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Violences en ligne

Ecrit le 21 février 2018

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) a remis au secrétaire d’État au numérique, le 7 février 2018, un rapport sur les violences faites aux femmes en ligne. Alors que les menaces de viol, les injures sexistes et autres invectives font partie du quotidien de nombreuses femmes sur le web, ces violences sexistes restent souvent impunies.

 73% de femmes victimes d’agressions en ligne

Si l’espace numérique constitue un espace de vie et de partage du quotidien, il n’est pas toujours un espace de sécurité pour les femmes. Les violences dont elles sont victimes y sont massives : 73% des femmes déclarent en avoir été victimes.

Les violences en ligne peuvent prendre plusieurs formes (publication de propos ou d’images sexistes, surveillance à l’insu de la personne) mais elles s’inscrivent toujours dans le phénomène des violences faites aux femmes :
- les femmes en sont les principales victimes ;
- les violences ont les mêmes visées que les violences commises contre les fem-mes dans d’autres espaces (travail, foyer, politique, espace public, etc.) : le contrôle de la place des femmes, que ce soit dans le couple, comme dans l’espace public qu’est le cyberespace. Ces violences verbales ont les mêmes conséquences sur la santé et la vie sociale et intime des victimes.

Cependant, 92% des contenus sexistes signalés n’ont pas été supprimés par les plateformes. Facebook n’a supprimé que 11% des contenus signalés, Twitter 13% et Youtube 0.

 Des recommandations aux pouvoirs publics

Alors que le gouvernement a annoncé, pour le le 7 mars 2018, un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, le HCEfh formule 28 recommandations pour mieux connaître et faire reculer les violences faites aux femmes en ligne.

Outre une campagne nationale d’information et un soutien financier aux associations d’écoute et d’orientation des victimes, le HCEfh souhaite une évolution de la législation, notamment par la fixation d’un délai maximal imposé aux plates-formes pour la suppression des contenus signalés (en Allemagne, ce délai est de 24 heures et les amendes peuvent aller jusqu’à 50 millions d’euros s’il n’est pas respecté).

Il propose aussi de former les policiers, gendarmes, magistrats et aussi les professionnels de santé pour une meilleure prise en charge des victimes.
voir le site 7Z5LPXPC

Après des années de vifs débats, le Parlement marocain a définitivement adopté, mercredi 14 février, une loi contre les violences faites aux femmes. Cette loi incrimine pour la première fois « certains actes considérés comme des formes de harcèlement, d’agression, d’exploitation sexuelle ou de mauvais traitement  ». Elle durcit également les sanctions pour certains cas et prévoit des « mécanismes pour prendre en charge les femmes victimes » de violences. Mais pour des associations féministes, ce texte est insuffisant puisqu’il passe sous silence le problème du « viol conjugal », très récurent dans la société marocaine.

Au Maroc, médias et ONG tirent régulièrement la sonnette d’alarme sur le fléau de la violence subie par les femmes, en particulier le harcèlement dont elles sont victimes dans l’espace public. Dans un pays qui se veut, selon le discours officiel, chantre d’un islam tolérant et où les femmes n’ont pas l’obligation de porter le voile, marcher seule dans la rue relève parfois du parcours de la combattante : remarques désobligeantes et insultes y sont fréquentes. En milieu urbain, 40,6% des femmes âgées de 18 à 64 ans, ont déclaré avoir été « victimes au moins une fois d’un acte de violence », selon une récente enquête publiée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’organisme statistique marocain.

 La St Valentin

Jean-Claude Kaufmann, sociologue, spécialiste du couple et de la vie quotidienne, a publié le livre « Saint-Valentin mon amour ». Il nous convie à un tour du monde plein de surprises et revient sur l’histoire. Il fut un temps - médiéval - où les fêtes de février étaient déchaînement de haine et de violence envers les femmes. Une époque où des célébrations, bien ancrées dans la société, étaient organisées chaque année pour brimer, violenter voire violer les femmes. Des hommes se déguisaient en ours chaque année, en février, pour « chasser » les femmes, ils pourchassaient puis enlevaient les femmes pour les emmener de force dans leur « tanière ». Sur place, les victimes subissaient toutes sortes de brimades, allant parfois jusqu’au supplice et au viol. Ces « journées de l’ours » n’étaient qu’une version déjà édulcorée de fêtes antiques plus anciennes, appelées les « Lupercales ». Il s’agissait alors de « purifier » les femmes en leur fouettant les fesses ou le ventre pour s’assurer de les rendre fécondes...