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Mée-disances du 28 mars 2018

Ecrit le 28 mars 2018

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 Made in France

Lejdd.fr du 23/03 : Cela devait être un symbole de la souveraineté retrouvée du Royaume-Uni. Après sa sortie de l’Union européenne prévue le 29 mars 2019, le passeport britannique laissera la couleur bordeaux commune aux pays de l’UE pour un bleu sombre qu’il arborait jusqu’en 1988. « Le passeport britannique est une marque de notre indépendance et de notre souveraineté » , déclarait la Première ministre Theresa May fin 2017.

Ironie de l’histoire, après un appel d’offre, pour la fabrication du document officiel. c’est une entreprise française la société Gemalto a remporté le marché estimé à 490 millions de livres (562 millions d’euros) et devancé l’entreprise britannique De La Rue qui n’a pas caché son amertume.

Beaucoup de pro-Brexit se sont exprimés pour regretter ce choix. « Ce devait être un moment de célébration, le retour de notre emblématique passeport bleu, le rétablissement de l’identité britannique », a déclaré l’ancienne ministre conservatrice Priti Patel. Confier cette tâche aux Français est tout simplement stupéfiant. C’est une humiliation nationale."

Un porte-parole du ministère de l’Intérieur britannique a expliqué que l’entreprise française avait été choisie à l’issue d’une compétition « rigoureuse, juste et ouverte » et qu’elle représentait « le meilleur rapport qualité/prix pour les contribuables ». Selon lui, cette décision va faire économiser 120 millions de livres aux contribuables britanniques. Il a rappelé que, depuis 2009, les passeports britanniques n’étaient plus tous fabriqués au Royaume-Uni.

 Assassinat

Franceinfo du 18/03 : le 14 mars, en plein centre de Rio de Janeiro . la conseillère municipale Marielle Franco, 38 ans, a été tuée. Elle était un visage du renouveau de la gauche au Brésil, et luttait contre les violences policières visant en particulier les Noirs. 

TV Globo a révélé que les balles de calibre 9 mm ayant tué Marielle Franco et son chauffeur provenaient d’un lot vendu à la police fédérale en 2006. Des balles utilisées dans l’assassinat de 17 personnes près de Sao Paulo en août 2015, provenaient de ce même stock. À l’époque, trois policiers militaires avaient été condamnés.

La police fédérale a indiqué qu’une enquête avait été ouverte « pour évaluer l’origine des munitions retrouvées sur le lieu du crime ». Le ministre brésilien de la Sécurité a confirmé l’origine policière des balles utilisées. Elles auraient été volées « des années plus tôt » à la police, dans l’Etat du Paraiba, dans le nord du Brésil. 
En 2016, une commission parlementaire de l’Assemblée de Rio avait établi l’implication de policiers, gardiens de prison et militaires dans un réseau de trafic d’armes.

 Enterrement à bas prix

Près de deux siècles qu’ils se faisaient enterrer aux frais du contribuable. La République est généreuse avec ses élus : 18 255 euros max par député, mais avec possibilité de faire « profiter {} » conjoint et enfants de cette petite enveloppe.

Anecdotique ? Pas vraiment, puisque les obsèques d’anciens députés et de leurs proches ont coûté 573 000 euros à l’Assemblée l’année dernière. Désormais, le cadeau ne dépassera pas 2 350 euros, et il faudra une facture. Le vent d’austérité n’a pas soufflé jusqu’au Sénat qui a décidé de conserver pour chaque sénateur une enveloppe de 20 000 euros.

Le Sénat mérite bien sa réputation de maison de retraite la plus cosy de Paris : le suivi est assuré jusqu’au bout.

 Note sociale

L’Obs du 19/03 : Utiliser des tickets expirés, fumer dans les trains ou diffuser de fausses informations sur le terrorisme sont désormais, en Chine, autant d’incivilités qui font baisser la « note sociale » des citoyens. Des points perdus qui pourraient conduire à une interdiction de voyager en train et en avion, à partir du mois de mai.

L’initiative   intervient dans le cadre du projet du président Xi Jinping de construire un Système de crédit social. Une sorte de Big Brother que la Chine utilise pour mesurer la « fiabilité » de ses habitants. 

Le gouvernement chinois avait lancé ce projet de « crédit social » en 2014. Il fait aujourd’hui l’objet d’un test sur une base volontaire. A partir de 2020, le système de notation sera obligatoire pour tous. Le système permet de récompenser les citoyens pour leurs comportements positifs et de les sanctionner pour les mauvais. La note est calculée en fonction des informations administratives de l’individu : diplômes, acquittement de taxes, des tickets de transport... et des infractions plus mineures.

En plus des interdictions de voyager, les mauvaises notes peuvent coûter l’accès au logement, au crédit ou encore aux services d’Etat. « Ceux qui ont de faibles scores seront confrontés à des obstacles dans tout, de l’obtention d’emplois à placer leurs enfants dans les écoles désirées. Nous ne savons pas exactement qui va gérer le système, comment nous pourrons contester les scores, ou même si le système est légal », dénonçait Maya Wang de l’ONG Human Rights Watch.

Ce système aurait été utilisé depuis des années pour interdire à des citoyens de prendre l’avion. Début 2017, la Cour populaire suprême du pays avait ainsi déclaré lors d’une conférence de presse que plus de 6 millions de Chinois avaient déjà été privés de vols en raison de leurs mauvais comportements sociaux.
Ce n’était donc qu’un début…

 Historien du Goulag

Courrier international du 20/03 : Le Parquet russe a requis mardi neuf ans de camp contre l’historien russe Iouri Dmitriev, membre de l’ONG Mémorial et connu pour ses recherches sur les personnes ayant disparu pendant la terreur stalinienne, il est accusé de pédopornographie, a déclaré à l’AFP son avocat.

Iouri Dmitriev, 62 ans, dirige l’antenne de Mémorial en Carélie, une région russe frontalière de la Finlande. Le 13 décembre 2016, il avait été arrêté, accusé par les enquêteurs d’avoir réalisé des images « pornographiques » de sa fille adoptive. L’historien, qui rejette toutes les accusations, a toujours assuré avoir pris ces photos à des « fins médicales » pour suivre l’évolution de la fillette, extrêmement maigre et maladive dès sa naissance.

Il avait été remis en liberté fin janvier tandis que son procès se poursuivait, ce que Me Anoufriev avait alors qualifié de « pas vers la victoire », tandis que les soutiens de l’historien y voyaient une conséquence de la faiblesse des preuves à charge.

Pendant près de 30 ans, Iouri Dmitriev a dressé la liste de 40.000 noms de personnes exécutées et déportées en Carélie pendant la terreur stalinienne. Il est également à l’origine de la découverte de l’un des plus grands charniers de la région, à Sandarmokh, où ont été fusillées environ 9.000 personnes. En 2003, il a retrouvé les lieux de dernière sépulture de milliers de prisonniers ayant participé à la construction du canal de la mer Blanche entre 1931 et 1933. Trois ans plus tard, il a découvert les fosses communes comportant les corps des détenus du camp de travail des îles Solovki (Nord).

Le travail de mémoire reste difficile en Russie plus de 80 ans après l’apogée de la terreur stalinienne, qui a fait des millions de victimes, des personnes exécutées, envoyées au Goulag, déportées dans des régions insalubres ou ayant succombé à la famine.

Les autorités russes, Vladimir Poutine en tête, ont été souvent accusées de minimiser les aspects les plus sombres du passé soviétique au nom de l’unité nationale.