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Pain (2)

Ecrit le 28 février 2018

Le pain : revenons aujourd’hui à ce mot... qui n’est pas toujours « comestible » !

Chacun connaît le pain noir mais seuls les spécialistes de la mine savent ce qu’est le pain noir siliceux : c’est un minerai de fer lorrain. Le pain de trouille est le tourteau qui reste après l’extraction du fer. Le pain d’acier est une sorte d’acier d’Allemagne différent de l’acier en billes.

Le pain de fer, est synonyme de loupe en tant que produit du cinglage et du martelage du fer . Le pain cassé ou pain brisé était un incident qui survenait au moment de l’enfournement du pain de charbon pilonné.

Le pain de crasse est le « laitier », solidifié dans une cuve. Le pain de laitier est recueilli dans les rigoles en sable ou dans des moules portés sur un wagon : après solidification, il donne des morceaux appelés « pains ».

Le pain est aussi une masse à laquelle on donne une forme déterminée : le pain de sucre, de forme conique, se dit en particulier de la forme (plutôt noire !) de la meule du charbonnier et s’applique en particulier aux crassiers de Longwy.

Le pain de salignon était un pavé de sel obtenu par évaporation des eaux d’une source saline.

On appelait « pain » la pause pendant laquelle les mineurs prenaient leur casse-croûte fait de pain, de saindoux, de chocolat et de raifort, moment d’amitié qui permettait aux mineurs de parler entre eux de la famille, des enfants, du gendre et de la « gendresse ». Le pain d’alouette et le pain de lièvre, restes de ces casse-croûtes, étaient attendus avec impatience par les enfants au retour de leur père.

Le pain de ménage, très apprécié de nos jours, tient son nom au fait qu’il était fabriqué à la maison par la femme du charbonnier ; les enfants lui préféraient le pain du boulanger, moins dur, moins rassis, plus blanc.
Le pain de méteil, du latin mistilium, dérivé de mixtus (mélange) est né à la fin du XVIIIe siècle d’un décret sur le pain : il ne fallait plus que les riches se nour-rissent de pain fait à partir de fleur de farine et les pauvres, de pain de son. Le pain de méteil, « pain de l’égalité », fut donc composé de 3/4 de froment et d’1/4 de seigle ou d’orge. Plus tard, il fut élaboré à partir de farines de blé et de seigle à parts égales.

Sont immangeables le pain à cacheter, le pain de laine (qui servait au bourrage des balles), le fruit de l’arbre à pain, autre nom du jaquier, le pain de nœuds (fragments de pierres d’ardoise), le pain de singe (fruit du baobab), le pain de lie (la lie sèche que le vinaigrier tire de la presse), le pain de hannetons (fruit de l’orme).

Deux notes historiques : c’est le poète latin Juvenal (fin du 1er siècle- début du IIe) qui, dans une de ses Satires, a créé l’expression « panem et circenses » (littéralement : du pain et des jeux de cirque) pour dénoncer l’usage délibéré fait par les empereurs romains de distribution de nourriture et d’organi-sation de jeux dans le but de plaire au peuple et de s’en s’attirer la bienveillance.

La phrase « S’ils n’ont plus de pain, qu’ils mangent de la brioche ! » aurait été attribuée à tort à Marie-Antoinette à qui l’ on faisait part que le peuple n’avait plus rien à manger. C’est Jean-Jacques Rousseau qui rapporte l’anecdote dans ses Confessions sans nommer la reine.

DEVINETTE : qu’est-ce que le pain batelier ? Réponse, peut-être, dans le prochain numéro de La Mée.

REPONSE à la DEVINETTE du dernier numéro :
Un martinet est un outil de forge , un petit marteau-pilon à bras ou à cames mû initialement par l’ énergie hydraulique puis par la vapeur (vers 1860).

Elisabeth Catala Blondel