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Plans a-sociaux (02)

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Octobre 2002

National libéralisme

Il fut un temps où les mots « capi-talisme », « impérialisme » faisaient partie du vocabulaire du Petit-Communiste-Français-illustré. On les disait passés de mode et nul ne croyait plus à l’existence d’un capitalisme sciemment destructeur d’emplois et à un impérialisme souhaitant étendre son empire sur la planète entière.

La crise économique que nous vivons depuis des mois, montre au contraire que ces mots recouvrent des réalités très profondes. Les plus grands économistes (non-communistes) ne cessent de disserter sur la façon de réformer le capitalisme, ce système où l’argent sert à faire des fortunes quitte à détruire des emplois par dizaines de milliers. Le capitalisme est redevenu un mot (et une notion) à la mode.

Et voilà que revient l’impérialisme, on pourrait même dire le national-impérialisme, non sans une arrière pensée sur le national-socialisme qui voulait, lui aussi, dominer le monde.

La stratégie nationale de sécurité telle qu’elle a été présentée le 20 septembre 2002 par George W. Bush est révélatrice d’une politique étrangère d’inspiration musclée - ne fût-ce que par l’autojustification du recours possible à des actions militaires préventives à l’encontre d’« Etats voyous »

Cynisme

Longuement développée sur une trentaine de pages, la nouvelle doctrine stratégique de l’administration américaine veut imposer partout « l’économie de marché » et le libre-échange « notamment dans le monde musulman », afin de s’assurer que « les conditions et les idéologies qui étayent le terrorisme ne trouvent de terreau dans aucune nation ».

On pourrait croire que Georges W Bush a enfin compris que le manque de démocratie, la misère, la faim, les inégalités croissantes, sont sources d’actes insensés, d’attentats-suicide, de « terrorisme »

Il n’en est rien. La politique américaine continue au contraire à imposer sa politique économique : il n’est que de voir comment le Sénat vient de voter le 11 septembre, à une écrasante majorité, une subvention de 6 milliards de dollars destinée aux agriculteurs américains victimes de la sécheresse, laquelle s’ajoute à la gigantesque enveloppe de 180 milliards de dollars octroyés, sur six ans, à ces mêmes paysans - les subsides les plus importants accordés au monde agricole depuis les années 1930 -, pour fermer ce secteur à la concurrence internationale (il en est de même d’ailleurs pour l’industrie sidérurgique américaine).

Selon le New York Times, Georges W. Bush estimait (il n’a pas osé le dire) que « les Etats-Unis ne doivent pas laisser une quelconque puissance étrangère rivaliser avec la suprématie qu’ils exercent depuis la chute de l’URSS ». Ce passage a été finalement retiré du discours mais le simple fait d’avoir songé à l’écrire rend perplexe sur cet impérialisme réservé aux USA.


Les actionnaires cocus....

La valeur du portefeuille des actionnaires-salariés a chuté en moyenne de 29% depuis le début de l’année et a été divisée par deux en deux ans, selon une enquête réalisée par le journal Le Monde auprès de 40 sociétés françaises cotées en bourse.

Le Monde rapproche cette baisse de celle de l’indice CAC 40, qui a chuté de 36% depuis le début de l’année, alors que la baisse avait déjà été importante en 2001.

Cette évolution globale masque des disparités importantes, même si les avoirs baissent dans 35 des 40 sociétés étudiées et n’augmentent que dans cinq.

La baisse est largement le fait de trois sociétés : Alcatel, Vivendi Universal et France Télécom, dont l’ensemble des 361.000 actionnaires-salariés ont vu leur patrimoine divisé par cinq en neuf mois.

Le plus spectaculaire est sans doute Alcatel, dont le portefeuille moyen des 50.000 actionnaires-salariés est passé de 6.325 euros fin 2001 à 885 euros le 2 octobre 2002 (- 86 %) relève Le Monde. Il était encore de 17.228 fin 2000.

Chez France Télécom, l’avoir boursier moyen des 144.000 actionnaires-salariés chute de 80,33 % et chez Vivendi Universal (167.000 personnes), il dégringole de 77,39 % en 2002.

Les actionnaires-salariés d’autres sociétés s’en sortent mieux. Outre ceux de Vinci, Schneider, Vallourec, TotalFinaElf, Danone et Air Liquide, dont le patrimoine boursier se maintient globalement, ceux de Renault, grâce au rebond du titre, ont vu leur avoir boursier progresser de 11,33%. Ceux de quelques sociétés hors CAC 40 tirent aussi leur épingle du jeu, à l’image d’Eiffage (+29%) ou Essilor International (+25%).

LA REPRISE s’éloigne en France

L’Insee révise la croissance à la baisse : il prévoit 1% en 2002, le plus faible taux depuis 9 ans, et 9,3 % de chômeurs en décembre. Le gouvernement tablait sur 1,2 % de croissance cette année, 2,5 % en 2003, ce qui semble inaccessible. Son plan d’aide à la création d’entreprises est attendu. Pour l’instant, au moins du côté des CES, c’est mal barré !