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Accueil > Châteaubriant > Santé > EHPAD : malaise du personnel et des résidents

EHPAD : malaise du personnel et des résidents

Ecrit le 31 janvier 2018

L’union locale cgt et le collectif retraités de châteaubriant dans le cadre de l’appel à la grève de tous les EHPAD le mardi 30 janvier 2017 et à l’appel de toutes les organisations syndicales, invitent toute la population à participer au rassemblement devant l’EHPAD le mardi 30 janvier 2018 à 14h30, pour exiger du gouvernement qu’il réponde aux revendications des agents des EHPAD ,ainsi qu’aux résidents et à leurs familles :

- application d’un agent ou un salarié par résident,tel que prévu par le plan Solidarité Grand Age
- abrogation des dispositions législatives relatives à la réforme de la tarification des EHPAD
- arrêt des baisses de dotations
- amélioration des rémunérations, des perspectives professionnelles et de carrières, dans le cadre du statut et des conventions collectives nationales.


Ecrit le 31 janvier 2018

 Malaise à l’EHPAD

« 50 millions d’euros vont être donnés aux Agences régionales de santé pour qu’elles puissent accompagner au cas par cas, en fonction des difficultés, les Ehpad qui souffrent d’un manque de moyens », a déclaré jeudi 25 janvier la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn.

Une « broutille », un « pansement pour une jambe de bois » ont réagi les représentants des personnels des maisons de retraite médicalisées et des services à domicile, qui appellent depuis plusieurs semaines à la grève « dans tous les Ehpad » le 30 janvier.

« On a besoin de dire qu’on est cassés, usés ». Ce mouvement unitaire « inédit », regroupant CGT, CFDT, FO, Unsa, CFTC, CFE-CGC et SUD, avec le soutien de l’association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) et d’associations de retraités, prévoit des débrayages dans les établissements et des rassemblements dans toute la France, notamment à Châteaubriant

Un rassemblement aura lieu mardi 30 janvier 2018 14h30 devant la MAPA (Maison d’Accueil des Personnes âgées), entrée par le Parc de Radevormwald, en soutien au personnel et aux résidents qui souffrent de la dégradation des conditions de vie.


Ecrit le 07 Février 2018

 Urgences dans les EHPAD

EHPAD Etablissement d’Hébergement des Personnes Agées Dépendantes : de nombreuses personnes se sont déplacées pour soutenir les grévistes, y compris quelques maires. Certains n’ayant pas l’habitude se trouver sous des drapeaux CGT ou CFDT !

Laurence Galisson

Laurence Galisson, pour la CFDT, a déclaré : Merci aux directeurs d‘hôpitaux d‘avoir lancé le mouvement, nous espérons qu‘il aura une répercussion à la hauteur de l‘urgence.

Les soignants alertent depuis quelques années mais n’ont jamais été entendus. Au contraire les conditions de travail se sont dégradées, sans parler des moyens matériels. Il a fallu attendre que les conditions de vie des résidents soient indignes pour que nous soyons pris au sérieux, du moins on l’espère.

Notre ministre Agnès Buzyn a dit qu’il n y aura pas de suppression de poste, heureusement . Nous, nous voulons des créations de postes et en nombre suffisant, pas au compte goutte

Il y a deux mois. le 23 novembre, jour de l’inauguration de I’IRM, au centre hospitalier de Châteaubriant, un débrayage était organisé pour alerter les administrateurs présents de nos difficultés à maintenir une qualité de soins à la hauteur des besoins de la population. Nous alertions sur les impacts des convergences tarifaires sur les effectifs, sur les conditions de prises en soins des résidents dans les EHPAD. Enfin. nous alertions sur les politiques managériales induisant épuisement, dépression, troubles musculo- squelettiques, ras le bol.

En réponse. nous n‘avons obtenu que trop peu. Aussi les conditions de travail restent inchangées et la qualité de vie au travail est toujours aussi peu satisfaisante.

Est-ce normal ?

Est-ce normal que d‘être rappelé sur ses repos à son domicile ? Sommes-nous d’astreinte ? NON.

Est-ce normal, lorsque l‘on revient sur un repos, effectuer le remplacement d‘un collègue en arrêt, que ce jour ne nous soit rendu que parfois l’année suivante ?

Il n’est pas normal que l’ensemble des personnels ne puisse pas poser l’ensemble de ses congés sur son planning annuel. Cela démontre un manque d’effectifs par service.

Aujourd’hui nous faisons crédit de notre temps, de nos heures à l’établissement et cela engendre un coût direct à l’agent (frais de garde, de cantine, de déplacements…), CREDIT SANS INTERET, à 0%. ET SANS RECONNAISSANCE DE L’EFFORT CONSENTI.

Est-ce normal que, lorsqu’on fait des heures supplémentaires, ces heures ne soient pas reconnues ? Non, car on ne reste pas pour le plaisir mais simplement pour répondre à un besoin de service, donc tout n‘est pas « question d‘organisation ».

Le temps de la servitude EST REVOLU

Est-ce normal d‘être contractuel 4. 5, 6 ans et plus ? NON, car si les contrats sont renouvelés. c’est que l‘on reconnaît les qualités professionnelles des agents qui ont donc vocation à être stagiarisés. Les concours sont fumisterie.

Mais nous, soignants, nous sortons de ses murs, même si trop souvent nous n’arrivons plus à faire pleinement la coupure. Nos résidents, eux, ils y vivent 24 heures sur 24, sept jours sur 7, 365 jours par an. Quotidiennement les résidents subissent les coupes budgétaires de ces dernières années. Plusieurs postes transversaux ont été supprimés : aide-kiné, socio-esthéticienne, coiffeuse. Tous les ans bientôt, il y a des restructurations, des réorganisations de service, avec des suppressions de postes aide-soignante, infirmière , qui appauvrissent la qualité de prise en soins des résidents.

Je reprends les mots d‘un élu qui dénonce ces cadences effreinées demandées à nos aînés : marcher plus vite. manger plus vite. se laver et s’habiller plus vite. Mais comment faire plus vite pour compenser ce temps qui passe trop vite ?

Sans parler de ce robot en pharmacie qui a coûté 900 000 euros et supprimé des postes d’ infirmières et qui ne fonctionne toujours pas...

Je reprends donc nos interrogations lues il y a deux mois qui ne gênent que peu notre direction puisque aujourd’hui les effectifs restent inchangés.

◾ Est-ce vivre décemment que d‘avoir une douche ou un bain tous les 15 jours, 3 semaines ?
◾ Est-ce vivre décemment que de se voir imposer un rythme d’aide aux repas trop rapide en raison d’un nombre de soignants insuffisant ’ ?
◾ Est-ce normal que l‘entretien de la chambre soit assuré par certaines familles pour pallier le manque de temps du personnel ?
◾ Est-ce normal que, au travers d’un projet d’astreinte IDE de nuit (infirmière de nuit) sur le territoire, on n‘autorise plus une infirmière de proximité à intervenir sur l’EHPAD ?
NON car cela met les équipes en difficulté et le résident en attente de soins.

Nous avons obtenu un rendez vous avec l‘ARS   (Agence Régionale de Santé) en présence des conseils départementaux 44 et 49 et pensez bien que l’on va dénoncer nos difficultés. RESTONS SOLIDAIRES ET CONTINUONS CE COMBAT AFIN QUE SOIENT ALLOUES LES EFFECTIFS ADAPTES AUX BESOINS DES RÉSIDENTS.

Des familles ont manifesté leur soutien

Le soutien des familles

Au nom de l’intersyndicale qui, départementalement, soutenait le mouvement des EHPAD, Serge Adry a déclaré :

La situation des établissements d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes inquiète les milieux professionnels qui s’alarment à juste titre des effets sur la qualité du service, au détriment des résidents et des familles. Le « mécanisme de convergence » fait de beaucoup d’établissements privés lucratifs des gagnants et fait beaucoup de perdants parmi les établissements publics.

Aux sous effectifs unanimement reconnus s’ajoutent la suppression des emplois aidés, la baisse des dotations, autant de facteurs susceptibles de réduire le nombre de personnels au détriment de la qualité du service et du bien être des résidents. Ce n’est pas l’annonce de 50 millions d’euros, ce qui fait 80 euros par an et par résident, qui va faire changer la situation dans les EHPAD.

Les revendications du personnel sont légitimes : créations de places en EHPAD en rapport avec l’évolution de la démographie et de la demande, des structures publiques adaptées, dotées d’équipements performants, des effectifs qualifiés, bénéficiant des formations permanentes, correctement rémunérés et privilégiant la prévention et l’accompagnement de qualité et individualisé.

Nous ne demandons rien de plus que ce qui a été promis :
- un personnel par résident avec une revalorisation des salaires,
- des conditions de travail favorisant la sérénité de toutes et tous et la qualité d’accompagnement des résidents.
- Et un « reste à vivre » permettant au résident et son conjoint de vivre décemment.
La CGT de Châteaubriant, actifs et retraités, a toutes les raisons de s’associer à vos revendications.