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CMU : Couverture maladie universelle

Ecrit le 2 octobre 2002

 Un révélateur de mauvaise santé

Mise en place le 1er janvier 2000, la CMU (couverture maladie universelle) a permis à 4,3 millions de personnes (au niveau national), d’accéder à la couverture santé de base et à une couverture complémentaire. Ces personnes-là qui avaient de trop faibles ressources pour souscrire à une mutuelle ou à une assurance, devaient payer elles-mêmes les dépenses non couvertes par la Sécurité Sociale, ce qui les conduisait souvent à renoncer à se soigner.

42 % ont moins de 20 ans

Les personnes pauvres ont en moyenne un état de santé bien plus dégradé que celui de l’ensemble de la population. Un signe révélateur : au cours de l’année 2000 ces personnes ont eu une consommation médicale supérieure de 30 % (à âge égal) à celle des autres patients du régime général d’assurance maladie. La CMU permet notamment à beaucoup d’enfants et de jeunes, qui ne pouvaient le faire auparavant, de se soigner convenablement (42 % des bénéficiaires ont moins de 20 ans).

Mais la CMU reste fragile : le gouvernement Raffarin aurait envisagé de la réformer pour en limiter le coût. Revenir à l’ancien système (aide médicale gratuite) serait une régression : car l’aide médicale gratuite bénéficiait à moins de personnes que la CMU (25 % de moins) et son fonctionnement variait beaucoup d’un département à l’autre.

De même, le gouvernement Raffarin envisage de confier la gestion du RMI (revenu minimum d’insertion) aux départements, avec tous les risques d’inégalité de traitement que cela comporte.


Ecrit le 3 juin 2009

 Refus de soins

Dessin de Eliby 02 23 789

Les Sénateurs ont supprimé le testing. Ça devait leur faire peur. Bingo, le CISS l’a fait (Collectif Interassociatif sur la Santé).

Et les résultats ne sont pas brillants du côté des médecins qui se targuent pourtant de servir avant tout l’intérêt des patients : 50 % de refus de soins aux bénéficiaires de la CMU par les spécialistes parisiens, par exemple. Le principe constitutionnel de l’égal accès de tous aux soins en prend un coup, n’est-ce pas ?

Le CISS a aussi mené l’enquête dans les caisses primaires d’assurance maladie et montre qu’elles ne sont pratiquement jamais saisies des refus de soins. Preuve qu’il faut bien des mécanismes de protection contre les refus de soins.

Enfin, l’enquête a montré que les enfants de l’aide sociale à l’enfance, de droit bénéficiaires de la CMU et souvent déjà confrontés à des situations personnelles et familiales difficiles, rencontrent eux aussi des problèmes d’accès aux soins.

Nos responsables politiques n’ont donc aucune raison de renoncer à lutter contre les refus de soins, à moins de pêcher par indolence ou de céder aux pressions tous azimuts.

« Une autre enquête menée par un organisme public existe et est tenue secrète tant ses révélations confirment nos inquiétudes » dit encore le CISS.

« Au nom de la cohésion sociale, nous réclamons le rétablissement de toutes les dispositions en faveur de l’accès aux soins qui se trouvaient dans le texte initial du projet de loi « Hôpital, patients, santé, territoires ». Face à une réalité aussi problématique et crûment documentée, le législateur ne doit pas manquer l’occasion de démontrer son attachement à l’égalité d’accès aux soins, principe constitutionnel de la République. C’est elle qui est en jeu ».

Site : http://www.leciss.org/


Mée-disances du 3 juin 2009

 Sélection des patients

Mediscoop.net : l’association de patients Ciss, l’Union nationale des associations familiales et la Fédération nationale des accidentés du travail et handicapés ont dévoilé un nouveau « testing » auprès des médecins. L’expérience a consisté à demander par téléphone un rendez-vous auprès de 466 spécialistes de secteur 2, en précisant bénéficier de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU)

En contradiction avec la déontologie et la loi, 22% des médecins ont refusé de recevoir le demandeur, proposé un rendez-vous plus tard que pour un autre malade, refusé de pratiquer le tiers-payant ou demandé un dépassement d’honoraires (interdit en cas de CMU).
Le Figaro économie précise que « le taux de refus, nul chez les pneumologues, atteint 41% chez les psychiatres ». […]

L’Humanité souligne que Paris « arrive en tête avec 50% de refus toutes spécialités confondues. […] A l’inverse, des villes comme Bordeaux, Strasbourg, Toulouse ou Besançon semblent peu enclines à refuser des patients précaires ». Le Ciss est d’autant plus remonté que, selon [son président] Christian Saout, une enquête du Fonds CMU établit la réalité du refus de soins avec des « chiffres beaucoup plus alarmants », mais qu’elle ne sera rendue publique que le 30 juin. Soit après le vote de la loi Bachelot.