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La piéta des Mouffais

Ecrit le 1 novembre 2017

Une sculpture de Jean Fréour, en chêne, de 2,40 m de haut, à St Julien de Vouvantes, au lieu-dit « Les Mouffais » : ce monument votif de la guerre 39-45 est une commande de deux familles : Cosson-Navinel, réalisée en 1953. A l’origine, la piéta (Jean Fréour la sous-titre « calvaire ») était adossée à une croix en chêne de 7 mètres de hauteur (voir document ci-contre confié par l’abbé Brosseau). Trente ans plus tard le dos de la statue et la croix se dégradant, la croix fut démontée, et on fabriqua un abri pour protéger la statue ! Mais celui-ci s’avéra au fil des années peu efficace et subira plusieurs fois des dommages… [photo : le calvaire, tel qu’il était. On y aperçoit la statue]

La piéta des Mouffais refaite en 2006

Toujours est-il que la statue s’est dégradée inexorablement, plusieurs personnes se sont déplacées à son chevet, la dernière visite a eu lieu vers les années 1995 en présence du sculpteur et de plusieurs autorités « officielles » et de la presse locale ! sans grand résultat au dire même de Jean Fréour… On parle régulièrement d’une restau-ration, mais qui reste - comme souvent – un vœu pieux…

En raison du matériau utilisé, le chêne, soumis aux intempéries, il a été envisagé un temps de restaurer la statue qui serait alors déposée dans l’église de St Julien où existe un important musée lapidaire, et d’en faire une copie dans un matériau moderne défiant le temps, c’est ce dernier projet qui a été « porté » par les élèves de l’Ecole du Louvre, qui ont même dressé un dossier de restauration argumenté et financé, mais qui a été abandonné au profit de la Vierge Hanchée de l’église de Béré. Cette Vierge du XVe siècle présente certes un réel intérêt mais elle n’est pas en perditon, contrairement à la statue de Jean Fréour qui est irrémédiablement condamnée.

C’est d’ailleurs ce qu’a pensé le sculpteur qui réalisa en 2006 une copie en chêne de 1,40 m en bas relief et qui me confia désabusé, lors d’une visite la même année à son atelier «  j’ai repris l’idée, comme « l’autre » est en ruine et pour en garder le souvenir, et puis j’avais un beau morceau de bois en chêne... ».

Il est regrettable que rien n’ait pu aboutir pour sauver cette œuvre majeure d’un artiste âgé alors de 34 ans. A cette époque Jean Fréour habitait Issé, époque heureuse et féconde puisqu’en 13 ans il réalisa 195 œuvres dont une grande partie dans le pays castelbriantais dont le splendide calvaire en schiste de Créviac à Nozay en 1946.

La présence dans notre région d’un artiste d’aussi grande valeur mériterait bien qu’un hommage lui soit rendu, cela a été tenté...
mais ceci est une autre histoire.
Texte et photos de Gilbert Massard

Lire aussi un très bel article : Jean Fréour ou 60 ans de sculpture de Bernard Lebeau (bull. de la S Archéol.d’Ille et Vilaine 1997)

Voir quelques œuvres :
voir le site j-freour

et le livre Sculpture : Nus et bustes (Prix du Bois des Dons) 1982
de Jean Fréour et Jacques Raux.