Paris.

« Nous utilisons avec les enfants des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), en nous inspirant des pratiques anglo-saxonnes » dit le Docteur Coline Stordeur.
« Nous pouvons par exemple construire une petite histoire avec l’enfant, en créant un personnage qui serait son alter ego « heureux ».

Imaginons qu’un enfant soit triste car sa maîtresse ne lui a pas dit bonjour avec un sourire le matin. Nous lui expliquons que cela ne veut pas dire qu’elle ne l’apprécie plus, mais qu’elle a peut-être d’autres préoccupations. Nous voyons ensuite avec lui comment son ami imaginaire aurait pu réagir et lui demander s’il serait capable de faire la même chose à l’avenir. En général, les enfants sont assez réceptifs à ce type d’approche ».

Il n’est pas question de se ruer d’emblée vers les psychotropes. « L’indication de traitements antidépresseurs n’arrive qu’en seconde intention, si après quelques séances nous nous apercevons que la psychothérapie seule ne suffit pas ».

Châteaubriant : hôpital de jour pour les enfants : 02 40 81 18 18
Maison des adolescents : 02 40 51 55 60