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Le temps passe, Châteaubriant se meurt

Ecrit le 7 juin 2017

A l’occasion d’un retour en terre castelbriantaise, le temps d’un week-end, une ancienne commerçante castelbriantaise est revenue voir des amis. Quand un commerçant rencontre un commerçant, de quoi parlent-ils ? Du commerce et des projets commerciaux, bien sûr.

Y a-t-il un.e responsable commerce à la ville et/ou à la Com’Com’   ? Il semble que oui mais le pauvre n’aurait appris ses nouvelles responsabilités qu’au cours d’une réunion avec les commerçants. Des commerçants, certains commerçants, l’ont vu une fois en boutique quant ils ont eu de la chance. D’autres non, et il aurait déclaré n’y connaître rien en matière de commerce, ce qui les a fait bien rigoler… jaune !

Il y a pourtant deux commerçants au Conseil Municipal : un ancien adjoint, M. Flatet, plus occupé par son installation géante en zone, et le coiffeur M. Trimaud, fort en gueule mais pauvre en propositions. Le nommer conseiller municipal a été un coup de génie : il ne bouge plus.

Les associations de commerçants se renouvellent et meurent aussi vite. Actuellement Les Echoppes de Couëré proposent des animations dans leur rue, deux fois par an. Quartier Brillant propose de temps en temps une soirée commerciale jusqu’à la nuit, mais ces animations, trop épisodiques, ne fixent pas une clientèle. Ce serait bien qu’on dise : « Il se passe toujours quelque chose à Châteaubriant ». Mais non.

Heureusement qu’il y a le marché du mercredi ! Le reste de la semaine les rues sont bien vides, même le soir, même le samedi, même le dimanche où de rares badauds lèchent les vitrines sans rencontrer grand monde.

A propos, on est toujours surpris du vide commercial du week-end. Autrefois, du temps où le commerce de centre-ville allait bien, les épouses des commerçants allaient faire leurs courses dans les commerces voisins à Nantes ou à Rennes. A notre époque, les Castelbriantais, qui n’aiment pas leur ville, s’en vont encore à Nantes ou Rennes, ou à Beaucouzé, près d’Angers où le centre commercial Atoll accueillle 53 magasins !

Il faudrait une concertation entre la municipalité et les commerçants. « Mais nous faisons des réunions de commerçants » dit la municipalité et c’est vrai. Mais c’est comme d’habitude : questions, réponses, on parle de crottes de chiens et de voitures-ventouses et la municipalité fait de rares aménagements ponctuels : un stationnement interdit ici, un bac à fleurs là, un panneau plus loin. Désespérant.

Mais pas de réflexion de longue haleine. Il y a quelques années, bien avant la patinoire, les commerçants avaient prévu un marché de Noël, à grande échelle, c’était bien lancé mais l’initiative   a déplu à l’adjoint au commerce qui a craint une concurrence avec son magasin de fleurs-animalerie-gadget. Et tout s’est arrêté.

La Com’Com’   a pourtant fait quelque chose de bien : la prise en charge de 50 % des loyers des nouveaux commerçants pendant 3 ans. Force est de constater que ces « nouveaux » ne se pressent pas aux portes. Doit-on aider des installations et ignorer les installés ? Il y a des commerces vieillots, trop petits, rue de Couëré par exemple, il faudrait aider les propriétaires à rénover, réaménager, à se regrouper peut-être. Mais non.

La municipalité a préféré acheter un immeuble rue Aristide Briant, dans la partie la moins commerçante de la ville, pour faire un commerce d’environ 100 m2 ce qui, à notre époque, est très petit et ne permet pas d’offrir un service attirant. Il manque à Châteaubriant un souffle, un projet enthousiasmant : cela peut se construire si on y met le temps.

Des déceptions sont sensibles aussi sur des points de « détail » : L’une des filles de M. Le Maire se marie, c’est une excellente nouvelle pour elle et nous lui souhaitons beaucoup de bonheur Mais où est la liste de mariage ? Chez les commerçants locaux ? Ou sur des sites internet ?

Le magasin Action, implanté auprès de l’Hyper U, est seul, désespérément seul dans son coin, les cinq autres modules sont vides. L’ancien « M. Bricolage » à proximité aussi, reste vide. Espace émeraude déménage dans des locaux neufs route de St Nazaire et Jardiland est arrivé en remplacement de VillaVerde (qui a quitté la rue Alsace Lorraine).

Il est en zone, lui aussi. Le magasin Cache-Cache de la Place de la Motte, va aller aussi en zone : il n’a jamais accepté d’être caché sur cette place derrière les pissotières tout neuves ! Il y a fort à parier que l’emplacement restera vide longtemps. Le magasin Patrice Bréal va sans doute déménager aussi.

La Place de la Motte, encombrée de voitures, n’a rien d’attirant, même si des expositions s’y succèdent et restent souvent ignorées. De l’autre côté de la rue, le café l’Equipe et la Pizzeria doivent se contenter d’une terrasse minuscule, traversée par les piétons qui n’ont pas d’autre choix. Les clients ont les fesses au raz des voitures et hument les bonnes odeurs des gaz d’échappement. Pas un arbre. Cette Place de la Motte dont la municipalité est si fière, est une catastrophe sociale !

Des habitants ont proposé l’implantation d’une « Maison des Associations » dans l’un des cinq modules vides, à côté du magasin Action. Cela pourrait amener régulièrement des clients potentiels à proximité. Mais non.

Que va-t-il y avoir à la place du magasin VillaVerde ? Dans les couloirs de la Com’Com’   il avait été question de locaux pour faire taire l’association Rencontres  . Mais cela ne semble plus d’actualité. Il est envisagé un centre « Emmaüs   » complémentaire du local existant en zone. Mais pas une maison des associations. Et pourquoi pas des locaux pour la Croix Rouge   ce qui rendrait bien service à cette association écartelée entre deux lieux mal adaptés à ses activités.

Un temps, il avait été imaginé de consacrer tout le terrain à un lotissement mais ce n’est plus d’actualité car M. Le Maire veut vendre des terrains dans le lotissement contesté de La Borderie. Et puis, il y a tant de maisons à vendre dans le secteur de La Ville aux Roses que c’en est désespérant.

Mais M. le Maire est satisfait, il trouve que le centre ville ne se vide pas, mais c’est sans doute qu’il ne sait pas qu’il existe des outils de comptage piétons. Alors, chiche, on va compter dans les endroits les plus fréquentés de la ville ? Rien n’est moins sûr. Car la municipalité craint sans doute les chiffres....

Et qu’en est-il du site internet « Ville et Shopping » ? Ses initiateurs ont-ils perçu les 6000 € promis par la Com’Com’   pour 2017 (et autant pour 2018 et 2019). En décembre il y avait une quarantaine d’inscrits. Fin mai on en compte 39, et l’annuaire, qui était censé être à jour, publie par exemple une fausse adresse internet pour le Relais d’Eugénie, annonce la boucherie Hamon qui a fermé depuis plusieurs mois, et ne répertorie pas « decoetcouleurs » (ce ne sont que des exemples). La Forteresse non plus d’ailleurs !

L’éco-Recyclerie coûte beaucoup à l’Adapei, pourquoi n’est-il pas possible de résilier son bail pour lui éviter des coûts ?

Qui va installer les stands de la foire de Béré cette année ? une entreprise privée mais pas le Centre d’Aide CAT. Le coût est-il vraiment si inférieur que les autres années pour changer de prestataire ?

Bref, toujours autant de problèmes sous le tapis à Châteaubriant.

Taxe sur les friches

La municipalité se plaint, à juste titre, des nombreux locaux commerciaux inoccupés. A cet égard, la rue de Couëré est sinistrée et le vide n’attire pas la foule !

Alors, pourquoi ne pas voter à Châteaubriant la taxe sur les fiches commerciales, créée en décembre 2006 du temps de Jacques Chirac ? La taxe sur les friches commerciales (TFC) est un impôt local qui concerne certains biens commerciaux inexploités.

Elle est mise en place sur décision de la commune ou de l’établissement public de coopération intercommunale (Com’Com’  ), où est situé le bien imposable. Il n’y a pas de déclaration annuelle à faire : le redevable reçoit directement son avis d’imposition, si la taxe lui est applicable.

La taxe est assise sur le revenu net servant de base à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Elle est soumise à des taux évolutifs :
10 % la 1e année d’imposition,
15 % la 2e année,
20 % à partir de la 3e année.
L’autorité locale peut décider d’augmenter les taux, mais elle ne peut pas dépasser le double du montant fixé.

Cela pourrait inciter les propriétaires à faciliter la location de leurs locaux !