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Deux « patrons-stagiaires » à la tête de RBL

Ecrit le 31 janvier 2018

Nicolas Masson et Ronan Jaunault, deux nouveaux noms dans le paysage industriel de Châteaubriant.

Jacques le Bouler, PDG de RBL Plastiques, 63 ans, a souhaité céder l’entreprise à des gens plus jeunes, capables d’apporter un autre développement. Mais il a posé trois conditions :
- laisser à des gens compétents
- conserver le centre de décision à Châteaubriant
- ne pas risquer un démantèlement de l’entreprise et ne pas créer de bouleversement pour les salariés.

Il y a trois ans, avec l’aide d’un cabinet spécialisé, en frappant à la porte d’entreprises de plasturgie, il s’est donc mis en quête. Ce qui n’était pas très difficile pour lui car, Président de Plasti-Ouest, il connaissait beaucoup de monde. Il connaissait en particulier Nicolas Masson qui, lui, était directeur de Plasti-Ouest.

«  La plasturgie, c’est ma passion » dit Nicolas Masson qui, très jeune, travaillait déjà dans ce domaine pendant ses vacances scolaires et qui, tout naturellement, a trouvé un emploi plus tard comme opérateur à la Française de Plasturgie. Là, à côté de ce métier qu’il aime, il a découvert autre chose : l’animation d’une organisation professionnelle représentative des entreprises de la Plasturgie et des Composites pour les territoires du Grand Ouest. Il en est devenu le délégué général et, en 2014, Jacques Le Bouler est devenu Président de cet organisme.

En 2014, à l’occasion d’un déplacement vers un salon dans le sud de la France, Jacques Le Bouler et Nicolas Masson ont eu l’occasion de faire plus ample connaissance. « Je connaissais RBL » dit Nicolas, « son dynamisme, son marché, ses forces, ses faiblesses et ses 350 clients » «  mais je n’avais pas envisagé de laisser un poste de salarié pour devenir patron !  ». Et puis l’idée a fait son chemin…

Dans le même temps, Nicolas Masson avait travaillé avec Ronan Jaunault. Celui-ci était professeur de plasturgie dans l’Education Nationale et dirigeait le département Sciences et Génie des matériaux de l’IUT de St Brieuc. « Le projet RBL a mûri petit à petit. Nous avons beaucoup réfléchi, nous avons consulté des chefs d’entreprise qui nous ont aidés à évaluer le capital humain, et les perspectives de développement, avant d’aborder les éléments financiers ».

Pour la partie financière, Nicolas et Ronan ont souhaité associer les quatre cadres de l’entreprise : ceux-ci ont été contents de voir que leur rôle est reconnu et ont accepté de prendre des risques dans cette affaire. «  Nous sommes ensuite allés voir le fonds « Transmettre et Pérenniser » qui nous a aidés par un prêt et des indications pour le montage financier. Jacques La Bouler reste au capital de l’entreprise, ce qui pour nous est un geste de confiance. Et puis nous avons emprunté la somme nécessaire ».

Ronan, Jacques et Nicolas

Ainsi, après trois ans de réflexion, Nicolas et Ronan se sont officiellement déclarés, en mars 2017, candidats à la reprise de RBL. Jacques Le Bouler a étudié les trois autres propositions et, en juillet 2017, a choisi de poursuivre l’aventure avec Nicolas Masson et Ronan Jaunault. Tous les actes nécessaires ont été signés le 20 décembre 2017. Pendant toute la période de gestation, le personnel de l’entreprise se posait des questions … « Je leur disais que ce serait un non-événement, que je ne voulais faire n’importe quoi  » répondait J. Le Bouler.

 Patron-stagiaire

« Le 21 décembre 2017, je suis arrivé avec ma voiture sur le parking de l’entreprise. Je n’ai pas osé prendre l’une des places réservées à la Direction » dit Nicolas Masson. « Nous avons rencontré le Comité d’Entreprise qui n’a émis aucune réserve. Nous avons rencontré les salariés qui ont été rassurés par notre expérience professionnelle et humaine. Nous avons vu des salariés souriants, pleins de bienveillance à notre égard, qui nous ont dit : bravo et bienvenue ».

Depuis le 21 décembre 2017, la page est donc tournée. Pas tout à fait puisque J. le Bouler reste encore trois mois pour assurer le passage. «  Et nous, nous sommes patrons-stagiaires, nous cherchons à connaître l’entreprise dans son intimité, à connaître les salariés et les clients, à apprendre les processus, de la commande jusqu’à la réalisation ».

Nicolas et Ronan se partagent le travail. Nicolas se définit comme un « producteur d’enthousiasme, un agitateur d’idées  », il s’occupera du développement économique de l’entreprise et surtout de la partie commerciale. Ronan, plus méthodique, s’occupera du développement industriel. Les deux patrons ont à la fois des connaissances en plasturgie et des capacités de direction d’équipe.

Nicolas et Ronan ont de grandes ambitions pour RBL et souhaitent développer notamment sa filiale Cofrelec. Ils mettent l’accent sur la qualité des produits, sur la qualité des services, sur la poursuite de l’innovation. Pour trouver de nouveaux clients, de nouvelles idées, ils n’hésitent pas à faire « le pied de grue » c’est-à-dire à consulter, sur les panneaux qui y sont apposés, la liste des entreprises concernées par un chantier.

 Former – embaucher

Et pour tout cela, il faudra embaucher ! «  Nous cherchons des gens ayant un minimum de connaissances de mécanique de base, prêtes à se former en plasturgie. S’ils ont du bon sens et de la logique, s’ils ont du savoir-être, nous pouvons apporter du savoir-faire  » disent-ils.

Dans l’immédiat, l’atelier de Ercé en LaMée recrute. Adresser CV à : rbl@rbl.fr

[D’après Emballagesmagazine] Les deux dirigeants arrivent alors que RBL Plastiques a procédé à d’importants investissements ces deux dernières années. En particulier, l’entreprise a accru de 3600 m2 sa surface pour atteindre un total de 15000 m2 et s’est dotée de quatre nouveaux équipements de production, une thermoformeuse entièrement électrique et économe en énergie ; un robot d’usinage avec une hauteur spécifique du plan de travail pour prévenir les éventuels maux de dos des préparateurs et gagner en productivité. Et deux presses de découpe de 130 tonnes. Le plasturgiste porte également le projet de recherche collaboratif Composites 2020, colabellisé par les pôles de compétitivité EMC2 et Plastipolis, qui concerne le thermoformage de matériaux composites à matrice thermoplastique.

Spécialisé dans le thermoformage plastique sur mesure pour les marchés de l’agroalimentaire, de la cosmétique, de la santé et du transport, notamment, RBL Plastiques a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 17,8 millions d’euros avec un effectif de 136 salariés. RBL a créé un moule par jour en 2017, comme l’année précédente. Parmi ses réalisations, les lustres végétaux de la gare d’Angers Saint Laud en place depuis juillet dernier : une imposante forêt suspendue à plus de 5 mètres du sol.