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EDF-GDF

GDF s’empare de Suez : ça sent le gaz !
GDF : Gestion de fortune
Economies d’énergie

(écrit le 23 septembre 2002)

Contre la privatisation de EDF-GDF

En moins d’un an, trois anciens services publics récemment privatisés ont, afin de survivre, demandé de l’argent à l’Etat britannique et l’ont obtenu.

En octobre 2001, l’opérateur ferroviaire Railtrack, contraint de déposer son bilan, était placé sous administration judiciaire. Trois mois plus tard, le gouvernement anglais annonçait un plan de rénovation du rail. En mars 2002, l’Etat anglais accordait un prêt à la société NATS qui gère le contrôle aérien. Lundi 9 septembre 2002 le principal opérateur de centrales nucléaires, la compagnie privée British Energy, au bord de la faillite, recevait du gouvernement anglais une garantie bancaire de 650 millions d’euros.

L’enchaînement des crises de ces trois sociétés privatisées et la seule issue qui s’offrait à elles - quémander l’argent public - ont forcément relancé le débat sur le bien-fondé de la privatisation des services publics.

C’est le moment que choisit le gouvernement français pour confirmer son intention de faire voter à l’Assemblée nationale la transformation de Gdf et d’Edf en sociétés anonymes. Malgré la chute continue de la Bourse, que les analystes mettent en parallèle avec le krach de 1929, le gouvernement français souhaite accélérer les privatisations, pour se conformer aux engagements pris par Jacques Chirac et Lionel Jospin au sommet de Barcelone (mars 2002).

Les Verts, dans un communiqué, s’opposent à toute ouverture du capital, prélude à la privatisation des deux entreprises publiques : « Comme l’a montré l’exemple de France Télécom, les usagers et les pouvoirs publics n’ont rien à gagner à l’introduction, même minoritaire, de capitaux privés car celle ci aboutit à la mise en question immédiate et irréversible des finalités de l’entreprise : la course à la « création de valeur », le développement de logiques commerciales, mettent en question les missions de service public »

Le bien fondé économique de cette initiative  , du point de vue des finances publiques, est hautement contestable, disent encore Les Verts : « en l’état actuel de sa valorisation, une mise sur le marché de 10% du capital d’Edf et Gdf ne rapporterait pas plus à l’Etat que la rémunération annuelle actuelle à laquelle il peut prétendre » [ndlr : peut-être, mais elle satisferait les demandes de l’Union Européenne !]

Les Verts estiment que l’introduction des grands groupes industriels et financiers dans le capital de EDF et GDF va rendre encore plus difficile la prise en compte d’objectifs fondamentaux : « la démocratisation, la transparence et la diversification du service public de l’énergie » . Le choix des actionnaires pressentis, Total et Suez, renforce ces inquiétudes.

A l’opposé des projets actuels, Les Verts suggèrent aux représentants des salariés, des consommateurs et aux pouvoirs publics, de créer les conditions du large débat public et contradictoire nécessaire sur :

– Les choix énergétiques, incluant la remise en question du choix nucléaire.

– Le rôle d’un service public de l’énergie, qui aurait pour mission essentielle de garantir la fourniture de ce droit fondamental à tous les citoyens et la préservation des ressources à long terme.

– Les modalités d’une participation des citoyens et des collectivités publiques à l’élaboration, la gestion et l’évaluation des politiques d’énergie.

– La politique internationale du groupe Edf-Gdf, dans le contexte des directives européennes d’ouverture à la concurrence.

(Les Verts, communiqué du 18 septembre 2002)


Ecrit le 3 décembre 2003

EDF-GDF : la facture au kilomètre

Partout en Europe
les libéraux privatisent les services publics,
alors qu’ils ne parviennent plus à dissimuler les catastrophes économiques et sociales qui en découlent.

La faillite du chemin de fer britannique ainsi que celle d’ENRON, entre autres, sont symptomatiques de ce désastre avec son lot de conséquences pour les populations. En France que dire des malheurs incommensurables de France Télécom et de Vivendi. ?

Un projet de loi transformant le statut d’EDF d’établissement public (à caractère industriel et commercial) en société anonyme, est en préparation pour une prochaine session parlementaire (initialement prévue pour la rentrée et reportée en début d’année 2004).

Le capital d’EDF serait alors ouvert au privé, qui viendra s’engraisser sur ce qui reste du secteur public.

Les usagers particuliers et les professionnels modestes paieront de fait plus cher leur énergie ce qui permettra d’offrir des tarifs privilégiés aux gros consommateurs seuls capables de tirer profit de la concurrence. C’est ce qui s’est produit partout où l’électricité a été libéralisée.

La rentabilité à court terme affaiblira l’investissement, la sécurité d’approvisionnement et l’indépendance nationale.

Des décisions ont été prises dans la discrétion la plus totale ; les villes de Paris et Lyon (villes gérées par le Parti Socialiste) ont vendu à Suez (lyonnaise des eaux) les 30% du capital de la CNR (Compagnie Nationale du Rhône, qui est propriétaire des barrages électriques sur le Rhône) qu’elles détenaient : une fois de plus, pour le Parti Socialiste, c’est vérité au pouvoir (rappelons-nous le sommet européen de Barcelone il y a un an !) et mensonge dans l’opposition (comment croire à son discours contre la privatisation après les décisions des maires de Paris et de Lyon ?)

Si ce processus de libéralisation, irréversible, et grave de conséquences pour l’avenir, n’est pas stoppé, il est à craindre qu’EDF comme GDF privatisés, ce sera une rentabilité maximum recherchée pour les actionnaires (L’eau en est l’exemple flagrant).

Avec comme conséquences :
– Une fourniture de moindre qualité au profit de la rentabilité. (L’actualité des coupures d’électricité, USA, Canada, Italie, Espagne et Angleterre en est l’exemple le plus marquant).
– De plus en plus de services payants notamment le dépannage 24/24 (depuis 3 ans +30% en Allemagne).
– La fin de la péréquation tarifaire (fin de tarification identique, quel que soit le lieu de fourniture). Facturation au km !
– L’emploi, l’environnement et la sécurité qui ne seront pas le souci premier des actionnaires.
– L’arrêt du développement nucléaire au profit des énergies fossiles (et donc d’avantage d’émission de CO²).
– Le retour de la dépendance énergétique vis à vis des Etats-Unis. ( Avec la mainmise des USA sur les ressources pétrolières, but inavoué de sa croisade en Irak).
– L’augmentation de nos impôts, du fait que l’Etat devra combler son manque à gagner. (en 2003, l’Etat a prélevé 315 millions d’Euros sur le bénéfice 2002 d’EDF et 514 millions à GDF).

Etes-vous prêts ?

Le peuple français est-il prêt à accepter de se priver de la maîtrise des derniers outils industriels performants qu’il a encore en sa possession ?

La performance de remise en état du réseau lors de la dernière tempête par un service privé, aurait-elle été la même ?

Allons nous continuer à accepter de nous faire dicter notre avenir par des libéraux, qu’ils soient de droite comme de gauche, pour satisfaire les seuls intérêts d’un capitalisme effréné ?

L’Europe ne nous oblige pas à privatiser !

Le MRC (mouvement républicain et citoyen) se prononce pour le maintien du service public du Gaz et de l’Electricité, assuré par GDF et EDF.

(communiqué du MRC)


Ecrit le 3 juin 2004 :

Voulez-vous vendre EDF ?

Le gouvernement projette d’ouvrir le capital d’EDF : le 15 juin 2004 doit avoir lieu, à l’Assemblée Nationale, le débat sur le projet de loi « relatif au service public de l’électricité et du gaz et aux entreprises électriques et gazières »

EDF appartient à la collectivité, c’est à chaque usager-citoyen de décider de son avenir. Devant le silence médiatique, les agents EDF tentent d’éclairer notre lanterne en posant trois questions :

1. Voulez-vous payer votre électricité plus cher ?

Privatiser EDF, c’est voir votre facture augmenter. La plupart des expériences de libéralisation le prouvent. François Roussely (Président d’EDF), a déclaré le 3 octobre 2003 dans le journal Les Echos : « Les prix de l’électricité devront sans doute augmenter en France [...] On ne peut pas avoir les tarifs du monopole avec la concurrence du marché ouvert ». Et dans le journal L’Expansion du mois de juin 2004, on peut lire un article intitulé « Pourquoi l’électricité va coûter plus cher » avec, pour chapeau, le paragraphe suivant : « Loin d’alléger notre facture, la libéralisation du secteur de l’énergie menée par Bruxelles risque de faire monter les prix ».Vous êtes prévenus !

Privatiser EDF, c’est voir vos impôts augmenter. Le contribuable financera les activités de long terme (renou-vellement des centrales, ...) non rentables pour les actionnaires

Votre facture augmentera. Une étude récente effectuée par l’Observatoire International des coûts Energétiques montre que globalement la libéralisation du secteur électrique est suivie par une augmentation des prix pour l’ensemble des consommateurs. Sur les 14 pays étudiés, 10 connaissent des hausses de prix (hors taxes) sur l’année 2002 allant de 0,9 % pour le Canada à 33 % pour la Finlande. Chez nos voisins allemands les prix ont augmenté de 16,5 % en 1 an. En France, alors qu’ils baissaient depuis près de 20 ans, les tarifs ont été augmentés de 1% en novembre 2001 puis de 3% récemment en juillet 2003 pour préparer la privatisation.

Ces fortes augmentations de prix s’expliquent mécaniquement par le fait que l’électricité n’est pas une marchandise classique : c’est un bien vital, non stockable si bien que le consommateur est prêt à payer très cher pour être livré immédiatement et n’a donc aucun pouvoir de négociation. La production et le transport de l’électricité exigent des infrastructures lourdes, et l’expérience montre que seuls quelques producteurs en place s’entendent pour maintenir des prix à un niveau suffisamment élevé et empêcher l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché. Les situations de concurrence réelle sont impossibles.

Vos impôts augmenteront. Si EDF est privatisée, elle déchargera sur l’Etat les responsabilités de long terme non rentables qu’elle assumait autrefois par ses bénéfices car aucun actionnaire n’acceptera de financer le coût de démantèlement des centrales électriques, le retraitement des déchets ou le renouvellement des centrales. Le contribuable devra alors assumer ces frais qui étaient compris autrefois dans sa facture d’électricité.

2. Voulez-vous vendre les centrales nucléaires ? A qui ?

Privatiser EDF, c’est mettre en danger la sûreté nucléaire et l’environnement. Une entreprise privée privilégie toujours la rentabilité et investit moins dans la sécurité

L’entretien des centrales nucléaires nécessite des investissements lourds et non rentables qu’une entreprise privée, sous la pression de son actionnariat, n’est pas motivée à réaliser. La multiplication des accidents après la privatisation du rail britannique nous alerte sur les dangers de la privatisation d’EDF en matière de sûreté nucléaire. C’est notre sécurité qui est en jeu.

Tandis que les ressources énergétiques de la planète s’épuisent, que des choix citoyens doivent être faits autour des énergies futures, vendre EDF, c’est abandonner aux actionnaires nos responsabilités en matière d’environnement.

Vendre les centrales nucléaires à des capitaux étrangers, c’est signer la fin de notre indépendance énergétique !

Privatiser EDF, c’est mettre en péril notre indépendance énergétique. Comment préserver l’indépendance énergétique de la France quand on sait que de nombreux fonds de pensions américains sont déjà prêts à investir dans le domaine de l’énergie ?

3. Etes-vous prêts pour les coupures d’électricité ? En Europe : les coupures sont de plus en plus fréquentes.

En juin dernier 6 millions d’Italiens ont été coupés. Deux semaines après le « blackout » new-yorkais de la mi-août, Londres a été plongée dans le noir. Fin septembre ce fut le tour du Danemark puis de toute l’Italie.

En Californie : les consommateurs ont dû investir dans les groupes électrogènes.... et l’état renationalise le secteur électrique

En Californie, les producteurs ont volontairement arrêté d’investir dans de nouveaux moyens de production pour faire monter les prix. De ce fait en un an, de juin 1999 à juin 2000, les prix ont été multipliés par quatre, puis les coupures d’électricité sont devenues fréquentes : les consommateurs ont dû investir dans des groupes électrogènes.

Aujourd’hui, la consommation d’électricité en Californie fait encore l’objet de rationnements tandis que l’Etat a du s’endetter de 9 milliards de dollars pour se substituer aux opérateurs.

EDF entreprise publique fonctionne bien et dégage des bénéfices pour la collectivité, contrairement à ce que laisse entendre le matraquage médiatique actuellement à l’œuvre.

Les tarifs offerts par EDF sont parmi les plus bas d’Europe sans subvention de l’Etat, tandis que la qualité de service est l’une des meilleures.

La privatisation d’EDF est à l’ordre du jour en France alors qu’en Californie on renationalise le secteur électrique, que partout aux États-Unis les processus de libéralisation sont gelés et que le Royaume-Uni réinjecte de l’argent public dans British Energy en faillite 6 ans après sa privatisation.

En fait, la privatisation d’EDF relève plus d’une décision dogmatique que rationnelle car cette privatisation risque de coûter très cher en termes financiers, politiques, écologiques et sociaux à la collectivité.


Ecrit le 30 juin 2004 :

Manifestations contre le projet de privatisation

Pitié pour la langouste

Je fais appel à votre générosité aujourd’hui, car j’ai entendu à la radio (FRANCE INTER pour ne pas la nommer) la plainte pathétique d’un homme victime de la barbarie de ses congénères. Il s’agissait du Baron Ernest-Antoine Seillière dont le domicile a été privé d’électricité, par la faute de CGTistes employés à l’EDF qui manifestent ainsi leur refus du progrès, c¹est à dire, de la privatisation de leur entreprise.

Imaginez le préjudice que subit Monsieur le Baron. La langouste dans son congélateur, le caviar dans son frigidaire, tout cela est périmé, bon à mettre à la poubelle. Une coupure d’électricité chez un pauvre sous prétexte qu’il n’a pas honoré sa facture, n’a pas le même impact : son frigidaire est vide. Mais, chez le Baron, c’est un véritable drame.

Je vous demande d¹exprimer votre soutien en m¹adressant vos chèques, afin que, dès ce soir, le Baron et sa Dame trouvent quelque chose dans leur assiette en porcelaine. Il y a urgence. Votre geste sera aussi une façon de dire « non » à la gabegie socialo-communiste en France.
PS : Pas de chèque accepté à moins de 200 euros (vous connaissez le prix de la langouste !)

Simone Boucel

Energie-sociale-EDF-GDF

LE MANS, 22 juin 2004 : Des agents EDF ont coupé le courant du château du sénateur et président du conseil général de la Sarthe UMP Roland du Luart, à Luart, à 30 km à l’est du Mans, pour protester contre le changement de statut de l’entreprise publique en projet. Une quarantaine de véhicules EDF avait fait le déplacement et c’est un électricien masqué qui a coupé le courant.

« Le château est alimenté en souterrain, ce qui a coûté une véritable fortune aux contribuables. Cette coupure entre complètement dans la philosophie de notre opération Robin des Bois », a justifié un délégué CGT. Cette opération consiste à rétablir l’électricité à de nombreuses familles démunies.

Disjoncteur n’est pas compteur

Par ailleurs des techniciens de Gironde ont entrepris de démonter le compteur d’un grand patron qui a une villa sur le bassin d’Arcachon. Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir une installation simplement équipée d’un disjoncteur, sans compteur pour enregistrer les consommations du domicile. Une équipe de France 3 présente sur les lieux a filmé l’événement mais à un plus haut niveau il y a eu un veto sur la diffusion de ce scoop.

Il y a de grands patrons qui savent dépenser sans compter.


Ecrit le 30 juin 2004 :

C’est en courant qu’on devient opposant

EDF : désinformation sur toute la ligne

Le personnel d’EDF et GDF est en lutte un peu partout dans le pays contre le projet de loi qui vise à transformer ces entreprises en sociétés anonymes, condition préalable à l’ouverture de leur capital, puis à leur privatisation. Le gouvernement répète à qui veut bien l’entendre qu’il n’est pas question de privatiser, que le service public sera préservé et fait mine de céder aux revendications du personnel en déclarant que le capital ne sera ouvert que dans un délai d’un an environ. En réalité, il s’agit là d’un pur effet d’annonce car ce délai est de toute manière techniquement nécessaire à la mise en œuvre de la loi.

L’assurance avec laquelle M. Sarkozy martèle ses déclarations (la même d’ailleurs qu’avait M. Strauss-Kahn à l’époque lorsqu’il jurait que France Télécom ne serait jamais privatisée ! ) en arrive à tromper une partie de la population qui pense maintenant que l’action du personnel a abouti. Il n’en est rien. Il faut insister sur le fait que c’est le passage d’EDF et GDF en sociétés anonymes qui représente le feu vert à la privatisation, puisque l’ouverture du capital se fait ensuite sans contrôle parlementaire.

On constate ainsi l’ampleur de la désinformation faite par les media et le gouvernement :
– L’ouverture du capital est présentée comme résultant des obligations européennes, alors que les Directives Européennes imposent l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence mais ne disent rien sur le statut des entreprises du secteur énergétique qui peuvent être publiques ou privées. Même si elle n’est pas obligatoire, l’ouverture du capital d’EDF et GDF, et à terme leur privatisation, relèvent bien de la même logique libérale qui consiste à réduire le plus possible le domaine du service public pour étendre celui du marché et de la recherche de profit.

Service Public ?

– Jamais n’est abordée dans les grands media la question essentielle du contenu d’un véritable service public de l’énergie : on nous parle de la nécessité de donner à EDF et GDF les moyens financiers de se développer dans le contexte concurrentiel, mais on se garde bien de discuter de la nature du développement dont aurait besoin le service public. De même, jamais n’est posée la question des choix énergétiques répondant aux besoins sociaux et environnementaux. Un débat parlementaire sur la question de l’orientation énergétique du pays a été bâclé en 3 jours, alors que la décision de lancer le palier nucléaire EPR avait déjà été officiellement annoncée.

– Jamais n’est dénoncée l’absurdité de la notion de « marché électrique européen » prônée par la Commission européenne, absurdité qui a été pourtant démontrée par des spécialistes peu susceptibles de penchants anti-libéraux comme François Soult (EDF, chronique d’un désastre inéluctable, Calmann-Levy), ou Marcel Boiteux, ancien Président d’EDF. Les lois de la physique (il se perd beaucoup d’électricité dans les lignes de transport), les obstacles géographiques (comment faire passer des lignes haute tension à travers les Pyrénées ou les Alpes) et écologiques (au nom de quoi les imposer à des populations qui les refusent), enfin les caractéristiques particulières de l’électricité (elle ne se stocke pas, la production doit donc à tout moment correspondre à la consommation appelée sur le réseau) sont autant de réalités qui rendent inconcevable un marché électrique européen.

Libérez l’énergie !

– Jamais n’est remise en cause cette marche forcée vers la libéralisation du secteur de l’énergie malgré les expériences très négatives dans les autres pays. Il a pourtant été prouvé que la concurrence non seulement ne fait pas baisser les prix mais entraîne des envolées spectaculaires. Le président d’EDF en est réduit à « s’engager formellement à ce que la hausse du kilowattheure ne soit que modérée ». On sait parfaitement que les investissements nécessaires pour garantir la production et le transport de l’électricité sont très lourds. Les opérateurs privés refusent de les réaliser car ils ne sont pas rentables sur le court terme et il n’y a pas de garanties de débouché au niveau des clients lorsque le secteur est ouvert à la concurrence. Des risques énormes de pannes, de coupures géantes et de pénurie d’électricité existent alors à cause du manque d’investissement mais aussi à cause du comportement des producteurs qui peuvent organiser la pénurie pour faire monter les prix. L’absurdité de tout ce processus est reconnue par beaucoup des technocrates qui travaillent à mettre en place cette libéralisation, et ceci quelle que soit leur appartenance politique.
On ne peut qu’être sidéré par le seul argument qui reste pour justifier la poursuite de la libéralisation : « c’est inéluctable, il faut s’adapter aux Directives européennes (l’argument suprême consistant à rappeler que la libéralisation fait l’unanimité puisqu’elle a été approuvée au sommet de Barcelone en mars 2002 conjointement par le Président de la république J. Chirac et le premier ministre L. Jospin), c’est le sens de l’histoire, il ne faut pas refuser la modernité ni en avoir peur ». Sont ainsi rangés dans le camp des archaïques ou des craintifs tous ceux qui dénoncent les dangers du processus de libéralisation du secteur de l’énergie.

Pour pouvoir peser sur le gouvernement et obtenir l’arrêt du processus de libéralisation, refuser la privatisation d’EDF et la dégradation du service public, il est indispensable que tous les citoyens soient informés de ces enjeux majeurs. Or les media dans leur grande majorité ne font pas cette information.(pas étonnant quand on sait qu’ils sont contrôlés à 70 % par des industriels privés !)

L’opinion publique est aujourd’hui dans sa majorité favorable à la lutte du personnel d’EDF, mais pour combien de temps ? Des attaques régulières contre les soi-disant privilèges exorbitants des agents EDF se multiplient sans aucune possibilité de démenti.

Il faut donc rétablir quelques vérités

L’Etat -donc le contribuable- n’a pas versé un euro à EDF depuis 22 ans, et c’est au contraire EDF qui chaque année verse à l’Etat une rémunération qui varie selon les années entre 300 millions et 1,3 milliards d’euros.

Les pensions des retraité-es d’EDF sont payées par les cotisations salariales d’EDF, sans contribution extérieure.

Au final, l’unique canal de prélèvement sur les usagers-citoyens se fait à travers leur facture d’électricité et de gaz : or le prix du kilowattheure en France est l’un des moins chers d’Europe !

Mais alors, si le service public est capable d’offrir aux usagers un kilowattheure très bon marché, s’il est capable non seulement de ne pas absorber des crédits publics mais au contraire de rémunérer l’Etat, et en même temps de donner à ses salariés des « avantages » ainsi que la garantie de l’emploi, c’est que son principe est bien supérieur à celui du marché, non ? Plutôt que vouloir remplacer le service public qui a prouvé son efficacité par le marché de l’énergie qui a montré son échec, ne doit-on pas exiger du gouvernement l’arrêt du processus en cours ? Et exiger la participation démocratique à la définition de la politique énergétique ?

Christiane Marty (extraits), ATTAC


Ecrit le 22 décembre 2004

Importante fuite de gaz à Châteaubriant

Il y avait en Loire-Atlantique onze points d’accueil physique pour les clients d’EDF-GDF, notamment à Châteaubriant et Blain. Les clients pouvaient venir consulter les techniciens sur une future installation ou modification. Ils pouvaient aussi venir expliquer leurs difficultés financières et obtenir un étalement de leurs paiements.

Eh bien c’est fini. EDF-GDF va créer à la place : 17 points-services : Châteaubriant, Blain, Nort sur Erdre, Nozay, Guémené et d’autres. Il s’agira d’un coin du bureau de Poste, qui sera équipé d’un présentoir pour les documents et d’un téléphone gratuit relié au centre d’appel EDF-GDF. Mais si on met l’EDF à la Poste, mettra-t-on la Poste à l’épicerie du coin ?

Le bureau de Châteaubriant,
situé 50 rue Jean Jaurès,
sera fermé. Il est situé à la place
de l’ancienne usine à gaz.
il a bénéficié de travaux récents
notamment pour l’accès
aux handicapés.

EDF-GDF va verser 450 € par an, pour chacun des bureaux de Poste, soit 7650 € dans l’année. Les Postiers n’auront pas un sou de plus, et aucune formation, ils ne sauront pas répondre aux questions éventuelles. En revanche EDF-GDF va supprimer 9 postes en Loire-Atlantique.

Explication : EDF-GDF est devenue société anonyme, elle va devoir réduire ses frais de 27 % d’ici 2007 afin de satisfaire les futurs actionnaires. Pour les agents EDF-GDF cela se traduit par des suppressions de postes. Pour les clients, il y aura augmentation du prix de l’énergie (on parle de + 25 % sur la facture EDF) et suppression des interlocuteurs directs.

Seuls les actionnaires seront gagnants dans l’affaire. Encore un pan du service public qui disparaît.

Tout ça pour une entreprise qui est rentable mais que les patrons souhaitent rendre encore plus appétissante pour des actionnaires.

(le point EDF-phone-PTT a été inauguré à Nozay le 22 décembre 2004)


Ecrit le 8 mars 2006 :

 GDF-SuEZ : ça sent le gaz !

Ou comment faire gober la privatisation
sous couvert de patriotisme

On avait l’habitude, autrefois, de dire « EDF-GDF » tant les deux sociétés paraissaient liées. Maintenant faudra-t-il dire « SUEZ-GDF » ? tandis que EDF s’inquiète ?

EDF, Electricité de France, est le n° 1 français de la production, de la commercialisation et de la distribution d’électricité.

EDF a annoncé le 23 février, des résultats en « haut de fourchette » : le bénéfice net a tout simplement doublé à 3,242 Milliards d’euros. Tiens ! on n’a pas noté une baisse des prix chez les consommateurs ....

GDF, Gaz de France est le 1er fournisseur de gaz naturel en France, le 2e en Europe avec 64 milliards de m3 vendus par an. Il compte 45 000 salariés. Et le résultat net 2005 est en hausse de près de 50 % par rapport à 2004. Tiens ... on n’a pas vu baisser le prix du gaz.

EDF et GDF ont été séparés en 2004. Mais il existe encore des liens étroits entre les deux sociétés : Electricité Gaz Distribution (EGD) est une direction commune à GDF et EDF. Elle emploie encore aujourd’hui quelque 56 000 agents et regroupe les métiers de la distribution communs aux deux entreprises : com-merciaux, agents qui interviennent pour les relevés de compteur ou les appels téléphoniques.

Et puis, le 25 février 2006, un samedi, le gouvernement annonce que GDF absorbe SUEZ.

SUEZ est spécialisé dans la production d’électricité et de gaz et dans les prestations de services associés. Il est le 6e opérateur en Europe avec 35 milliards de m3 vendus par an. Il compte 161 000 salariés.

Donc GDF absorbera SUEZ

Mais y avait-il urgence ? Selon le Canard Enchaîné les négociations entre SUEZ et GDF ont commencé il y a 9 mois. Mais il y avait un obstacle : l’Etat s’était engagé à rester actionnaire de GDF à, au moins, 70 % (en fait il en détenait 80,2 % )

Patriotisme

Ce que la loi a décidé, la loi peut le changer. Le Premier Ministre fait jouer le « patriotisme économique » et annonce, le samedi 25 février, la fusion SUEZ-GDF en prévoyant pour l’Etat une minorité de blocage, soit 34 à 35 % du capital (au lieu de 80,2 % actuellement). Les conseils d’administration des deux groupes approuvent ce rapprochement dès le samedi soir et se réunissent une nouvelle fois le dimanche soir pour préciser, cette fois, qui va juridiquement absorber l’autre.

Et c’est le petit (GDF, valeur boursière 29 milliards d’euros) qui est censé bouffer le gros (SUEZ, valeur boursière 43 milliards d’euros). Mais c’est le patron du gros, Gérard Mestrallet qui sera le PDG du groupe SUEZ-GDF. Celui-ci pèsera 52 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans l’électricité et le gaz, auxquels il faut ajouter 12 milliards dans l’eau, les ordures ménagères et l’environnement

Et voilà, le tour est joué, GDF est désormais privatisé. Suez va distribuer 1,25 milliards d’euros à ses actionnaires et il y aura échange d’actions : une action de Suez contre une action de GDF. Les actionnaires de GDF sont les grands gagnants : +3,9 % en valeur. Une sorte de prime pour les actionnaires de GDF.

EDF s’inquiète

Dans l’histoire, EDF s’inquiète, voyant naître un concurrent. Les deux entités, EDF d’un côté et SUEZ-GDF de l’autre, vont proposer du gaz et de l’électricité et la guerre sera sans merci à partir du 1er juillet 2007 qui verra la libéralisation totale du marché français de l’énergie.

VQue va-t-il advenir de l’entité de distribution commune à EDF et Gaz de France ? 56.000 salariés sont inquiets.

Une question bête : pourquoi avoir séparé EDF et GDF (en 2004) pour créer en 2006 un groupe SUEZ-GDF concurrent de EDF ?

Pourquoi ? Pourquoi ? parce que EDF-GDF était une société publique, et qu’il fallait la casser pour pri-va-ti-ser. Il n’est pas sûr du tout que le consommateur y gagne.

Europe ?

Le commissaire au Marché intérieur, Charlie McCreevy, a déclaré que l’intervention de l’Etat français est « conforme à la loi, mais non à l’esprit européen ». Peut-on craindre, de la part des autorités européennes, des demandes de compensation qui pourraient mener à une désintégration « économique » des réseaux du nouvel ensemble ? , ce qui viderait notamment Gaz de France des trois quarts de ses actifs !

Communiqué CGT

Le choix adopté par le gouvernement est porteur de risques inacceptables. Ériger un concurrent majeur, à dominante privée face à EDF, risque de déséquilibrer gravement l’entreprise publique EDF. De plus, la décision gouvernementale permettra à Suez de s’introduire rapi-dement dans le nucléaire en France, ce qui serait en rupture avec le principe de contrôle public de cette filière. N’est-ce pas Bouygues qui sentant l’opportunité déclare son intérêt pour Areva ?

Tout à l’opposé des déclarations gouvernementales cherchant à rassurer sur l’avenir de l’emploi, la Cgt a les plus grandes inquiétudes. Certaines filiales de Gaz de France et de Suez sont en concurrence d’où des risques de restructuration. Les services communs EDF-GDF sont à l’évidence menacés d’où l’inquiétude des 60 000 agents concernés. Le maintien dans le nouveau groupe Suez de la branche environnement est aux dires de la plupart des experts, hypothétique... Ce sont donc des milliers d’emplois qui sont menacés à Suez, à GDF et à EDF.

 Souvenirs...

« Dans la foulée de ce qu’a dit le Premier ministre, je redis qu’EDF et GDF ne seront pas privatisés » : propos de M. Nicolas Sarkozy à l’Assemblée nationale, 6 avril 2004. (Sarko était alors ministre de l’Economie, des Finances et de l’industrie)

« Je l’affirme parce que c’est un engagement du Gouvernement : EDF et Gaz de France ne seront pas privatisés. (...) Le Président de la République l’a rappelé solennellement lors du conseil des ministres au cours duquel fut adopté le projet. Mieux, le Gouvernement acceptera l’amendement du rapporteur prévoyant de porter de 50 % à 70 % le taux minimum de détention du capital d’EDF et de Gaz de France. » Propos de M. Nicolas Sarkozy à l’Assemblée nationale, 15 juin 2004.

Pour sa part, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a affirmé, au cours du Conseil des ministres du 15 mai 2004, qu’« EDF, qui exploite des centrales nucléaires, restera très durablement une entreprise publique détenue majoritairement par l’Etat ».

« Ces entreprises sont de grands services publics. Elles le resteront, ce qui signifie qu’elles ne seront pas privatisées.
 » (« Chirac : EDF et GDF ne seront pas privatisés », dépêche de l’Agence France Presse, 19 mai 2004)


Ecrit le 29 mars 2006 :

 GDF : Gestion De Fortune

Gaz de France (GDF) a réalisé en 2005 un bénéfice record de 1.743 millions euros contre 1.353 millions en 2004 (soit + 28,8 %). Les performances 2005 ont été obtenues en dépit d’une répercussion incomplète des coûts d’approvi-sionnement. Le groupe a indiqué que le manque à gagner totaliserait 750 millions d’euros à la date du 1er avril 2006.

L’endettement net est tombé à 2.993 millions contre 4.592 millions, soit un ratio d’endettement de 20% contre 41%.

Fort de cette situation, le groupe a décidé de verser un dividende de 0,68 euro par action, soit une hausse de 60% .

Hausse du gaz de 5,8% au 1er avril 2006

Consommateurs de gaz, préparez vos chéquiers. Le Ministère des Finances a donné son feu vert à une hausse moyenne de 5,4 % des tarifs (pour les particuliers) à partir du 1er avril prochain. Au total, votre facture aura bondi de 18% en cinq mois. Et vos salaires ?

La commission sur les tarifs propose une nouveauté : les tarifs du gaz ne seraient plus révisés tous les trimestres - ce qui provoque un psychodrame à chaque fois -, mais seulement une fois par an, le 1er juillet, à la veille des vacances - ce qui peut sembler plus discret.

Exclusif Capital.fr :

Le salaire du patron de GDF en 2006
Source : Capital.fr du 21/03/2006.

Le conseil d’administration GDF du 15 mars 2006 a fixé la rémunération de son patron. En 2006, Jean-François Cirelli touchera un salaire fixe de 310.000 euros bruts.

A cela s’ajoutera une partie variable d’un montant maximum de 125.000 euros, soit 40 % du salaire fixe. Cette prime dépendra des résultats de l’entreprise.

Si GDF dépasse les 2 milliards d’euros en 2006 (contre 1,743 en 2005), le président Cirelli sera récompensé : 50 000 € (pris sur les 125 000). Notons que le bénéfice net dépendra principalement des hausses de tarif du gaz domestique . Donc toute augmentation de tarif des usagers, conduit à une augmentation du salaire du patron. C’est ça la solidarité !
Un autre partie de la prime attribuée au patron dépendra des performances industrielles de l’entreprise, notamment des gains de productivité (les syndicats craignent que le patron de GDF, pour y arriver, joue sur une moindre progression salariale et sur la réduction de l’emploi dans l’entreprise).

Enfin le reste de la prime annuelle donnée au patron sera liée à « la perception par les marchés de la performance qualitative » du président de GDF. Traduction : cette dernière partie (37.500 euros maximum) sera proportionnelle à l’évolution du cours en Bourse.

(source : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2006-02-28-Privatisation-de-Gaz-de-France)

Voir par ailleurs


Ecrit le 24 mai 2006

 Economies d’énergie dans le logement

Le bain, c’est la douche froide !

Vendredi 19 mai 2006, dans les locaux du relais Accueil Proximité (RAP  ) du Grand Auverné, le colectif logement a organisé une journée « Economies d’énergie ». Le micro-ondes et la télévision : attention à la veilleuse ; les plaques électriques : éteindre avant la fin de la cuisson ; le réfrigérateur : 4 cm de givre c’est 2 fois plus d’électricité ; les robinets qui coulent ; le fer électrique trop longtemps branché .... ; les lampes pas éteintes, etc.

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Energie

On a appris aussi que les appareils électriques sont dotés, depuis 1995, d’une étiquette-énergie indiquant s’ils sont, ou non, économes en énergie. Et comme par hasard, les appareils les moins économes sont aussi les moins chers. ce qui fait que les ménages, à petits revenus, qui croient faire une bonne affaire, sont pénalisés au bout du compte !

Econocroc’h : un guide des petits gestes en économie d’énergie est disponible auprès de la Caisse d’Allocations Familiales ainsi que diverses indications sur les moyens d’éviter de trop dépenser.

Exemple d’étiquette-énergie


Ecrit le 21 juin 2006

  GDF : c’est niet

Dominique de Villepin et Thierry Breton ont eu beau s’efforcer (mercredi 14 juin) d’amadouer les députés UMP sur leur projet de fusion GDF-Suez en donnant des garanties sur le maintien des prix du gaz et en dramatisant l’enjeu, la majorité du groupe fait blocage, Un blocage sans précédent, révélateur de la défiance de la majorité envers le Premier ministre.

Le gouvernement se retrouve donc dans l’impasse : il doit arracher le feu vert du Parlement pour revenir sur la loi Sarkozy du 9 août 2004. Celle-ci interdit à l’Etat de descendre sous les 70% du capital de GDF (33% en cas de fusion avec Suez).

Dessin de Le placide


Ecrit le 26 mars 2008

 Chasse à courre à GDF

Tuyau, tuyau, tuyau !
Ferme ta gueule ! répondit l’écho

– GDF (Gaz de France), distribue du gaz.
– Le gaz passe par des tuyaux.
– Les tuyaux, qui étaient gérés autrefois par GDF, sont gérés maintenant par GRDF (Gaz réseau distribution France) quii est une filiale de GDF.
– GRDF loue ses tuyaux à GDF.

Ca va, vous suivez ?

Bon, voilà que GRDF va augmenter le prix de location de ses tuyaux. Du coup GDF va augmenter ses tarifs. On parle de + 1,5 % au 1er juillet 2008. Alors qu’on a déjà eu + 4 % au 1er janvier.
Sûr : ya d’l’eau dans l’gaz !

Gaz de France, qui doit fusionner avec Suez avant fin juin, a dégagé en 2007 un bénéfice record, supérieur aux attentes : 2.5 milliards d’euros, en hausse de 7.6 % en un an. Il propose +15 % à ses actionnaires. Youpi !!! Mais c’est pas pour nous.

Voir services publics

ERDF-Prouesse technique : couper la ligne sans couper le courant