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EDF-GDF , privatisation et surchauffe

(écrit le 1er octobre 2003)

 Surchauffe

Une gigantesque panne d’électricité a frappé, jeudi 14 août 2003, les Etats-Unis et le Canada, bloquant tout : le téléphone, le chauffage, le service d’eau, les transports en commun, et même la réservation des chambres d’hôtel (dont les portes s’ouvrent à l’aide d’une centrale électrique). Même chose le 28 septembre 2003 en Italie où pourtant Berlusconi avait dit que cela ne risquait pas d’arriver : 30 000 passagers bloqués dans 110 trains, des centaines de personnes coincées dans des ascenseurs ou sur des escaliers roulants ne roulant plus.

Vétusté

Les experts sont nombreux à pointer la vétusté des infrastructures américaines, résultat d’une privatisation fondée sur les profits à court terme du secteur privé. Un seul chiffre résume l’ampleur du problème : les Américains ont investi autant dans leur réseau de distribution que la Grande-Bretagne, pour une consommation dix fois supérieure.

« Le plus gros consommateur d’énergie du monde a construit des centrales de production mais ne s’est guère préoccupé de l’acheminement de l’électricité, car ce n’est pas une activité rentable. Qui plus est, les opérateurs privés qui se sont partagé un réseau privatisé ont peu d’intérêt à investir dans un domaine qui risquerait d’amener des concurrents dans leur zone d’activités. D’autant que leur unique objectif est le profit » dit l’éditorial du journal le Monde du 17 août 2003.

Le 28 août 2003, à leur tour des dizaines de milliers de Londoniens ont été contraints de prendre d’assaut bus et taxis pour rejoindre leur domicile, métros et trains étant immobilisés par une coupure d’électricité qui a affecté le sud de la capitale britannique. Des gares ferroviaires très importantes comme celles de Waterloo, Victoria ou encore London Bridge ont été quasiment bloquées.

Cette panne a prouvé la fragilité de certaines grandes infrastructures britanniques, notamment au niveau de Londres. « Cela ne provoque pas seulement des problèmes épouvantables pour un grand nombre de personnes, mais cela va également coûter des millions de livres », a affirmé Ken Livingstone, maire de Londres, qui a mis en cause « les sous-investissements » au sein de National Grid, la société gestionnaire du réseau de transport de l’électricité.

Privatisation

Les transports publics londoniens (métro, bus et trains régionaux), privatisés, sont notoirement saturés et vieillots, affectés par des pannes à répétition.

Mais il n’y a pas qu’en Angleterre, en Italie et aux USA. Selon l’Humanité du 19 septembre, les habitants de Chamaloc (canton de Die, dans la Drôme) ont subi le 29 août une panne d’électricité de 30 heures. Dans ce canton, là où il y avait naguère 8 salariés à « l’agence d’exploitation », il n’y en a plus que 2 , dont 1 à temps partiel. La panne du 29 août n’a pas pu être rapidement localisée et il a fallu faire appel à une entreprise privée pour faire les réparations.

Si, en France, l’électricité devait passer sous la loi d’un marché totalement dérégulé et perdre sa spécificité de service public, le pays connaîtrait, à terme, les mêmes problèmes que les USA.

Ces gigantesques pannes d’électricité tombent donc mal pour le gouvernement Raffarin qui souhaite « ouvrir le capital d’EDF » c’est-à-dire amorcer la privatisation ! (sur injonction des instances européennes).

Hausse des prix

La privatisation : c’est le remède miracle de l’Union Européenne et des gouvernements successifs (que ce soit Jospin ou Raffarin). Mais voilà que des économistes lancent un pavé dans la mare : le bureau d’expertise américain, NUS Consulting Group, (voir les Echos du 23 juillet et le Canard Enchaîné du 20 août) a analysé le prix de l’électricité dans 14 pays européens. Il révèle que 10 d’entre eux ont connu des hausses de prix (hors taxes) sur l’année 2002 allant de 0,9 % pour le Canada à 33 % pour la Finlande : « la dérégulation semble loin de garantir aux consommateurs une baisse des prix. Au contraire, elle se traduit souvent par des hausses répétées et parfois considérables ». voir plus loin

Un exemple : l’Allemagne : + 8,6 % en 2001, + 16,5 % en 2002 et encore + 3 % en 2003.

Ces fortes augmentations de prix s’expliquent mécaniquement par le fait que l’électricité n’est pas une marchandise classique : c’est un bien vital, non stockable, si bien que le consommateur est prêt à payer très cher pour être livré immédiatement et n’a donc aucun pouvoir de négociation.

La production et le transport de l’électricité exigent des infrastructures lourdes, et l’ex-périence montre que seuls quelques producteurs en place s’entendent pour maintenir des prix à un niveau suffisamment élevé et empêcher l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché.

En Californie, les producteurs ont volontairement arrêté d’investir dans de nouveaux moyens de production pour faire monter les prix. De fait en un an, de juin 1999 à juin 2000, les prix ont été multipliés par quatre, puis les coupures d’électricité sont devenues fréquentes : les consommateurs ont dû investir dans des groupes électrogènes. Aujourd’hui, la consommation d’électricité en Californie fait encore l’objet de rationnements tandis que l’Etat a dû s’endetter de 9 milliards de dollars pour se substituer aux opérateurs


 La mauvaise fée électricité
50 000 volts dans le corps

L’électricité ne manque pas pour tout le monde ! Selon The Washington Post, les détenus américains, dans 30 prisons d’Etat et dans tous les tribunaux fédéraux, sont munis d’une « ceinture de contrainte », bien que ce dispositif fasse l’objet d’une condamnation internationale. Fonctionnant avec des piles, et attachée à la taille, elle est télécommandée par un gardien qui peut envoyer une décharge jusqu’à 50 000 à 70 000 volts pendant 8 secondes dans l’organisme du détenu, ce qui lui enlève tout contrôle musculaire. C’est l’équivalent d’un violent passage à tabac.

Humiliation

Sous le choc électrique la plupart des gens s’effondrent en écumant, pris de convulsions. Certains défèquent ou urinent sous eux. La capacité de la ceinture à « humilier le porteur » est vantée comme un grand avantage dans la brochure de présentation d’un fabricant.

Récemment, un détenu qui, devant un tribunal, a voulu soulever un point de procédure, a ainsi été puni de son impudence : il refusait de se soumettre à un examen médical qui n’avait pas été prescrit par le tribunal et dont il n’avait pas pu discuter avec son avocat.

On voit ainsi à quelles extrémités nous en sommes arrivés. La violence de certaines personnes ne peut jamais légitimer la violence d’Etat, la violence judiciaire, la violence policière.

Rions quand même : au printemps dernier, des shérifs du Wisconsin (USA) ont voulu démontrer aux journalistes combien ces ceintures sont inoffensives, en envoyant une (petite) décharge électrique à l’un de leurs collègues. Le choc lui a valu un séjour à l’hôpital après qu’il se fut blessé en s’écroulant sur le sol !


Ecrit le 9 mars 2005 :

 Consommez ... et payez !

Houla la. Rendez vous compte ! Il a fait froid, d’accord, mais point tant que ça, point si longtemps, point si durement qu’il y a trente ou quarante ans. Mais sur les ondes est passé ce message alarmant, alarmiste : on a manqué d’électricité, nous les Français nous avons dû en acheter à l’Allemagne et à l’Espagne ! Et des citoyens ont eu, à tour de rôle, une coupure d’une demi-heure pour partager l’électricité.

Manquerions-nous d’électricité ?
Ou gaspillons-nous ?

Les dirigeants d’EDF, en vue de la privatisation, cherchent à démontrer qu’EDF a un marché en pleine expansion et qu’investir est susceptible de rapporter de bons dividendes. Pour les actionnaires, évidemment.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » a publié le 1er mars un dossier qui montre comment EDF fait augmenter délibéré-ment la consommation d’électricité en France, hélas avec succès : les records ont à nouveau été battus en 2005. Toutes les « cibles » sont visées, avec des documents spécialement étudiés : jeunes, couples, propriétaires, constructeurs de maisons, chefs d’entreprise, collectivités locales, etc

Il dénonce aussi CE QUE NE FAIT PAS EDF : en particulier la cogénération et la trigénération qui permettent respective-ment de récupérer du chaud (utile l’hiver) et du froid (utile en cas de canicule) en même temps que l’on produit de l’électricité

Le Réseau « Sortir du nucléaire » exige une DECISION de sortie rapide du nucléaire car, pour lui, « seule cette mesure permettra la mise en œuvre réelle des économies d’énergie et des énergies renouvelables »

Contact : Stéphane Lhomme 06.64.10.03.33

 Eclairage nocturne des bâtiments et sites

Même si le résultat peut être agréable à regarder, ce luxe absolument futile est choquant à une époque où l’énergie est un bien si précieux. Edf a mis en place un démarchage agressif des collectivités locales, jusqu’aux plus petites communes.

Cette dérive concerne aussi bien des grandes métropoles que des petites villes (il n’est que de voir la débauche de lumière à Châteaubriant)

 Chauffage électrique : l’accord du scandale

EDF a signé le 28 mai 2001 avec MISA premier groupement de constructeurs de maisons individuelles (dont Maisons Phénix, Maisons Familiales, Maisons Mamet), un accord pour imposer le chauffage électrique : MISA s’engage à équiper en chauffage Vivrelec 80% des maisons qu’il commercialise !

Les constructeurs de maisons y voient un avantage : le matériel de chauffage électrique est peu cher... à l’installation. Les acheteurs paieront moins cher leur maison... mais seront très vite perdants par rapport au chauffage au gaz. C’est absolument scandaleux.

Et la consommation d’électricité augmente ... augmente ...

 Création artificielle de nouveaux besoins avec les programmes Vivrelec et Promotelec

« Vous allez faire construire votre maison ou acheter un appartement neuf. Choisissez le confort Vivrelec (...) Réalisé dans les règles de l’art, votre installation est en fonction de vos besoins : prises électriques supplémentaires, ouverture automatisée des volets ou de la porte du garage... ». Sauf pour les personnes handicapées, avons-nous besoin d’une ouverture automatique des portes ? Sans compter que c’est ... rigolo ... quand ya des pannes de courant !

Incitations

Incitation à se doucher jusqu’à 8 minutes... à bas prix ! Il s’agit d’une véritable incitation à consommer de l’électricité mais aussi de l’eau :
« Une douche de 3 minutes à 40-45°C = 0,05 euro TTC et 0,20 euro TTC environ pour 8 minutes. Un bain à la même température (remplissage 6 à 12 minutes) équivaut à 0,26 euro TTC environ. »

Incitations visant les entreprises :
« Pour un chauffage sur mesure, EDF vous propose des solutions électriques de faible encombrement faciles à installer : aucun circuit de distribution d’eau, ni conduit d’évacuation des produits de combustion »

EDF publie à des millions d’exemplaires une gamme complète de dépliants et autres documents visant avec précisions toutes les « cibles » (Jeunes, couples, propriétaires, entreprises, etc...) pour faire croître la consommation électrique, allant jusqu’à créer de nouveaux « besoins »

Ces documents, bien entendu gratuits, sont disponibles dans toutes les agences EDF (là où il en reste !) ou peuvent être commandés en téléphonant à un numéro « Azur » (0 810 126 126) qui est carrément ouvert 24h/24 et 7 jours/7 ! Pour EDF, c’est toujours l’heure de la consommation électrique !

Citons par exemple :
– Le dépliant « Première installation » pour éduquer les jeunes à consommer le plus possible d’électricité.
– Les fiches thématiques « Chauffage électrique » et « Eau chaude électrique » . Sans commentaire.
– Les fiches produits pour installer les plus possibles d’appareils électriques dans les habitations : Le convecteur ; Le soufflant de salle de bains ; Le radiateur sèche-serviettes ; Le panneau rayonnant ; Le radiateur à accumulation ; Le plancher rayon- nant électrique ; Le plafond rayonnant ; Le plancher chauffant rafraîchissant ; Le ventilo-convecteur ; La ventilation mécanique contrôlée ; etc. Des tas de « bonnes raisons » pour consommer de l’électricité.

 Quand EDF s’arrange pour produire DEUX fois de l’électricité au lieu d’une...

Quand on produit de l’électricité, quel que soit le type de centrale (thermique, nucléaire), on produit aussi de la chaleur. Certains pays comme le Danemark récupèrent au maximum cette chaleur pour le chauffage. C’est la “cogénération”.

Il y a aussi la trigénération qui consiste à utiliser une partie de la chaleur issue d’une cogénération pour produire du froid. Utile en période de canicule.

En France, « grâce » au lobby nucléaire, on produit l’électricité en laissant s’échapper la chaleur, pour produire encore de l’électricité... pour le chauffage et la climatisation. EDF produit donc deux fois en électricité ce qui pourrait l’être en une seule fois. Avec un développement maximal de la cogénération et de la tri-génération, il serait possible d’éco-nomiser l’équivalent de 10 à 15 réacteurs nucléaires. C’est énorme !

Vu les distances entre les centrales nucléaires et les villes, il est quasiment impossible de transporter la chaleur jusqu’aux bassins de consommation. Objectif atteint pour EDF qui laisse donc échapper la chaleur (merci pour le réchauffement climatique et les rejets d’eau chaude dans les rivières), et produit à nouveau de l’électricité pour faire du chauffage électrique en ville ! Jackpot en terme de production et de consommation d’électricité.

Alternative : les centrales au gaz, avec co ou tri-génération, permettent de produire de l’électricité mais aussi de la chaleur et du froid. Le rendement global de cette filière est de 85 à 90% au lieu de 35 % pour le nucléaire.

De plus, les conséquences en terme de réchauffement climatique sont moindres avec les centrales co ou tri-génération qu’avec les centrales nucléaires !

Sachant qu’il est possible de réduire de 50% la consommation électrique du pays sans réduire le niveau de confort, qu’il est possible de développer massivement les énergies renouvelables, et que les centrales thermiques à co et tri-génération permettraient d’assurer une bonne part de la production, on voit vite que la sortie du nucléaire et la lutte contre l’effet de serre vont de pair et sont en fin de compte assez faciles à mettre en œuvre.

En revanche, ce serait un problème pour privatiser EDF car sa production et donc les bénéfices des actionnaires baisseraient substantiellement...

 Des résultats probants... pour EDF : Les records de consommation sans cesse battus !

– ► Alors que des progrès substantiels sont réalisés sur les matériaux de construction et sur les appareils électroménagers,
– ► alors que les discours, brochures, publicités vantent les économies d’énergie et l’efficacité énergétique,
– ► alors que pullulent les salons, assises et colloques sur le « développement durable »,

la réalité est tout autre : les méthodes d’EDF lui permettent de battre continuellement tous les records de consommation électrique.

« EDF est fier d’annoncer que le record de production et de consommation d’électricité a été une nouvelle fois pulvérisé en France » annonce l’entreprise. Faut-il en rire ou en pleurer ? EDF a ce jour là pulvérisé... le record d’hypocrisie !

 Conclusion du dossier

Réduire la consommation d’énergie...
...en sortant du nucléaire !

On nous dit souvent qu’il n’est pas possible de produire autant d’électricité avec les énergies renouvelables qu’avec le nucléaire... mais, justement, il ne faut surtout pas produire autant ! (Vive la décroissance soutenable !, dixit Lulu Topie)

Les pays riches, et particulièrement la France concernant l’électricité, peuvent réduire de 50 % leur consommation énergétique en particulier en généralisant l’utilisation des technologies les plus performantes. Et ceci sans même restreindre le niveau de confort.

Il faut commencer par interdire à EDF les pratiques quasiment mafieuses décrites dans ce document, mais aussi regagner du terrain, dans le sens inverse : supprimer toutes les consommations électriques inutiles, développer toutes les technologies qui permettent de produire du courant sans faire appel à la production centralisée : depuis des années, des maisons sont autonomes grâce à des panneaux solaires, des petites éoliennes, etc.

Hélas, malgré ses belles déclarations, le gouvernement diminue régulièrement le budget de l’Ademe, l’agence chargée de la mise en œuvre des économies d’énergie.

 Empreinte écologique

(1. NDLR) Vous pouvez vous aussi calculer votre empreinte écologique sur le site du WWF (www.wwf.fr). « A l’échelle d’une personne, l’empreinte écologique est une estimation de la superficie nécessaire pour répondre à l’ensemble de vos besoins en ressources naturelles. » Et vous serez surpris du nombre de planètes qu’il faudrait si tout le monde consommait comme nous, pauvres occidentaux. Il ne s’agit pas ici de culpabiliser mais d’informer pour agir, à condition qu’un grand nombre en ait envie !!!

Alternative. Ce que ne fait pas la France. Réduire la consommation d’électricité de 50% ou plus... pour le même confort

BedZED : le premier éco-village

En Angleterre, des promoteurs engagés dans le développement durable ont pour la première fois créé un village écologique pilote, sans recours aux énergies fossiles et sans rejet de CO². Une expérience passionnante qui, de la Suisse à l’Afrique du Sud, s’exporte déjà. A l’heure où, en France, on alerte de plus en plus les collectivités sur le changement climatique, une expérience pilote menée en Grande-Bretagne apporte la preuve que mettre en pratique le développement durable à l’échelle d’une ville est possible.

En 2000, un village écologique, comprenant 82 logements et 2 300 m2 de bureaux et commerces, a vu le jour dans la banlieue Sud de Londres, à Sutton. Surnommé Bedzed (pour Beddington Zero Energy Development), cet éco-village, unique en son genre, veut démontrer que « l’habitat peut être pensé et construit sans dégrader l’environnement ». BedZED, c’est toute la vie d’un village (construction des logements, besoins en ressources énergétiques, déplacements, activités professionnelles, vie sociale, gestion des déchets...) dont l’impact environnemental, économique et social a été pensé et évalué.

Le design des logements est pensé en terme d’efficience énergétique et de qualité de vie : isolation renforcée, ensoleillement maximum, terrasses et jardinet, système de ventilation avec récupération de la chaleur... Le recours aux énergies renouvelables et l’optimisation des ressources naturelles fait du projet BedZED un formidable exemple grandeur réelle de ce que peut
être l’usage raisonné en matière de ressources : récupération des eaux de pluie pour les toilettes, énergie électrique et thermique fournie par la biomasse (bois de récupération), la chaleur récupérée et les panneaux photo-voltaïques situés sur les façades. Cette électricité produite permet même de recharger à 100 % des véhicules électriques mis à la disposition en partage aux habitants. Les déplacements sont réduits, puisque des espaces de travail sont proposés, que des com-merces de proximité ont été créés, et qu’un système de livraison de produits frais provenant de la région existe.

Au final, cette rationalisation permet à BedZED de réduire de 50 % son empreinte écologique (1). Pour donner un ordre de grandeur, comparativement à des habitations classiques, le chauffage est réduit de 90 %, la consommation totale énergétique de 70 %, et le volume des déchets de 75 %.
Habitat durable « facile, abordable et attractif » (...) Plus de la moitié des logements ont été réservés pour des familles à faibles revenus, et les habitations ont été vendues à un prix égalant ceux du marché traditionnel, le surcoût de certaines installations étant comblé par les revenus fournis par les activités de commerces et de bureaux développés dans BedZED.

Le confort moderne n’est pas sacrifié, baignoire et non douche dans les salles de bain, four et cuisinières électriques, machine à laver individuelle... Le village est par ailleurs doté de lieux de vie communautaires : centre de santé, club sportif, terrain de jeux, garderie, cafés, restaurants...

BedZED a été primé en juillet 2000 par l’Institut Royal des Bâtisseurs et des Architectes (IRCA) et va servir d’inspiration au programme de logement prévu par le gouvernement anglais (1 million de logements sur 10 ans !). L’Afrique du Sud, la Chine ou encore le Portugal nouent des partenariats pour des programmes de construction.

Source : Novethic - 14 janvier 2004 -
www.novethic.fr


Ecrit le 21 juin 2006

  Electricité privatisée : prix en hausse de 48 %

Le public, c’est pas bien,
Le privé, c’est mieux.
La privatisation ouvrira aux consommateurs des facilités nouvelles

Tel est le discours véhiculé par les gouvernants de droite et les puissances d’argent, et relayé par la presse.

Mais on vient d’apprendre que la dérégulation a fait exploser les prix de l’électricité : en un an, la facture d’électricité des entreprises sur le marché dérégulé a fait un bond de 48%.

Au 1er avril 2006, une entreprise qui a opté pour un fournisseur autre qu’EDF paye son kilowatt 0,087 euro, ce qui place la France au 5e rang des pays les plus chers, derrière le Danemark, l’Italie, le Royaume Uni et les Pays-Bas. En revanche, au 1er avril 2006, le kilowatt ne coûtait que 0,0522 euro sur le marché régulé, où les tarifs sont fixés par l’Etat.

Selon l’étude menée par l’observatoire International des coûts énergétiques, N.U.S Consulting, partout, dans tous les pays industrialisés étudiés, la libéralisation du marché de l’électricité a abouti à de fortes hausses des prix, à deux chiffres (et jusqu’à 80,7 % en Angleterre)

D’après l’étude, les hausses s’expliquent par les augmentations des prix du pétrole et du gaz. Oui mais, en France, 80 % de la production est d’origine nucléaire ! Donc pas liée au prix du pétrole ! C’est pas nouveau

C’est-y que la concurrence jouerait à l’envers ? Les sociétés les moins chères s’alignant sur les plus chères ? Les particuliers peuvent légitimement s’interroger. Pour eux, l’ouverture à la concurrence sera totale le 1er juillet 2007.

ERDF-Prouesse technique : couper la ligne sans couper le courant

Concurrence organisée, les tarifs EDF vont augmenter