Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Texte seul |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Châteaubriant > Défendons la langue française > Légende

Légende

Ecrit le 10 janvier 2017

LEGENDE

Le mot légende fait partie de la famille du verbe lire (en latin, legere) : legenda signifie « ce qui doit être lu ».
Au sens premier du terme, il fait partie du vocabulaire religieux et désigne le récit de la vie du saint du jour, qui devait être lu dans les monastères avant le repas au réfectoire ainsi qu’à l’église lors du premier office (matines).
Très vite, la vie des saints a été enjolivée de merveilleux par l’imagination et la piété populaire : une des plus célèbres vies des saints est la légende de saint Nicolas, ressuscitant trois jeunes enfants qui avaient été hachés dans le saloir d’un boucher ! Le recueil le plus connu est « La légende dorée ».
Par métonymie*, le mot légende a ensuite désigné un ouvrage contenant ce genre de récits extraordinaires, puis par extension, un récit à caractère mer-veilleux qui s’appuie d’assez loin sur des faits « historiques » enjolivés de mer-veilleux comme La légende des Chevaliers de la table ronde, celle du Juif errant, du Cheval de Troie, de Faust et celle de la ville d’Ys qui fait écho au mythe des villes englouties.
Une grande collection de livres destinés aux enfants au début du XXe siècle portait le titre Contes et légendes : elle rassemblait des légendes et des contes de nombreux pays destinées à enrichir l’imaginaire des jeunes lecteurs.

Notons qu’un des recueils de poèmes les plus connus de Victor Hugo s’intitule La Légende des siècles (1859).

Légende est synonyme d’épopée quand elle raconte un fait historique embelli par l’imagination : ainsi la légende napo-léonienne fit de Napoléon 1er un héros puis un martyr et sa cause se confondit avec celle de la Révolution.
De son vivant, Beethoven fut livré à la légende à cause de sa destinée exceptionnelle : son histoire fut remplie d’éléments romanesques.
Et on qualifie maintenant de légende vivante une personnalité qui marque son temps dans le domaine -culturel ou sportif - où elle excelle.
Dans un sens péjoratif, on dit à propos d’un récit inexact que « ce n’est qu’une légende » ( le mot prend alors le sens de racontar, de fable mensongère ).

En musique, une légende est une pièce instrumentale ayant justement pour thème une légende comme par exemple Légendes pour piano de Liszt ou Légende, titre d’un des mouvements de la Fantaisie 17 de Schumann.

Dans un sens plus concret, une légende est aussi une inscription sur une médaille, un monument ou une pièce de monnaie .
Et c’est également un titre ou une note explicative accompagnant un dessin, une caricature, une image, un croquis. A l’inverse, on voit quelquefois l’indication « sans légende » sur un croquis humoristique pour signaler qu’il se passe de commentaire !

Enfin le mot légende désigne l’ensemble des explications nécessaires à la com-préhension d’un plan ou d’une carte ; cela a donné naissance au verbe légender (= accompagner de notices explicatives un dessin, une carte).

* la métonymie est une figure de style très courante : ici le mot désigne le recueil qui contient des légendes c’est-à-dire non le « contenu » mais le « contenant », comme dans l’expression boire un verre (on boit le contenu du verre et non le verre, qui est le contenant).

DEVINETTE : Les mots Légion, Elégance et
Lecture font partie de la famille de légende : vrai ou faux ?

REPONSE à la DEVINETTE du dernier numéro de La Mée : c’est GEORGE SAND qui a écrit La petite fadette en 1849. « Dans le pays*, on l’appelait la petite Fadette car elle avait la taille d’un farfadet et les pouvoirs d’une fée ».
*Il s’agit du Berry, pays de la grand-mère paternelle de George Sand.
Elisabeth Catala Blondel