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Mée-disances du 11 avril 2018

Ecrit le 11 avril 2018

Changement de sexe

AFP du 02/04 : à Singapour, Faith et Bryce Volta s’étaient mariés en 2015. Faith a ensuite changé de sexe et fait porter la mention « sexe féminin » sur ses papiers d’identité. 

Six mois plus tard, les services de l’état civil convoquaient le couple et les informaient de l’annulation de leur mariage arguant qu’en raison de la chirurgie de réattribution sexuelle subie par le mari, l’union du couple pouvait s’assimiler à un mariage entre personnes de même sexe, ce qui est illégal à Singapour.

La société singapourienne est moderne à bien des égards mais l’attitude envers l’homosexualité reste très conservatrice. Le Premier ministre a déclaré que le pays n’était pas prêt pour le mariage gay. Le couple a déposé un recours devant la Haute cour pour réclamer la réinscription de leur mariage à l’état civil.

A chacune son tour

Lefigaro.fr du 05/04 : Au Japon, l’employée d’une crèche privée a été blâmée par son employeur pour ne pas avoir attendu son tour pour tomber enceinte. Dans cette structure de la préfecture d’Aichi dans le nord du pays, un calendrier de grossesses et de mariages était prévu pour le personnel féminin.

Le mari de l’employée a écrit au journal le 28 février pour dénoncer la situation : « Huit mois après notre mariage nous avons découvert que ma femme était enceinte. Elle est employée dans une crèche et elle était triste et anxieuse d’apprendre la nouvelle. Le directeur de la structure où elle travaille avait déterminé un ordre à respecter pour tomber enceinte ou se marier, et apparemment selon une règle implicite les salariées ne devaient pas tomber enceinte avant leurs supérieures hiérarchiques ».

Le couple a rencontré le directeur pour présenter ses excuses pour cette grossesse, mais l’employée a été sans cesse réprimandée pour son « égoïsme ».

C’est aussi le cas d’une employée d’une entreprise de cosmétiques de 26 ans à qui sa supérieure hiérarchique avait demandé de ne pas tomber enceinte avant l’âge de 35 ans. Un email avait été envoyé aux 22 salariées pour les prévenir d’un calendrier de grossesses et de congés maternité à respecter et de les avertir que tout comportement égoïste serait puni.

Le Japon se place à la 114e place sur 144 en matière d’égalité des genres selon le Forum économique mondial. D’après un sondage gouvernemental mené en 2015, la moitié des salariées japonaises ont été harcelées pendant leur grossesse.

Les choses pourraient changer lentement avec la volonté politique. Le premier ministre Shinzo Abe s’est fixé un objectif de 30% de femmes aux postes de cadres dirigeants d’ici 2020. Pour la première fois, en janvier 2017, un tribunal de Tokyo a condamné une entreprise qui avait poussé à la démission l’une de ses employées dans l’incapacité de se rendre sur son lieu de travail en raison de sa grossesse.

L’étudiante et son bébé

Le Monde.fr du 26/03 : La photographie d’une étudiante afghane passant un examen d’entrée à l’université, assise à même le sol avec son bébé sur les genoux, a fait le tour du Web, provoquant une vive émotion en Afghanistan, où nombre de femmes sont illettrées. Sur cette image , Jahantab Ahmadi est assise en tailleur, le visage penché sur sa copie, son enfant contre elle. Le cliché a fait le tour de la Toile, sans qu’elle en soit consciente. De nombreux internautes ont salué la persévérance de la jeune femme.

La jeune femme de 25 ans, mère de trois enfants, ne « veut pas être privée de ses études ». Elle qui vient d’un petit village de la province du Daikundi, où le blé, le maïs et les patates assurent de maigres revenus, veut «  travailler hors de sa maison  ». « Je veux devenir doctoresse, quelqu’un qui sert les femmes de ma communauté ou de ma société ».

Pour pouvoir passer cet examen d’entrée à la mi-mars, Jahantab Ahmadi a d’abord dû marcher deux heures dans les montagnes. Puis elle a pris les transports en commun, arrivant neuf heures de cahots plus tard dans la capitale provinciale Nili.

Au début du test, qui se déroulait en extérieur, elle s’est comme les autres candidats assise à un pupitre. Mais sa fille Khizran, âgée de quelques mois, souffrait d’une oreille et ne cessait de crier. Pour la calmer, et ne pas déranger ses voisins, Jahantab s’est mise à terre, derrière un autre candidat. «  Je devais me concentrer sur le bébé et passer le test. »

L’Association de la jeunesse afghane a lancé une campagne de financement en ligne pour Jahantab Ahmadi et a récolté 14 000 dollars, une fortune dans un pays où 39 % de la population vit dans la pauvreté.

Le taux d’alphabétisation en Afghanistan est parmi les plus bas au monde : environ 36 % selon les chiffres officiels, bien moindre encore pour les femmes.

Policiers condamnés

L’Obs du 04/04 : Ils avaient porté plainte en décembre 2015. 18 jeunes, garçons et filles alors âgés de 14 à 18 ans, dénonçaient un harcèlement policier brutal lors de contrôles d’identité dans leur quartier du 12e arrondissement de Paris. Les jeunes dénonçaient « des contrôles sans motifs, accompagnés d’insultes, parfois racistes, de coups et pour les garçons des humiliations lors des palpations de sécurité, gestes que leurs avocats qualifient d’agressions sexuelles ».

Ce 4 avril, trois policiers ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Paris à cinq mois de prison avec sursis pour des violences sur deux adolescents, une fille et un garçon, en 2014 et 2015.

« L’usage de la force était illégitime », a déclaré la présidente du tribunal à la lecture du jugement. « Les policiers devraient avoir un comportement irréprochable », a-t-elle souligné, en rappelant qu’ils exerçaient « dans un quartier dit ’sensible’ ». 

Les trois policiers devront chacun verser 2.000 euros aux victimes, au titre du préjudice moral. La condamnation sera inscrite à leur casier judiciaire. 

Habillée comme ça ?

L’Obs du 03/04 : Les femmes qui se rendent dans les commissariats et gendarmeries pour des violences restent mal prises en charge. Dans neuf cas sur dix, les plaintes font état d’une mauvaise prise en charge, « le fait le plus fréquent étant le refus de prendre une plainte ou le fait de décourager la victime à porter plainte ».

Une femme raconte : « Victime d’un viol, j’ai tenté de porter plainte. J’ai été reçue par une policière, à ma demande. Elle semblait remettre en question mes dires. Elle m’a remis un papier pour un rendez-vous avec un policier spécialisé. Je n’y suis jamais allée par peur d’être jugée et de devoir me justifier une nouvelle fois. »

Pour d’autres, ce seront par exemple des remarques sur les vêtements (« et vous étiez habillée comme ça ? ») ou sur la personne elle-même : «  Vous n’êtes pas très aguichante alors j’essaye de comprendre ».

« Ces dysfonctionnements découragent les victimes d’aller porter plainte et envoient un message d’impunité aux agresseurs », estiment les auteurs de l’enquête, ajoutant « qu’une bonne prise en charge, bienveillante, sans jugement, est possible ».

Des dispositifs ont été mis en place pour améliorer la prise en charge des femmes par les forces de l’ordre.

Selon le ministère de l’Intérieur, les plaintes pour viols et agressions sexuelles ont augmenté respectivement de 12% et 10% en 2017 par rapport à 2016.