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Mée-disances du 27 septembre 2017

Ecrit le 27 septembre 2017

 Une statue pour Kalachnikov

huffingtonpost.fr du 19/09 : Une imposante statue de l’ingénieur soviétique Mikhaïl Kalachnikov, inventeur du légendaire fusil d’assaut, décédé en décembre 2013, a été inaugurée à Moscou. La sculpture en métal de plus de 7 mètres de haut représente Mikhaïl Kalachnikov tenant dans les mains un AK-47, l’arme qu’il a conçue en 1947 et qui a depuis été produite à plus de 100 millions d’exemplaires dans le monde.

Kalachnikov « incarnait les meilleurs traits de l’Homme russe : un talent naturel extraordinaire, la simplicité, l’intégrité et l’organisation », a déclaré le ministre de la Culture, Vladimir Medinski, qualifiant le fusil d’assaut qu’il a inventé de « véritable marque culturelle de la Russie ».

Mikhaïl Kalachnikov est mort le 23 décembre 2013 à l’âge de 94 ans et a été enterré avec les honneurs dans un mémorial militaire près de Moscou en présence du président Vladimir Poutine et de nombreux autres hauts responsables russes.

Mikhaïl Kalachnikov n’a jamais touché d’argent sur la vente des millions de fusils portant son nom et utilisés par les armées de plus de 80 pays. L’entreprise Kalachnikov, en déclin au moment de la mort de son plus célèbre employé, a subi depuis une profonde modernisation sous la houlette des pouvoirs publics qui ont annoncé cette année céder la majorité du capital à des investisseurs privés. Elle a mis l’accent sur les exportations et sur l’amélioration de son image en ouvrant des boutiques proposant des produits dérivés.

 Couscous gate

Marianne.net du 18/09 : Qui a dit que le débat n’était pas ouvert au FN   ? Longtemps larvée, l’opposition entre souverai-nistes et identitaires se déchaîne depuis plusieurs jours… autour du « couscous gate ».

Revenons-en aux faits : mercredi 13 septembre, Florian Philippot et des proches du FN   dégustent un couscous dans un restaurant à Strasbourg. La jeune militante Kelly Betesh s’empresse d’immortaliser l’instant en publiant une photo des convives sur Twitter. La réaction de l’aile droite du Front national est épidermique : voilà Florian Philippot accusé d’être un traître à la solde de l’étranger, lui qui a osé consommer un plat de la gastronomie maghrébine. Le bras droit de Marine Le Pen, déjà fortement critiqué pour avoir fait adopter au parti d’extrême droite une ligne plus souverainiste et moins identitaire, est qualifié « d’infiltré », le selfie au couscous de Strasbourg étant une « énième provocation ».

D’autres estiment que les philippotistes sont « hors-sol », éloignés du terroir et de la tradition française « bien de chez nous ».
S’ensuit un débat complètement surréaliste, durant lequel les proches de Florian Philippot combattent à la fois la stupidité des accusations qui leur sont portées… et le fond de ces critiques, en tentant de prouver que manger du couscous n’est pas une attitude de traître à la nation. « Nice n’était pas encore français que l’Algérie l’était déjà, plaide Amélie de la Rochère, assistante de Florian Philippot au Parlement européen. Le couscous est donc français depuis plus longtemps que la pissaladière ». CQFD.

Le motif de la querelle a beau être anecdotique, il est un révélateur supplémentaire de l’extrême tension qui règne au Front national : un plat de couscous monté en épingle pour ranimer un débat politique, voilà qui en dit long sur la fracture qui sépare souverainistes et identitaires dans le parti.

Florian Philippot s’est lui fait plus radical sur France Inter : « Si mon parti, demain, n’est plus souverainiste, je n’ai plus rien à y faire », a-t-il menacé, avant finalement de quitter le FN  .

Ndlr : fais-moi du couscous, chérie…

Le Pen, Philippot : les couteaux sont tirés. Dessin : leplacide.com

 Obsolescence programmée

Lexpress.fr du 19/09 : C’est une première en France. Une association spécialisée vient de lancer des poursuites en justice contre plusieurs fabricants d’imprimantes. « L’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP) a déposé ce jour une plainte en obsolescence programmée et tromperie auprès du Procureur de la République de Nanterre », a-t-elle annoncé dans un communiqué, précisant viser l’américain HP Inc. ainsi que les japonais Canon, Brother et « en particulier » Epson. 
« Il s’agit de la première action judiciaire française sur le fondement du délit d’obsolescence programmée », dit HOP, accusant les fabricants concernés de raccourcir « délibérément » la durée de vie des imprimantes et des cartouches. 

La loi française sanctionne théoriquement depuis 2015 « l’obsolescence programmée », qui désigne la volonté supposée de certains industriels de fabriquer des produits à la durée de vie limitée. Mais, dès l’adoption de cette loi, les juristes soulignaient la difficulté à prouver une telle volonté, d’autant que la réalité de l’obsolescence programmée est loin de faire l’objet d’un consensus scientifique. Le Parlement européen a demandé à la Commission de légiférer sur le sujet, celle-ci restant évasive sur ses intentions. 

 Lafarge bétonne en Syrie

leFigaro.fr du 20/09 : Dans le cadre d’une enquête ouverte après une plainte de Bercy en octobre 2016, le groupe Lafarge a admis en mars dernier avoir « indirectement » financé des groupes armés en Syrie. Les auditions dévoilent les mécanismes qui ont conduit le cimentier - fusionné en 2015 avec le suisse Holcim -à vouloir coûte que coûte maintenir l’activité de son usine en 2013 et 2014, en plein conflit syrien. L’ancien directeur général adjoint opérationnel de Lafarge a notamment reconnu que le groupe s’est plié à une « économie de racket ».

La cimenterie est située à Jalabiya, à 150 kilomètres d’Alep. Elle avait été achetée en 2007 par le français Lafarge qui a ensuite mené trois ans de travaux pour un montant de 680 millions de dollars. Puis Lafarge a tout fait pour la maintenir en activité jusqu’en septembre 2014.

Le 29 juin 2014, l’organisation terroriste Etat islamique (EI) proclame l’instauration du « califat » et prend le contrôle d’un vaste territoire où se situe notamment l’usine de Lafarge. Mais le cimentier s’entête à vouloir rester en Syrie, quels qu’en soient les coûts. Ce même 29 juin, un cadre de cette usine de Lafarge a, selon Le Monde, « informé par mail ses supérieurs qu’il a pris rendez-vous avec un “responsable de l’Etat islamique” pour négocier la sécurité des employés du site »… Lafarge avait ainsi employé un intermédiaire pour obtenir de l’EI des laissez-passer pour ses employés aux check points.

Au total, le cimentier a versé plusieurs centaines de milliers d’euros à divers groupes armés, dont 20.000 euros par mois à l’EI. Toujours selon Le Monde, le groupe était en relation régulière entre 2011 et 2014 avec les autorités françaises qui avaient donné leur aval pour son maintien en Syrie.

Selon Christian Herrault, ancien directeur général adjoint opérationnel du groupe, le Quai d’Orsay aurait même recommandé à Lafarge de « tenir, que ça va se régler. Et il faut voir qu’on ne peut pas faire des allers-retours, on est ancrés et, si on quitte, d’autres viendront à notre place… ». Toutefois, les responsables de l’usine n’avaient pas informé les diplomates des rançons payées à l’Etat Islamique, souligne Le Monde.

La compromission de Lafarge dans le conflit syrien ne l’aura pas épargnée puisque l’organisation djihadiste avait fini par prendre le contrôle du site en septembre 2014.