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Mesdames, lâchez prise !

Ecrit le 21 mars 2018

Soirée « Potes » ce 13 mars à Lusanger, Tables en carré, café, thé, infusions et petits gâteaux maison. Une trentaine de femmes et quatre hommes. Thème : qui a la charge de la maison ?

« Les couples homme-femme choisissent à deux leur maison, mais c’est madame qui balaie », pourrait-on résumer. Une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) publiée par la Caisse d’allocations familiales montre que la parité est encore loin d’être installée dans les foyers. Si les membres d’un couple homme-femme choisissent leur logement à deux et mettent en commun leurs revenus, ce sont toujours les femmes qui sont chargées des tâches ménagères. Et l’arrivée des enfants ne fait que renforcer cette répartition inégale des tâches.

Beaucoup d’hommes en couple reconnaissent ne pas entretenir leur foyer. Au quotidien, les mères passent deux fois et demi plus de temps à effectuer les tâches domestiques, en moyenne 117 minutes par jour contre 46 minutes pour les hommes. Sur une année, les femmes travaillent 18 jours de plus que les hommes. Sur 40 ans, les femmes travaillent deux ans de plus que les hommes.

De leur propre aveu, les hommes semblent se tenir à l’écart des aspirateurs, chariots de courses et fourneaux… Selon l’étude du Crédoc, 91% disent ne pas repasser, 60% ne pas faire le ménage, 50% ne pas toucher aux fourneaux ni à la vaisselle (48%). Et 36% ignorent les courses.

En revanche, 93% des femmes en couple font le ménage, 93% la cuisine, 85% les courses quotidiennes, 83% la vaisselle et 73% le repassage. Seuls le bricolage et le jardinage reviennent aux hommes plus souvent qu’à leurs compagnes. Là encore, le temps quotidien accordé à chaque tâche montre une division genrée très nette.

Toutes les données ci-dessus sont mesurables, Ce qui n’est pas mesurable c’est la charge mentale. La sociologue Monique Haicault a été l’une des premières à évoquer cette charge mentale en 1984 dans “ La gestion ordinaire de la vie en deux ”, Sociologie du travail, n° 4. C’est la femme, presque seule, qui est responsable de ce qui se passe à la maison. « J’ai un fils, dit une participante, mais tout se passe à la maison comme si j’avais deux enfants  »,

« C’est comme au cinéma, un fondu enchaîné » dit une autre. « je passe sans cesse d’une tâche à une autre, il y a toujours quelque chose à penser ». Penser au certificat médical du petit, penser à payer l’assurance de la voiture, surveiller les leçons des enfants, donner un coup de repassage, préparer le repas, songer à sortir la poubelle … etc.

Et si c’était de la ‘faute’ des femmes ? La femme qui n’a pas d’emploi à l’extérieur a besoin d’être valorisée par son travail à la maison. C’est un vrai travail, bien sûr, Et il arrive que des papas prennent un congé parental avec l’idée d’utiliser ce temps pour préparer un examen … et se rendent compte alors de l’ampleur du travail de la maison.

En 25 ans, selon Isabelle Pinot, sociologue au sein de l’association rennaise Questions d’égalité, il y a eu une petite évolution : les hommes consacrent 18 min de plus au travail de la maison, et les femmes 45 min de moins. Mais pourquoi ? «  parce qu’il y a la machine à laver et le lave-vaisselle, et les plats préparés et parce que les classes les plus aisées externalisent les travaux à des femmes de ménage »,

Dans un domaine particulier, l’implication des femmes est nettement plus forte que celle des hommes : les soins aux enfants, l’éducation, la santé. Selon Isabelle Pinot, en un mois l’enfant passe 4h seul avec son père et 29h seul avec sa mère. Les hommes s’impliquent plus dans les soins et les jeux, mais c’est la femme qui assure les trajets, le médecin, le suivi quotidien,

 Le tableau

Depuis quelques dizaines d’années une évolution s’est faite en ce qui concerne le propre et le rangé. Mais les hommes sont moins minutieux que les femmes dans ce domaine. «  Moi je trouve que c’est propre, mais mon épouse trouve que ce n’est pas assez net, alors je la laisse faire  » a dit un homme.

Comment partager les tâches ? Une femme raconte : «  quand nous étions jeunes mariés, nous travaillions à l’extérieur tous les deux, le partage était bon. Et puis nous avons eu un enfant. Lors de mon congé de maternité, j’ai eu une période à la maison et mon mari a pris l’habitude de rentrer dans une maison où tout le travail était fait, Maintenant que j’ai repris mon travail extérieur, je continue à tout faire à la maison. Même pendant la télé je prends des notes pour ne pas oublier certaines choses ».

«  Bien sûr, mon mari est serviable, mais c’est fatigant de devoir toujours demander. J’aimerais qu’il prenne des initiatives ». Faire un planning, oui, mais le mari ne l’accepte pas toujours. «  Il faut en parler avant que ça aille mal » dit Isabelle Pinot.

Tout cela vient d’un modèle social véhiculé depuis l’enfance. Les fillettes observent le travail des mamans, apprennent les soins, le ménage, la cuisine. [Ndlr : mais les grands cuisiniers sont des hommes, les grands couturiers aussi !], Le travail à l’extérieur est valorisé, le bricolage aussi car le résultat se voit, En revanche, le travail à la maison est invisible : les repas sont vite mangés, la vaisselle est quotidienne, le ménage est répétitif, Ce n’est d’ailleurs pas une question de sexe, puisque la dévalorisation du travail domestique touche aussi les hommes qui ont choisi de ne travailler qu’à la maison.

 Les dessous de l’amour

« On ne peut parler des dessous du travail sans parler des dessous de l’amour. On ne peut, non plus, remettre en question l’étroite définition masculine du travail (celle qui réduit le travail au travail rémunéré), ni la place qu’ils y occupent sans remettre aussi en question l’asymétrie des rapports amoureux.

C’est en effet dans l’étonnante schizophrénie des hommes qui prétendent nous aimer individuellement alors qu’ils nous exploitent et nous oppriment collectivement, ainsi que dans la complicité de nos amours colonisés […]. C’est au cœur même du désordre amoureux et des passions du corps que se joue, dans chacune de nos vies, cette partie d’échecs domestiques ».

Citation de Louise Vandelac
Du travail et de l’amour. Les dessous de la production domestique. Montréal


 Un livre :

Libérées, de Titiou Lecoq : «  Être une femme, ce n’est pas seulement l’idéal de minceur et de cheveux qui brillent, c’est le souci permanent des autres et du foyer, c’est être sans cesse ramenée à la saleté, aux taches, à la morve. L’égalité serait déjà là, mais les femmes conservent la conviction intérieure qu’elles doivent s’occuper de tout et de tout le monde, et d’elles en dernier, s’il reste cinq minutes à la fin de leur triple journée. » Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale,


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Envie d’agir près de chez vous ? De rencontrer du monde ? Rejoignez les Potespour une heure ou plus ! Ils recherchent des personnes notamment pour :
• Donner des coups de main le jour des événements (installation, vente gourmandises…)
• Accueillir les habitants lors des « Repair Café »
• Rejoindre le groupe d’habitants qui organise les événements locaux,

Contact : 02 28 50 46 39
 
Renseignements auprès de Wendy