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Femmes, santé et précarité

Ecrit le 9 août 2017

Femmes, santé et précarité

La santé et l’accès aux soins ne doivent plus être un luxe pour les femmes en situation de précarité : dans son rapport « Santé et accès aux soins : une urgence pour les femmes en situation de précarité » - remis le 7 juillet à Marlène SCHIAPPA, Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes - le Haut Conseil à l’Egalité s’est intéressé aux femmes en situation de précarité, ces femmes « hors radar », dont la santé est dégradée et l’accès aux soins entravé.

Les femmes représentent 64% des personnes qui reportent des soins ou y renoncent, soit près de 9,5 millions de femmes qui, chaque année :
- ne sollicitent pas les aides financières trop complexes : un tiers des potentiel.le.s bénéficiaires de la CMU-C ;
- font face à des dépassements d’honoraires ou à des délais d’attente trop importants, voire à des refus de soin ;
- ne peuvent prendre le temps de consulter un.e professionnel.le de santé, le quotidien de ces femmes étant une course permanente, dans laquelle leur santé passe en dernier, après leurs enfants, leur compagnon et la gestion des difficultés financières.

Les femmes en situation de précarité présentent une santé dégradée :
- due à leurs conditions de vie et de travail pénibles, stressantes et usantes, et pourtant insuffisamment reconnues : malgré la réforme récente, les trois-quarts des travailleur.euse.s qui ont cumulé au moins un point sur leur compte prévention pénibilité sont des hommes ;
- due à un accès et une participation moindre à la prévention et aux campagnes de dépistage, notamment des cancers du sein et du col de l’utérus ;
- due à l’androcentrisme de la société et de la médecine, comme l’illustrent les maladies cardiovasculaires, qui sont la première cause de mortalité des femmes, en particulier chez les plus précaires d’entre elles. Les femmes survivent moins que les hommes (43% des accidents cardiaques sont fatals chez les hommes et 55% chez les femmes), car elles sont prises en charge plus tardivement. En effet, les symptômes spécifiques aux femmes sont mal connus par les professionnel.le.s de santé, les femmes elles-mêmes ou les éventuels témoins. Parmi les femmes, la mortalité est multipliée par 3 pour les catégories socio-professionnelles les plus défavorisées.

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