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Patrons

Page 599

(écrit le 22 janvier 2003)

Gouvernement, patronat : comme cul et chemise

Lu dans l’Humanité du 15 janvier 2003 : « Le premier ministre assistait pour la première fois à une assemblée générale du MEDEF (organisation patronale). Sans vergogne, le couple patronat-gouvernement s’est affiché devant toute la France. C’est insupportable. Ça l’est d’autant plus que ce même gouvernement entend passer outre le vote des salariés sur les retraites à EDF-GDF, qu’il soutient Air Lib comme la corde soutient le pendu, qu’il ignore les plans sociaux d’ACT, de Daewoo. »..

« Nul n’attend de Jean-Pierre Raffarin qu’il fustige le patronat au nom de la lutte des classes. Mais le premier ministre qui se pare volontiers de la tradition humaniste, devrait se souvenir que celle-ci a dans son cœur la notion de pacte social qui suppose l’égalité des sujets, patrons ou salariés et rejette tout partenariat privilégié avec une caste, une classe, une élite... »

Qu’un Ministre du Travail, ou un Ministre de l’Economie, aille à un congrès patronal, pourquoi pas ! Mais le Premier Ministre est censé représenter toute la France et a, de ce fait, obligation de réserve. Ce n’est pas sa place d’aller dans un congrès patronal : le MEDEF n’est pas, à ce qu’on sache, une institution représentative de la République !


« Générosité » orientée

Dans la revue ZURBAN Paris (qui est vendue sur Paris mais qui a été communiquée à La Mée par un de ses lecteurs), dans le numéro 121 du 18 au 25 décembre, en page 106, on trouve un placard publicitaire (10,5 x 13,7 cm) pour l’entreprise BICHE DE BERE où c’est écrit :

« A la demande de la fédération internationale des ligues des Droits de l’homme et à l’occasion du 54e anniversaire de la déclaration Universelle des Droits de l’homme, Nelly Biche de Béré a créé une série limitée de bijoux disponibles dans les points de ventes Biche de Béré. 50 % des ventes seront reversées à la fédération internationale des ligues des Droits de l’homme »

Nelly Biche de Béré, est une vieille « amie » de la Mée et de la CFDT pour les pratiques moyennâgeuses et répressives qu’elle a appliquées à son personnel, et qui lui ont valu de nombreux procès aux Prud’hommes, qu’elle a tous perdus, en particulier pour le licenciement d’un handicapé. Il est inadmissible que la FIDH ait marché dans cette combine. A moins qu’elle n’ait été trompée par de belles paroles .


Palace Parfums : Adieu, Adieu !

7 janvier 2003, au Journal télévisé de la 2, reportage sur une usine de parfumerie « Palace Parfums » de St Nicolas d’Allermont (Seine Maritime), que son patron a « déménagée » à pleins camions pendant les vacances de Noël pour délocaliser sa boîte au Maroc à l’insu de son personnel .La caméra montre l’usine, nettement plus dévastée que le MacDo de Millau. Les employés, largement aussi dévastés : n’ayant pas reçu de lettre de licenciement, ils ne pourront même pas être inscrits au chômage. Mais rien sur le nom du voleur (ah si c’était un Rom ou un jeune de banlieue, ou un bagagiste...). Rien qu’un mot du journaliste disant que « la Direction de l’usine n’a pas souhaité répondre à nos questions » (Si c’était un Yacine de quatorze ans dans un commissariat, on lui ferait rentrer ses souhaits dans la gorge à coup d’annuaire de téléphone...) .

Le lendemain, les caméras ont fini par retrouver le type, pas vraiment gêné, et il n’était pas à son coup d’essai, et il est possible que les licenciés soient indemnisés, grâce à une aide de l’Etat (ce salaud qui nous pique notre argent mais qu’on est bien content de trouver quand ça va mal.) Mais toujours pas de Sarkozy, toujours pas de menottes.

Oui, chiche que le bandit en col blanc ne verra jamais la couleur d’un commissariat, que Supersarko se fout bien de cette délinquance, lui dont le frère Guillaume réclame à cor et à cris le droit d’aller exploiter la main d’œuvre là où elle est la moins chère. On ne veut pas d’eux chez nous, mais on est ravi d’aller leur faire suer le burnous à domicile, à coup de bas salaires, d’horaires excessifs, d’hygiène et de protection proches du zéro.

P.M.Bourdaud


Mode in France

Dans Ouest-France du 17 janvier 2003, Charles Labelle, président de la Fédération française de la chaussure, explique sérieusement que « le mode in France va supplanter le made in France ». Les quelque 17 800 salariés, qui restent dans cette industrie, apprécient sûrement la qualité du jeu de mots et la réalité des choses : en 1992, 160 millions de paires de godasses étaient produites en France. Dix ans plus tard, il n’y en a plus que 77 millions. Et pourtant, dans ce secteur d’activité, les salaires des ouvriers (des femmes souvent) sont au ras du SMIC. Mais le SMIC et les charges sociales c’est encore trop. Il vaut mieux aller faire fabriquer dans les pays où les gens travaillent le double d’heures pour des clopinettes.

Cela n’empêche pas le ministre de l’industrie, Francis Mer, de déplorer le manque de créations d’entreprises en France. « Nous sommes mauvais » dit-il, dans la même page du même journal !


(écrit le 29 janvier 2003)

Raffarineux

Raffarin est allé déclarer son amour aux patrons du Medef. Sa déclaration est un beau poème, qu’il faut commenter vers par vers. Extraits :

« II faut faire aimer le travail aux jeunes. »
(en leur montrant à longueur d’émissions débiles qu’on peut s’enrichir simplement en montrant son c... dans un loft, en s’humiliant comme au Maillon faible, en ramassant des millions rien qu’à dire à Jean-Pierre Foucault la couleur du cheval blanc de Henri IV.)

« On ne fait pas assez d’efforts dans notre pays pour faire aimer le travail. »
(On n’en fait surtout aucun pour en donner).

« Il faut aussi faire partager le bonheur d’entreprendre, le bonheur d’investir, le bonheur d’être responsable, le bonheur de diriger, le bonheur d’entreprendre. SOURIEZ ! LE BONHEUR ! »
(Je vois d’ici le sourire et le bonheur des gens de Parfum des Champs - en fait, je vois surtout le sourire de ceux qui les ont laissés tomber et sont partis avec la caisse.)

« Il faut en finir avec les idéologies du XIXe siècle qui ont été des catastrophes et qui nous ont fait croire que le travail était aliénant. Le travail est une force épanouissante, une conquête de liberté. »
(Rires et sourires de tous ceux qui, pour gagner leur croûte, ne peuvent qu’accepter des conditions de plus en plus aliénantes : stress, accidents, harcèlement. Ces idéologies, qui aboutirent entre autres aux congés payés, à la Sécu, aux syndicats, furent effectivement des catastrophes. Pour les patrons.)

« C’est par le travail qu’on conquiert l’indépendance et l’économie. »
(Et quand t’es viré, ton indépendance et tes économies, t’as tout perdu !)

« Le travail, c’est le sel de la vie, un allié de l’homme, non pas un adversaire de la personne. »
(Le sel, à Métaleurop, c’était du plomb, ce plomb qui les a empoisonnés, a empoisonné leur terre qui ne vaut plus rien : chômeurs, et ruinés.)

« Qu’ils se battent pour ce qu’ils ont de plus cher : l’avenir de leur pays, l’avenir de leurs enfants. »
(L’avenir de leurs enfants, il est plombé, et sans jeu de mots ! Ce plomb atteint le cerveau : mais enfin, depuis quand les gosses de pauvres ont-il besoin d’un cerveau ? Réfléchir, c’est trop dangereux. Pour le Medef et pour ses valets)

Victor Hugo parlait de l’inspecteur Javert dans « Les Misérables » comme d’un salaud vertueux. L’avocat Paul Vergès, dans un livre autobiographique, parle de lui comme d’un salaud lumineux. Pour Raffarin, que faudrait-il dire ?.

PM.Bourdaud