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Agriculteurs et fonds européens

Ecrit en février 2000 ?

A quoi ça sert les fonds européens ? On se le demande bien ! Ca fait des articles dans les journaux, mais à part ça ?

Un tel euro-scepticisme n’est pas de mise, du moins auprès des agriculteurs dynamiques. La Maison Régionale de l’Agriculture a pu dresser un bilan éloquent :

Sur la période 1994-99, dans le cadre du programme structurel européen (objectif 5 b) : 47 900 000, 00 F ont été attribués à l’agriculture du Nord de la Loire-Atlantique, en trois secteurs :

Mesure 11

Mesure 11 : soutenir les entreprises agricoles dans leur adaptation, développer-maintenir un potentiel de compétitivité. Les dépenses globales se sont montées à 48,7 millions de francs ainsi financés :

– Les fonds européens 15,8 MF
– Les dépenses publiques 13,2 MF
– Les agriculteurs 19,7 MF

Mesure 12

Mesure 12 : développer la diversification et autres voies de développement. Les dépenses globales se sont montées à 13,4 millions de francs ainsi financés :

– Les fonds européens 3,8 MF
– Les dépenses publiques 2,9 MF
– Les agriculteurs 6,7 MF

Mesure 13

Mesure 13 : améliorer la qualité de l’environnement rural. Les dépenses globales se sont montées à 134,2 millions de francs ainsi financés :

– Les fonds européens 28,3 MF
– Les dépenses publiques 25,0 MF
– Les agriculteurs 80,9 MF

Faisons les comptes :

– 47,9 MF de fonds européens
– 41,1 MF de dépenses publiques
– 107,3 MF de dépenses privées
total 196,3 MF

En tout, ces actions au service de l’agriculture représentent 196,3 millions de francs en 6 ans, dont 45 % de subventions européennes et dépenses publiques.

Parmi les actions ainsi subventionnées on peut citer :

– le label « beurre CANA »
– la charte de qualité « Terroir de la Mée »
– la certification de la viande bovine
– le futur foirail de Châteaubriant
– le développement de la culture du blé noir
– la sensibilisation à l’agriculture biologique
– la mise en place des premiers contrats territoriaux d’exploitation
– la création de gîtes et chambres d’hôtes
– la valorisation des déjections animales
– un plan d’aménagement bocager
– l’intégration paysagère des sièges d’exploitation,
– l’étude de la maîtrise des crues de la Chère etc

Quand 5b devient 2

Pour la période 2000-2006, la région de Châteaubriant va bénéficier aussi de fonds européens, sauf qu’ils ne s’appelleront plus « Objectif 5b », mais « objectif 2 » ! Une cinquantaine d’acteurs du monde rural se sont réunis mardi 8 février 2000 pour faire des propositions aux élus, dans le cadre de la préparation de la « Charte de Pays ». Leurs propositions portent sur trois points :

les hommes . Il s’agit d’inciter des jeunes agriculteurs à s’installer sur des exploitations agricoles rendues disponibles par le départ à la retraite d’un exploitant. En même temps, il s’agit de promouvoir les métiers de l’agriculture, en développant l’emploi salarié (par exemple avec un groupement d’employeurs), et en confortant la place des femmes dans la création d’entreprises ou d’activités en milieu rural.

La question du remplacement des agriculteurs, pour leur permettre par exemple de partir en vacances, est aussi posée avec insistance (Des fonds européens pour permettre aux agriculteurs de partir en vacances ?) .

Toute une démarche de formation des exploitants et des salariés est envisagée, notamment dans le domaine des nouvelles technologies(internet).

2) les entreprises agricoles :

Les agriculteurs sont incités à aller plus loin dans l’élaboration de produits agricoles, à offrir de nouveaux services (vente directe, agrotourisme), à développer les filières biologiques et tous les signes de qualité type label.

3) L’espace rural.

Le programme le dit nettement : « il faut concilier agriculture performante et environnement » : pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement, conditions d’élimination des déchets et des boues, protection des ressources en eau, etc.

Bien faire, le faire savoir

Les projets 2000-2006 comportent en outre une part de « communication » pour contribuer à donner une bonne image du pays de Châteaubriant  , de ses productions, de ses paysages, de ses acteurs. C’est très important en particulier pour le développement touristique, mais aussi industriel, pourquoi pas ? Et cela pourrait se faire par des actions « urbain-rural », portes ouvertes, affichages, promotions.

Mais pour donner de soi une bonne image, il faut être sûr de soi : c’est pourquoi des actions sont envisagées sur la mémoire historique et l’identité agricole du territoire, dans une démarche de modernité (Théâtre , Vidéo, produits culturels).

En somme : pas de culture sans culture !

Pour toutes ces opérations « objectif 2 », de nouveaux fonds européens sont disponibles : aux agriculteurs de savoir déposer des projets de valeur leur permettant d’être subventionnés. La Maison de l’Agriculture à Châteaubriant est là pour les aider.

NDLR : « communication », « internet » sont désormais les mots incontournables qui doivent figurer dans tout programme moderne. Pourvu qu’on n’en arrive pas à l’e-saturation, ou, pire, à l’e-désillusion !


écrit en juin 2000

AG de la Chambre d’Agriculture

La Maison Régionale de l’Agriculture de Châteaubriant a tenu son assemblée générale le jeudi 15 juin 2000, sous la présidence de Marie-Noêlle ORAIN. Le rapport d’activités a donné l’image d’une organisation bien structurée, offrant de nombreux services aux agriculteurs de la région de Châteaubriant .

Les lois récentes (loi d’orientation agricole, adaptation de la politique agricole commune, loi d’aménagement du territoire) font qu’on n’en est plus depuis longtemps à « l’agriculture de papa » où chaque agriculteur faisait ce qu’il voulait dans son coin en fonction de l’air du temps. De plus en plus les chefs d’exploitations agricoles se veulent chefs d’entreprise qui doivent conduire leurs exploitations en tenant compte des évolutions techniques, économiques, financières et environnementales.

Projets territoriaux

La transmission des exploitations agricoles, l’installation de jeunes sont prioritaires : chaque commune a fait l’objet d’une étude particulière dans le but de maintenir l’emploi en agriculture, de renforcer l’accompagnement des jeunes qui s’installent.

L’emploi en agriculture, c’est aussi l’emploi de salariés. Quatre « groupements d’employeurs » ont été mis en place, permettant d’embaucher un même salarié agricole sur deux exploitations.

Du côté des agricultrices, la démarche « Dire son projet » s’est poursuivie, avec accompagnement et suivi des projets individuels et collectifs. C’est dans ce cadre que sont nés des gîtes ruraux et gîtes de groupe dans notre région, caractéristiques d’un « accueil à la ferme », ce qui ne peut qu’être bénéfique pour le tourisme   local et la promotion de notre région.

La promotion de la région, c’est aussi celle de ses produits : c’est ainsi qu’est né le groupement « Tradition bovine de Châteaubriant », pour la production d’une viande reconnue de qualité, en lien avec l’association de promotion de la viande. L’agrément européen a été obtenu, le test commercial a été lancé en mai 1999 et un stagiaire a été embauché pour développer les points de vente. Les adhérents ont participé à plusieurs animations commerciales, comme le raid « 2000 km pour l’an 2000 » qui a pris son envol, en ULM, le 19 juin 2000 vers Radevormwald.

En ce qui concerne la filière Autruches-Emeux, suite à la liquidation judiciaire de « France-Autruches », la Chambre d’Agriculture n’a pu que limiter les dégâts, en accompagnant, dans leurs projets de ré-orientation les agriculteurs ainsi mis en difficultés financières

La promotion de la région, c’est aussi la qualité de son environnement. L’opération « Le Don : l’eau, la vie » s’est poursuivie, avec modification de pratiques agricoles pour éviter les excédents de nitrates et le transfert des pesticides vers les eaux. Les bâtiments d’élevage ont été mis aux normes et des « contrats d’objectifs » ont été signés chez 226 agriculteurs

Pour tous ces projets, qui peuvent être individuels ou collectifs, la Maison Régionale d’Agriculture de Châteaubriant a conduit 10 sessions spécifiques de formation continue, et 6 réunions d’information en 1999. La présence de la ferme expérimentale de Derval, la lettre « Initiatives » et le réseau « Rosace » ont largement contribué à l’information des agriculteurs.

Programmes européens

Les programmes européens « 5 b » et « Leader » ont largement profité aux agriculteurs qui ont reçu des subventions pour des investissements matériels en agriculture biologique, pour la valorisation des déjections animales, pour les plans d’aménagements bocagers, pour des ateliers de vente directe (charcuterie à la ferme, chambres de conservation, découpe de viande).

Les fonds européens sont venus aussi conforter les filières de production : label beurre, charte de qualité des « Terroirs de la Mée », certification bovine, foirail de Châteaubriant. On assiste même à la renaissance d’une activité ancienne : la culture du sarrasin qui sert à faire les bonnes galettes.

Accompagnement des collectivités locales

La Maison Régionale de l’Agriculture de Châteaubriant a pris sa part dans la réflexion des élus locaux sur les risques d’inondation, ( par exemple dans le bassin versant de la Chère) en expliquant aux agriculteurs l’intérêt des aménagements et plantations préconisés, et en suggérant des pratiques agricoles différentes sur les sites les plus sensibles : organisation de l’assolement, travail du sol.

Un programme concerté d’aménagement bocager, avec plantation et réhabilitation de haies est en cours, visant à reconstituer un maillage bocager de qualité : 106 km de haies ont été replantés en 5 ans.

On ne peut que s’en réjouir et regretter qu’il arrive bien tard ... après tant d’années de déboisement et d’arrachage des haies qui retiennent les eaux et le vent et dont l’absence dans notre région comme dans la plupart des régions de France, contribue à l’aggravation des catastrophes climatiques que nous connaissons depuis quelques mois.

Un autre domaine inquiète les populations et les élus locaux : les déjections animales ... et humaines. Dans la région de Nozay-Blain, c’est l’épandage du lisier et des fumiers de volaille qui inquiète le plus. Dans la région de Châteaubriant, c’est l’épandage des boues urbaines qui posera question à terme. La Maison Régionale d’Agriculture de Châteaubriant a lancé des groupes locaux de réflexion sur les enjeux de l’agriculture, et plus généralement du monde rural, à 10 ans.

Elle impulse aussi les CTE : contrats territoriaux d’exploitation.

Charte de territoire

Enfin la Maison Régionale d’Agriculture de Châteaubriant a pris une part active à l’élaboration de la Charte de Territoire du Pays de Châteaubriant  , dans le but de contribuer au développement équilibré du milieu rural, et à un cadre de vie de qualité, tout en développant les exploitations agricoles existantes et en créant de l’emploi.

Contacts :
Maison Régionale d’Agriculture de Châteaubriant - 13 rue d’Angers - à Châteaubriant - Tél 02 40 55 68 08.