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Mée-disances du 25 octobre 2017

Ecrit le 25 octobre 2017

 Le FMI veut taxer les riches

L’Obs du 13/10 : A la veille de son assemblée annuelle du 13 octobre, le Fonds monétaire international (FMI), dirigé par Christine Lagarde, lance un avertisse-ment : il faut taxer plus fortement les riches, car ce sont les inégalités, et non pas les impôts, qui pénalisent la croissance. « Au cours des trente dernières années, l’inégalité a augmenté dans de nombreux pays, en grande partie à cause des changements technologiques », pointe le FMI.

« Dans les économies avancées, les revenus des 1% les plus riches ont augmenté trois fois plus vite que ceux du reste de la population. »

Les recherches du FMI dans ce domaine montrent que la montée des inégalités présente des risques pour la durabilité de la croissance économique. Ce message, bien que largement adressé à tous les pays développés, a une résonance particulière aux Etats-Unis alors que l’administration Trump et les législateurs républicains prônent un plan fiscal qui, selon les critiques, exacerberait les inégalités de revenus en réduisant les impôts des Américains les plus riches.

Dans un discours à Harvard, Christine Lagarde a renouvelé cet appel à profiter de la reprise pour « créer une économie plus inclusive qui fonctionne pour tous ». Le FMI suggère donc un durcissement des règles sur les revenus du capital et les revenus des dividendes, ainsi que les taxes foncières, les impôts sur les successions et autres taxes sur les biens de luxe, l’énergie produite à partir de combustibles fossiles, l’alcool et le tabac afin de mieux redistribuer la richesse. L’institution ajoute : « De nombreux pays devraient s’attacher à réduire les possibilités de fraude et d’évasion fiscales. Les impôts sur la propriété immobilière sont à la fois équitables et efficaces. »

Le FMI suggère aussi de « mieux cibler les dépenses publiques consacrées aux catégories défavorisées afin d’améliorer l’accès à une éducation et à des soins de santé de qualité. Cela accroîtra aussi l’efficience globale ». Le rapport s’interroge enfin sur l’opportunité d’instaurer un revenu de base universel.

[Ndlr : A part ça, en France, les députés suppriment l’impôt sur la fortune. Cherchez l’erreur, M. Macron ...]

 Contrôle journalier

RTL et AFP du 18/10 : Le président du Medef, Pierre Gattaz, a estimé, le 17/10, qu’il fallait mieux contrôler les chômeurs dans leur recherche d’emploi. Il a évoqué la possibilité d’un « contrôle journalier ».

Une déclaration alors que Matignon a commencé à recevoir les partenaires sociaux au sujet de l’assurance chômage.

« L’assurance chômage est un outil indispensable pour sécuriser les salariés en transition mais il faut que le système soit incitatif à la reprise d’emploi et aide réellement à retrouver un emploi », a expliqué Gattaz lors d’une conférence de presse. « Il ne faut pas qu’il donne un confort fictif qui entraîne encore plus de difficultés quand il prend fin », a-t-il ajouté.

[Ndlr : on devrait créer de l’emploi en inventant les surveilleurs des chômeurs, et en inversant les rôles de temps en temps]

 En cavale

Lexpress.fr du 11/10 : L’occasion était trop belle. Deux détenus conviés à partager un déjeuner avec le pape lors de son dernier voyage à Bologne ont profité de ce rendez-vous pour disparaître dans la nature. Les deux Napolitains introuvables faisaient partie d’un groupe d’une vingtaine de détenus. Ils séjournaient dans une structure alternative à la prison et axée sur la réinsertion près de Modène, abritant des pensionnaires jugés socialement dangereux et des toxicomanes. Les versions divergent pour savoir si les deux hommes ont pris le temps ou non de déjeuner avec le pape argentin avant de fausser compagnie aux bénévoles qui les encadraient. 

Le pape François, très sensible à la situation des détenus, en rencontre régulièrement durant ses déplacements.

 Le prix d’un pet

Le Monde Magazine du 20/10 : Comme les députés français, les parlementaires allemands, peuvent interpeller les ministres sous la forme de «  petites requêtes » portant sur des sujets précis. Ces sujets peuvent être d’une grande variété, comme l’a démontré Sebastian Schlüsselburg, député Die Linke de Berlin. Le titre de sa requête, adressée au ministre de la justice de la capitale allemande, résume l’affaire : «  Condamné pour flatulence par la police de Berlin ». En février 2016, un homme se fait contrôler par la police dans une rue où subsiste un des derniers squats de Berlin. Lors du contrôle, l’homme se libère de ses gaz intestinaux. Outrage à agent public, s’insurge le policier. Neuf mois plus tard, l’auteur des vents reçoit une amende de 900 euros. Il conteste les faits. L’affaire passe au tribunal ; le juge le relaxe. Combien cette affaire a-t-elle coûté ? Voilà donc ce qu’a voulu savoir le député. Dans sa réponse, le ministère de la justice donne des informations très détaillées. Au total, vingt-trois fonctionnaires ont été mobilisés sur cette affaire : dix-sept au moment de l’interpellation, qui s’est prolongée pendant près de trois quarts d’heure, puis six aux différentes étapes de la procédure. Bilan en nombre d’heures travaillées : 17 heures et 13 minutes.

Conclusion : « La réponse du ministère montre que l’on est prêt à mobiliser des ressources considérables en personnel pour le suivi d’une affaire de rien du tout. Or la coalition rassemblant sociaux-démocrates, Die Linke et écologistes au pouvoir à Berlin depuis 2016 a pour souci « de renforcer nos moyens en personnel pour la police et la justice. Ces moyens doivent être affectés à la résolution de problèmes de sécurité sérieux », a estimé le député, dont la «  petite requête » aura au moins servi à «  calculer ce qu’un pet peut coûter au contribuable  ».

 Défense de la grivoiserie

Le Monde.fr du 21/10 : Christine Boutin, 73 ans, ancienne candidate à la présidentielle et pasionaria de la droite conservatrice et catholique, met fin à quarante ans de vie politique. « Je suis une femme comblée. Je suis fière de ces quarante années  », a déclaré l’ancienne ministre du logement de Nicolas Sarkozy (2007-2009), « Je suis heureuse de ne pas avoir renié mes convictions », a ajouté cette catholique pratiquante, en regrettant d’avoir été « ridiculisée, ringardisée ».

Christine Boutin a commenté la récente libération de la parole de femmes sur le harcèlement et les agressions sexuelles consécutive à l’affaire Weinstein. « Je ne pense pas que cette espèce de torrent de révélations soit nécessaire  », a-t-elle affirmé, évoquant un « dégueulis d’accusations ». «  La grivoiserie fait partie de l’identité française et j’aime bien la grivoiserie  », fait valoir Mme Boutin. En 2016 déjà, quand 17 anciennes ministres avaient dit «  stop  » au silence et à l’impunité autour d’histoires de harcèlement sexuel, Mme Boutin avait affirmé avoir « honte  » de ses consœurs, « qui laissent entendre que les hommes sont des obsédés  ».

Christine Boutin s’était fait connaître à l’Assemblée nationale en 1998 lors du débat sur le pacs, dont elle avait incarné l’opposition, parfois avec une Bible à la main. Elle s’était aussi engagée résolument contre le mariage homosexuel. Pour elle, le retrait de la politique active ne signifie « pas la fin de [son] intérêt pour la politique ». « Je n’abandonne pas mon rôle d’influence  », a-t-elle assuré. Lors de la présidentielle de 2017, C. Boutin avait appelé à voter en faveur de Marine Le Pen contre Emmanuel Macron. « Je ne le regrette pas », a-t-elle assumé.