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Services publics : tucoz, tucoz ....


Ecrit le 19 septembre 2007

 Tucoz, tucoz !

So

Bientôt 5 mois que le Président est Président : un vrai candidat en campagne électorale. L’homme qui lui fait ses discours a du style et du souffle ... mais le souffle c’est du vent. Et sous la pommade des belles formules se cachent des menaces à peine voilées. Et des conceptions irréalistes.

Le dernier discours de Sarkozy, au sujet de la Fonction Publique, en est un bon exemple :

– La pommade : « Notre fonction publique est l’une des plus remarquables du monde par la qualité de ceux qui s’y engagent, par leur haut niveau de qualification, par leur moralité, et par leur professionnalisme ».

– Les menaces : la réduction des emplois publics, l’incitation à quitter la fonction publique en échange d’un pécule, la possibilité de choisir entre un statut de fonctionnaire et un contrat de droit privé, l’individualisation des rémunérations ... bref la suppression de tout statut public, statut qui a ses rigidités, c’est vrai, mais qui est aussi une protection des fonctionnaires contre l’arbitraire politique.

– Les conceptions irréalistes : « les heures supplémentaires doivent, comme dans le secteur privé, être mieux payées que les heures normales. Elles serviront par exemple à rémunérer les enseignants qui encadreront les enfants après la fin de la classe ... » . Mais qui dit heures supplémentaires dans la fonction publique, dit augmentation des dépenses de l’Etat. Alors même que N.Sarkozy souhaite les réduire.

Vive le privé ?

N.Sarkozy souhaite pousser les fonctionnaires vers le privé. Parce que le privé ce serait mieux que le public ? N.Sarkozy dit :
– « Il ne faut pas qu’entre la réalité que vous vivrez au quotidien et la représentation idéale que vous vous en faites la distance soit telle que la déception devienne fatale.
– Il ne faut pas que votre ardeur, se consume dans un enchevêtrement inextricable de règles et de procédures.
– Il ne faut pas que toute votre énergie s’épuise à essayer de lutter en vain contre le rouleau compresseur des logiques bureaucratiques.
– Il ne faut pas que vous soyez sans cesse confrontés à des exigences contradictoires qui finissent par vous décourager.
– Il ne faut pas que vous soyez démoralisés parce que votre travail ne serait pas reconnu, parce que vos efforts ne seraient pas récompensés ou parce que vous seriez tout simplement privés des moyens de remplir correctement votre mission »

Comme si ce n’était pas la même chose dans le privé !...

 Quel avenir pour la fonction publique ?

Pour le SNUI (syndicat national des impôts) les déclarations du Président de la République portent les germes d’un profond changement
de nature du service public.

Le SNUI n’a jamais cessé de plaider pour une fonction publique où les
fonctionnaires se sentent heureux, utiles, respectés et reconnus. Le SNUI
défend d’ailleurs de longue date un autre regard sur la fonction publique
et les fonctionnaires, l’utilité sociale et économique du service public,
et porte un certain nombre de demandes légitimes sur, par exemple, la
demande de reconnaissance des qualifications et l’amélioration des
conditions de vie au travail.

On ne peut laisser croire que la fonction publique et ses agents n’évoluent
pas. Pourquoi ? Parce que les changements ont été nombreux et souvent
difficiles au sein des administrations, tant au niveau de la gestion des
personnels qu’au niveau des services et des structures.

Mais la nature même du service public est incompatible avec la logique
d’individualisation des rémunérations et avec l’instauration de contrats
privés
.

En effet, l’objectif du service public est la recherche du bien
commun : est-il normal de rémunérer un agent en fonction d’indicateurs
portant, par exemple, sur le nombre de redressements fiscaux effectués ou

en fonction du nombre de personnes reçues, indépendamment de la qualité du
service rendu ? Non !

Est-il normal de créer deux catégories de personnels,
l’une privée (soumise à une incertitude et dont l’emploi dépend du bon
vouloir de l’Etat employeur) et l’autre publique (donc indépendante des
pressions politiques et garante de la neutralité du service public) qui
effectueront le même travail ? Non !

On devine aisément que la situation
plus précaire des uns conduirait à un alignement par le bas des droits
sociaux des autres... Mais surtout, cela conduirait à une implosion de la
nature même du service public.

Oui, le SNUI réclame un grand débat sur la fonction publique : mais
celui-ci ne doit pas être tronqué et doit tenir compte des spécificités
incontournables de la sphère publique.

Pourquoi ? Parce que l’accès de tous
à certains services, l’égalité de traitement et la satisfaction des besoins
sociaux ne peuvent être garantis dans le cadre d’une logique purement
comptable et marchande.


Note du 6 décembre 2007

 Sarkozy n’est pas un bon capitaliste : 150 millions d’euros, perdus

Nicolas Sarkozy a décidé de financer son plan de rénovation des campus universitaires en vendant une partie du capital d’EDF. Ayant appauvri l’Etat en décidant cet été de diminuer fortement les droits de successions et l’ISF puis en défiscalisant les heures supplémentaires, le président se voit en effet contraint de vendre les « bijoux de famille » de l’Etat pour financer les investissements publics.

En revanche, à ceux qui l’accusent d’être le président des patrons, il sera tentant de répondre que cette affaire montre que ce n’est pas le cas car il n’en a visiblement pas les compétences en matière de gestion.

Le B A BA, quand on souhaite céder un gros paquet d’actions, est de réaliser l’opération et de ne l’annoncer publiquement qu’une fois qu’elle est conclue. On évite ainsi tout mouvement de défiance des autres actionnaires qui, anticipant un afflux d’actions sur le marché et une forte baisse des cours, la déclenchent immanquablement en cherchant à vendre avant que le gros actionnaire ait commencé à se débarrasser de ses titres.

Nicolas Sarkozy, tout à sa logique médiatique, a claironné haut et fort qu’il allait vendre une partie d’EDF. Sans surprise, le cours d’EDF a baissé de 4,1 % dans les deux jours qui ont suivi. Au final, par rapport au cours qui prévalait le jour où la cession a été annoncée, ce sont plus de 150 millions d’euros qui ont été perdus pour les finances publiques.

Source : Alternatives économiques A propos de la vente d’actions EDF