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Bassin versant de la Chère

Ecrit le 21 février 2018

Entre l’Agence de l’eau Loire Bretagne et le syndicat de la Chère a été signé un contrat territorial, cadre privilégié d’intervention de l’agence de l’eau Loire-Bretagne. Selon les territoires, le contrat concerne un ou plusieurs thèmes : les pollutions diffuses, la restauration des cours d’eau, les zones humides ou la gestion quantitative. Il réunit les acteurs du territoire sur des enjeux identifiés et partagés et facilite la convergence des actions. Ce contrat territorial associe plusieurs autres maîtres d’ouvrages : agricultures & territoires, Gab 44, Terrena, Agrobio 35.

Objectifs du contrat : reconquérir la qualité des eaux et restaurer la fonctionnalité des cours d’eau.

Le programme d’actions, sur les cinq prochaines années, répondra aux enjeux suivants :
- Restauration des cours d’eau et milieux aquatiques,
- Restauration de la continuité écologique des cours d’eau,
- Réduction de l’utilisation des pesticides et autres intrants par l’ensemble des usagers,
- Lutte contre le ruissellement et le transfert de polluants,
- Limitation des rejets directs aux cours d’eau.

Le Bassin Versant de la Chère fait 450 km2
il s’étend sur 19 communes, 2 départements, 2 régions, 3 intercommunalités. Il comprend deux cours d’eau principaux : la Chère et l’Aron. La Chère est un affluent de la Vilaine.

 Inventaire des espèces

Avant de faire des travaux, le Syndicat de la Chère a dressé un inventaire des espèces protégées et patrimoniales autour des ruisseaux du Vieux Rochis, de Cropé, de la Pénais, de l’Aron et sur 34 zones ponctuelles de la Chère. Points d’écoute, repérages visuels (traces, empreintes, fèces), repères auditifs (chants) et tous les indices de présence au bord des mares, des étangs, des cours d’eau. Les tas de pierres, les murets et les zones exposées au sud peuvent abriter une herpétofaune. Certains arbres sont des gîtes de chiroptères ou de Grand Capricorne. Les mares ont été prospectées à l’aide d’un troubleau (petit filet de pêche en forme de poche) pour capturer-déterminer et relâcher les habitants de la mare.

Alouette des champs, bouscard de Celti, faucon crécerelle, fauvette à tête noire, merle, mésange bleue, pinson, pouillot véloce, troglodyte mignon, geai des chênes, corneille noire, pie bavarde, mésange à longue queue…. ont été repérés. Dans la végétation, il faut signaler quelques pieds d’Osmonde Royale dont la cueillette est réglementée en Loire-Atlantique.

Des espèces protégées ont été observées : le lézard des murailles et la grenouille commune, le Grand Capricorne et toutes sortes d’Agrions : Agrion de Mercure, Agrion mignon, Agrion jouvencelle et Orthétrum bleuissant. Et la libellule à quatre taches, et le cordulégastre annelé.
Dans la famille des papillons, on a vu le Tabac d’Espagne, le Demi-deuil et l’Hespérie du dactyle. C’est pas beau, ça ?

 Travaux prévus

Les actions préconisées visent principalement l’aménagement des petits ouvrages de type franchissements routiers (buse, pont) ou de petits ouvrages d’origines diverses réalisés avec des pierres, des blocs ou d’autres matériaux. Plusieurs possibilités d’actions sont à envisager :

► La suppression de l’ouvrage si l’ouvrage ne présente plus d’intérêt particulier ou s’il n’a pas d’existence légale,
► L’ouvrage peut être remplacé par un ouvrage plus adapté à la circulation des
espèces. L’ouvrage peut être remplacé par une passerelle, un pont cadre ou un autre passage busé mieux dimensionné et calé.
► Un aménagement de type rustique,
► La gestion de seuils racinaires.

Dans tous les cas il s’agit de favoriser la circulation piscicole.

Pour les points de passage agricole, il est prévu un gué empierré, ou une passerelle ou un hydrotube, ces deux derniers aménagements sont plus satisfaisants car ils interdisent le contact entre les bêtes et le cours d’eau. Il s’agira aussi de lutter contre le piétinement des animaux aux points d’abreuvement par mise en place de pompes de prairie et de bacs d’abreuvement.

Dans le lit de la rivière, le syndicat de la Chère a prévu la gestion des encombres et des embâcles. Les encombres peuvent favoriser la création de mouilles et constituent de ce fait des facteurs de diversification des habitats aquatiques. Ils contribuent également à l’apport de matières organiques, nécessaire aux consommateurs primaires. Les embâcles peuvent constituer d’excellentes caches à poissons, servir de support de ponte et de reproduction pour les macro invertébrés.

Sur les berges et la ripisylve, il y aura abattage d’arbres morts et instables, plantation de saules, aulnes, frênes, érables et débroussaillage.

Mais le débroussaillage ne sera pas systématique car débroussailler coûte cher, supprime des refuges pour la faune, entraîne la disparition de jeunes baliveaux susceptibles d’assurer à moyen et long terme le renouvellement de la strate arborescente et accroît la pollution diffuse vers le lit du cours d’eau.

Pour diverses raisons, le tracé des cours d’eau a pu être modifié. Les cours d’eau ont pu être déplacés, notamment en limite de parcelle quand ceux-ci se trouvaient en milieu de parcelles et rendaient délicate l’exploitation de la parcelle entière par exemple. Mais ces modifications peuvent poser des problèmes : incidences sur les éléments transportés (autocurage moindre générant des besoins d’entretien plus importants ou a contrario érosion plus forte du lit et des berges), détérioration de la fonctionnalité piscicole, appauvrissement biologique du cours d’eau. C’est pourquoi, pour quatre ruisseaux, il est prévu de revenir au lit d’origine : ruisseaux de la Galotière, du Néant, du Rocher et du Vieux Rochis, en concertation avec les propriétaires concernés.

Le coût prévisionnel du programme d’actions est évalué à 3 248 377 € avec des subventions de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne (pour 1 924 859 €), ainsi que d’autres partenaires tels que les Régions Pays de la Loire et Bretagne et les Départements de Loire Atlantique et d’Ille et Vilaine (pour un montant de 644 655 €).