Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Texte seul |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Grappillages et Mée-disances > Mée-disances du 7 février 2018

Mée-disances du 7 février 2018

Ecrit le 31 janvier 2018

Chibanis discriminés

Libération.fr du 31/01 : Au terme de treize années de procédure, La SNCF a été condamnée en appel pour « discrimination » salariale et professionnelle à l’encontre des cheminots marocains qu’elle avait fait venir dans les années 70. Plus de 800 plaignants, qui réclamaient 628 millions d’euros de dommages et intérêts, vont obtenir réparation. […]

Condamnée par les prud’hommes, en septembre 2015, à leur verser plus de 170 millions d’euros, la SNCF avait fait appel de cette décision.
La compagnie a toujours nié une « quelconque politique discriminatoire à l’encontre des travailleurs marocains », estimant avoir constamment « veillé à l’égalité de traitement de tous ses agents dans l’environnement réglementaire décidé par les pouvoirs publics ».

Elle risque maintenant d’avoir à verser plus du triple de la somme initialement due à ces chibanis dont une bonne partie sont devenus français. L’avocate des 848 plaignants s’est félicitée de ce jugement, parlant « d’un grand soulagement et d’une grande satisfaction » […]

La SNCF avait fait venir du Maroc plus de 2 000 Marocains pour remplir les tâches les plus dures –manutention, charbon, graissage… – notamment dans les gares de triages, avec un simple statut de contractuels. Leur contrat stipulait que « le travailleur doit recevoir, à travail égal, une rémunération égale à celle de l’ouvrier français ». Mais, dans les faits, la SNCF n’a pas offert de perspectives à ces Marocains bons à tout faire, et la plupart d’entre eux ont travaillé pendant quarante ans sans voir leur statut s’améliorer. […]
C’est donc la justice qui a tranché en appel, reconnaissant la discrimination et le préjudice des « chibanis ».

Vibromasseur espion

Le Point.fr du 02/02 : Vous connaissiez 007 et son fidèle agent ès gadgets « Mister Q » ? Voici sa version nettement plus « Q » : Lush ou le vibromasseur espion. Sauf que, cette fois-ci, ce n’est pas de la science-fiction. Une utilisatrice de Lush, un jouet sexuel connecté et contrôlable à distance, vient de porter plainte contre Lovense, le fabricant, basé à Hong Kong. Elle l’accuse de collecter et de conserver secrètement dans ses serveurs « des données hautement intimes et sensibles » sur sa vie sexuelle.

Ce vibromasseur fait partie de la nouvelle génération de jouets sexuels que l’on peut déclencher à distance via une connexion Bluetooth. Il suffit de télécharger sur son portable une appli appelée Body Chat et on peut le programmer pour vibrer selon le rythme de sa musique préférée si on l’utilise en solo, explique le site, ou le faire déclencher par son partenaire « à l’intérieur ou à l’extérieur de la chambre ». Un dessin montre un couple assis à une table en terrasse avec la légende « jeu discret en public ».

Juppé, fée du logis

Le Canard enchaîné du 31/01 : pauvre Juppé ! Le voici rattrapé de nouveau par des histoires d’appartements. En mai 1995, le Canard révélait comment l’adjoint aux finances du maire Chirac avait mis le grappin sur plusieurs pied-à-terre municipaux pour lui-même et sa petite famille.

La chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine vient de découvrir 14 logements propriétés de la ville, occupés à titre gracieux par des collaborateurs de Juppé à la mairie de Bordeaux. Parmi les heureux bénéficiaires, le directeur de cabinet de Juppé et le directeur général des services techniques…

Les magistrats financiers ont émis un doute sur la légalité de ces hébergements.

Le trafic de drogue au PIB

Le HuffPost du 31/01 : Faut-il intégrer le trafic de drogue au calcul du PIB ? L’Insee a tranché en décidant d’appliquer une demande de l’Europe, qui pourrait entraîner une révision en « légère hausse » du produit intérieur brut français.

L’institut national de la statistique et des études économiques va « tenir compte de la consommation de stupéfiants et des activités liées à cette consommation sur le territoire national », a annoncé l’organisme public. Cette prise en compte, faite « à la demande » de l’institut européen des statistiques Eurostat et destinée à aligner les statistiques françaises sur celles « des autres pays européens », entraînera « une révision en très légère hausse du niveau du PIB », ajoute l’Insee. […]

Le chef du département des comptes nationaux de l’Insee a assuré que ces nouvelles données seraient intégrées aux chiffres du PIB qui seront publiés en mai. La révision portera « sur l’ensemble des résultats » publiés par l’Insee depuis 1947.

La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat qui avait alors demandé aux Etats membres d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement.

L’objectif était d’harmoniser les données fournies par les pays européens, ces activités étant considérées comme légales dans certains Etats, à l’image des Pays-bas, ce qui gonfle leur PIB, et illégales dans d’autres.

Suite à la demande d’Eurostat, plusieurs pays ont décidé d’intégrer ces nouvelles normes, à l’image de l’Espagne, du Royaume-Uni et de l’Italie. Ce nouveau système de compte s’est à chaque fois traduit par une révision à la hausse de leur produit intérieur brut.

L’Insee avait accepté de prendre en compte les ressources issues du trafic de drogue dans le « revenu national brut » destiné à déterminer la contribution de la France au budget de l’Union européenne, mais pas dans le PIB, mesure comptable qui fait référence dans le débat public.
L’Insee avait refusé de comptabiliser la prostitution relevant des réseaux, estimant que le consentement des prostituées n’était « probablement pas vérifié ».

Problème de toilettes

Le Point.fr du 30/01 : L’histoire est cocasse. Malgré la présence à bord de plus de 60 plombiers, un avion de la compagnie aérienne Norwegian a dû faire demi-tour pour un problème de toilettes.

Un Boeing 737 de 186 places décolle de l’aéroport d’Oslo pour rejoindre Munich. À son bord, 85 membres de la société de l’industrie norvégienne de la plomberie.

Pour un problème de toilettes, suffisamment grave pour empêcher leur utilisation, l’avion a dû faire demi-tour. Une situation qui a plutôt amusé les passagers de l’avion. « Nous aurions aimé pouvoir réparer les toilettes, mais malheureusement la réparation devait être effectuée depuis l’extérieur de l’appareil. Nous n’avons pas saisi l’occasion d’envoyer un plombier à 10 000 mètres d’altitude. »

[…] Ce n’est pas la première fois qu’un vol doit changer d’itinéraire à cause d’un souci de toilettes.

Pauvre Bernard Arnault

LEXPRESS.fr du 31/01 : Selon les calculs de l’Observatoire des inégalités, les 47 milliards d’euros de Bernard Arnault patron de LVMH représentent l’équivalent de 2,6 millions d’années de SMIC. 

« Et encore, il ne s’agit que de son patrimoine professionnel. Tout ce qui relève du domaine privé ou qui ne repose pas sur un outil de travail n’est pas comptabilisé », précise l’observatoire, qui note également que « le montant cumulé de la fortune professionnelle des 500 personnes les plus riches de France représente 570 milliard d’euros. À eux seuls, les dix premiers du classement possèdent 241 milliards d’euros ». […]
Selon l’Observatoire, « ces fortunes sont démesurées, rapportées à ce que possèdent la plupart des ménages, dont la moitié d’entre eux détiennent moins de 114 000 euros ».

Et à en croire le rapport, les grandes fortunes « vont particulièrement bénéficier de la réduction de l’impôt sur la fortune et surtout de la baisse de l’impôt sur le revenu pour les revenus du patrimoine », explique l’Observatoire des inégalités.