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Demain l’effondrement

Ecrit le 28 mars 2018

Amis lecteurs, oubliez Nostradamus, Oubliez deux minutes les prédictions climatiques pour 2100, 2050, le développement durable, la transition énergétique, et tout et tout, Prenez du recul. Il y a quelque de chose de bien plus grave qui se trame et dont (presque) personne ne parle…

Selon de nombreux experts scientifiques, nous sommes à 3 ans d’un effondrement global imminent, effondrement de civilisation causé par l’extinction des écosystèmes et la diminution majeure des ressources pétrolières. Ce qui signifie que nous allons nous prendre un mur, une décroissance forcée, non pas voulue, à laquelle nous n’avons d’autre choix que de nous préparer, vite et bien, et de manière extrêmement concrète.

Déjà en 1972, Dennis Meadows dans son Rapport au Club de Rome intitulé « Les limites de la croissance » annonçait cette sombre perspective pour 2020. C’est l’histoire d’une tragédie grecque. Malgré le désastre annoncé, aucune mesure n’a été prise en compte à l’échelon international pour enrayer cette sombre perspective. Pourtant nous y sommes.

Yves Cochet, ancien ministre de l’environnement nous l’annonce : voir la vidéo voir le site watch ?

Pour lui nous sommes à la veille d’une déstabilisation sociale de grande ampleur, et cela n’épargnera aucun pays industrialisé.

Cependant personne n’en parle, ou presque, car on fait confiance à l’idéologie productiviste, à la technologie, à la puissance de l’esprit humain qui sûrement saura nous sortir de ce mauvais pas. Indifférence à la nature, primauté de l’économique sur toute autre considération - fût-elle environnementale, sociale ou politique - à l’échelon international toutes les négociations environnementales qui en relatent les faux espoirs et les ambiguïtés perverses - semblent détournées dans le sens des intérêts du marché et des sociétés industrielles.

Le sujet de l’effondrement est tabou, même dans les partis politiques ‘verts’, cela s’explique aisément : il est impossible de construire un projet politique séduisant en intégrant les risques d’effondrements.

 Pourquoi les médias n’en parlent-ils pas ?

Dans un texte qui nous a été envoyé, Clément Montfort, réalisateur, explique : « J’ai travaillé 6 ans pour différentes chaînes de France Télévision (notamment France 2) et Arte, mais j’ai vite réalisé que ce sujet est trop tabou pour être abordé par des chaînes nationales. Car parler d’effondrement c’est parler de la mort, et la mort est un tabou dans notre époque, qui préfère parler de trans-humanisme et de vie éternelle, plutôt que de la mort digne. Pourtant ce qui nous pend au nez, est une réalité bien tragique. La mort de centaines de millions de personnes, dans les plus grandes villes du monde.

Je travaille depuis 7 ans sur les questions écologiques et je constate, la mort de l’âme, qu’avec tout les coups que nous portons à Gaïa, celle-ci va bientôt lâcher. En réalisant La Guerre des Graines avec Stenka Quillet (France 5), je découvre que nous avons perdu 75% des variétés de semences en 100 ans, mettant directement en péril notre sécurité alimentaire dans le monde. Nous sommes contraints de stocker toutes les variétés mondiales dans un frigo géant au Svalbard, mais cette solution ne fonctionnera pas (par ailleurs elle prend l’eau …)

En réalisant Soigneurs de Terres (France 2) avec Emmanuelle Chartoire, je découvre que nos sols agricoles en France ont perdu 50% de leurs matières organiques en 60 ans. Ce qui signifie qu’ils sont en train de mourir . Comment ferons-nous pour nous nourrir quand ces sols seront morts ? Pas la peine de nourrir le mystère. Nous mourrons de faim.

Je ne suis pas un lanceur d’alerte, Un lanceur d’alerte fait un travail d’enquête pour trouver l’information qui n’est pas encore disponible. Concernant les questions d’effondrement, toute l’information est disponible à qui veut bien la chercher. Je ne fais qu’attirer l’attention, comme l’ont fait beaucoup d’autres avant moi, sur cette thématique taboue. Mais peut être que malheureusement cette tentative sera vaine. Car c’est un signal faible, et la Télé n’aime pas les signaux faibles, elle ne les voit pas.

A force de ne pas vouloir “faire peur”, on finit par manquer à son devoir d’informer les citoyens.

“Dis Clément, pourquoi tu ne donnes pas des informations positives ? Tu vas angoisser les gens !”

Le rôle d’un journaliste n’est pas de remonter le moral de ses spectateurs, de faire du bien, Son rôle est de parler de ce qui ne se sait pas. C’est parfois désagréable, je vous l’accorde mais je considère que je parle à des adultes, donc en mesure d’entendre les informations, aussi dures soient elles. C’est notre devoir de citoyens que de nous tenir informés de ce qui nous attend ».

 Comment se préparer ?

Se préparer, c’est déjà se faire à l’idée. Car il n’y a rien de pire qu’une population prise par surprise. Le mot solution est problématique. Il existe des solutions à certains problèmes. La permaculture et l’agroécologie pour remplacer l’agriculture conventionnelle, oui. Relocaliser l’agriculture immédiatement, oui. Mais en revanche, il n’y a aucune solution au fait que toute notre civilisation thermo industrielle repose sur le pétrole et que les ressources sont sur le point de s’éteindre. Même le patron de Total en parlait, aussi dingue que cela puisse paraître, Il disait : “Cela fait trois années de suite où les investissements dans de nouveaux projets sont extrêmement faibles, on va manquer de pétrole à l’horizon 2020.” a dit Patrick Pouyanné, PDG de Total, l 21 juin 2017, Voir la vidéo pouyanne

Se préparer ? Ré apprendre le bon sens paysan. Récupérer les eaux de pluies, surtout en ville, pour boire, se laver. Habiter à plusieurs dans la même pièce, pour se tenir chaud en hiver lorsque nous n’aurons plus assez d’énergie pour tous nous chauffer. Mettre à profit tous les espaces verts disponibles pour cultiver vite et bien, et en créer de nouveaux.

Et puis préparer psychologiquement la population en favorisant la prise de conscience sur ces questions là. Les intervenants pour vos émissions de radio et télé ne manquent pas : Yves Cochet, Pablo Servigne, Raphaël Stevens, Gauthier Chapelle, Gaël Giraud (Chef economiste à l’AFD), Jean Marc Jancovici (SHIFT/ Carbone 4), Dennis Meadows, Paul Chefurka, Vincent Mignerotet tant d’autres.

Organiser des projections débats dans les lycées, écoles de commerce, école d’agronomie, les écoles d’ingénieur. Ce sera mieux que les discours délirants de Laurent Wauquiez !

Des documentaires sont disponibles ici :
voir le site cm-next

Les funérailles de Johnny et Jean D’Ormesson nous l’ont montré, les médias savent organiser des funérailles nationales et mobiliser la France entière autour d’une question. Si nous ne voulons pas que les prochaines funérailles nationales soient celle de notre paix civile, faisons en sorte que nos médias prennent la question de l’effondrement à bras le corps.


 Plus d’oiseaux

Deux études menées conjointement par le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et le Muséum national d’histoire naturelle s’alarment d’une « disparition massive » des oiseaux dans les campagnes françaises. Dans un communiqué commun, publié mardi 20 mars 2018, les scientifiques parlent même de disparition à une « vitesse vertigineuse » et de déclin « proche de la catastrophe écologique ». En 17 ans, un tiers des populations d’oiseaux, toutes espèces confondues, a disparu des campagnes. Les scientifiques affirment que le déclin c’est encore plus intensifié ces deux dernières années, en 2016 et 2017. Les paysages homogènes de champs s’étendant à perte de vue ne sont pas des milieux très favorables aux oiseaux et aux insectes. De plus, ces monocultures sont toujours autant arrosées de pesticides ! La généralisation des néonicotinoïdes et du glyphosate sont responsables de la disparition des plantes et des insectes, les deux ressources alimentaires des oiseaux.