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Réunions de secteurs, un bon filon

Ecrit le 28 mars 2018

La municipalité a trouvé le bon filon : les réunions de « secteurs » ont changé de physionomie. Au lieu de parler du quartier, on aborde des thèmes généraux. C’est une bonne idée mais c’est rigolo, on se dirait en campagne électorale. Sur chacun des thèmes le maire a fait préparer des films. L’environnement, les mobilités, la santé, etc. Les documents font le tour de la question, il y a du monde, ce qui prouve que les citoyens s’intéressent à leur ville. [et il y a toujours aussi beaucoup de conseillers municipaux, ça fait nombre]. Mais l’an prochain faudra trouver de nouvelles choses à dire.

L’exposé est très étoffé et dressé à la gloire de la municipalité, quitte à déformer un peu les choses. Par exemple il est question de la télé-assistance en oubliant de dire que le CCAS est le relais du Conseil Départemental. Et puis place aux questions qui reçoivent toujours des réponses dressées à la gloire de la municipalité (bis). Il y a quand même quelques intervenants « accrocheurs » et néanmoins polis qui s’entendent dire : «  nous n’avons jamais espéré vous convaincre lors des réunions de secteurs  » et même « vous êtes de mauvaise foi ».

Les réponses sont parfois surprenantes ! Par exemple, à une personne qui trouve qu’il n’y a pas eu assez de choses de faites en matière de circulation accessible, il est répondu que la municipalité a organisé des permanences de la Persagotière, organisme qui s’occupe des enfants sourds. C’est comme si quelqu’un disait : mon bateau coule et qu’on lui répondait : mais nous avons aménagé un pont plus loin.

Des considérations extramunicipales s’invitent aux réunions : par exemple un riverain se plaint du mauvais état d’un chemin. Il lui est répondu : « mais monsieur, nous vous avons acheté du terrain il y a quelques années ». Sauf que le terrain en question a été acheté à une autre famille. Le notaire-maire s’est pris les pieds dans la gadoue.

Sécurité

Bon alors, de quoi qu’on cause ? De sécurité ? Le sous-préfet Mohamed Saadallah, souligne : « Je n’ai pas une impression d’insécurité ici, à Châteaubriant ».

Il y a eu cependant 1 621 crimes et délits recensés par les gendarmes en 2017 dont 203 cambriolages en résidence ou en entreprise, et 217 atteintes à la volonté ou à l’intégrité physique d’une personne. La gendarmerie a effectué 1 642 interventions en 2017 dans notre secteur dont 51 % à Châteaubriant, et 30 % de nuit. «  Le problème ici c’est l’alcool avec des conduites en état d’ivresse, des violences intra-familiales et des bagarres ».

[Ndlr : les jeunes et moins-jeunes à Châteaubriant n’ont que les cafés pour se réunir. Et le vin est moins cher que le jus d’orange. Un participant a demandé si la municipalité envisageait la mise en place d’éducateurs de rues. Le maire a répondu que les banlieues, où il y a des éducateurs de rues, ne lui faisaient pas envie et que nous, à Châteaubriant, nous avons la chance d’avoir plein de possibilités de sports. C’est bien connu, quand on transpire on n’a pas le loisir de contester l’ordre établi. Le sport c’est la sérénité dans la ville. Du moins c’est ce qu’il laisse entendre à l’envi.
Mais des habitants pourraient lui dire que les violences se répètent sur et autour des terrains de foot en France. Mais, ça, il ne le voit pas.].

Toujours la sécurité : on n’entend plus trop parler de vitesses excessives mais maintenant ce sont les vélos ! Yen a qui roulent en sens interdit, yen a qui roulent sur les trottoirs, … oh les vilains !

Et puis il y a la rue du Maréchal Foch, et une riveraine, bien polie. « Bonsoir monsieur le maire, bonsoir mesdames et messieurs » qu’elle commence puis expose qu’il y a des difficultés dans cette rue. Le maire balaie la remarque : «  on a fait les aménagements qui étaient demandés les années précédentes ». Manière de dire : on ne touche plus à rien.

Une remarque cependant : la rue Maréchal Foch est très empruntée par des cars, des tracteurs et même des poids lourds qui trouvent là un raccourci vers la rocade. La rue n’est pas bien large, et elle est sinueuse, ce qui pose sûrement des problèmes. Bon, il y aura des contrôles.

Environnement

Bien entendu on parle de la centrale solaire et de la température de retour des eaux et du gaz qui remplace le bois pour que les calories du soleil soient rentables. Cherchez pas à comprendre. Quand tout est bien enveloppé, ça fait un beau paquet-cadeau. Et on est les meilleurs, même qu’on a eu une Marianne d’Or en 2011. [ah oui, mais le maire précédent, Martine Buron, en avait eu aussi une en 1994 pour sa gestion financière locale, mais ça c’est oublié].

A part ça on nous promet un parc paysager entre les étangs de Choisel et l’espace aquatique. Mais on n’entend plus parler de l’aménagement annoncé à grands renforts de trompettes lors du Conseil Municipal du 28 mai 2014. Cela va faire quatre ans. Nous avions titré : « Sept points pour se la couler douce ». Prémonitoire ? De même tout un aménagement était prévu autour du château, il en a été question au Conseil Municipal du 14 décembre 2010.. Et puis ? Rien !

Mobilités

Tout un chapitre a été consacré au développement de « la ville-centre » auquel participerait le lotissement « Les coteaux de la Borderie » (sauf qu’il est bien loin du centre !) et des mobilités. On nous annonce un plan global de déplacement à Châteaubriant et une zone « 30 » et un passage surélévé dans les rues contournant le quartier de la Ville aux Roses où il y a déjà des chicanes qui posent bien des questions aux automobilistes de passage.

Des observations ont été faites aussi sur des passages piétons et sur les aménagements destinés aux personnes handicapées [que nous serons tous à plus ou moins long terme]. Mais cette remarque, faite pourtant très poliment, ne plaît pas à la municipalité ! « Vous êtes de mauvaise foi » s’emporte un conseiller municipal. L’interlocuteur continue cependant ses explications, toujours très poliment !

On revient sur la question du vélo, « la prime de 100 € votée par le Conseil Municipal sera donnée à tout acheteur, sans tenir compte de ses revenus » dit un participant, « mais ce serait bien aussi d’accorder une prime aux personnes qui n’ont pas les moyens de s’acheter un simple vélo ».

Selon UFC-Que Choisir, entre 700 et 1 200 €, l’éventail de choix est déjà large en matière de vélos urbains ou mixtes randonnée-ville, à condition de ne pas être trop regardant sur la qualité des finitions. Entre 1 200 et 3 000 €, vous trouverez soit des vélos urbains de bonne facture et bien équipés (freins à disque, éclairage très performant, cadre en aluminium, moteur dans le pédalier, assistance proportionnelle, design élégant, etc.), soit des vélos tout-terrain électriques.

Toujours au sujet du vélo l’association Véli-Vélo, très poliment, signale des points à améliorer, par exemple une piste vélo aboutissant à une bordure de trottoir. Elle insiste sur son désir d’avoir une double piste cyclable lors de l’aménagement de la rue des 27 Otages (le maire fait alors une petite ouverture dans ce sens) et se déclare prête à coopérer avec la municipalité.

Rue de l’Europe, à angles vifs

Une vélocypédiste signale que les passages surélevés placés partout en ville sont très pénibles pour les cyclistes, [rappelons à ce sujet que lors du passage du Tour de l’Avenir à Châteaubriant, la ville avait enlevé ces obstacles !] et que les aménagements rue de l’Europe sont particulièrement difficiles : « Cela résulte d’une demande de la direction du lycée » dit le maire. Sans doute mais la direction n’a pas dû préciser qu’il fallait des angles vifs !

Angles vifs

Nul n’a abordé la question de l’augmentation des tarifs du Tram-Train : + 45 % décidée par la Région.

Quant au train Châteaubriant-Rennes, le maire se montre rassurant sur son avenir. Tandis que le Président de l’ACCRET (lire plus loin) annonce très poliment qu’il a des inquiétudes et qu’il va y avoir une réunion publique à ce sujet à Châteaubriant le 4 avril.

Santé et Social

Pour la santé, nous avons eu droit à toute l’histoire du centre hospitalier depuis 2001

Les nouveautés : une infirmière mobile, sur la base du volontariat, qui se déplace la nuit dans les maisons de retraite : Châteaubriant, Nozay, Pouancé mais aussi St Julien, Moisdon, Issé, Rougé, Derval, St Vincent. C’est un pis-aller car, avant, il y avait une infirmière partout la nuit. Mais restrictions de crédits.

Dans les nouveautés aussi : l’Unité Cognitivo Comportementale, et l’IRM. Dans les difficultés : Sion-les-Mines recherche un médecin, quant au CAPS, accueil de nuit, il n’y a qu’une dizaine de médecins volontaires pour y tenir des permanences, sur 25.

En projet : la restructuration des bâtiments les plus anciens de l’hôpital de Châteaubriant, l’extension des parkings, et la réalisation d’une Maison de Santé. Ce qui est étonnant c’est que cette Maison de Santé est conçue comme un bâtiment mais pas comme un projet de santé à l’échelle du territoire. Dans les Pays de Loire il y a 19 contrats de santé signés, à l’échelle d’une commune ou d’une communauté de Communes. Mais rien dans notre coin.

Trois thématiques socles figurent dans les contrats de santé :
- prévention, promotion de la santé, santé environnement
- accès aux soins, offre de santé, éducation thérapeutique du patient
- parcours (personnes âgées, personnes vivant avec un handicap ou un trouble psychique, personnes vivant avec une maladie chronique, personnes en situation de précarité).
Tout reste à faire ici

Le nord de la Loire-Atlantique est situé en zone prioritaire de santé (voir ici :
voir le site zps, en prenant en compte différents critères, tels que les besoins de soins en fonction de l’âge des habitants, le temps d’accès par la route vers le médecin généraliste, le volume d’activité des médecins et l’âge des médecins afin d’anticiper les départs prévisibles à la retraite. Ce zonage donne lieu à l’attribution d’aides financières graduées pour les praticiens qui s’installeraient.
Heureusement pour nous, il y a une bonne coopération avec le CHU de Nantes dans le cadre du groupement hospitalier de territoire établi sur la Loire-Atlantique.

Un participant a relaté les difficultés qu’il a eues pour faire prendre en charge son épouse. Mais on n’a pas idée de tomber malade un 2 janvier ! La trêve des confiseurs n’est pas une trêve des maladies ? Comme lui a dit un autre participant en fin de réunion : il vaut mieux être un animal, car les vétérinaires, eux, savent organiser leurs tours de permanence !

Ensuite il a été fait un bilan des actions menées dans le cadre du CCAS (Conseil communal d’Action Sociale), avec surtout des chiffres. Bien sûr il est toujours question d’un Centre Social dans le quartier de la Ville aux Roses mais le contenu de ce centre n’est pas précisé. Sera-t-il une vraie Maison de Quartier ?


Procédure dégradée

Le 22 mars 2018, dans le cadre de la journée nationale d’actions, le personnel soignant du Centre Hospitalier s’est mis en grève. « Malgré. une rencontre avec l’ARS et les conseils départementaux. malgré les alertes des représentants des personnels auprès de la direction, tous entendent nos difficultés, mais rien n’est fait face à des situations que nous jugeons URGENTES. Nous ne pouvons plus attendre et attendre quoi ?

Les effectifs soignants ne sont pas en adéquation avec les besoins de nos aînés. Nous, soignants, devrions être fiers de notre travail. mais aujourd‘hui, au vu du nombre de suppressions de postes, face à des dépendances de plus en plus élevées, nous n‘arrivons plus à faire notre travail, sereinement avec les valeurs qui nous animent. Nous comptabilisons le temps qui passe trop vite et qui aurait été nécessaire pour un accompagnement pertinent du résident. Ce manque de temps influe sur les conditions de vie des résidents dans nos EHPAD avec parfois un risque de grabatisation ».

On manque de plus en plus d’infirmières et d’aide-soignantes, les stagiarisations et titularisations sont bloquées et les conditions de salaire et de travail sont telles que des aide-soignantes cessent leur travail quand elles trouvent une place en usine ! Les établissements sont en « procédure dégradée » comme on dit, c’est-à-dire qu’ils fonctionnent avec un personnel réduit, comme le dimanche.