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Une tête et des trous noirs

Ecrit le 21 mars 2018

Il partait mal dans la vie : l’enfant était malingre, doté d’une écriture épouvantable, émotif et bégayant parfois tant ses idées allaient plus vite que sa parole. Sa scolarité fut laborieuse, décevante mais le jeune homme, grâce à la lunette astronomique que lui offre son père, s’émerveille pour les étoiles. L’histoire de Stephen Hawking commence en 1942.

Mais les catastrophes continuent. En 1964, les médecins diagnostiquent au jeune homme une maladie de Charcot, maladie dégénérative paralysante, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) qui va le paralyser peu à peu. Ils ne lui donnent que deux années à vivre. Comme pour mieux défier la maladie, Stephen Hawking met toute son énergie dans la recherche à un niveau qui nous dépasse : il parvient à démontrer que la théorie de la relativité générale d’Einstein implique que l’espace et le temps ont un commencement, le big bang, et une fin, les trous noirs. Les étoiles en fin de vie, ayant consommé tout leur carburant (hydrogène et hélium), s’effondrent sur elles-mêmes. Dotés alors d’une force de gravitation extraordinaire, les trous noirs avalent toute la matière qui gravite autour d’eux, y compris la lumière.

Les trous noirs

Au début des années 1970, Steven Hawking développe la théorie des mini-trous noirs. Pour décrire ces objets, Hawking doit apprendre la théorie des champs quantiques de particules en espace-temps courbe, ce qu’il va faire en allant prendre des cours avec les experts de l’époque, à Moscou.

Mais la maladie progresse, le jeune scientifique perd graduellement l’usage de ses mains, il ne peut plus tenir un crayon. Hawking ne pouvait déjà presque plus faire de calculs au début des années 1970.

Plus tard Hawking découvre son fameux rayonnement conduisant à l’évaporation des trous noirs. Il découvre en effet que les fameux «  trous noirs  », partout à l’œuvre dans le cosmos, ne se contentent pas d’absorber toute matière ou lumière à leur proximité, mais émettent aussi, paradoxalement, un rayonnement.

On mesure toute la détermination et les capacités intellectuelles de Stephen Hawking quand on sait que ces travaux furent réalisés en 1974, alors qu’en raison de la paralysie causée par la SLA, il était devenu incapable de se nourrir ou de sortir de son lit par lui-même et que son état n’allait cesser de s’aggraver. Son élocution, déjà fortement altérée par sa maladie, de sorte que seules les personnes le connaissant bien pouvaient encore le comprendre, laissa la place à une incapacité totale de parler en 1985. Il avait alors contracté une pneumonie, et les médecins avaient dû lui faire subir une trachéotomie pour sauver sa vie.

Pour se faire comprendre Stephen Hawking a d’abord recours à des lettres sous formes de cartes, clignant de l’oeil pour choisir la bonne et épeler patiemment les mots. Il est ensuite équipé d’un ordinateur avec synthétiseur vocal.

En 1988, Hawking publie une Brève histoire du temps qui devient un succès mondial. Ecrit pour le grand public, ce livre fascinant expose, dans un langage accessible à tous, les plus récentes découvertes des astrophysiciens. Retraçant les grandes théories du cosmos depuis Galilée jusqu’à Einstein, racontant les ultimes découvertes en cosmologie, expliquant la nature des trous noirs, Hawking propose ensuite de relever le plus grand défi de la science moderne : la recherche d’une théorie permettant de concilier la relativité générale et la mécanique quantique.

Un de ses plus grands rêves était de faire un vol dans l’espace, il a dû se contenter d’un vol en apesanteur en 2007 grâce à la société Zero-G, fondée par Peter Diamandis.

La maladie progresse inexorablement. Depuis 2008 Stephen Hawking a perdu la motricité de son pouce, il ne peut écrire qu’avec un système infrarouge : un curseur balaie automatiquement un clavier virtuel et, lorsque le physicien contracte sa joue, un capteur infrarouge se déclenche. En 2011, il appelle enfin la société Intel à la rescousse pour repenser son logiciel, alors qu’il n’arrive plus à taper qu’un ou deux mots par minute.

Après des essais infructueux, Intel apporte de nombreuses améliorations, notamment en terme d’écriture prédictive, de gestion des erreurs de frappe, qui facilitent la communication du savant. [ndlr : Depuis août 2015, l’entreprise Intel a accepté de mettre le code de ce logiciel ACAT (Assistive Context Aware Toolkit) en open source en ligne, afin qu’il soit à la disposition de chacun, voire qu’il puisse être amélioré, ou adapté à d’autres formes de handicap. C’est ça les logiciels libres].

Un modèle et des mises en garde

Dans son fauteuil roulant, avec son synthétiseur vocal, l’homme est devenu une icône, un modèle. La Dr Tanya Harrison, directrice de recherche à l’université d’état de l’Arizona, atteinte de spondylarthrite ankylosante, raconte :

«  Certains jours, il était physiquement très difficile pour moi de sortir du lit et d’aller en cours. Ces jours-là, je me disais « si Stephen Hawking peut enseigner la physique quantique avec la maladie de Charcot, tu peux bien aller à ton foutu cours de physique avec ton AS » (spondylarthrite ankylosante)  ».

Stephen Hawking croyait à l’humanité : « Nous sommes juste une race de singes avancés sur une planète mineure d’une étoile très moyenne. Mais nous pouvons comprendre l’univers. Cela fait de nous quelque chose de très spécial », mais il se méfiait beaucoup de l’intelligence artificielle : «  Une fois que les hommes auraient développé l’intelligence artificielle, celle-ci décollerait seule, et se redéfinirait de plus en plus vite. Les humains, limités par une lente évolution biologique, ne pourraient pas rivaliser et seraient dépassés. »

Le changement climatique l’alarmait également. « Nous sommes près du point de non-retour où le changement climatique devient irréversible, » « Les actions de Trump pourraient pousser la Terre dans le précipice et la faire devenir comme Vénus avec une température de 250 degrés et des pluies d’acide sulfurique  ».

Stepehn Hawking était un athée convaincu : « Il n’y a pas de paradis ou de vie après la mort, c’est un conte de fées pour les gens qui ont peur du noir  », déclarait-il au Guardian en 2011. «  Nous n’avons que cette vie-ci pour apprécier le grand schéma de l’univers. ». Il était cependant membre de l’Académie pontificale des sciences !

Ironie de l’histoire, il est né un 8 janvier comme Galilée, et mort un 14 mars jour de naissance d’Einstein.
Retrouvez ici l’histoire de Stephen Hawking : voir le site tinyurl


Une main

« Je trouve ça presque plus normal d’avoir une main que d’avoir deux mains. Je serais peut-être handicapée avec deux mains  » : Marie Bochet 24 ans est née sans avant-bras gauche. Et elle est championne de ski aux jeux paralympiques de Pyeongchang (Corée du Sud), L’absence d’un avant-bras pose des problèmes d’équilibre en géant et en vitesse, et corse le passage des piquets en slalom. Elle est championne ... de tricot et a été admise à Sciences Po Paris pour préparer le certificat préparatoire adapté pour les sportifs de haut niveau.

Arthur Bauchet, 18 ans, est un skieur handisport français qui concourt en catégorie « debout ». Il pratique le ski depuis l’âge de 5 ans, malgré sa maladie, le syndrome de Little (une diplégie spastique, forme de paralysie cérébrale infantile), Champion du monde de ski alpin en 2017 et trois médailles d’argent à Pyeongchang.